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Le blog de Titem… à Paris : Europe, Environnement, Société, Culture et Voyages
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Birobidjan : chronique d’une mort programmée (par Erik Burgos)

Titem | 29 février 2008

Un 29 février, cela n’arrive qu’une fois tous les 4 ans. C’est plus que jamais l’occasion des sujets dont on ne parle qu’une fois tous les 36 du mois ! Aussi je vous propose ce petit article écrit par un de mes amis, et publié dans Quartier Libre, le journal des étudiants de l’Université de Montréal. Un article qui aurait pu faire l’actualité, et qui vous permettra sûrement de briller en société lorsque vous parlerez de cette région méconnue qu’était le Birobidjan…

Mort Birobidjan - Clément de GaulejacLe 1er mars prochain, le Birobidjan pourrait disparaître. Le « Biro » quoi ? Le Birobidjan est une région autonome juive située à l’extrémité orientale de la Sibérie, une entité administrative et politique russe unique en son genre. Sa fusion avec la région administrative voisine de Khabarovsk devrait sonner le glas de cette exception mondiale, créée en 1928 par le gouvernement soviétique, 20 ans avant la naissance de l’État d’Israël.

La région autonome juive forme une configuration atypique dans le paysage politique russe. Le yiddish, qui en est la principale langue officielle, est enseigné dans les écoles et même les goïm (non-juifs) la maîtrisent. Toutes les inscriptions publiques sont obligatoirement bilingues, écrites en yiddish et en russe. Imprimé sur place, le Birobidjaner Stern est l’un des rares journaux yiddish dans le monde et continue de rejoindre des milliers de lecteurs à travers le pays ainsi qu’à l’étranger. Malgré ce dynamisme culturel, les Juifs du Birobidjan ne représentent plus que 2 300 âmes, soit 1,2 % d’une population d’environ 190 000 habitants. Dans quelques années, ces Juifs sibériens auront complètement disparu de la région autonome juive et il ne restera de yiddish que le nom de quelques rues.

La Sibérie : un solution stalinienne au “problème juif”
C’est avec la révolution d’octobre 1917 que les Juifs de Russie ont acquis le statut de nation égalitaire au sein d’une nouvelle Union soviétique. De multiples plans ont alors été examinés pour permettre la réinsertion, dans l’économie soviétique, d’un peuple juif qui avait été exclu et persécuté sous l’Empire tsariste. En fait, on cherchait à installer une colonie juive de peuplement en URSS. Mais la plupart de ces projets achoppaient sur le choix d’un territoire spécifique : la Biélorussie, l’Ukraine, la Crimée et le Caucase ont tour à tour été écartés. Après maintes délibérations, Staline a finalement porté son choix sur la Sibérie et, plus particulièrement, le Birobidjan, petit territoire près de la frontière chinoise. Pourtant, rien ne rattachait de près ou de loin ce territoire sibérien à la culture juive. La région autonome juive a été proclamée en mars 1928 sans prendre en considération la spécificité et les aspirations de la communauté juive soviétique.

Au-delà des soucis charitables pour attribuer une terre aux Juifs de l’URSS, des considérations d’ordre géostratégique ont manifestement influencé cette prise de décision. Avide de doter son pays d’une sécurité nationale à toute épreuve, seule la protection des frontières extrême-orientales importait à Staline. Une forte présence juive dans la région permettait d’en organiser la défense contre une Chine qui revendiquait le Birobidjan, mais aussi contre un Japon qui affichait sur l’Orient soviétique des visées expansionnistes.

Israël ou la lente agonie du Birobidjan
En 1948, la création d’un État juif en Palestine a offert des prétextes au régime stalinien pour commettre des exactions envers le peuple juif sibérien. Craignant de perdre la légitimité politique des Juifs soviétiques au profit de celle d’Israël et mû par un antisémitisme démesuré, Staline s’est attelé à supprimer toute vie intellectuelle, culturelle et religieuse juive. Accusés de complaisance avec l’ennemi sioniste, un grand nombre de dirigeants du gouvernement de la région autonome juive ont tout bonnement été arrêtés et exécutés. Cette campagne sera poursuivie, quoiqu’à un degré de barbarie moindre, par les différents dirigeants soviétiques qui lui succéderont. Seul le régime de Gorbatchev a permis de rétablir le dialogue des peuples, en suggérant aux Juifs du Birobidjan de ranimer la spécificité juive dans la région. Mais que pouvaient-ils bien ranimer ? Plus rien, à l’exception du yiddish, ne faisait de cette terre une contrée juive.

C’est l’ouverture des frontières, suite à la dislocation de l’Union soviétique en 1991, qui a porté un coup fatal à la régénération du Birobidjan tant souhaitée par Mikhaïl Gorbatchev. L’attraction d’Israël en tant que foyer national et culturel juif a eu un impact majeur sur cette population longtemps brutalisée et discréditée par le pouvoir fédéral. La plupart des Juifs sibériens ont émigré en Israël où, justement, la spécificité juive était plus ostensible. Les autres, ceux qui sont restés, ont subi ou subiront une assimilation effective.
Le phagocytage territorial du 1er mars prochain marque donc la fin d’une illusion stalinienne.

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La censure dans l’air du temps

Titem | 27 février 2008

Censure : Limitation arbitraire et/ou doctrinale de la liberté d’expression. Elle n’est pas seulement le fait des régimes autoritaires, on peut la constater tous les jours autour de nous. Et ces derniers jours, la censure est vraiment dans l’air du temps. Il faudrait maintenant qu’un souffle de refus de cette pratique s’étende dans la population.

Mathieu AmalricIl y eut la censure à l’encontre de Mathieu Amalric. Le récipiendaire 2008 du César du Meilleur acteur pour son rôle d’un malade atteint du lock-in syndrom dans Le Scaphandre et le Papillon n’avait pas pu être présent au moment de la remise de son prix. Actuellement en tournage pour le prochain James Bond, il avait néanmoins tenu à adresser un message, lu par l’animateur de cette soirée, Antoine de Caunes. Une simple lettre de remerciements.

Ce n’est que 2 jours plus tard que le site des Cahiers du cinéma publiait le contenu entier de cette lettre, où l’acteur y critiquait notamment les grands ciné-complexes qui tuent le petit cinéma de quartier, poumon culturel de la France. Censure ? Sans aucun doute. De la part de qui ? D’Antoine de Caunes lui-même ? Des organisateurs de la soirée ? Qui sait… Mais le fait est là : difficile de s’attaquer aux puissants, même quand on est un acteur connu.

Courrier International Une CensuréeAffaire du Courrier International. Cet hebdomadaire publie chaque semaine les meilleurs articles de la presse du monde entier. En couverture cette semaine, Barack Obama.. En haut de la une, ce titre : “Vu de Madrid: Sarkozy, ce grand malade”. Une référence à l’une des idées-fortes d’un article d’El Pais où le journaliste espagnol juge le Président de la République malade de son égo.

La RATP refuse de faire de la publicité pour Courrier International, arguant de son obligation de neutralité pour ne pas choquer ses clients. De même, la société Relay a plié les exemplaires de cette édition de Courrier International de telle façon que le titre polémique n’apparaisse pas.

La censure est ici plus subtile, on ne censure pas l’article, mais la publicité qui pourrait en être faite, comme si l’on avait peur de relayer une opinion susceptible de déplaire. De déplaire à qui ? Aux Français ? Il y aura toujours des gens pour trouver cela choquant, mais il ne s’agit que de relayer une opinion étrangère pour susciter le débat. Déplaire aux politiques ?

Pas facile de critiquer les puissants dans ce pays. Mais si l’on compare la sévérité avec laquelle les médias internationaux jugent la politique de notre pays, et ceux qui la mènent – peut-être ressentent-ils moins de pression sur leur poste en cas de déviance d’opinion ? – la pire censure n’est-elle pas celle que l’on exerce sur soi-même ?

P.S. : Au moment de publier cet article, j’apprends que l’un de mes contacts sur la blogosphère, Luc Mandret, a été mis en demeure pour deux articles concernant Sylvie Noachovitch par l’intéressée elle-même, et qu’il a décidé de supprimer les dits-articles. Je n’ai pas envie de lui jeter la pierre même si j’aurais conservé ces articles qui ne faisaient, selon moi, que rapporter des faits avérés. Qu’il reçoive tout de même toute ma sympathie.

Censure, quand tu nous menaces…

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Forum Environnement Jeunesse C-Vert ou le pouvoir des jeunes

Titem | 26 février 2008

C’est la deuxième fois lors de ce stage, et a priori la dernière, que j’ai l’occasion de suivre l’avancement d’un projet. J’avais réellement eu du plaisir à suivre les jeunes de C-Vert à Gatineau, j’y ai appris beaucoup de choses sur l’engagement et le pouvoir des jeunes. L’objet de cette rencontre, au début du mois, était de préparer le 1er Forum Environnement Jeunesse. Cet événement a eu lieu hier, et j’ai eu la chance de le couvrir.

Il avait lieu dans un quartier que je ne connaissais pas encore : Côte-des-Neiges. Et pour cause, il n’est pas inclus dans le périmètre couvert par le Journal Communautaire Le Monde. On me présentait ce quartier comme étant plutôt populaire et multiculturel… En me rendant sur le lieu de ce Forum, au YM-YWHA Centre Communautaire Juif, là où se réunissent les jeunes C-Vert de Côte-des-Neiges, j’y ai découvert un quartier de charmantes petites maisons pavillonnaires. Peut-être une partie beaucoup plus cossue de ce quartier. Quant au YM-YMHA, je regrette de ne pas avoir pris le temps de prendre des photos de l’intérieur du bâtiment, très beau, où de son hall of fame, qui me rappela celui du Cercle des Poètes Disparus.

On me remet un dossier de presse composé de communiqués de presse, une présentation et l’historique de C-Vert… et mon précédent article, avec un autre d’un journal juif canadien. Un dossier remis aux journalistes de RDI, La presse…

Les jeunes de C-Vert assistent à une réunion à huis-clos avec l’environnementaliste canadien David Suzuki. A la sortie, l’homme est bombardé de flashs par les photographes. Heureusement qu’Erik m’a prêté son appareil photo. Il n’empêche : je fais pâle figure à côté de ces professionnels et leur appareil au zoom aussi gros que le biceps gauche de Rafaël Nadal. Je comprends mieux quand on me disait que la sortie du Conseil des Ministres est un sport pour se frayer une place et récupérer quelques précieuses paroles ou précieux clichés. Et mon mètre soixante-treize n’arrange rien à l’affaire.

Conférence de presse bilingue. Les jeunes de C-Vert présentent leur groupe. L’un d’eux me dira plus tard que l’une de mes photos a été utilisée par le journal The Suburban. Satisfaction encore, mais je n’ai pas pu vérifier l’information.

Conférence Presse C-Vert - Titem

La maire de l’arrondissement Anie Samson parle du pari audacieux dans lequel elle s’est engagée en parrainant C-Vert. Un pari symbolique puisque l’arrondissement est aussi celui de la Carrière Miron, où furent enfouis pendant de nombreuses années les déchets des habitants de l’île de Montréal. Une chance aussi pour les enfants de voir plus loin que l’autoroute métropolitaine, et de voir la nature ailleurs qu’au Biodôme. Plus tard, troisième satisfaction personnelle, elle m’indiquera qu’elle lit mon blog – puisqu’elle le lit, qu’elle sache que j’en suis vraiment flatté ! – et s’enquiert de ma date de départ, malheureusement proche.

Puis la parole est donnée à David Suzuki. Son message sera sensiblement le même à la conférence de presse et pendant le discours aux quelques 200 adolescents venus l’écouter religieusement dans la salle du YM-YMHA.

Il s’indigne du récent budget du ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, dans lequel rien n’a été prévu pour l’environnement. « C’est de la folie : manger sainement, boire de l’eau non polluée, respirer un air pur font partie de nos besoins vitaux ! Et on les considère comme moins important que l’économie ! ».

A la question : pourquoi les jeunes ne sont pas écoutés, il a cette réponse : « Vous n’êtes pas des électeurs. Et pourtant, vous êtes appelés à le devenir, c’est à vous de prendre la parole, de vous faire entendre, car vous parlez avec votre cœur. »

Il rappelle l’histoire d’Iqbal Masih, ce pakistanais de 12 ans, ancien esclave dans un atelier de tissage, qui s’était révolté contre l’esclavage des enfants, et avait payé ce combat de sa courte vie. Il fait visionner à l’assistance la vidéo du discours de sa fille Severn au sommet de la Terre à Rio, en 1992. Un message empreint de naturel, mais aussi acerbe et très critique envers les puissants qui sacrifient l’avenir des enfants. L’a-t-elle écrit elle-même ou grâce à son père ? Peu importe. Son constat est accablant.

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Oui les jeunes peuvent avoir le pouvoir, et sont capables de faire bouger les choses. Affirmer cela, est-ce faire preuve d’angélisme ? Le nier, comme nier l’urgence de la question environnementale, c’est poursuivre la fuite en avant du monde vers une bien funeste destinée.

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Victoire d’une certaine idée de la France

Titem | 25 février 2008

Marion Cotillard Oscar 2 - rsr.chQuelle joie de pouvoir suivre en direct outre-atlantique la remise de l’Oscar de la meilleure actrice et l’émotion de sa récipiendaire, la gracieuse Marion Cotillard ! Que de chemin parcouru depuis Taxi pour la jeune actrice : la voilà récompensée pour son impressionnante incarnation d’Edith Piaf, dans La Môme d’Olivier Dahan. Un honneur que l’Hexagone n’avait pas reçu depuis Simon Seignoret en 1960, pour son rôle dans Les chemins de la haute ville.

Un peu plus tôt dans la soirée, La Môme avait reçu l’Oscar du meilleur maquillage. On comprend pourquoi.

Cette soirée a également vu Ratatouille, le dessin animé des studios Disney-Pixar, distingué pour l’Oscar du meilleur film d’animation. On aurait préféré voir Persepolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, mais les optimistes diront que Ratatouille a aussi pour décor Paris.

Ratatouille Pixar Paris

Ce qui m’inspire cette réflexion, que certains pourront trouver rabat-joie. Voilà récompensée une certaine idée de la France. Une french nostalgia faite de petits bistrots parisiens d’après-guerre, Saint-Germain des Prés, la douceur de vivre, les petites rues pavées que l’on parcourt à bicyclette, la french cuisine – que notre Président voudrait faire reconnaître comme patrimoine mondial de l’Unesco… Une image d’Épinal qui avait déjà séduit avec Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain.

Café de FloreDes clichés qui peuvent faire chaud au cœur, que l’on peut avoir plaisir à entendre dans la bouche des étrangers… Mais dans lesquels il ne faudrait pas s’enfermer. Faire preuve d’un peu plus d’initiatives et de dynamisme pour ne pas devenir – seulement – le Luna Park des anglo-saxons en mal de poésie et de romantisme. Mais bon, on sera ravi de french kisser les (beaux) amoureux de la France !

Et ça n’empêche pas non plus d’éprouver, répétons-le, beaucoup de fierté pour cet Oscar de Marion Cotillard – fieffés orgueilleux de Français ! – ainsi que celui, ne l’oublions pas, de Philippe Pollet-Villard pour Mozart des pickpockets, dans la catégorie Meilleur court métrage.

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Plus qu’un mois en belle Province…

Titem | 25 février 2008

Tout est dit dans le titre.

Et encore, un mois… Moins d’un mois ! Non pas que je sois en train de faire le compte à rebours, à vrai dire, je ne me rends pas compte que ce séjour touche à sa fin, pas plus que je ne me rendais compte fin août que j’étais bientôt sur le départ pour Montréal !

Peut-être parce que je ne crains pas le départ de ce lieu où j’aurais vécu de formidables moments, et qui n’est qu’une étape dans mon chemin personnel. Mais… quelle étape ! Marquante, inoubliable, florissante. Pleine de souvenirs, de rencontres. Certains sont déjà repartis, d’autres sont sur le point de revenir sur le Vieux Continent, et ils ont le cœur lourd. Je ne suis pas encore dans cet esprit là. J’ai tant d’autres choses à voir. Mais je voudrais les partager avec tous ceux que j’ai rencontrés, dans le Nord, à Rennes, à Montréal… Là où j’ai posé mes valises.

A nous le monde - vigile.net

Je n’aurais pas le temps de me retourner que je serai parti vers d’autres contrées plus orientales. J’effectuerai mon prochain stage à la Mission Economique de Nicosie, la capitale de Chypre. J’en rigole presque aujourd’hui : convaincre les industriels français de s’installer et ou d’investir dans une île où le Président nouvellement élu est communiste, en voilà un beau challenge non ?

Plus qu’un mois et encore plein de choses à faire. Bon, déjà un stage à finir et un rapport à rédiger. Encore des regards sur le Québec, sur le Montréal à (faire) découvrir. J’aurais aimé parcourir le pays en entier, mais il me faut rester raisonnable, tant en matière de timing que de finances. Aussi j’espère revoir Québec avant de partir.

Je rattrape petit à petit le temps perdu, même si je regrette tout de même de ne pas avoir fait plus de choses. Comme de jouer le jeu de la proximité avec la population en m’engageant auprès d’une association (mais quelle association ?). D’aller plus régulièrement faire du sport, lire davantage de livres et de revues sur le Québec, m’inscrire au vidéoclub pour voir des films québécois…

Alors oui on ne peut pas tout faire. Mais le temps passe si vite que l’on ne s’en rend pas compte, ou bien si : on se rend compte que le temps s’écoule trop vite, mais l’on croit encore pouvoir courir après. J’en aurais fait une nouvelle fois l’amère expérience, mais cette fois à près de 6000 kilomètres de chez moi. Cela me donnera peut-être des raisons pour en profiter pleinement, de toutes les rencontres, de toutes les expériences, de tous les voyages, de toutes les connaissances… Et oublier le temps pour ne rien gâcher.

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Crime de manque de débat contre les valeurs françaises

Titem | 24 février 2008

Je le répète : à chaque jour sa polémique, qui aurait mérité que l’on en débatte plus longuement et moins superficiellement. Surtout ici, où le sujet est beaucoup plus grave, beaucoup plus profond. Les superlatifs sont forts, et pour une fois, ils ne sont pas galvaudés. Le pouvoir en place semble vouloir piétiner certains principes républicains, au nom d’une fin des tabous qu’il aura lui-même dressés. Certes rien n’est immuable. Mais on ne peut accepter que ces valeurs essentielles soient remises en cause de façon aussi désinvoltes.

Christian Estrosi1er acte : Mayotte. Le Ministre de l’Outre-Mer, Christian Estrosi, a envisagé qu’un enfant né de parents en situation irrégulière sur l’île de Mayotte ne puisse plus demander la nationalité française.

C’est donc une remise du principe du droit du sol, l’une des valeurs fondatrices de la République Française, qui en cela, s’était différenciée du droit du sang prussien. Cela n’a donc rien d’anodin, cela doit faire débat : la population de Mayotte a quintuplé en près de deux décennies, 30% ne parle pas français. Chaque jour, des femmes des autres îles des Comores viennent accoucher à Mayotte, afin que leur enfant obtienne la nationalité française. A priori, par exemple, un enfant né aux États-Unis ne devient pas américain, cela serait trop simple. Mais peut-on accepter en outre que la loi française s’applique partout, sauf dans quelques territoires ? Aujourd’hui Mayotte, demain la Guyane et les autres DOM-TOM, la Corse et enfin la Métropole ?

Prison - lepoint.fr2ème acte : le principe de rétention des personnes jugées dangereuses même après la fin de leur peine. Les principaux aspects de la loi ont été validés par le Conseil Constitutionnel, hormis son application rétroactive. Nicolas Sarkozy a demandé au premier Président de la Cour de Cassation Vincent Lamanda d’examiner dans quelle mesure cette loi pourrait s’appliquer à des condamnés déjà condamnés, donc rétroactivement.

Le débat n’est pourtant pas simple. Qui peut affirmer qu’il souhaite voir en liberté ce genre de criminels multi-récidivistes, ayant fait part de leur volonté de commettre d’autres forfaits à leur sortie de prison ? Ceci dans le contexte de la publication d’une liste de 32 condamnés pour des faits criminels graves, qui seront relâchés prochainement et susceptibles de récidiver ? Mais qui peut affirmer également qu’il accepte de voir le Président de la République, garant de nos institutions, les violer allègrement ?

Car il s’agit bien de cela : un passage en force, une violation de l’État de droit. Plutôt que remettre en cause la décision du Conseil Constitutionnel en la contournant, il aurait mieux valu exiger ce qui aurait dû être fait depuis le début à ce sujet : imposer des soins à ce genre de criminels. D’ailleurs, le Conseil Constitutionnel n’a pas censuré l’emprisonnement de ceux qui, condamnés avant le vote de la loi, refuseraient de se soigner.

Le pire vient de ceux qui osent affirmer que cela n’est pas grave. Voilà l’esprit de veille républicaine anesthésié, et c’est sans doute le plus funeste pour notre démocratie, plus encore que les mauvaises intuitions du pouvoir prêt à défaire de manière discrétionnaire nos valeurs. Et l’on n’a pas encore parlé de la laïcité…

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Le Ring, d’Anaïs Barbeau-Lavalette (2007)

Titem | 24 février 2008

Le Ring d’Anaïs Barbeau-Lavalette (2007)Jessy, 12 ans, erre dans les rues, recrache les pilules qu’on lui donne et s’époumone le vendredi soir devant ses héros : les lutteurs du quartier. Il a l’enfance dure, mais il ne le sait pas; tous les gamins du voisinage ont la même vie que lui. Dans ce milieu défavorisé de Montréal, la réalité goûte la sueur et cogne solide. Le jour où sa famille vole en éclats, Jessy perd ce qu’il lui reste d’innocence. Mais même les épaules au tapis, il trouvera la force de battre pour échapper à son destin.

 

Drame social canadien (québécois) d’Anaïs Barbeau-Lavalette
1h27 ; Sorti en 2007
Avec Maxime Desjardins-Tremblay (Jessy Blais), Maxime Dumontier (Sam Blais), Julianne Côté (Kelly Blais), Jean-François Casabonne (Jacques)

Le film était sorti fin octobre 2007 au Québec. Mais je n’avais pas pris le temps d’aller le voir. Mais dynamisme culturel montréalais oblige, voilà qu’un énième festival, les Rendez-Vous du Festival Québécois, m’offrait la possibilité de voir un film que je désirais voir. Mais avant cela, Le Ring (voir le site officiel) a été présenté au Festival de Pusan en Corée du Sud, au Festival du nouveau cinéma et au Festival de Berlin, où il entrait dans la catégorie Panorama.

Avant la projection, la jeune réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette, qui signe là son premier long-métrage, joue franc jeu (lire aussi son interview). Elle a été travailleuse sociale et cette œuvre est un peu le résultat de ce qu’elle a pu voir sur le terrain. De fait, on pourrait lui reprocher de jouer un peu sur les clichés. Inversement, on est frappé par la réalité, à la fois très dure et naturelle, avec laquelle elle filme ce quartier défavorisé de Montréal, Hochelaga-Maisonneuve (le 2ème plus pauvre du Québec, derrière Villeray Saint-Michel Parc Extension).

La misère à laquelle est confrontée Jessy n’est pas seulement celle de son quartier. C’est aussi sa propre détresse, et celle de sa famille, de son frère qui sombre petit à petit dans la délinquance, sa mère héroïnomane, sa sœur qui aborde mal sa sexualité. Le quotidien est simplement cru, lorsque le héros, à demi-nu, sort de chez lui pour dire à son père qu’il a faim.

Son seul exutoire, c’est le catch, une façon d’oublier le ring où il doit apprendre à se battre quotidiennement, en sortant du monde de l’enfance, en faisant des choix… en brûlant les idôles qu’il a adorés.

Un film qui s’inspire du cinéma social des Frères Dardenne, et nous montre la face cachée d’un Québec défavorisé, où les habitants sont livrés à eux-mêmes. Un bon premier film, au plus proche de la réalité, sans misérabilisme ni fatalisme.

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Journalistes/Politiques : stop à l’hypocrisie !

Titem | 22 février 2008

Christine OckrentChristine Ockrent est nommée directrice générale de la holding France Monde, qui réunira sous une même enseigne les différents visages de l’audiovisuel français en dehors de nos frontières. Une journaliste aussi au fait des médias internationaux ne pouvait être aussi bien placée pour remplir cette fonction. Et voilà que resurgit la polémique qui avait déjà point au moment de l’arrivée de Bernard Kouchner au Quai d’Orsay. Une journaliste peut-elle exercer son métier alors que son mari est une personnalité politique aux grandes responsabilités ?

Les syndicats de journalistes sont déjà parvenus à obtenir le scalp de Béatrice Schonberg, parce qu’elle est l’épouse de Jean-Louis Borloo. Les voilà qui s’en prennent à Christine Ockrent. Là encore, on loue les qualités professionnelles de la femme, ses compétences… mais l’on fait remarquer que cela pourrait poser des problèmes en termes d’indépendance. Mais si elle est compétente, c’est que justement elle doit faire preuve d’indépendance, non ?

Les réactions à cette nomination sont choquantes. On ne peut pas nier que cela soit tout de même maladroit, que cela attise les soupçons. Il n’en aurait peut-être pas été autrement si Nicolas Sarkozy avait été moins critiqué qu’actuellement, mais ce qui est certain, c’est que cette nomination est choquante pour ceux qui croient qu’un journaliste n’est pas capable de fournir un travail sérieux indépendamment de ses relations privées.

Et c’est là où le bât blesse. On connaît parfaitement les liens entre les journalistes et les politiques. Cela pose-t-il tant de problèmes que cela dans l’exercice de leur métier ? Être la conjointe/l’épouse d’un homme politique est-il le signe que l’on va être moins indépendant que si l’on en était simplement l’ami ? Et que dire des journalistes hommes qui ont des épouses, des compagnes… des maîtresses dans les sphères politiques ?

Si l’on s’inquiète à ce point de l’indépendance des médias et de leur complaisance envers le pouvoir politique, il faudrait avoir d’autres soucis que l’indépendance des compagnes de ministres. Que dire du Président de la République qui impose les journalistes qui vont l’interviewer ? Qui nomme et démissionne les dirigeants de certaines médias qui lui ont déplu ? Des journalistes qui succombent aux sirènes de la peoplisation – et ceux des Français qui en raffolent ? Des journalistes qui répondent aux appels du Ministère de l’Intérieur pour aller filmer des arrestations en banlieue ? Ceux-là ont-ils besoin de coucher avec un homme politique pour se montrer aussi dépendants du milieu politique ? Sans parler de la position de la télévision publique lorsque les espaces publicitaires y seront supprimés !

S’il n’y a pas un minimum de jalousie, il y a au moins une bonne dose d’hypocrisie dans ces prises de position, un moyen facile de ne pas se remettre en question.

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Des jeunes conscients et responsables

Titem | 22 février 2008

A lire aussi : mes impressions sur ce reportage.

Réveil matinal pour la vingtaine de jeunes du projet C-Vert de Saint-Michel ce 9 février ! Un autobus scolaire les attendait dès 8h, direction Gatineau, pour rencontrer la Commission Jeunesse de la ville. Une journée qui devait permettre d’échanger avec d’autres jeunes engagés dans l’amélioration de leur environnement.

C-Vert table Commission Jeunesse Gatineau - Titem

Ils ont de 15 à 17 ans, ils viennent de l’arrondissement Villeray – Saint-Michel – Parc Extension ou de Côte-des-Neiges, sont de différentes cultures, mais tous sont animés par une même préoccupation : la défense de l’environnement. «C’est l’fun de rencontrer d’autres jeunes comme nous, de plus en plus touchés par les questions d’environnement», constate Laurence, 15 ans, de C-Vert.

Des idées inspirantes
Invités à la Maison du Citoyen de Gatineau et accompagnés de 4 animateurs et d’Anie Samson, maire de l’arrondissement, les jeunes de C-Vert ont présenté leur projet et leurs actions à la Commission Jeunesse de la ville, et réciproquement. Au sein de C-Vert, les jeunes sont sensibilisés aux questions écologiques et développent des gestes concrets pour l’environnement, comme la plantation d’arbres ou la collecte de vélos usagés.

Composée de 34 jeunes âgés de 12 à 17 ans et de 3 conseillers municipaux, la Commission Jeunesse de Gatineau donne son avis sur les questions relatives aux jeunes, loisirs, santé, études… «On veut donner une image différente de celle donnée par les médias», explique Frédéric Labelle, co-président de la CGJ.

«Nous sommes attentifs à vos besoins et contents de voir que notre société sera en de bonnes mains», félicite Mme Samson. «L’arrondissement ne dispose pas des mêmes moyens que Gatineau, mais il y a matière à réflexion, par exemple pour mettre sur pied une table des jeunes», ajoute-t-elle. Michel Séguin, coordonateur du projet C-Vert, confirme l’intérêt d’une telle démarche dans l’arrondissement. «Ca serait génial ! Ce qu’il y a de novateur ici, c’est que cela relève du conseil municipal et que les jeunes sont intégrés dans le processus décisionnel».

Forum Environnement jeunesse en vue
Les jeunes de C-Vert ont profité de leur visite pour soumettre le déroulement du Forum Environnement jeunesse, auquel la CJG participera. Cet événement se tiendra le 26 février au YM-YMHA, 5400 Westbury. Il sera marqué par la présence du Dr David Suzuki, que les jeunes auront la chance de rencontrer à huis-clos. «L’écologie, ce n’est pas seulement son travail, c’est sa vie !», s’enthousiasme Jean, 15 ans, du groupe C-Vert. «Les jeunes doivent venir nombreux pour être sensibilisés». Le Dr Suzuki, de renommée internationale, devrait tenir une conférence sur le pouvoir des jeunes de changer les choses.

Après l’effort, le réconfort ! Cette journée fructueuse s’est achevée par un rallye au Bal des Neiges et d’un souper avec ses nouvelles connaissances. «C’est intéressant aussi que les jeunes s’ouvrent vers de nouveaux horizons : beaucoup ne sortent pas de leur ville», constate Anie Samson.

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Le bras de fer se poursuit à Parc Extension

Titem | 21 février 2008

Avant de vous donner le contenu de cet article paru dans l’édition de février du Journal Communautaire Le Monde, je me permets d’ajouter une impression. L’article en question, traitant d’un sujet très sensible dans le quartier concerné, ne fut pas simple à écrire. Ce n’est pas de la fausse modestie, simplement le constat que sur un sujet qui suscite autant de passion, il était nécessaire de faire preuve d’un maximum d’objectivité, ce qui n’était pas simple, le CSSS de la Montagne étant plutôt sur la défensive, cherchant à apaiser les tensions et expliquer sa démarche, face à des accusations parfois graves (qui toutes n’ont d’ailleurs pas été reprises dans cet article). Les premiers retours sur cet aspect d’objectivité sont plutôt satisfaisants, néanmoins, et là, pour le coup, je peux en être satisfait.

Conseil d’administration houleux pour le CSSS de la Montagne ! Une trentaine d’intervenants communautaires de Côte-des-Neiges et de Parc Extension ont profité de la séance de questions du CA du 5 février pour contester une nouvelle fois le remplacement d’organisateurs communautaires par des agents de planification, de programmation et de recherche. Du côté du CSSS, on cherche à calmer les esprits.

Intervenants communautaires CA CSSS Montagne - Titem

Pendant une heure et demie, différents intervenants communautaires de Côte-des-Neiges et de Parc Extension se sont adressés aux administrateurs du CSSS de la Montagne pour protester contre la suppression des 10 postes d’organisateurs communautaires effective depuis le 10 décembre dernier.

Ainsi Jean Esseri, du Carrefour Jeunesse Emploi de Côte-des-Neiges, qui salue la création de 5 postes d’agents de planification estime qu’inversement «on n’enrichit pas des compétences en supprimant des postes appréciés par beaucoup. Le milieu est fâché, révolté par une telle décision». Une décision jugée unilatérale par Delfino Campanile, l’un des organisateurs communautaires remerciés : «Zéro discussion préalable, zéro réflexion, zéro interaction avec les professionnels et encore moins avec la communauté. On ne se sent pas respectés pour le travail accompli toutes ces années». Il annonce avoir recueilli en quelques jours les signatures de 416 personnes contre la décision du CSSS de la Montagne.

Marc Sougavinski, directeur général du CSSS, a tenu à répondre point par point aux griefs des intervenants communautaires. S’il dit comprendre leur malaise, puisqu’il n’est pas simple de se séparer de personnes dont il reconnaît les compétences, il souligne «que le CSSS a besoin de nouvelles expertises pour répondre aux besoins de la population». «Je vous mets au défi de me dire si, dans quelques mois, il n’y aura pas eu d’amélioration». Il rappelle également que cette décision concerne avant tout une restructuration propre au CSSS de la Montagne.

Il a invité les intervenants communautaires à poursuivre le dialogue, notamment avec M. René Grenier, récemment nommé adjoint par intérim au partenariat. «Cela ressemble à de l’improvisation. Nous l’avons rencontré, mais on ne juge pas d’un partenariat lors d’une réunion de trente minutes. Est-ce cela que vous appelez le dialogue ?», remarque Geneviève Ducharme d’Heberjeunes Parc Extension.

«Depuis cette décision, vous n’avez jamais été aussi absents du terrain», regrette Louise Leduc, de CPE Parc Extension. «Nous sommes en train de sélectionner les candidatures aux postes d’agent de planification», précise Marc Sougavinski. «Dans les semaines à venir, ils viendront à votre rencontre pour travailler avec vous et connaître vos attentes. Maintenant, je souhaite que vous nous appuyez dans ce sens», ajoute-t-il.

«Nos attentes ? Vous les connaissez : rendez-nous nos organisateurs communautaires !», lance alors à l’assemblée Louise Leduc, vivement applaudie. Parce ce qu’ils estiment que la confiance et le dialogue sont rompus, les intervenants communautaires ont décidé de sortir en bloc de la salle, avant la fin de la séance de questions.

A lire aussi : mes impressions sur ce reportage

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