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Le blog de Titem… à Rennes : actualité, société, voyages
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Une soirée chez les Chypriotes

Titem | 28 avril 2008

Je n’avais pas encore vraiment eu l’occasion de fréquenter des chypriotes. C’est cela l’inconvénient ; on a beau voyager à l’étranger, à imaginer une colocation à l’auberge espagnole… Au final, je suis parti à Montréal avec des Français, pour vivre avec des colocataires françaises et travailler avec des Français (et un québécois). A Nicosie, je travaille surtout avec deux Français (même s’il y a un chypriote francophone) et je vis en colocation avec un Français. Ils connaissent très bien Chypre qu’ils me font visiter, ils me font rencontrer du monde… et pas seulement des Français. Mais je n’ai pas vécu au quotidien avec des québécois ou aujourd’hui avec des chypriotes. L’aurais-je supporté d’ailleurs ? On s’attache à eux, mais notre façon de penser est tout de même différente…

FlaounesCela étant, j’ai donc été introduit au sein d’une famille chypriote. Et bien accueilli : on loue l’accueil des Chypriotes, ce n’est pas une réputation volée. Mais rencontre-t-on vraiment beaucoup de peuples qui ne font pas preuve de bienveillance à l’égard d’un hôte ? Tradition de Pâques oblige, ils me servent des morceaux de flaounes, ce gâteau au fromage, raisin, menthe et épices (si j’en crois mes papilles… et cette recette). Et je dois également me plier à la tradition de l’œuf de Pâques à choquer contre celui de mon voisin. Je perds encore une fois…

La télévision diffuse des feuilletons TV typiques et vieillots. Plus tard, j’aurais même le droit à la version grecque de ce célèbre jeu, dont M6 aura présenté une éphémère version : “Êtes-vous meilleur qu’un enfant de 10 ans ?”.

Ce qui me frappe, c’est le tatouage du garçon de la famille sur son bras. On m’explique alors qu’à Chypre, on soutient une équipe en fonction de sa couleur politique : gauche ou droite, et qu’il s’agit ici d’un tatouage en faveur de l’équipe de droite. Que certains clubs de supporters aient des penchants politiques, des revendications régionales parfois… rien d’étonnant. Mais qu’il soit fait une association avec un parti politique ! Finalement, on n’est pas trop loin de cette vieille tradition romaine où un conducteur de char conduisait pour une couleur qui représentait une couche de la population. O tempora, O mores !

En face de moi, il y a de vieilles photos sépia accrochées au mur. Il s’agit en fait de leur maison. Du moins telle qu’elle était avant qu’ils ne doivent la quitter en 1974, sous la pression de l’armée turque fraîchement débarqué. C’était il y a 34 ans donc, Paris n’avait que 14 ans à l’époque. Ses parents possédaient des terres dans le Nord de l’île. Près de Kyrenia. Près de la Turtle Beach. Sur cette plage paisible, j’avais presque oublié les malheurs de deux qui furent expropriés de leur maison. On dit que certains Chypriotes en ont conservé de la rancœur – on peut les comprendre après cette expérience traumatisante – , et nourrissent ainsi un certain patriotisme plus ou moins exacerbé. Cela ne me paraît pas être le cas de Paris qui s’est relevé de cette épreuve, et possède aujourd’hui une très belle maison en banlieue nicosienne, un pavillon qu’il a construit de ses mains.

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Fêter la Pâque orthodoxe à Chypre

Titem | 28 avril 2008

Eglise Phaneromeni Nicosie

La Pâque chrétienne a eu lieu depuis près d’un mois déjà. La Pâque orthodoxe tombait cette année un 27 avril ; il est plutôt rare que les deux dates coïncident. Les rites sont différents aussi. En revanche, la raison de cette fête religieuse est la même : célébrer la renaissance du Christ.

Près de 95% des Chypriotes sont des chrétiens orthodoxes. Les chrétiens maronites composent une grande partie des 5% restants. Cette fête de Pâques semble

Il est minuit moins le quart ce samedi 26 avril et il y a déjà beaucoup de monde devant les portes de l’église Phaneromeni (ici photographiée de jour).

A l’intérieur, c’est bondé, mais il est possible d’entrer au bord, là où l’on vend des cierges. La tradition veut que l’on peut en acheter plusieurs, en déposer un pour une prière, mais il faut en garder au moins un. Alors que je dépose mon cierge sur un plateau rempli de petites graines, une femme fait de même, mais n’enfonce pas assez son cierge qui manque de se renverser sur mon bras. J’ai eu chaud…

Au fond de l’église, à la place de l’autel, des icônes font face à l’assemblée. Le décor est plutôt riche. A minuit précises, les lumières s’éteignent, une par une. Une porte au fond de l’église s’ouvre, et un ecclésiastique lève un grand cierge. Aussitôt, les fidèles tendent le leur pour l’allumer, qui sont à leur tour sollicités par d’autres fidèles pour allumer leur cierge… et ainsi de suite jusqu’à l’entrée de l’église et au parvis où patientent déjà une centaine de personnes. Les ecclésiastiques religieux, en aube blanche et noire, sortent de l’église en procession et en entonnant des cantiques.

C’est là que ça se complique… Une fois que la flamme est parvenue à notre siège, il faut rapporter la lumière jusque chez soi. Le vent se lève, et éteint une fois, deux fois, trois fois, dix fois, vingt fois, mon cierge. A chaque fois, il faut demander à quelqu’un de nous le rallumer. Puis c’est la pluie qui se met à tomber. Enfin, j’atteins la voiture qui me reconduit jusque chez moi. Les cierges s’achèvent de se consumer en paix.

Autre tradition de Pâques, à laquelle le Président de la République Demetris Christofias n’a pas dérogé et que la télévision chypriote n’a pas manqué de retransmettre : les œufs de Pâques ! Chacun en choisit un, peint en rouge et cogne son extrémité contre l’œuf d’un autre. Celui dont l’œuf reste intact aura de la chance pour le reste de l’année ! C’est du moins la version que l’on m’a racontée. Il paraît qu’il existe une technique. Ce qui est sûr, c’est que je ne l’ai pas ! Mais ça ne m’empêche pas de penser que j’ai beaucoup de chance de vivre ce que je vis.

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Aller au point le plus oriental de Chypre

Titem | 27 avril 2008

La Hasan Turtle Beach n’est située qu’à quelques kilomètres de la pointe orientale de Chypre. C’est un sentiment trop humain que de voir ce qu’il y a de l’autre côté de la colline ou au bout du chemin, et c’est ce que j’ai fait. Pour aller “au bout de Chypre”, il faut aller encore plus loin que le monastère Apostolos Andreas et parcourir quelque kilomètres sur un chemin de terre chaotique. Heureusement, le 4×4 n’est pas obligatoire…

Chemin de Terre Karpas Chypre

Sur le chemin, de la bruyère, quelques baraques au bord de l’eau, des plages pas toujours propres et des criques où l’eau y est toujours plus bleue, translucide.

Crique Karpas Chypre

Et enfin, tout au bout, un énorme rocher où sont fièrement plantés deux drapeaux : celui de la Turquie et celui de la République Turque de Chypre Nord. C’est une vraie manie : faire flotter des drapeaux aux endroits les plus hauts et les plus remarquables, partout où c’est possible. Mais ce n’est pas tant le signe d’un fierté nationale particulière que l’on retrouve par exemple au Canada ou aux Etats-Unis, mais plutôt la défense d’une identité qui s’estime menacée dans un Etat qui n’est pas reconnu par la communauté internationale.

Drapeaux turcs au bout du Karpas Chypre

Derrière les rochers, un poste de contrôle où un soldat turc ronge son frein. Il n’est marqué nulle part que cet endroit est interdit, mais pas la peine de prendre des risques inutiles. Puis au loin, un îlot, et les flots qui se rejoignent. Je repense à cette fois où avec mon père et d’autres personnes, on a voulu aller aussi loin qu’il était possible à la Pointe du Raz, atteindre le bout de la terre, ce finistère qui est aussi le point le plus occidental de la France. Là où l’Océan Atlantique et la Manche se rencontrent dans de violents remous.

Il ne me reste plus qu’à aller au point le plus haut de Chypre, s’il est facilement accessible : le Mont Olympe, à 1955 mètres d’altitude.

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Le Karpas, péninsule déserte de Chypre

Titem | 26 avril 2008

” C’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ? C’est une péninsule ! “

La péninsule du Karpas est cette région du nord est de Chypre qui pointe vers le Proche-Orient. Une région plutôt verte, mais désertique : on traverse un village tous les 5 kilomètres. Quand on en quitte un, on retrouve la campagne vide d’hommes, entouré des collines et de la mer, ou de la mer et des collines. Cela me fait penser à la Montagne Sainte-Victoire.

Hasan Turtle Beach

Cette partie de l’île est sous domination turque. On est frappé de voir que dans chaque localité, tout marque de chrétienté ait été ainsi méthodiquement effacée. Les petites maisons de mur blanc, populaires, font face à de magnifiques mosquées dont les toits brillent au soleil, comme un diamant posé à même la terre brute. Il y a là quelque chose d’artificiel. En fait, il ne reste que quelques irréductibles villages qui résistent encore et toujours à l’envahisseur (toute référence ici serait purement volontaire !). Quelques centaines de chrétiens orthodoxes qui se serrent les coudes et vivent encore entre eux sous l’administration des chypriotes turcs en dépit des mesures discriminatoires qu’ils subissent : restriction de la liberté de circulation, surveillance, interdiction de léguer ses biens à des héritiers n’habitant pas la zone nord, saisie des biens immobiliers en cas d’émigration dans la République de Chypre, censure des manuels scolaires…

Le monastère Apostolos Andreas (l’apôtre Saint-André) se trouve presque au bout du Karpas, après plus d’une heure de routes sinueuses. C’est une chapelle gothique du XVème siècle entouré de baraquements en dur. Il se dresse fièrement face à la mer et il a résisté à la destruction. Pas à la décrépitude. Hormis une vieille chypriote qui écoute la messe à la radio, un garde turc, des chats faméliques et quelques ânes, l’endroit est désert. Les touristes viendront plus tard acheter des souvenirs kitchs au bazar du monastère.

Monastère Apostolos Andreas

Monastère Apostolos Andreas 2

Mais la péninsule du Karpas est aussi connue pour accueillir les plus belles plages de Chypre : le sable y est fin comme celui d’Île-Tudy, mais plus doré, et s’étend sur des kilomètres. Il brûle les pieds de ceux qui s’y aventurent. L’eau est translucide. Nous passerons la nuit dans ce petit bout du monde, à une autre “Turtle Beach” dans un bungalow au confort spartiate. C’est le retour aux choses les plus simples.

Plage du Karpas

Le propriétaire, Hasan, un libanais aux yeux perçants, possède cette plage et les bungalows qu’il loue aux vacanciers en quête de simplicité. Il y vit seul, heureux, quasiment toute l’année. Il pourrait très bien investir dans des bungalows plus confortables qui, à l’abri des dunes ou des arbres, ne gâcheraient pas le paysage. Mais non. Chez Hasan comme chez ses voisins, des kilomètres plus loin, pour le meilleur ou pour le pire, cette terre restera encore longtemps vierge de la main bétonnée de l’homme.

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Nicolas Sarkozy en veut à l’euro

Titem | 25 avril 2008

Interview Nicolas Sarkozy ElyséeGrâce à TV5, j’ai pu suivre, en différé de 30 minutes, l’interview de Nicolas Sarkozy en direct de l’Elysée.

On s’est demandé si oui ou non il avait donné des réponses satisfaisantes, notamment dans le domaine qui préoccupe le plus les Français : le pouvoir d’achat. Pour ma part, peut mieux faire. Et dans ce qui a été annoncé, on verra ce qui sera effectivement réalisé.

On s’est également demandé si, de manière générale, Nicolas Sarkozy avait convaincu. Il a semblé plus à l’aise au fur et à mesure que l’émission avançait.

Mais l’on a très peu commenté cette “sortie” du Président de la République où, évoquant l’euro, il affirmait une nouvelle fois que se serait “mentir que de ne pas affirmer que l’euro était responsable de la hausse des prix”. Ah bon ? L’euro, notre monnaie adoptée il y a sept ans, est responsable de l’inflation actuelle ? L’euro fort qui ne nous aide pas à acheter notre pétrole moins cher ? C’est l’euro qui pratique des marges exorbitantes dans la grande distribution ?

C’est surtout bien mal dissimuler un aveu de faiblesse sur la question du pouvoir d’achat. Car c’est au contraire un mensonge d’affirmer que l’euro est responsable de l’inflation. Une accusation que l’on ne trouve nulle par ailleurs qu’en France et qui agace nos partenaires européens. Tenir encore ce genre de propos de mauvaise foi mâtinée de populisme à la veille de présider l’Europe était vraiment maladroit, et les dirigeants européens ne manqueront pas de nous rappeler à l’ordre.

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Arrêter la course au scoop tant qu’il est temps

Titem | 21 avril 2008

Pascal SevranVers 19h30, plusieurs médias, dont Europe 1 et France 2 par la voix de Laurent Ruquier, annonçait la mort de Pascal Sevran, l’animateur et écrivain. Décès qui était démenti quelques minutes plus tard. Selon Laurent Ruquier, qui était en direct pour son émission On n’a pas tout dit, et visiblement fâché d’avoir eu à relayer une fausse information, il s’agissait d’une information qui n’aurait pas été vérifiée. Images assez gênantes où l’on voit les chroniqueurs parler au passé de la vie d’un homme, ses succès et ses polémiques, alors qu’il est toujours vivant.

Pour avoir travaillé dans un journal, je veux bien admettre qu’il soit relativement fastidieux d’avoir à recouper des informations. Mais dans le cas de la mort d’une personne célèbre, il ne faut pas se tromper ! Après la rumeur de la mort de Philippe Manœuvre, cette fausse information décrédibilise encore une fois le métier du journaliste. On aurait pu s’attendre à un peu plus de vigilance de la part des journalistes responsables de cette dépêche. Mais l’époque est celle du scoop, du sensationnalisme : le premier à délivrer l’info remporte le match !

On pourra toujours dire que c’est très facile de faire des jugements de valeur après coup. C’est vrai. Cela doit-il empêcher toute réaction, saine par ailleurs ? Attirer l’attention est sûrement moins grave que le jour où un journaliste annoncera en direct la mort d’un chef d’Etat, l’occurrence d’un attentat ou le début d’une guerre et que cela s’avérera faux ! Mieux vaut ne pas imaginer les conséquences.

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Un après-midi à “Alagadi Turtle Beach”

Titem | 21 avril 2008

Larnaca samedi, Kyrenia dimanche ! Ou plutôt un peu à l’est de Kyrenia, sur une plage que l’on appelle “Alagadi Turtle Beach”, mais où l’on ne trouve pas d’autre faune que des lézards qui se cachent des quelques plagistes parmi les quelques plantes qui poussent sur les dunes. Les tortues ne viennent pondre qu’au mois de juin, si l’on en croit les locaux.

Lézard Plage Karpas

Pour aller à Alagadi, il m’a fallu passer par l’un des trois points de passage de Nicosie, au Ledra Palace, un ancien hôtel de luxe qui sert aujourd’hui de quartier général aux forces de l’UNFICYP. Depuis 2004, il est devenu beaucoup plus simple de traverser la frontière. Quelques minutes d’attente à peine ; il faut en revanche prendre son mal en patience si l’on veut passer à pied par la rue Ledra. En revanche, c’est plus calme par le Ledra Palace.

Check-Point Ledra Palace

Je pouvais enfin voir ce qu’il y avait “de l’autre côté”. Un peu comme les Allemands qui, à la chute du mur de Berlin, étaient curieux de découvrir l’autre côté. Sauf que s’agissant de Nicosie, je n’ai pas vraiment vu de grande différence. Des rues fleuries, des enseignes internationales qui ont pignon sur rue, des restaurants et bars branchés… Et au loin, une barrière montagneuse qui s’étend presque tout au long de l’île, qui paraît infranchissable vu de loin, et que l’on traverse par un col. Sur cette montagne, deux drapeaux géants y sont dessinés : celui de la Turquie et celui de la République Turque de Chypre Nord.

Drapeaux turcs sur la colline Chypre

Le nationalisme est ici partout, y compris aux ronds-points. Un autre jour peut-être, j’aurais le temps de m’arrêter sur la route pour prendre quelques clichés.

En attendant, et pour vous faire patienter jusqu’à l’été pendant qu’il pleut en France, quelques images de la “turtle beach” et des sommets qui l’entourent…

Après-midi plage près de Kyrénia

Au loin, le Pentadactylon, ou Montagne à cinq doigts.

Dommage que les fils électriques gâchent un peu le paysage. Mais pour trouver des coins sauvages et idylliques, il nous faudra aller un peu plus loin…

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Prostituées, le métier qu’elles veulent ?

Titem | 20 avril 2008
Une prostituée réclame le droit à une activité “propre”
LE MONDE | 19.04.08

© Le Monde.fr

Extrait de l’article :

Elle ira “jusqu’en Cour européenne s’il le faut, c’est une question de principe”. Nathalie Bordes, prostituée de 39 ans, mère de quatre enfants, résidant à Périgueux, a vu son Association pour le droit d’exercer la prostitution (ADEP) jugée “illicite et contraire aux bonnes mœurs” et dissoute, le 31 mars. Mme Bordes est inscrite à l’Urssaf sous l’activité de “péripatéticienne” et relève du régime fiscal des micro-entreprises aux bénéfices non commerciaux. Elle voulait que son association, déclarée en juin 2007, à laquelle ont adhéré deux autres femmes non prostituées, communique sur une prostitution “propre et transparente”.

ProstitutionEn lisant cet article, cela m’a fait pensé à un exposé auquel j’avais eu le droit en cours d’allemand. Les exposantes y présentaient ce qu’elles qualifiaient de scandales : les prostituées venues en nombre depuis les pays de l’est lors de la coupe du Monde de football en Allemagne et les publicités qui s’affichaient en ville et présentaient cela comme un moyen pour les hommes de “prendre du bon temps”.

Alors oui, la manière dégradante dont on présente la femme était scandaleuse… Mais il aurait été intéressant d’aller beaucoup plus loin, de s’interroger pourquoi les femmes en arrivaient à cette issue et surtout, comment les protéger contre les violences des hommes et des proxénètes. “Ah mais le meilleur moyen de les protéger, c’est qu’elles ne fassent pas ce métier qui est dégradant et de condamner les hommes et les proxénètes”. Et pour celles qui le veulent ? J’avais beau essayer de le dire avec toute la diplomatie possible : non, non, les femmes ne veulent pas être prostituées, si elles le sont, c’est parce qu’elles y sont obligées. Je trouve cela un peu méprisant de penser que pour une partie d’entre-elles, elles ne seraient pas capables de se prendre en charge, même si cette décision implique l’exercice d’un métier déconsidéré.

Dans ce débat comme dans la décision de justice, il ne sert à rien de se voiler la face, jouer les prudes ou les hypocrites, même si ce débat est sensible. Les lois sur le racolage passif ont déplacé les prostituées hors des villes, là où elles sont soumises au danger de clients violents. Qu’elles voulaient ou non exercer cette activité au départ, le débat mérite de se demander comment assurer la sécurité de ces personnes qui conservent néanmoins leur humanité.

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Un après-midi sur une plage à Larnaca

Titem | 18 avril 2008

Partir sur un coup de tête. Chypre n’est pas bien grande : à partir de Nicosie, il faut un peu plus d’une demie-heure pour parvenir sur la côte. Larnaca, la ville de Saint Lazare, celui que Jésus avait ressuscité. Saint Lazare que l’on célèbrera dans quelques jours. Larnaca, la ville portuaire et touristique où j’avais atterri il y a deux semaines. Je ne m’imaginais pas aussi proche de la mer ! Voyez plutôt…

Avion à l\'atterrissage à Larnaca

Avion à l\'atterrissage vers Larnaca 2

(Non, la dame allongée en premier plan n’est pas nue, il ne s’agissait pas d’une plage nudiste !)

Pour la première fois, je me suis baigné dans la Méditerranée. La mer où l’on a déversé du Canard WC dirait Dany Boon. Il n’empêche, 20° en avril, lorsqu’on se baigne à 18° l’été dans le Finistère, on ne va pas se plaindre ! En revanche, la sortie de l’eau fut fraîche, en raison du fort vent qui soufflait alors sur Larnaca.

Un verre de la bière locale Keo au bord de la promenade de Larnaca, qui pourrait ressembler à celle des Anglais à Nice et il nous faut déjà repartir.

Promenade à Larnaca

Demain, découverte d’autres plages de Chypre…

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Tu marcheras sur l’eau, d’Ethan Fox (2004)

Titem | 18 avril 2008

Tu marcheras sur l\'eau, d\'Eytan Fox (2004)Déboussolé après le suicide de sa compagne, Eyal, un agent du Mossad se voit confier une mission inhabituelle : retrouver la trace d’un ancien officier nazi, Alfred Himmelman. Pour mener son enquête, il va servir de guide touristique au petit-fils d’Himmelman, Axel, venu en Israël rendre visite à Pia, sa sœur. Celle-ci vit en effet dans un kibboutz depuis qu’elle s’est brouillée avec sa famille. Axel veut essayer de la convaincre de revenir avec lui en Allemagne pour l’anniversaire de leur père.
Malgré leurs personnalités contrastées, Eyal finit par sympathiser avec Axel.

Tu marcheras sur l’eau
Israël/Allemagne/Grande-Bretagne, 2004, 104 min.
Film dramatique, policier d’Eytan Fox
Avec : Lior Ashkenazi (Eyal), Knut Berger (Axel), Caroline Peters (Pia)

Quel plaisir de pouvoir profiter, même à l’étranger, des excellents programmes de Arte ! La chaîne franco-allemande diffusait dernièrement ce film de l’israélien Eytan Fox, que l’on connaît peut-être davantage pour The Bubble. Pourtant, “Tu marcheras sur l’eau” est certainement plus réussi.

Le réalisateur s’intéresse encore une fois à la société israélienne, confrontée au poids d’un passé qui rejaillit dans sa manière d’appréhender son présent, en particulier avec les Palestiniens. Mais Tu marcheras sur l’eau est bien plus dense, plus humain, plus complexe, plus en nuance. Des kibboutzim à Wannsee en passant par le mer Morte, Tel Aviv ou Jérusalem, ce road-movie est aussi une course vers la renaissance de soi. On s’affronte, allemand contre juif, israélien contre palestinien, macho contre homo, parents et enfants, présent et passé… Au-delà des dissensions, le film explore le trouble généré par ces rapports sur le fil du rasoir : gêne, culpabilité, curiosité, auto-dérision salvatrice. Et la vie qui doit renaître.

Un film très juste sur des sujets sensibles, accompagnée d’une bande musicale plaisante, où les acteurs brillent par leur justesse.

Eytan Fox

Voici comment le réalisateur donnait son point de vue sur les thèmes de ses films :

“Je suis persuadé que le fait que les Israéliens soient toujours aussi obsédés par l’Holocauste et leur statut de victimes les empêche de voir qu’ils sont devenus des agresseurs, infligeant larmes et souffrances aux Palestiniens. Je suis persuadé que la première étape pour aider les Israéliens à comprendre à quel point ils sont devenus cruels consiste à ce qu’eux-mêmes arrivent à faire cette paix avec leur passé traumatisant [...] Comme par ailleurs je m’intéresse à la masculinité, et qu’Israël est une société très masculine, j’ai décidé de raconter une histoire dans laquelle un homme va se confronter à ses sentiments les plus intimes et réussir à changer, en affrontant les événements les plus effroyables du passé. Je sais que c’est assez ambitieux”.

Une chose est sûre : rien ne vaut un film en version originale ! Et dans certains cas, ça permet de mieux comprendre le film. Ainsi, quand Eyal se met à parler dans la version doublée en allemand, c’est seulement à ce moment-là qu’on comprend que les acteurs principaux parlaient anglais entre eux, Eyal et son chef en hébreu, Axel et Pia en allemand !

Image de prévisualisation YouTube

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