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Barack Obama sera-t-il élu ? Oui, malgré les derniers sondages

Titem | 31 octobre 2008

Le monde entier a les yeux tournés vers l’Amérique, et quatre jours avant les élections, chacun se demande si, oui ou non, Barack Obama sera élu le 44ème Président des États-Unis. Chacun y va de sa petite prédiction, de son pronostic. Je ne suis pas Madame Soleil, mais je me risque quand même à l’exercice. Oui, Barack Obama sera élu, en dépit  des derniers sondages qui atténuent sa probable victoire. Sur cette page du Washington Post, vous pouvez vous amuser à faire votre prédiction pour les élections présidentielles américaines, en cliquant sur les différents Etats pour en attribuer les grands électeurs à chacun des deux candidats. J’en arrive au résultat suivant : Obama élu avec 325 grands électeurs contre 213 pour McCain.

Les médias nous ont expliqué ce qu’était l’effet Bradley, et en quoi le sénateur de l’Illinois pourrait en être victime. Tom Bradley était un candidat noir au poste de gouverneur de Californie, et bien que les sondages le donnaient gagnant, il perdit l’élection, donnant son nom à l’effet selon lequel les Américains, dans les sondages, n’avoueraient pas qu’en aucun cas ils ne voteront pour un noir. C’était en 1982. Depuis les choses ont changé, et l’effet Bradley, s’il existe, ne sera pas aussi fort. Certains évoquent même l’idée d’un anti-effet Bradley, où les indécis apporteraient finalement leurs suffrages à Barack Obama, de peur de voir leur pays taxé de racisme.

On sait également à quel point les valeurs et les symboles sont importants dans une élection, en particulier aux Etats-Unis. Et comment, en jouant sur la peur des attaques terroristes et en promouvant des valeurs très conservatrices, George W. Bush était parvenu à se faire réélire. Mais ici, cette politique de la peur semble avoir fait long feu face à la crise, première préoccupation des Américains, et pour laquelle Barack Obama, avec raison ou non, au vu des sondages, est perçu comme celui qui est le mieux à même d’y répondre.

Alors, qu’est-ce qui pourrait faire perdre Barack Obama, outre une catastrophe géopolitique que nul ne souhaite ? Peu de choses serait-on tenté de croire. Les médias affirmaient néanmoins que McCain remontait dans les sondages. Au vu du système électoral, cela m’était tout d’abord apparu comme le chant du cygne. Dans la mesure où :

- A chaque Etat est attribué un nombre de grands électeurs en fonction du nombre d’habitants.
- Que le candidat arrivé en tête dans un État remporte TOUS les grands électeurs de cet État (“the winner takes it all”).
- Qu’est élu celui qui obtient au moins 270 grands électeurs.

… Si McCain gagne des points d’intention de vote dans des Etats où il est déjà en tête ou dans des Etats où il ne dépasse pas Barack Obama pour autant, cela ne change rien. Ainsi, il y a dix jours, j’aurais dit que les choses étaient jouées. Les fameux “swing states” ne seraient d’aucune utilité pour le sénateur de l’Arizona : Barack Obama est déjà crédité, sans les swing states, de la majorité absolue en nombre de grands électeurs.

Mais à quelques jours, les choses ont changé. Barack Obama n’est plus crédité de la majorité des grands électeurs. : 252 pour Le Monde.  Mais ils ne sont pas pour autant acquis au camp républicain., qui n’en disposerait  que de 123. Le nombre de “swing states” a augmenté. Bien sûr, ce ne sont que des sondages, avec tous les pièges et les précautions à prendre. Mais à quelques jours du scrutin, cela dessine tout de même à grandes lignes le vote du 4 novembre.

Du côté américain, même prudence. Le Washington Post donne pour le moment 207 grands électeurs à Barack Obama contre 158 pour John McCain. Mais dans la plupart des “swing states”, Barack Obama est donné vainqueur.  Par exemple, dans un Etat aussi important que la Floride, Barack Obama gagne des points.

Encore un avantage pour lui, et qui m’incite à penser que oui, Barack Obama sera bel et bien élu. Je dirais même que je le souhaite, même si je suis conscient que son élection ne changera pas fondamentalement les choses (cf. cette revue de presse européenne sur CaféBabel).

Ce qui va compter pour cette élection, c’est donc la mobilisation des électeurs dans les swing states, car le pays tant loué pour ses qualités démocratiques est un Etat où l’abstention est élevée.

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Le crime est notre affaire, de Pascal Thomas (2008)

Titem | 30 octobre 2008

Bélisaire et Prudence Beresford se reposent dans leur petit château qui domine le lac du Bourget. Bélisaire est heureux, mais Prudence s’ennuie. Elle rêve d’une bonne fée, qui les propulseraient dans des aventures truffées de mystères… Cette bonne fée lui apparaît sous les traits de sa tante belge Babette, qui assiste à un crime horrible de la fenêtre d’un train. Malgré le scepticisme de Bélisaire, Prudence part à la recherche du cadavre. Elle se fait engager comme cuisinière dans un inquiétant château, où est réunie une bien curieuse famille, composée d’un vieillard irascible et de ses quatre enfants, et où d’authentiques sarcophages recèlent de bien étranges surprises…

D’après la série de romans Tommy et Tuppence Beresford d’Agatha Christie
2008, France, 1h49
Comédie policière de Pascal Thomas
Avec Catherine Frot (Prudence Beresford), André Dussollier (Bélisaire Beresford), Claude Rich (Roderick Charpentier), Chiara Mastroianni (Emma Charpentier), Melvil Poupaud (Frédéric Charpentier), Annie Cordy (la tante Babette)…

J’étais revenu enchanté de “Mon petit doigt m’a dit”, premier épisode des aventures du couple Bélisaire et Prudence Beresford. Je suis revenu tout aussi enchanté de cette nouvelle séance cinéma pour admirer les aventures drôles et délicieusement surannées des détectives amateurs en quête d’un peu d’inattendu ; car le crime, c’est leur affaire ! L’épouse se fait passer pour une domestique pour mieux enquêter de l’intérieur et assouvir sa curiosité, au grand dam de son jaloux de mari qui décide d’épauler la police.

Mais dans cet épisode, le côté vieillot et sympathique est peut-être un peu moins présent,  malgré l’atmosphère sombre et pesante de l’inquiétant Manoir aux Loups. Dommage. Heureusement, l’humour, lui, est bien au rendez-vous ! Autre regret : le dénouement de l’enquête est vraiment précipité.

André Dussolier et Catherine Frot incarnent une nouvelle fois ce couple attachant, la symbiose entre ces deux acteurs est un véritable bonheur. Ils sont enrourés par une galerie de personnages non moins truculents ; citons notamment Claude Rich en vieillard irascible et hypocondriaque. Un vrai grand moment de rire et de plaisir pour vos soirées d’hiver !

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On choisit pas ses parents, de Thierry Binisti (2008)

Titem | 29 octobre 2008

Ils sont frère et sœurs. Depuis quelques heures, ils sont orphelins. Ils ont juré qu’on ne les séparerait pas. Il y a Siméon Morlevent, 14 ans. Maigrichon. Yeux marron. Signe particulier: surdoué, prépare actuellement son bac. Morgane Morlevent, 8 ans. Yeux marron. Oreilles très décollées. Première de sa classe, très proche de son frère. Signe particulier: les adultes oublient tout le temps qu’elle existe. Venise Morlevent, 5 ans. Yeux bleus, cheveux blonds, ravissante. La petite fille que tout le monde rêve d’avoir. Signe particulier: fait vivre des histoires d’amour torrides à ses Barbie. Ils n’ont aucune envie de confier leur sort à la première assistante sociale venue. Leur objectif est de quitter le foyer où on les a placés et de se trouver une famille. À cette heure, deux personnes pourraient vouloir les adopter. Pour de bonnes raisons. Mais aussi pour de mauvaises. L’une n’est pas très sympathique, l’autre est irresponsable, et… Ah, oui! ces deux personnes se détestent.

D’après le roman Oh Boy de Marie-Aude Murail Ed. L’école des loisirs (2000) – le résumé ci-avant est la quatrième de couverture du livre.
France, 2008, 1h30
Téléfilm sentimental français de Thierry Binisti
Avec Flannan Obé (Barthélémy Morlevent), Elisabeth Vitali (Josiane), Alex Descas (Le juge Mauvoisin), Milan Argaud (Siméon), Morgane (Louise Héritier), Nova-Louna Castano (Venise).

Si je connaissais le livre de Marie-Aude Murail pour l’avoir vu à de nombreuses reprises sur les étals des librairies et bibliothèques, je n’avais jamais pris la peine de lire la quatrième de couverture, alors même que j’adorais l’édition L’école des loisirs. Sûrement l’image de poupées qui m’en dissuadait. Et voilà que le best-seller est adapté pour le petit écran, sous le titre : “On choisit pas ses parents”.

Parce qu’il met en scène un homosexuel, Barthélémy, la pédéblogosphère s’est agitée pour savoir si oui ou non le téléfilm serait trop caricatural ou répondrait parfaitement à la fois aux attentes et à la réalité, si l’acteur jouerait juste ou en ferait trop. Vaste affaire.

J’ai trouvé pour ma part que ce téléfilm insistait de façon un peut trop caricaturale sur la différence entre d’un côté la  méchante belle-soeur hétéro mais revêche que les enfants détestent, et le gentil homo un peu irresponsable mais adoré. Mais en fait, la réaction des enfants peut se comprendre compte tenu du comportement de la belle-sœur au début du film (que j’avais loupé).

A part cette petite remarque, ce téléfilm du mercredi soir permet de passer un bon moment en famille, et de parler de façon juste et humaine de sujets comme l’adoption et la fratrie.

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Michael Tolliver est vivant, d’Armistead Maupin (2007)

Titem | 26 octobre 2008

Une note un peu plus détendue en ce début de vacances…

Michael Tolliver est vivant. Ses amis se sont perdus dans l’excès ou sont morts du sida. Lui a survécu à tout. Il a rencontré Ben, l’amour de sa vie. Mais sa famille se refuse toujours à accepter son homosexualité. Lorsque la mère de Michael tombe malade, c’est pourtant lui qu’elle appelle à ses côtés en Floride.

A San Francisco, sa mère spirituelle, Anna Madrigal, réclame sa présence. Il est alors confronté à un dilemme : doit-il rester auprès d’Anna ou accompagner dans ses derniers instants cette mère qui l’a tant rejeté ?

Les six premiers volumes décrivaient le San Francisco mythique des années 70 et 80, terrain de toutes les expériences amoureuses et sexuelles. Vingt ans après, l’insouciance s’est envolée, le sida est passé par là. Avec ce mélange de drôlerie, de légereté et de gravité qui est sa marque, Maupin clôt cette extraordinaire aventure littéraire dans ce septième et dernier épisode des Chroniques de San Francisco.

Michael Tolliver Lives

L’annonce avait fait l’effet d’une petite bombe chez les fans de l’auteur californien : il y aurait bien un septième tome aux Chroniques de San Francisco, la série littéraire qui avait bousculé l’Amérique bien pensante et diverti une génération de lecteurs. Rentré de l’étranger où j’appris la nouvelle quelques mois plus tôt, mon premier acte d’achat dans une librairie française fut le nouveau roman d’Armistead Maupin.

Le livre est, comme pour les six premiers tomes, marqué dans un cadre spatio-temporel précis : San Francisco, la libérale, la dynamique. Les années sida sont passées mais la maladie est toujours présente, Reagan a laissé la place à W. Bush et sa guerre idiote en Irak. Michael, lui, a survécu, et profite de sa vie à chaque instant, aux côtés de son ami, même s’il fallait le perdre demain. Et il en prend d’autant plus confiance que cette fois, ce sont ses deux mères qui s’apprêtent à partir.

On retrouve avec grand plaisir son grand talent de conteur, son humour à la fois désinvolte et mordant, les péripéties qui ont fait des chroniques un immense succès de librairie. J’ai dévoré ce dernier tome en trois jours à peine : on se laisse totalement emporter par l’histoire, le style agréable et les personnages attachants, – des nouveaux (Shawna, devenue adulte, Patreese l’infirmier, Irwin, le frère de Michael) ou les plus anciens (Anna Madrigal, Brian…).

Mais… Je persiste. Même si ces livres sont toujours aussi plaisants, on ne retrouve pas cette folie qui animait les trois premiers tomes, ceux qui se déroulaient pendant les années 1970, la décennie insouciante. Mais néanmoins, on passe un petit moment savoureux en compagnie de l’oncle Armistead.

Lire aussi : la critique de Maybe the Moon, autre roman de l’auteur.

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Justin Trudeau, le Jean Sarkozy canadien (?)

Titem | 16 octobre 2008

Trudeau. Ce nom ne vous dit peut-être rien, à moins d’être intéressé par l’histoire politique du Canada ou d’avoir atterri à l’aéroport international de Montréal, Pierre-Elliott-Trudeau. Ce dernier fut Premier Ministre du Canada pendant près de 15 ans : de 1968 à 1979 et de 1980 à 1984. Dynamique , flamboyant, intellectuel, un brin provocateur, il reste dans les mémoires des Canadiens comme l’un des plus grands Premier Ministre du Canada. Détesté par les uns, adulé par les autres (on a parlé à son sujet de Trudeaumania), il ne laisse pas indifférent.

Les élections générales ont eu lieu le 14 octobre au Canada, suite à la dissolution du Parlement décidée par la gouverneure générale Michaëlle Jean, sur avis du Premier Ministre conservateur Stephen Harper (voir mon précédent article avec un paragraphe sur les institutions du Canada).

Après des sondages contradictoires, c’est finalement le parti conservateur qui conserve le pouvoir. Mais s’il gagne seize sièges, sa majorité reste toujours relative. La plupart des sièges ont été gagnés sur les Libéraux, qui perdent dix-neuf sièges. Mais s’il est bien une victoire que les Libéraux n’ont pas manqué de célébrer, c’est celle de Justin Trudeau, fils de Pierre Elliott qui, à 37 ans, fait son entrée au Parlement Canadien. Il a remporté une victoire remarquée (41,5 %) dans la circonscription de Papineau (qui couvre l’arrondissement de Villeray Saint-Michel Parc-Extension), certes historiquement libérale, face à la députée sortante du Bloc Québécois, Vivian Barbot (38,6 %) qui avait mis fin à l’hégémonie libérale sur ce territoire en battant le ministre Pierre Pettigrew.

Lors de mon séjour au Canada, j’avais rencontré Vivian Barbot, je l’avais même interviewée. Je suis désolé d’avoir appris sa défaite, elle qui m’était apparue une femme véritablement dévouée au mieux-être des personnes qu’elle représentait, dans cette circonscription multiéthnique (39 % des électeurs de Papineau seraient des immigrants, d’après cet article) plutôt défavorisée (le taux de chômage s’y élève à 13,3 %, contre 7,4 % en moyenne dans le pays)… mais dynamique.

Mais j’avais aussi eu l’occasion de rencontrer Justin Trudeau. Grand, sourire à la Jean Lecanuet (ou JFK), des yeux brillants… Un charisme indéniable (bon, là c’est une photo libre de droits de Wikipedia, un peu d’indulgence…) Une proximité à l’égard des électeurs – même si c’est une qualité incontournable en politique !

Mais journalistes comme hommes politiques, aucun ne manque de rappeler l’illustre ascendance du jeune élu. “Sur les traces de son père” écrivait même Gabrielle Duchaine, du Journal de Montréal. Pour l’attaquer sur son soutien au bilinguisme et au fédéralisme notamment, comme le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, qui avait appelé à la fierté nationale des Québécois afin de défaire le fils du fédéraliste Pierre Elliott Trudeau. Le même Duceppe accusait Justin Trudeau de constituer une “menace pour l’avenir de la nation québécoise et la langue française”, de vouloir ramener le Québec “40 ans en arrière” et de souhaiter “refaire les batailles de son père”. En somme, on évoque le fantôme du père – Pierre Eliott Trudeau est décédé en 2000 – pour mieux s’en prendre au fils.

Ce dernier, bien qu’il ait déjà avoué sentir la présence de son père tous les jours, le candidat libéral s’est toujours défendu d’en être l’émule. Car d’autres rappellent que si le père fut élu de la riche circonscription de Mont-Royal, le fils , plus de 40 ans plus tard, a choisi celle plus modeste de Papineau, alors même qu’on l’attendait dans Outremont, circonscription plus prospère. En comparaison, Jean Sarkozy est élu du canton de Neuilly-sur-Seine-Sud, son père était encore il y a peu maire de Neuilly-sur-Seine, député, et conseiller général du canton au Nord ! Le terrain était donc encore frais pour le fils Sarkozy.

Nicolas et Jean Sarkozy

Il est certain que si porter un nom célèbre donne un argument contre vous à vos adversaires, il peut être également un atout auprès des électeurs. C’était déjà le cas lors de l’élection présidentielle de 1848 qui vit la victoire de Napoléon III, neveu de l’empereur ! Et ce même quand son illustre parent est décédé ! Ce qui n’est pas le cas de Jean Sarkozy, qui doit en plus supporter les critiques de ceux qui voient son insertion politique comme le fait du prince père.

Certains au Canada voient déjà Justin Trudeau comme le futur Premier Ministre de son pays, d’ici 10, 20 ans peut-être. D’ici là, Jean Sarkozy, plus jeune, trouvera peut-être en Justin Trudeau l’exemple de tout ce qu’il devra supporter s’il doit prétendre à de plus hautes responsabilités. Et de leur souhaiter une meilleure réussite politique qu’un autre fils de… J’ai nommé W…

N.B. : Les commentaires de nos amis Canadiens ou expatriés à ce sujet sont éminemment les bienvenus !

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Kouchner’s hit ou l’importance de bien prononcer l’anglais

Titem | 14 octobre 2008

Nos hommes politiques, comme les Français en général, ne savent pas bien parler les langues étrangères. Ils ne donnent pas l’exemple en la matière. On se souvient tous du “Do you want me to go back to France ?” de Jacques Chirac ou du savoureux “The yes needs the no to win against the no” de Jean-Pierre Raffarin.

On avait pourtant en la personne de Bernard Kouchner une exception française. Seulement notre Ministre des Affaires Étrangères a un accent trop français. Et le sous-titre de cette confusion pourrait être “quand d’une faute de phonétique on frôle l’incident diplomatique” ; même si rassurons-nous, un communiqué a très vite remis les choses en ordre.

Interrogé par le journal israélien Haaretz, Bernard Kouchner a indiqué que selon lui, les Israëliens ne laisseraient pas Téhéran se doter de l’arme nucléaire : ils le mangeront avant. Israël et ses sept millions d’habitants auraient donc l’intention d’intégrer l’Iran et d’en digérer ses 71 millions d’habitants ? Et non… Voulant signifier qu’Israël “frapperait” l’Iran dans un tel cas, il a prononcé le verbe frapper (en anglais “to hit”) comme le verbe manger (“to eat”). Ahhh les subtilités phonétiques de l’anglais ! Une chose est sûre, les Iraniens sont prévenus, s’ils essayent, ça va chauffer (du verbe “to heat”).

Ne pas prononcer le h en anglais, une erreur très courante dans les cours d’anglais où les professeurs ne prennent pas le temps de reprendre leurs élèves, mais qui peut mettre ces derniers dans des situations cocasses. Je me souviens de cette élève qui ne cessait de prononcer le verbe penser (“to think”), non en essayant de prononcer ce “th”  si exotique pour nous Français, mais en le sifflant .  Ce qui donnait quelque chose comme “Euh… aïe sinkeuhhhhhh… date…” Jusqu’au jour où un professeur lui rétorqua “Oh you sink ? Like the Titanic ? ” Ce que seuls quelques élèves comprirent.

Les Français et les langues étrangèresPremier cours d'anglais [http://www.bric-a-brac.org/humour/images/enfants/ecole.jpg]

Premier cours d’anglais

Les Français ne savent pas bien parler les langues étrangères, c’est un fait presque acquis, intériorisé par les Français eux-mêmes et les étrangers. Cela revient régulièrement dans les débats, mais personne n’essaye de prendre les bonnes mesures pour retourner la tendance. Inversement, les Finnois, dont la langue n’est parlée que dans leur seul pays (et encore, il ne s’agit que l’une des deux langues officielles de la Finlande !), sont reconnus pour être très doués en langues étrangères. Ils en connaissent quatre en moyenne, car il faut bien qu’ils se fassent comprendre à l’extérieur de leurs frontières !

Il y aurait bien des choses à dire sur la manière dont on nous apprend l’anglais, pas toujours pratique, mais également la façon de prononcer, sur laquelle les professeurs ne reviennent que trop rarement. Si un élève s’efforce de se conformer à l’usage phonétique, bref, à prendre l’accent britannique, ses camarades lui diront aussitôt “wouah il se la pète”, et ceux-là même massacreront joyeusement un texte de Rowling (si on l’étudie en cours d’anglais) en se croyant décidément super fort en anglais. Ou pas. “Ah non je sais pas parler anglais”. Combien de fois on entend cette phrase, surtout de la part de personnes qui sont justement capables de parler quand elles en font l’effort ? Bref, messieurs mesdames les professeurs, insistez sur la prononciation, et mouchez tous les petits crétins qui se moquent de leurs camarades volontaires.

Autre piste de réflexion : arrêter de doubler les films, les séries et même les reportages ! SOUS-TITREZ  LES ! Que l’on puisse enfin entendre les voix originales et s’entraîner non pas seulement à blablater trois mots à l’occasion, mais aussi lire et entendre, comprendre. C’est ce qui se fait dans d’autres pays, avec les résultats que l’on connaît. Qu’attendons-nous ?

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Le temps passe comme une étoile filante (Les Cowboys Fringants)

Titem | 12 octobre 2008

Dimanche, déjà la fin du week-end, passé si vite. Alors que je me trouve assis à mon bureau en train de lire, mon ordinateur choisit de me jouer cette musique…

On se dit que l’bon temps passe finalement… comme une étoile filante

Image de prévisualisation YouTube

C’est un peu l’état d’esprit de chaque week-end, mais plus particulièrement celui-ci. Il est des jours comme ça. Toute musique que j’apprécie me fait automatiquement penser à une scène de ma vie ; je la rattache à un moment, une période, une personne, une œuvre… Les Cowboys Fringants me font immanquablement penser à la région d’où ils originent (comme on dit chez nos cousins) : le Québec. Là où j’ai appris à mieux les connaître, car ils ne sont pas des inconnus en France. Là aussi où j’ai vécu pendant six mois.

Quand j’écoutais cette toune là-bas, dans mon appartement sur le Plateau, ou sur la route qui me conduisait à mon stage, je me disais qu’il me fallait en profiter. Je resongeais à tout le chemin parcouru pour en arriver là, et je me disais que oui, le temps passe comme une étoile filante.

Et de voir ce clip, avec le seuil des maisons si typiques de Montréal, je repense au fait qu’il y a un an déjà, je me trouvais là-bas. J’y suis toujours attaché, que ce soit par les souvenirs, les personnes que j’y ai croisées, ou celles qui, à leur tour, s’y trouvent actuellement. Profites-en Marco (même si je me doute que ce n’est pas le genre de musique que tu écoutes), et tous les autres qui se trouvent actuellement  en expatriation, car en année à l’étranger, où l’on se sent comme hors du temps, le temps passe… comme une étoile filante.

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Des parachutes dorés pour cacher la réalité

Titem | 11 octobre 2008

Parachute doré

Au début de cette semaine, il n’était plus question que de parachute doré, au moyen duquel des patrons peu honnêtes, après avoir conduit leur boîte au bord de la faillite, étaient remerciés moyennant des millions de dollars ou d’euros. Une pratique incompréhensible et choquante : comment comprendre que l’on puisse encore donner de l’argent à ceux qui en ont fait perdre à une entreprise employant des milliers de personnes qui, eux, risquent de perdre leur emploi lors de la fermeture de leur usine ?

Cacher son impuissance et éviter de s’attaquer au fond du problème

Pour Nicolas Sarkozy, les choses sont claires. Lui qui martèle tant l’obligation de résultat et de responsabilité, estime que ceux qui ont fauté doivent rendre des comptes. Plus précisément, un dirigeant d’entreprise qui se rend coupable de mauvaise gestion ne doit pas pouvoir bénéficier de ces fameux parachutes dorés. Demandant à Laurence Parisot de réfléchir à un « code de bonne conduite », il menace de passer par la loi si rien n’est décidé.

Cela part d’une bonne intention, mais…

Si un entrepreneur ne respecte pas ce code de bonne conduite, à quelles sanctions s’expose-t-il ? Qui la lui imposera ? Certainement pas l’Etat, pas même si une loi était votée ! Comment imaginer en effet qu’un gouvernement puisse obliger une entreprise à ne pas distribuer des parachutes dorés à ces indélicats dirigeants ? C’est un peu comme Olivier Besancenot qui veut nous faire croire que du jour au lendemain, il va pouvoir interdire les licenciements !

J’allais dire qu’essayer de nous faire croire cela est malhonnête. Mais envers le citoyen lambda, c’est au contraire politiquement  très habile: on veut faire croire que le gouvernement est très préoccupé par cette affaire, et que l’on va mettre fin à cette pratique, au demeurant scandaleuse. Mais en réalité c’est bien le moyen de faire diversion pour éviter de s’attaquer au fond du problème.

Tous les patrons ne font pas du parachute !

Au même moment, Alain Souchon offrait la possibilité de télécharger gratuitement sur son site Internet sa dernière composition : Parachute doré. Une chanson douce-amère sur fond de mélodie exotique où il est question d’un homme qui se fait dorer la pilule, au milieu de jeunes nanas qui dansent le calypso. Mon impression sur cette chanson est à l’image de la manière dont Alain Wodrascka, auteur de Souchon, Voulzy, destins et mots croisés (éd. Carpentier, 2005), décrit le chanteur : “Ses chroniques capturent l’air du temps mais il ne s’implique pas. Il s’indigne avec ironie et détachement, n’est jamais accusatoire”.

Alain Souchon – Parachute Doré (2008)

Parachute doré, cela aurait pu être l’histoire d’Axel Miller, un des dirigeants Dexia qui, après avoir annoncé qu’il prendrait ses responsabilités, s’apprêtait à partir avec un golden parachute de 3,7 millions d’euros – je vous laisse compter combien cela fait de mois de SMIC (ou de RSA…). Sous la pression publique, il devait finalement y renoncer. Mais nul doute que s’il n’a pas mis ses économies là où cela s’effondre, ce monsieur s’en sortira très bien.

Mais là encore, il faut relativiser. Combien d’hommes d’affaires sont concernés par ces parachutes dorés ? Une petite poignée. Les média en parlent parce que cela choque. Mais ces affaires de millions sont bien loin d’être le quotidien de l’entrepreneur qui monte sa PME, celui qui en ce moment, à l’heure où l’Etat est prêt à débourser des milliards pour sauver les établissements financiers, galère pour obtenir un prêt à sa banque qui lui permet d’investir.

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Non, je ne creuserai pas le trou de la sécurité sociale !

Titem | 10 octobre 2008

La quatrième année d’études à l’IEP de Rennes nous offre la possibilité de choisir sept “cours électifs”, parmi un éventail de vingt différents. Parmi ceux-ci, j’ai choisi de suivre un cours de “Protection Sociale”. Cela n’est pas directement lié à mon avenir professionnel, car je n’envisage pas, comme d’autres de mes camarades, de devenir directeur d’hôpital ou de caisse d’allocations familiales. Mais cet enseignement me permet de connaître mieux le système de santé français, la structure du système d’assurance maladie, les modalités de remboursement… entre autres choses. Au moins maintenant, lorsque je me rendrais à la SMEBA, je comprendrais parfaitement le pourquoi du comment.

Il se trouve que depuis au moins deux semaines, je ne suis pas au meilleur de ma forme. J’alterne fièvre, sensations de froid, courbatures, maux de ventre, rhume, mal de gorge… Et je ne suis pas le seul dans l’amphithéâtre à être dans ce cas. Alors que dans les années précédentes, j’avais tendance à échapper aux microbes ambiants, j’ai l’impression que ce semestre, c’est comme si mon organisme avait décidé de rattraper le temps perdu, je ne loupe aucun symptôme et ne manque pas de les partager à d’autres !

Et depuis tout ce temps, j’entends mes proches me dire d’aller chez le médecin. Déjà, et c’est triste de le constater, mes horaires de travail universitaire m’en empêchent. Et quand j’ai du temps libre, j’essaye de l’utiliser pour me reposer, nettoyer mon appartement, faire diverses courses… “Va chez le médecin plutôt que de traîner cela pendant des semaines”. Pourquoi faire ? M’entendre dire que j’ai un rhume ? Que je suis simplement fatigué ?

Ce matin en cours, notre professeur, M. Demilly, présentait ce constat : les Français sont champions d’Europe de la consommation de médicaments, en particulier d’anti-cholestérols, antidépresseurs, somnifères et autres anxiolytiques. Au point que certains spécialistes parlent d’une “gestion pharmacologique du mal-être”. Cela fait réfléchir en effet : nous consommons 2500 millions de boîtes par an, pour un montant de 20,2 milliards d’euros : c’est à peu près 40 % de plus que les Anglais, 80 % de plus que les Allemands ! Là où un médecin suédois prescrira en moyenne 0,8 médicament, un médecin français en prescrira 4,5 ! 40 % des consultations aboutissent à une prescription de médicaments aux Pays-Bas ; 4 consultations sur 5 en France. Ne dit-on d’ailleurs pas qu’un médecin qui ne prescrit pas de médicaments est un mauvais médecin, surtout s’il ne prescrit pas d’antibiotiques ?

Les Français en revanche ne sont pas adeptes de l’automédication. “Cela pourrait être dangereux”. Souvenez-vous de cette  ancienne publicité où l’on voyait un homme mettre sa main dans une immense boîte en verre avec des pilules de toutes les couleurs, pris en faute comme un enfant dans un pot de confiture (de framboises de préférence alors). Ou celle  plus récente pour une assurance où une femme enceinte choisit un médicament qui pourrait s’avérer dangereuse pour son fœtus, alors qu’il s’agit d’une solution buvable pour son mari.

Et bien non, pour mon petit rhume de rien du tout, même s’il est persistant, je ne consulterai  pas un médecin et ainsi n’alimenterai le trou de la sécurité sociale. Au pire, j’irai demander un médicament au pharmacien, mais je ne rentrerai certainement pas chez moi avec un sachet en papier recyclable plein de drogues. Pour rappel, si le déficit de l’assurance-maladie devrait s’élever à 6,4 milliards d’euros en 2007, la dette cumulée, elle, – chiffre que les médias ne donnent jamais – atteint la somme vertigineuse de 100 milliards d’euros.

Gaston Ouvrard – Je ne suis pas bien portant (1934)

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World’s About fait peau neuve

Titem | 9 octobre 2008

Je change une nouvelle fois le thème de mon blog. Je sais, je change de thème comme de chemises, difficile de me suivre… Bon j’exagère, mais cette fois je pense que “c’est la bonne”. Aussi propre et lisible que mon précédent thème, les défauts en moins : un header plus grand qui montre mieux la ville où je me trouve actuellement, des liens hypertextes plus visibles, des cartouches et des citations plus clairs…

Je remercie Marco d’avoir testé sur son propre blog ce thème que j’ai à mon tour adopter copier !

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