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Le blog de Titem… à Paris : Europe, Environnement, Société, Culture et Voyages
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Un coin du ciel, de Karima Goma (2007)

Titem | 30 janvier 2008

Un coin du ciel, de Karima Goma (2007)Au gré des tragédies qui déchirent la planète, le visage du Québec se métamorphose à grande vitesse et Montréal, comme tous les grands centres urbains, vit désormais à l’heure multiethnique. Un coin du ciel jette un regard chaleureux et sans compromis sur Parc-Extension, l’un des quartiers les plus cosmopolites de Montréal. Un étonnant « village » dans la ville où tant d’exilés rêvent de trouver un coin de ciel paisible à installer au-dessus de leur tête. La trame du documentaire est cette petite Babylone moderne qu’est devenu le CLSC Parc-Extension où travailleurs et usagers des quatre coins du monde se croisent, s’entraident et apprennent à se décoder mutuellement jour après jour.

Documentaire canadien (québécois) de Karima Goma
68 minutes ; sorti en 2007

 

Ancienne candidate de l’émission La Course autour du Monde, Karima Goma dresse ici le portrait d’un « petit monde » où se croisent 31400 habitants issus de 75 communautés différentes, parlant 30 langues différentes ; Parc-Extension est l’un des quartiers les plus densément peuplés et multiethniques de Montréal, voire du Canada. La journaliste et réalisatrice nous plonge au cœur de la réalité, dans les coulisses du CLSC Parc-Extension, sorte de dispensaire et service social publique, carrefour de toutes les cultures.

 

On y est témoin de la pauvreté, de la détresse, des difficultés d’intégration des prestataires. Parfois même du racisme ordinaire – « Des rats dans le berceau de votre enfant ? Mais dans votre pays vous êtes habitués aux rats ! », s’est vue répondre une immigrée pakistanaise par son propriétaire, et qui demande de l’aide au CLSC.  Mais on y découvre aussi le volontarisme des travailleurs sociaux confrontés chaque jour à des destins différents, mais des difficultés souvent similaires.

 

Dans un Québec en pleine mutation socio-démographique, Un coin du ciel (en référence à la chanson de Marcel Martel que chante un fils à son père très âgé, d’origine arménienne)  est un documentaire touchant et sincère sur ces gens qui rêvent d’un coin du ciel où ils pourraient se sentir un peu comme chez soi.

Le film sera projeté dans le cadre du festival Les Rendez-Vous du Cinéma Québécois :
- Le lundi 18 février à 19h au Centre Segal des arts de la scène.
- Le mercredi 20 février à 18h à la Cinémathèque québécoise.

On peut également le commander sur le site des Productions Virage.

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2007, Années 2000, Canada, Cinéma canadien, Documentaire, Immigration, Karima Goma, Montréal, Parc Extension, Pauvreté, Quebec, Racisme, Santé, Social
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Avoir 21 ans à Montréal

Titem | 25 janvier 2008

Et voilà : on y est. Ou presque. 21 ans à 18h heure canadienne, à minuit heure française, à 8h50 heure canadienne puisque je naquis un 25 janvier 1987 à 14h50 précises ? Peu importe… J’ai 21 ans, et je ne réalise pas vraiment à quel point le temps passe vite. “Que devrais-je dire moi qui ai…” entends-je souvent dire de la part de mes amis plus âgés. C’est vrai, que dirais-je dans quelques années ?

21 ans à 14h50 Montréal - Titem

Il est 1h10, heure canadienne, et le calendrier de ma montre hésite : nous ne sommes plus le 24 janvier, on commence à être le 25 janvier. Ma montre, certainement l’un des objets auxquels je tiens le plus. Classique, avec un cadran orange : côté chic, détail choc. J’aime bien ce mélange des genres. Ce petit détail qui vous différencie des autres. Et j’ai eu ma période bayrouiste avec une fixette sur le orange. Ca m’est resté, j’aime cette couleur chaleureuse.

Cela ne dit pas pourquoi j’y tiens.

Passer son anniversaire à l’étranger. Encore une fois devrais-je dire. Avoir 20 ans à Dresde. L’année dernière à la même date, j’étais en Allemagne avec quelques uns de mes amis de Sciences Po Rennes, notamment Pauline, Julien, Anne-Sophie et Maëlig. J’avais vraiment envie de fêter mon anniversaire, mais pas du tout de me “mettre une miurge” en discothèque. Pour quoi faire ? Pour se bercer d’illusions en croyant en “profiter un max” ? A l’auberge de jeunesse où nous logions, j’ai demandé l’adresse d’un petit restaurant spécialisé de la gastronomie saxonne. Mon anniversaire, je l’ai d’abord célébré dans ce restaurant où j’ai mangé des Klopsen (boulettes de viande blanche avec de la mie de pain) sauce aux câpres avec ses amis. Conclusion d’une journée à la découverte de la ville de Bautzen qui abritait une ancienne prison de la StaSi.

Mais ce n’était peut-être pas le mieux. Deux semaines plus tard, je réunissais quelques uns de mes meilleurs amis pour un apéritif dans mon appartement avant de nous mettre en route pour la crêperie Tante Yvonne. C’est là où j’ai reçu cette montre qui ne quitte plus guère mon poignet. Mais également un livret composé par ma meilleure amie, avec la complicité des parents et d’autres amis. 20 ans de ma vie. Je le regarde encore souvent quand je me sens mélancolique. J’avais été extrêmement touché par ce présent. Même si aujourd’hui je regrette un peu la scène donnée lorsque j’ai vu que R. qui n’avait pu être présent avait choisi de ne pas venir m’avait mis un mot. C’est la vie, et depuis j’ai rencontré d’autres personnes qui chaque jour me donnent confiance en moi.

Ironie de l’histoire, c’est le jour de mon anniversaire l’année dernière que mon député, Christian Vanneste, était logiquement condamné en appel pour ses propos homophobes. Une nouvelle qui m’avait pleinement satisfait à l’époque : je n’ai aucune sympathie pour ces personnes qui confondent opinion et certitude, et ont le culot de se victimiser alors qu’ils font mal. Et aujourd’hui, un an après ? L’incompréhension est la même et elle continue chaque jour de me désoler. Mais tout cela n’a plus d’importance lorsque je retrouve le bonheur quand je songe aux miens.

Fêter ses 21 ans à Montréal. J’ai prévu de réunir mes colocs, mes amis de l’OFQJ, mes 2 collègues de stage encore présentes, leurs chums, leurs blondes (même si elles sont brunes, rousses ou chauves), leurs colocs. Et je compte bien passer un bon moment, pour que je puisse encore en reparler des années après. Même si j’ai confiance que faire aussi bien que mes 20 ans à Rennes, ou même mon réveillon à Paris, sera très difficile. Il manquera toujours certaines personnes avec lesquelles on aime passer ce genre de moment. Même si elles m’ont témoigné de leur affection.

21 ans : souhaitons (oui je parle de moi au pluriel de majesté ^^) de réussir nos études et nos projets, de se retrouver en santé avec ceux qu’on aime et d’ouvrir les yeux de ceux qui refusent de voir. Histoire de se dire “cette année, j’en profite encore plus !”.

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Amitié, Anniversaire, Canada, Dresde, Etat d'esprit, Montréal, Quebec, Rennes, Titem
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Un écureuil, ça n’hiberne pas !

Titem | 24 janvier 2008

… C’est ce que j’ai pu découvrir en me levant ce matin. Revoilà notre ami gourmand qui, au lieu de se terrer dans son arbre en attendant le printemps avec sa provision de noisettes, essaye de chaparder dans les poubelles du voisin. Et quand on ne le voit pas, il laisse toujours quelques empreintes dans la neige…

Image de prévisualisation YouTube

Et ouais la neige c’est froid même pour les bestioles à poil ^^ Mais j’en sais un peu plus sur eux depuis la dernière fois (La 1ère fois et sur le Mont-Royal) ! Au Québec, comme dans toute l’Amérique du Nord, on peut voir des écureuils fauve (Sciurus niger), des écureuils gris (Sciurus carolinensis), et des écureuils roux : des tamias (Tamiasciurus hudsonicus). Et il semblerait qu’effectivement, les écureuils arboricoles n’hibernent pas !

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Animal, Canada, Ecureuil, Montréal, Nature, Neige, Quebec
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La réalité proche de soi : l’entreprise d’insertion Petites-Mains

Titem | 23 janvier 2008

Cette question, je me la pose depuis mon arrivée au Québec. Elle est revenue sur le terrain du débat, alors que j’étais en reportage pour présenter Petites-Mains. Ce que j’observe existe-t-il en France ?

Logo Petites-MainsPetites-Mains est à la fois un organisme de bienfaisance et une entreprise d’insertion. Son but : insérer, par le biais de divers programmes (cours de francisation, aide à la rédaction d’un CV et de préparation d’entretien, apprentissage de la couture industrielle, stage dans divers milieux…) les personnes immigrantes, en particulier des femmes venant des quatre coins du Monde : 10000 depuis le début de cette organisme, de 80 pays différents.

Bobine planisphère - Titem

Suite à la fermeture d’un comptoir alimentaire, une religieuse missionnaire, sœur Denise Arsenault, fonde un petit atelier avec 6 femmes immigrées et 4 machines à couture. Ce petit atelier prend de l’ampleur et deviendra Petites-Mains. Ne pas attendre la charité, mais prendre ses responsabilités et s’en sortir. La philosophie est claire, et elle s’affiche dans les locaux du nouveau bâtiment.

“Donne un poisson à un homme il mangera un jour, apprends-lui à pêcher il mangera tous les jours”.

Entreprise d’insertion n’est pas qu’une description. C’est une appellation certifiée, un gage de qualité de l’encadrement délivré, reconnu par le Gouvernement du Québec. Une entreprise d’insertion doit répondre à 7 critères précis :

  1. Mission d’insertion sociale ;
  2. Caractéristiques des participants en difficulté ;
  3. Entreprise véritable ;
  4. Statut de salarié aux travailleurs en formation ;
  5. Accompagnement personnalisé ;
  6. Formation globale (personnelle, sociale et technique) ;
  7. Partenariat avec les acteurs de son milieu.

Pourquoi parler de Petites-Mains ? L’organisme, autrefois situé dans Côte-des-Neiges, un autre quartier de Montréal, marqué par une forte proportion de personnes issues de l’immigration, déménage dans des locaux plus grands, dans le quartier Villeray. Et pas n’importe où : sur le Boulevard Saint-Laurent, la grande artère qui divise Montréal en une partie ouest et une partie est, facilement accessible par les transports en commun. Le logo de l’organisme s’affiche en grand. Difficile de le rater.

Façade Petites-Mains - Titem

Arrivé là-bas, on me montre les nouveaux locaux, certains encore en travaux. L’atelier de sérigraphie, les salles de cours, l’atelier de couture industrielle.

Atelier sérigraphie Petites-Mains - Titem

Impossible de prendre une photo de cet atelier : « Certaines femmes, pour des raisons personnelles ou culturelles, n’accepteront pas de se faire prendre en photo », m’explique Isabelle Boire, intervenante sociale. Mais elle me présente une de ses petites mains, Mounia, que je prends en photo. Elle ne sera pas choisie pour le tirage, afin de se différencier des autres journaux ! Mounia vient du Maroc, et vit depuis 4 ans au Canada, après un séjour en Allemagne. Petites-Mains est comme une famille pour elle.

Mounia Petites-Mains - Titem

Famille, c’est le mot qu’utilisera Isabelle Boire. Beaucoup de ces personnes ont été orientées grâce au bouche-à-oreille. Toute la famille pourra dorénavant se retrouver au café-comptoir, encore en travaux : ouvrières, intervenants communautaires, clients… Café, car on pourra s’y restaurer. Comptoir, car y seront présentés les produits fabriqués à Petites Mains. Et notamment le sac en coton équitable.

Petites-Mains n’est pas seulement une entreprise d’insertion, elle se revendique de valeurs équitables : utilisation progressive de matières premières équitables, production locale, rémunération correcte des ouvrières… Les clients sont conscientisés afin d’acheter équitable, ce qui fait que non, Petites Mains n’est pas menacée par la Chine. Ils ne jouent pas dans la même division, si l’on peut dire.

Ce genre d’excellente initiative existe-t-il en France ? Je crois qu’il peut être utile de s’inspirer de ce qui se fait ailleurs que chez nous, et que la comparaison peut aussi être un ressort intellectuel. Mais je ne voudrais pas tomber dans la béatitude, tout est beau, tout est formidable. La directrice générale de Petites-Mains m’explique qu’elle a participé à un colloque international des entreprises d’insertion, et qu’elle y a retrouvé des entreprises belges ou françaises. Et moi qui habite à 5 kilomètres de la Belgique, je ne connais pas ce genre d’entreprises ? « J’habitais dans ce quartier, et avant de travailler je ne savais pas que cela existait non plus », me confie Isabelle Boire.

Oui, cela existe en France, il suffit de faire l’effort d’observer. Mais les moyens de communication sont tels qu’à force de vouloir voir le plus loin possible, on en oublie presque ce qui est proche de nous. Et c’est en étant loin de chez moi que je vois ce qui peut se faire localement.

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Association, Canada, Economie, Equitable, Etat d'esprit, Femmes, Immigration, Industrie, Journal Communautaire Le Monde, Montréal, Quebec, Reportage, Responsabilité, Solidarité, Stage, Titem, Villeray
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Homoparentalité : une victoire de bon sens, mais…

Titem | 23 janvier 2008

Peut-on se réjouir que la France ait été une nouvelle fois condamnée par une institution européenne ? Si c’est vers une évolution positive afin de lui faire prendre conscience de ses erreurs : alors, oui.

Homoparentalité OrpheusonlineLa Cour Européenne des Droits de l’Homme a logiquement condamné la France pour discrimination sur le fondement des articles 8 (droit au respect de la vie privée et familiale) et 14 (interdiction de la discrimination) de la Convention européenne. Elle donne ainsi raison à E.B., une enseignante de 45 ans à qui l’on refusait jusqu’à présent le droit d’adopter. Mais cette décision de justice, définitive, va plus loin que la condamnation à 10.000 euros de dommages et intérêts. C’est un important palier vers le droit à l’homoparentalité.

Condamnation logique disais-je : la France autorise l’adoption par des personnes célibataires, ce qui était le cas de E.B. Pourtant, elle n’accordait pas ce droit aux personnes homosexuelles… mais célibataires, en raison de leur “mode de vie”, critère totalement arbitraire. Les opposants à l’homoparentalité avancent toujours l’idée d’un “référent” des deux sexes. Si l’on suit la logique jusqu’à l’absurde, seuls les célibataires androgynes devraient pouvoir adopter ! Une discrimination aussi injuste qu’infondée, et “une victoire de l’égalité sur la peur, le préjugé et l’ignorance”, s’est félicitée l’avocate de l’enseignante, Me Caroline Mécary.

C’est donc bien le retour du bon sens : tous les célibataires – sous réserve d’en avoir les facultés et les moyens – pourront adopter. Et ils n’auront plus à mentir ou prouver qu’ils ne sont pas homosexuels. L’administration ne pourra plus se prévaloir de ce motif pour refuser un agrément. Et je le répète : du bon sens. D’autant que cette expression est de plus en plus employée par un certain nombre de conservateurs qui, en invoquant la nature ou la norme, font l’économie de justifier l’injustifiable.

Mais… L’agrément n’est qu’une étape dans le long chemin de l’adoption, et il sera nécessaire de vérifier que l’administration ne trouvera pas d’autres vices pour empêcher tout célibataire homosexuel d’adopter.

En outre, la France ne reconnaît pas encore le droit à l’autorité parentale croisée d’une personne sur l’enfant de son/sa partenaire de même sexe ; même si une décision de justice en ce sens a été rendue en ce sens à Lille. La France n’accorde pas non plus le droit à un couple d’homosexuels d’adopter. Mentir pour pouvoir adopter, avoir recours à la fécondation assistée ou former une coparentalité de deux hommes/Deux femmes – la majorité des cas d’homoparentalité en France, ce que les médias oublient toujours de préciser – ne suffit donc pas.

Nicolas Sarkozy déclarait il y a quelques temps “Mais le mariage, il est organisé pour protéger les enfants. Et à ma connaissance, les enfants ils naissent d’un couple hétérosexuel. Pas d’un couple homosexuel. Le modèle qui est le nôtre doit rester celui d’une famille hétérosexuelle”. Or ces décisions de justice sont bien là pour protéger l’enfant, lui assurer que s’il est en danger et en cas de défaillance d’un parent, l’autre pourra s’y substituer. Car il ne faut pas se voiler la face, les couples homosexuels existent, et ont besoin d’une reconnaissance juridique viable.

Cette décision de la Cour Européenne des Droits de l’homme est donc une victoire, mais… il reste encore beaucoup à faire pour que les couples homosexuels vivre en harmonie avec leurs enfants. Mais… il reste encore beaucoup à faire pour que les mentalités changent. Pour vous en convaincre, allez voir les réactions sur le site du Figaro ici et ici, c’est affligeant de bêtises…).

Et à ceux qui voudront me ressortir le sempiternel argument du droit ou de l’intérêt de l’enfant, de grâce, allez consulter les études à ce sujet, dont celles de l’American Psychological Association, avant de proférer des théories apocalyptiques sur la décadence de la société.

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Des sourires au repas de l’AQDR

Titem | 17 janvier 2008

Pour cette édition de février 2008, j’ai eu l’occasion de m’intéresser à une association particulière : l’AQDR (Association Québécoise de défense des droits des Personnes retraitées et préretraitées). Qu’a-t-elle de particulière me direz-vous ? Il ne s’agit pas d’une association où l’on se contenterait d’assister les personnes âgées, bien que cela soit nécessaire dans certains cas. Il est d’ailleurs étonnant qu’ils utilisent le mot « association », relativement peu courant ici. On parle plutôt de centre (communautaire).

L’AQDR, comme son nom l’indique, affirme et défend les droits des personnes âgées, les aident à devenir plus autonomes. “Contester, dénoncer, revendiquer”, m’annonce Beatriz Ferrada, la coordinatrice de l’AQDR Saint-Michel. Sur le site Internet de l’association provinciale, vous pouvez y lire par exemple des textes où l’on parle du droit de mourir dans la dignité, de la revalorisation des retraites… Mais ce n’est pas l’essentiel de leurs actions, comme j’ai pu m’en rendre compte.

Il y eut donc ce repas, le 17 janvier, dans la salle du conseil de l’arrondissement. Ce n’était pas très difficile : cette salle jouxte les locaux du journal communautaire Le Monde. Près de 80 personnes devaient être présentes. Pourquoi à ce moment-là de l’année ? Beatriz Ferrada me donne cette explication : après le temps des fêtes, le mois de janvier est celui où l’on oublie les personnes âgés puisqu’on les a vu juste avant. On me présente les quelques responsables, pendant qu’un homme d’un certain âge (quelle manie d’avoir toujours à gérer les susceptibilités des uns !) anime le repas en chantant des tounes d’un autre temps.

Je prends quelques photos, je m’imprègne de l’ambiance, je fais connaissance avec une autre photographe, qui s’avère être l’une des filles de la coordinatrice de la section de l’AQDR Saint-Michel. C’est alors que, pendant que nous discutons, une petite vieille vient nous chicaner: « Je vous préviens, que je ne voie pas une seule photo de moi dans le journal, parce que sinon ça ira mal, je vous préviens, vous entendrez parler de moi ! ». Je lui explique patiemment que j’y ferais attention, mais que dans une salle où il y a beaucoup de monde il est difficile de savoir qui on a pris, que si elle s’y trouve ce n’est pas forcément celle là qui sera publiée. Elle répète ses menaces d’un doigt accusateur. Je me défends en essayant de lui montrer ma bonne foi. « Et ne me regardez pas avec ce petit sourire-là, ne vous moquez pas de moi ! ». J’étais de bonne humeur, mais en d’autres occasions, c’est le genre de propos qui me font exploser. Pourtant, ce n’est pas la première fois que cela m’arrive. Mais je DÉTESTE que l’on me prête des intentions ou des sentiments que je n’ai pas. C’est une sorte de violence, d’intrusion que je n’admets pas. C’est fou tous ces gens qui assimilent sourire et moqueries, alors que le sourire doit servir à apaiser les mœurs, montrer que l’on est attentif à la personne. Ils préfèrent qu’on leur tire la langue ou quoi ??? En tout cas, les Québécois sont gentils, mais… il y a toutes sortes de gens.

Les aînés commencent à se servir au buffet, j’attends qu’une table se soit installée pour les interroger. Je parle ainsi à Sergio, 78 ans, qui me raconte qu’il a déjà été en France, dans le Sud-Ouest, qu’il y connaît encore quelques personnes. Ses amis me demandent si je supporte facilement l’hiver, je leur demande de me parler de ce repas. On les sent satisfaits, curieux et chaleureux, ça fait plaisir à voir.

Table Sergio repas AQDR - Titem

Pendant ce temps, la grand-mère qui m’avait interpellé sur les photos cherche à provoquer un nouvel esclandre : la nourriture était froide, pas bonne, elle ne reviendra jamais ! Personne n’y prête attention, chacun est trop occupé à faire la fête. Je suis le dernier à me servir à manger, et les plats sont encore chauds, et délicieux. «Bon débarras !» me dit une jeune fille qui aide à la fête. «Elle n’est jamais contente».

Les députés fédéraux sont présents : Vivian Barbot, bloquiste, élue dans Papineau, et Massimo Pacetti, libéral, élu dans Saint-Michel/Saint-Léonard, ainsi que la maire de l’arrondissement, Anie Samson. Tous saluent les aînés présents dans la salle, leur adressent des vœux.

Repas AQDR - Titem

Béatriz Ferrada, la coordinatrice de l’AQDR Saint-Michel, évoque les personnes âgées qui n’ont pu se rendre à ce repas, et les différents projets en cours, notamment la navette de Saint-Michel, dont je lui parlerai plus largement plus tard, en interview.

La fête se poursuit, les personnes âgées dansent, plusieurs m’invitent à partager une danse… La maire d’arrondissement virevolte avec un grand-père. Clic, c’est dans la boîte. « Pas question de mettre ça dans le journal hein ? me dit-elle en rigolant » « C’est un cliché qui vaut cher ! » lui réponds-je, avec un grand sourire. Je l’ai croisée régulièrement au cours de mes reportages, et elle a toujours une parole, un geste amical envers ses interlocuteurs, électeurs ou non. J’apprécie cette chaleur.

Une jeune fille du Bloc Québécois distribue à chaque aîné une carte que l’on nous invite à envoyer au Premier Ministre du Canada, Stephen Harper. Et je repense à ses propos de Beatriz Ferrada : “On s’intéresse beaucoup aux aînés au moment des élections, mais après, ce sont les grands oubliés”.

Je rentre au bureau et rédige d’un trait ma brève, en 20 minutes à peine. Le titre provisoire « Papy fait le plat de résistance ». Une plaisanterie pas forcément appréciée – pour une fois que j’essayais de faire preuve d’un peu d’humour – ni d’ailleurs comprise : papy n’est pas un terme usité ici, et le film de Jean-Marie Poiré n’est même pas connu. Mais… c’est fou ce que ces personnes âgées peuvent vous donner la pêche !

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Je reviens à Montréal… sur un rythme montréalais

Titem | 9 janvier 2008

Oui… C’était facile de rentrer de Montréal en France, de vous dire “Je reviendrai à Montréal” et de publier une vidéo réalisée d’après la chanson de Robert Charlebois… Mais c’est vrai : j’étais sûr de revenir à Montréal, pour un peu plus de deux mois ! Finir mon stage, mais également découvrir encore de nouvelles choses, rencontrer de nouvelles personnes.

Alors voilà : “Je reviens à Montréal”… Et je vous le dit en chanson également, les québécois et les français venus au Québec ont sûrement déjà entendu parler de la jeune chanteuse Ariane Moffatt (Pauline si tu lis cette note, oui, je peux t’acheter ses CDs pour complèter ta CDthèque de chansons francophones si cela te plaît !), et de ce titre tiré de son dernier album Le coeur dans la tête : Montréal.

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Départ dans le stress, pour ne rien changer. Mais d’un tout autre genre comparé à l’aller vers Paris (à moins que cela ne soit plutôt le retour ?)… Tensions familiales quelques jours avant de partir, déception de ne pas avoir pu voir quelques personnes pour raisons de santé ou parce que le temps a manqué, désagréable sensation de voir le temps passer trop vite… Et puis il y eut les excellentes soirées passées entre amis. Non pas que j’en retire un sentiment de frustration, j’en ai bien profité. Mais c’est comme si le temps avait été suspendu, et que de retour à la réalité, je les retrouvais enfin.

Corvée de bagages. Que prendre ? Pas moyen de se souvenir de ce que j’avais laissé à Montréal. J’étais revenu avec deux valises pleines afin de laisser des affaires en France, je repars avec deux valises aux 3/4 pleines… Et des vêtements superflus alors que j’avais sans doute ce qu’il me faut au Québec !

Je pensais que mon avion décollait à 12h. Non : il est censé arriver à 12h heure canadienne, ce qui change beaucoup de choses, surtout lorsque le vol doit durer 1h de plus qu’à l’aller – quelqu’un a une explication à ce mystère ? Il fallut donc se lever tôt le matin… Peut-être pas assez ! Et là sur la route, je me demandais si j’arriverai à temps pour déposer mes bagages.

Si vous avez voyagé avec Air Canada, ou si vous serez amené à le faire, vous saurez qu’il est désormais possible de s’enregistrer en ligne et de choisir sa place si vous avez choisi de ne pas le faire immédiatement. Mais vous devez imprimer le reçu dès la première session. pas de chance, il me fallait redémarrer mon ordinateur pour qu’il reconnaisse l’imprimante, et ma seule possibilité d’imprimer ma carte de bord, c’était de le faire sur place. La borne à écran tactile refusant de me délivrer cette carte de bord, je dois la réclamer à l’agente chargée de la classe affaire – la classe ^^. Mais je ne bénéficie pas pour autant d’une place en classe affaire, faut pas rêver.

Puis tout va très vite. Je dépose mes bagages, je prends un chocolat avec mon père qui m’a conduit à l’aéroport. Mon téléphone sonne, une première fois c’est Marco. Petit coucou-bon voyage avant qu’il ne reprenne les cours, et pas l’occasion de dire tout ce qui me passe par la tête. Quelques minutes plus tard à peine je dois déjà saluer mon père et passer en zone d’embarquement. Devant moi, deux jeunes garçons se chamaillent, tout excités de partir en vacances dans les îles, et les parents ne parviennent pas à les calmer. Je renvois des derniers sourires à mon père. Aux portiques de sécurité, il me faut non seulement déballer toutes mes affaires, mais également enlever mes chaussures. Fouille au corps, fouille du sac… Tiens c’est cool je me souviens plus que j’avais rangé mon boîtier à lunettes, ma lampe-torche mécanique… et des préservatifs dans cette poche.

J’ai à peine le temps de faire un tour du côté du duty free que je reçois plusieurs appels. Mon père, ma mère, la mère de Nicolas, Nicolas lui-même et Pauline… Ca me fait plaisir de les entendre juste avant d’embarquer, ils ont perçu mon malaise à l’idée de repartir pour le Canada. Hormis lorsque ma mère me fait la morale au téléphone, en disant que je ne dialogue pas… “Si c’est pr me dire cela juste avant que je décolle, c’est pas la peine”. Le tout n’est pas de vouloir ou ne pas vouloir dialoguer, c’est d’être entendu.

Le vol se déroule plutôt bien. Mais bon… Pour une compagnie aérienne canadienne, pays qui est censé être bilingue, on peut regretter que tous les programmes proposés ne soient pas en anglais ET en français. Ou tout du moins sous-titré en français. Je tente de regarder “Breakfast with Scott” mais décroche rapidement. Je me rabats sur “Un jour sans fin”, dont je connaissais le début mais pas la fin… Et cela me plaît bien ! Rien ne m’emballe vraiment parmi les autres films, je choisis finalement “Mon meilleur ami” et ça me distrait bien. J’ajoute 2 épisodes de FBI : Portés Disparus (en V.O. : Without a Trace), la seule série que je regarde régulièrement avec QAF. Dommage, elle n’est pas sous-titrée, et j’ai déjà vu l’un des épisodes proposés. Mais voilà de quoi alimenter mes quelques heures de vol.

A un moment, je suis distrait par le paysage extérieur, à presque 100.000 pieds en-dessous de moi. Des paysages blancs : des lacs gelés, des collines rocheuses recouvertes de neige… Pas un signe de végétation, pas un seul bâtiment, pas une route. Cela ne devrait pas être la banquise car c’est escarpé – du moins ça n’est pas l’image que je me fais de la banquise – mais l’endroit semble désert. Et magnifique.

Je me suis installé plutôt devant afin de pouvoir sortir rapidement de l’avion. Bon calcul : j’arrive dans les premiers à la douane. C’est marrant, je n’imaginais pas du tout cette salle comme cela alors que j’y étais 4 mois plus tôt. Je la voyais marron, elle m’apparaît grise. L’agente me demande ce que je suis venu faire au Canada (finir mon stage). Vous avez amené de l’alcool ? Oui 2 bouteilles de vin. Ca fait quelle quantité ? Je hausse le sourcil irrésistiblement. “75cl chacune, la quantité standard…”. C’est un peu triché d’affirmer que le Martini bianco est du vin. Du vin cuit additionné de vermount certes. Mais c’est faire preuve de mauvaise foi de taire que la bouteille fait en réalité un litre, et que je ne suis pas en règle. Mais pauvre étudiant, j’ai autre chose à faire qu’à payer des dizaines de dollars pour quelques malheureux centilitres.

“Avez-vous ramené des produits alimentaires comme du foie gras, des fromages au lait cru, des fruits… ?” Et là ça défile dans ma tête. Le foie gras chez Nicolas, son plateau de fromage et ceux que ma mère m’a acheté. Les discussions avec mes amis OFQJ (“moi quand je rentre je me gave de fromage français, ras-le-bol du cheddar !” “En revenant de France obligé je ramène du fromage et de la charcuterie, c’est interdit mais je tente”). Et ça me fait sourire. “Non, rien de tout cela”. L’agente me regarde d’un air soupçonneux, me tend mon passeport et me laisse passer. Sur ma déclaration de douane est entouré ma réponse négative à la question qu’elle vient de me poser et à laquelle j’avais déjà répondu par écrit. C’est sûr, elle ne me croit pas. Ainsi on enseigne aux agents à détecter les moindres signes. Dommage, je n’avais effectivement pas ramené de nourriture. Ce n’est pas faute d’avoir voulu pourtant. Mais je m’inquiète quand même à l’idée qu’un agent tatillon me fasse payer un supplément pour mes bouteilles d’alcool.

Je prends un chariot et attend en bonne place à côté du manège aux bagages. Les valises et sacs se succèdent, aucune trace des miens avant dix très longues minutes pour la premières, 15 autres pour la seconde.

Avant de sortir, des agents récupèrent notre feuille de déclaration, et les vérifient. Certaines peuvent sortir, d’autres doivent prendre un autre couloir qui mène on ne sait où. C’est sûr, je suis grillé. Le bonhomme regarde ma feuille et son front se plisse “Et… vous comptez faire quoi au Canada ?” “Finir mon stage” “C’est bon, vous pouvez passer”. Ca passe.

Première mission trouver un distributeur Master Card, retirer de l’argent pour pouvoir payer mon taxi. Je dois me rendre au niveau supérieur “Départ” (un comble !) pour cela. A côté, devant les panneaux avec les horaires des départs, une journaliste de Radio Canada International enregistre quelques secondes de présentation de son reportage. Je redescends pour prendre un taxi. L’endroit est clairement indiqué, la file d’attente plutôt longue : il faut prendre son mal en patience. Le temps nécessaire pour envoyer quelques sms pour dire que je suis bien arrivé.

Dehors, il fait très doux, et la neige a bien fondu. Et le rythme québécois me direz-vous ? Et bien je retrouvais enfin Emilien, le seul de notre gang a être resté à Montréal pour les fêtes, afin de reprendre nos bonnes habitudes. Alors YMCA ? Ou cinéma ? Finalement, nous prenons une bière au Bistro à Jojo, un bar branché blues. Le régime sans bière commencera plus tard… A la séance de 19h, nous choisissons “Je suis une légende”, dont on avait vu les affiches pour la première fois dans le métro new-yorkais. Puis à la sortie, nous prenons de la pizza à Berri-UQAM, là où nous nous étions tous quittés près d’un mois plus tôt. C’est cela le rythme montréalais, reprendre nos activités culturelles, sportives, nos sorties, nos habitudes, prendre le pouls du dynamisme de la ville multiculturelle. Je rentre à Montréal, pour deux mois encore.

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Les Tontons Flingueurs, de Georges Lautner (1963)

Titem | 6 janvier 2008

Les Tontons Flingueurs, de Georges Lautner (1963)La vie de Fernand Naudin, ex-truand devenu depuis petit propriétaire d’une usine de tracteurs, est bouleversée quand son ami d’enfance Le Mexicain, un gangster notoire, l’appelle à son chevet. Avant de mourir, il lui confie la gestion de ses affaires, ainsi que de sa fille Patricia. Mais tout le monde ne voit pas cette transmission de pouvoir d’un très bon œil…

Comédie policière de Geoges Lautner
1963 : 1h45
Avec Lino Ventura (Fernand Naudin), Bernard Blier (Raoul Volfoni), Francis Blanche (Maître Folace), Jean Lefebvre (Paul Volfoni), Robert Dalban (Jean), Sabine Sinjen (Patricia), Claude Rich (Antoine Delafoy)…
D’après le roman d’Albert Simonin Grisbi or Not Grisbi.
Troisième volet des aventures de Max le Menteur (après Touchez pas au Grisbi et Le Cave se rebiffe)

Je n’avais encore jamais eu l’occasion de voir ce que l’on présente comme un film culte. La seule chose que je connaissais du film, hormis sa belle brochette d’acteurs et les dialogues de Michel Audiard, c’est une réplique. Un dessin représentant la scène de la cuisine (“J’ai connu une polonaise qui en prenait au petit-déjeûner !”), accroché dans l’escalier du BD Fugue, ce bar très sympa dans le Vieux Lille où l’on vend aussi… des bandes dessinées.

Les Tontons Flingueurs scène cuisine

“Encore une rediffusion”… Et oui, mais pour une fois, je ne vais m’en plaindre ! Car en effet, je ne fus pas du tout déçu du spectacle ! Un film culte qui n’a pas trop vieilli, excepté peut-être les scènes d’action. Les dialogues truculents de Michel Audiard (“les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît !), des scènes vraiment comiques (comme le gimmick banjo-bourre-pif) et des acteurs, piliers du cinéma français qu’on a plaisir à voir évoluer dans ce monde de truands. Ajoutez à cela un scénario classique mais plaisant, vous obtenez un succès à postérité du cinéma français. Car si en salles, le film n’a pas eu le succès escompté, il reste l’un des plus connus, indissociable des noms de Georges Lautner, Michel Audiard ou Lino Ventura.

N’hésitez pas à regarder la bande-annonce ! La voix rappelle vraiment une annonce radiophonique d’après-guerre ou une étape du tour de France avec Louison Bobet… mais l’ironie est tout à fait intemporelle !


Les Tontons flingueurs – La bande annonce
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Notation des ministres : oui, non et imprécision

Titem | 4 janvier 2008

A la sortie du conseil des ministres mercredi, les membres du gouvernement feignaient de s’en étonner, ou au contraire, bombaient le torse, n’ayant rien à se reprocher. Alors qu’ils venaient présenter leurs voeux au Président de la République, celui-ci leur avait réservé une petite surprise. Rien à avoir avec des étrennes, mais des notes, trimestrielles, qui évalueront chaque ministre et la politique qu’il met en oeuvre. François Fillon les recevrait un par un afin de commenter ces évaluations, réalisées par un cabinet privé, Mars & Co, selon des critères précis et facilement chiffrables.

Bonnet d’âneDe quoi préparer les ministres à être recalés s’ils faillissent à leur mission ? “La saison des notes n’est pas encore arrivée” plaisantait François Fillon. “Quand un remaniement se produit, c’est en général au moment où on n’en parle pas.” ajoutait-il. C’est sûr qu’on n’en parle absolument pas, et surtout pas après les municipales, non… Comme on ne dit pas que Christine Albanel à la Culture, Hervé Morin à la Défense, Alliot-Marie à l’Intérieur ou Dati à la Justice seraient mal notées et sur la sellette, ni que Bertrand au Travail est le premier de la classe !

“Pourquoi la politique serait le seul domaine en France à ne pas faire l’objet d’évaluation ? Les ministres comme les autres doivent rendre des comptes”, déclarait pour sa part Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement.

Il n’a pas tout à fait tort. Comparé à d’autres pays, l’évaluation n’est pas chose courante en France. Et quand elle a lieu, on lui reproche souvent son manque d’objectivité, son manque de temps ou de moyens. Les politiques se succèdent, s’annulent, se superposent, sans lisibilité aucune, sans vraiment prendre le temps de réfléchir à ce qui marche ou ne marche pas. L’évaluation devrait permettre de réellement prendre en compte les résultats d’une politique, de corriger le tir si besoin est.

Ca c’est dans l’idéal. Une évaluation confiée à un cabinet privé… Ne dispose-t-on pas suffisamment de corps administratifs, d’institutions politiques, de fonctionnaires ou d’élus payés pour la République, pour effectuer ce travail ? Ne serait-ce pas le rôle des parlementaires -s’ils ne cumulaient pas les mandats ?

Revenons à ces critères “chiffrables”. La politique n’est-elle fait que de chiffres ? Non. Cela peut sembler plus objectif, mais les chiffres n’ont rien d’objectifs. D’ailleurs, on peut les trafiquer. Un bon point : le chômage est à la baisse ! Mais quand est-il du nombre de Rmistes ? La délinquance est-elle en baisse parce qu’il y a moins de plaintes enregistrées ou parce que l’on dissuade les gens de porter plainte !

Brice Hortefeux, le Ministre de l’Identité Nationale, devrait inviter plus d’immigrés et les reconduire aussitôt à la frontière, puis les réinviter et les expulser… cela ferait gonfler les chiffres et le propulserait sur le podium des bons élèves ! Et Christine Albanel devrait donner des billets gratuits dans les musées pour faire grimper le nombre de visiteurs. Et si elle se met d’accord avec Xavier Darcos, en les donnant à des élèves, il pourra arguer que les jeunes sont plus cultivés : et un bon point pour le travail en binôme !

Non sans rire, ça serait même plutôt un reproche que j’adresserai aux médias. Alors que l’on a bien indiqué que les ministres seraient jugés sur une trentaine de critères, dont leur présence sur le terrain, leur capacité à faire passer leurs réformes ou leurs idées… On ne parle que des critères aberrants et choquants du nombre de reconduites à la frontière, d’entrées dans les musées, du nombre d’heures supplémentaires dans l’enseignement ! Quelle manque d’investigation ! Il n’empêche que ses critères là sont bien au niveau primaire de la politique. Quid de la réussite scolaire et sociale des jeunes, surtout ceux des banlieues, par exemple ?

Un seul n’est pas noté : Nicolas Sarkozy. Il avait pourtant déclaré que les Français seraient comptables de sa réussite ou de son échec. Nul doute que le moment venu il nous présentera le bulletin de notes de ses ministres comme les siens, et qu’il mettra la pression pour n’avoir que des premiers de classe. Et à ce moment-là, il faudra bien voir au-delà des chiffres que l’on nous présentera, plus près de la réalité, et noter voter !

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Ratatouille, de Brad Bird (2007)

Titem | 4 janvier 2008

Ratatouille, de Brad Bird (2007)Rémy est un jeune rat qui rêve de devenir un grand chef français. Ni l’opposition de sa famille, ni le fait d’être un rongeur dans une profession qui les déteste ne le démotivent. Rémy est prêt à tout pour vivre sa passion de la cuisine… et le fait d’habiter dans les égouts du restaurant ultra coté de la star des fourneaux, Auguste Gusteau, va lui en donner l’occasion ! Malgré le danger et les pièges, la tentation est grande de s’aventurer dans cet univers interdit.
Ecartelé entre son rêve et sa condition, Rémy va découvrir le vrai sens de l’aventure, de l’amitié, de la famille… et comprendre qu’il doit trouver le courage d’être ce qu’il est : un rat qui veut être un grand chef…

Film d’animation, comédie américaine de Brad Bird (Studios Pixar)
2007 ; 1h50
Avec les voix de Guillaume Lebon (Rémy), Thierry Ragueneau (Linguini), Camille (Colette), Jean-Pierre Marielle (Auguste Gusteau)

Est-il nécessaire de présenter Ratatouille, le film de l’année 2007 ? Et Rémy, le petit rat qui décide de partir à l’assaut de Paris et de sa folle vocation : devenir un grand chef cuisinier ? Expulsé de sa cachette avec les siens, il se retrouve par hasard sous les cuisines de l’ancien restaurant de son idole, le maître Auguste Gusteau. Pour réaliser son rêve, il forme un duo avec le jeune commis Linguini, aussi maladroit que peu doué pour la cuisine. Mais pas facile pour un rat de travailler là où il n’est pas le bienvenu, avec des hommes contre lesquels sa famille le met sans cesse en garde.

Voilà le début du nouveau film des studios Pixar et distribué par Walt Disney Pictures. Des dessins magnifiques, un tour de main dynamique du réalisateur, une poignée de personnages attachants, une pincée d’humour, un scénario enlevé… On en pardonne aisément l’image doucement naïve de Paris imaginée par les Américains, qui rendent ici hommage à la cuisine française.

Pixar demeurent les maîtres du film d’animation (avec Dreamworks, qui surfe sur la vague de son personnage fétiche, Shrek), et donnent pleinement sens au leitmotiv de l’univers Disney : “Crois toujours en tes rêves”, car tout le monde peut cuisiner ! Ratatouille est une vraie réussite, un authentique moment de plaisir pour les fans de Disney !

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2007, Animal, Années 2000, Brad Bird, Cuisine, Film américain, Film d'animation, Paris, Pixar, Rat, Rêve
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