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Le blog de Titem… à Paris : Europe, Environnement, Société, Culture et Voyages
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Journée Portes Ouvertes à Sciences Po Rennes

Titem | 28 février 2009
Cloître IEP Rennes.jpg

Crédit photo : Carnifex

L’Institut d’Etudes Politiques de Rennes (consulter ici la plaquette de l’établissement) ouvrait ses portes ce samedi aux lycéens ainsi qu’aux étudiants – et leurs parents ! – désirant poursuivre leurs études dans cette institution. L’occasion leur était donnée de visiter les locaux, de s’informer sur les modalités d’accès et la formation délivrée, de rencontrer élèves et professeurs. C’est ainsi que nous autres élèves de l’IEP furent invités à participer à cette journée afin de représenter notre école et répondre aux interrogations de nos visiteurs, venus nombreux ce jour-là (près de 750 personnes).

J’ai immédiatement accepté de jouer le jeu. Je n’avais pas encore eu l’occasion de le faire les années précédentes. J’avais toujours eu pour le moment la place de l’étudiant qui venait se renseigner sur une filière et ses débouchés. Je voulais cette fois me glisser dans un autre rôle et aller à la rencontre de ces lycéens pour leur parler de mon vécu, mais pas seulement. Il s’agissait aussi de répondre à leurs interrogations, celles-là qui me traversèrent lorsqu’il y a presque cinq ans maintenant, j’envisageais de tenter les concours des IEP.

A l’époque, mes camarades et moi devions effectuer le tour de France des IEP, passer les concours un par un en attendant, dans l’anxiété, les résultats de ceux que nous avions passés précédemment. A chaque fois, il nous fallait débourser les frais d’inscription, payer les billets de train, les frais d’hôtellerie et de restauration. Aujourd’hui, un concours commun peut ouvrir la porte à six IEP différents, (Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg, Toulouse) ; chacun ayant ses caractéristiques propres.

Et effectivement, je retrouvais dans leurs questions les préoccupations que je nourrissais moi-même à l’époque. Cela se déroule souvent ainsi : d’abord les questions anxieuses : comment se passe le concours ? Est-il difficile ? Comment s’y préparer ? Et en cas d’échec, que faire d’autre pour mieux s’y préparer l’année suivante ? Il s’agit de répondre aux inquiétudes. Avec des connaissances, du travail, de la réflexion, mais aussi un peu de chance, il est possible d’y arriver, avec ou sans prépa. En ce qui me concerne, je suis passé, après mes premiers échecs, par une année de préparation aux concours des Instituts d’Etudes Politiques à l’Université Catholique de Lille. L’important c’est d’essayer, ne serait-ce que pour savoir comment se déroule un concours, avant d’en tenter d’autres ultérieurement. Ce qui est vrai pour le concours d’entrée dans un IEP est de plus en plus vrai pour d’autres échéances scolaires ou professionnelles : se préparer en vue de réussir.

Puis ce sont les questions encourageantes, celles que l’on pose afin de s’assurer que c’est vraiment cela que l’on veut faire et que l’expérience qui nous attend, notamment lors de l’année à l’étranger, est à nulle autre pareille. Comment se déroulent les cours ? Comment se passe l’année à l’étranger ? Où êtes-vous allé, qu’avez-vous fait là-bas ? Et d’expliquer que si Sciences Po offrent une formation pluridisciplinaire recherchée par les entreprises (la polyvalence est en effet devenue une vertu sur le marché professionnel actuel) il est également important d’y exprimer son individualité au travers de nos expériences diverses, nos voyages, nos appartenances associatives, par exemple.

Ce qui m’a plus ou moins surpris, c’est que ce sont surtout les parents qui posent des questions. Ce sont eux qui s’inquiètent les premiers, sans doute. S’ils viennent sans leurs parents, les élèves ont un tout autre comportement. J’ai été encore plus frappé de lire parfois le désintérêt total de l’élève, et au contraire l’enthousiasme du parent, comme si c’était ce dernier qui, à travers son enfant, passait le concours. Et je trouve qu’il n’y a rien de pire à cela.

Je profite également pour dire ici à tous les aspirants aux concours de Sciences Politiques – qu’ils n’hésitent pas à me contacter – de se méfier de tous les “classements” diffusés ci et là dans les magazines ou les forums Internet : chaque IEP a ses qualités et ses défauts, ses formations reconnues et ses points faibles. Le choix d’un IEP dépend d’abord des formations que l’on y dispense, mais également de nos préférences géographiques, du cadre de l’établissement.

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Slumdog Millionaire, de Danny Boyle (2008)

Titem | 26 février 2009

Slumdog MillionaireJamal Malik, 18 ans, orphelin vivant dans les taudis de Mumbai, est sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies lors de la version indienne de l’émission Qui veut gagner des millions ?

Il n’est plus qu’à une question de la victoire lorsque la police l’arrête sur un soupçon de tricherie.

Sommé de justifier ses bonnes réponses, Jamal explique d’où lui viennent ses connaissances et raconte sa vie dans la rue, ses histoires de famille et même celle de cette fille dont il est tombé amoureux et qu’il a perdue.

Mais comment ce jeune homme est-il parvenu en finale d’une émission de télévision ? La réponse ne fait pas partie du jeu, mais elle est passionnante.

2008, États-Unis / Royaume-Uni, 2h
Comédie dramatique de Danny Boyle

D’après le roman Les Fabuleuses Aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire de l’Indien Vikas Swarup

Film récompensé par 8 Oscar et 4 BAFTA dont ceux du meilleur film, et par le Golden Globe du meilleur film dramatique.

Avec Dev Patel (Jamal Malik), Freida Pinto (Latika), Anil Kapoor (Prem Kumar, l’animateur TV)…

Que dire de ce film dont la puissance visuelle n’est plus à démontrer ? Dont le scénario, certes un peu prévisible, qui nous plonge au cœur de la vie des bidonvilles de Bombai et de ses débrouillards habitants, nous tient en haleine de bout en bout ? Du destin exceptionnel d’un petit garçon né dans la misère qui, par amour pour sa belle, se retrouve sur le plateau de Qui Veut Gagner des Millions ? De ce film qui a presque tout remporté et suscité de vives ovations dans le Monde entier.

Le Monde entier ? Non. En Inde, des voix se sont élevées pour critiquer la vision misérabiliste de Danny Boyle. A la sortie de la salle de cinéma, des amis de ma promotion, qui ont été en Inde, m’ont indiqué qu’elles avaient tenté de lire le livre, qui est encore plus sombre que l’œuvre du réalisateur britannique.

Je trouve qu’il était au contraire judicieux de montrer ces facettes de ce pays complexe qu’est l’Inde. Le pays de Gandhi est en pleine mutation, mais la pauvreté sévit toujours ; c’est aussi ce que montre ce film. Il montre aussi le racisme ordinaire dont est victime la minorité musulmane dans le pays. Avec, je le répète, une mise en scène très forte, le tout sur une musique enlevée.

Slumdog Millionaire n’est pas sans rappeler La cité de Dieu de Fernando Mereilles, autre film brillant sur la pauvreté, la criminalité dans les bidonvilles (ici au Brésil) et la débrouillardise de ses habitants.

Pour en savoir un peu plus, je vous invite à lire cet article de Monique Dagnaud et Kristian Feigelson, du cercle de réflexion Télos : Slumdog Millionaire, une polémique indienne.

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2008, Anil Kapoor, BAFTA, Bidonville, Comédie dramatique, Danny Boyle, Destin, Dev Patel, Film américain, Film britannique, Freida Pinto, Golden-Globe, Histoire d'amour, Inde, Oscar, Pauvreté, Récompense, Télos
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Un évêque négationniste pour un prêtre libéral !

Titem | 20 février 2009

Richard WilliamsonLe 24 janvier, Benoît XVI révoquait l’excommunication des quatre évêques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X ordonnés par le religieux intégriste Mgr Marcel Lefebvre et excommuniés par Jean-Paul II en 1988. Parmi eux, le britannique Richard Williamson, dont une télévision suédoise avait, de façon assez opportune, diffusé deux jours auparavant une interview dans laquelle il niait que des juifs aient pu mourir dans les chambres à gaz nazies.

Après plusieurs jours de polémique, pendant laquelle la chancelière allemande Angela Merkel elle-même exprima son mécontentement au pape, ce dernier a demandé à Mgr Williamson de revenir sur ses propos. L’évêque négationniste a refusé, déclarant toutefois que si on lui en fournissait les preuves, il reconnaîtrait l’Holocauste. Pratique, d’une certaine manière : on nie le crime – contre l’humanité – pour ne pas avoir à se prononcer à ce sujet (et pourquoi pas, l’approuver).

On croit rêver ! Un homme qui croit sans preuve que Jésus a marché sur l’eau, multiplié les pains ou ressuscité au bout de trois jours demande des preuves d’un crime de masse manifeste !

La Fraternité a toutefois décidé de relever l’évêque de ses fonctions. L’Argentine, où Mgr Williamson demeurait, l’a sommé de quitter le pays sous 10 jours.Ce n’est probablement pas la fin de l’histoire : on n’attend de voir quel sera le sort réservé à cet évêque intégriste, et si l’ordre acceptera finalement de rentrer dans l’Église – et donc de reconnaître les acquis du concile Vatican II.

L’affaire Peter Kennedy

Prêtre catholique de la paroisse St Mary de Brisbane, Peter Kennedy a lui aussi été relevé de ses fonctions, par l’évêque John Bathersby. Les raisons de cette sanction ? Que lui reproche-t-on ? Ce prêtre iconoclaste a eu le malheur d’autoriser des femmes de prêcher et surtout, il a béni des couples homosexuels ! Et ce, malgré les remontrances de son supérieur. Quel crime abominable en effet !

Peter Kennedy n’a pas l’intention de se laisser faire : il a annoncé qu’il continuerait à célébrer la messe et comptait sur une église “pleine à craquer” pour montrer l’hostilité de ses fidèles à la décision de l’évêque. Il a par ailleurs précisé que sa pratique était conforme aux vœux du Vatican pour qui chaque fidèle doit participer activement à la liturgie. Quant aux couples homosexuels, il a rappelé qu’il ne s’agissait que d’une bénédiction, et non d’un mariage.

Bien sûr la décision de réintégrer les évêques intégristes et de démettre de ses fonctions le prêtre libéral n’a pas été prise par la même personne. Mais quand même, quelle image déplorable de l’Église qui accueille des intégristes d’une part et rejette toute ouverture de l’autre. Ce sont les mêmes qui refusent aux femmes de prendre une part active aux messes ; on se demande bien sur quel fondement, si ce n’est par idéologie rétrograde. Les mêmes qui stigmatisent les homosexuels, et refusent qu’ils puissent vivre leur foi comme les autres et puissent être bénis – acte religieux qui, on l’oublie souvent, était courant il y a bien des siècles.

Si l’on ajoute à cela que le Vatican a refusé de signer une proposition permettant de dépénaliser l’homosexualité, se plaçant au côté de pays qui condamnent les homosexuels à la peine de mort, on se dit que décidément, l’Eglise a totalement perdu le sens des valeurs.

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L’homoparentalité : Parents comme-ci, enfants comme ça

Titem | 18 février 2009

A en croire plus de deux cents études conduites en France, les enfants élevés dans des familles homoparentales ne présentent ni plus ni moins de troubles que lorsqu’ils sont élevés dans une famille où sont présents les deux sexes au quotidien. La France compte aujourd’hui environ 100 000 familles homoparentales.

Documentaire de Jean-Pascal Hattu, produit par Crescendo Films.

Parents comme-ci, enfants comme ça.jpgFrance 5 diffusait hier soir un court documentaire sur cette question d’actualité qui suscite bien des polémiques, à mon sens inutiles : l’homoparentalité. Car en effet pour qui daigne s’intéresser au sujet sans préjugé et surtout sans y réfléchir in abstracto (c’est-à-dire en prétendant avoir une opinion mesurée pseudo philosophique, morale ou religieuse, voire les trois, sans observer le réel) on se rend bien compte, ainsi que les études l’ont observé, que ces enfants élevés dans ce cadre sont en mesure de s’épanouir aussi bien que les autres. Il ne s’agit pas de remettre en cause un modèle traditionnel, mais de montrer que celui-ci n’est qu’un modèle et qu’il existe d’autres cadres familiaux au sein desquels il est tout à fait possible de grandir et d’être éduqué.

Pas de drames ni de révélations fracassantes. Dans ce documentaire, le réalisateur s’attache en effet à montrer le quotidien de trois familles dites homoparentales dans lesquelles finalement, à quelques détails près, parents et enfants se révèlent comme les autres. Une réalité qui concerne de nombreuses familles en France.

Géraldine a deux mamans, elle est née de l’union de l’une d’elles avec un très bon ami. Lola a été adoptée lorsque sa mère était célibataire, avant de vivre avec une autre femme. Léo les a ensuite rejointes, adopté lui aussi. Quant à Nicolas, ses parents se sont séparés, chacun pour un autre homme. Des histoires et des parcours différents pour ces trois familles homoparentales. Plutôt que d’interroger les principaux témoins sur la façon dont ils ont grandi, élevés par deux parents du même sexe, le réalisateur filme sans ajouter aucun commentaire leurs échanges avec les membres de leur entourage. Ainsi, chacun feuillette son album de famille, se questionne sur les moments clés de son existence, revient sur les événements et les faits marquants.

Des enfants comme ça, bien dans leur tête. Mais le documentaire n’omet toutefois pas de parler de ce qui peut poser problème, et notamment le regard des autres. Celui des autres enfants bien sûr, mais également celui du reste de la famille, lorsqu’une mère évoque la difficulté à être considérée comme la “seconde maman” aux yeux des autres. Une autre mère s’interroge sur la question de l’autorité, regrettant parfois l’absence d’un père pour son fils, et finit par se dire que ce n’est qu’une idée reçue, et que les choses n’auraient peut-être pas été si différentes. Et de conclure que la question de la “compétence” des couples homoparentaux leur soumet à tellement de pression qu’ils sont sans doute plus exigeants avec leurs propres enfants.

France 5 a eu la bonne idée d’introduire et de conclure ce documentaire par les commentaires du psychanalyste Stéphane Nadaud, qui a étudié les enfants des couples homoparentaux. Ce dernier a ainsi souligné le flou juridique qui règne autour de ces familles, ce qui peut poser problème si le seul parent reconnu décède. Il a également rappelé à juste titre la nécessité de dépasser la question de l’altérité (masculin/féminin), et qu’un parent peut très bien incarner l’autorité ou la tendresse à tour de rôle.

Un documentaire rafraîchissant qui vient nous rappeler, ainsi que le dit une mère, que ce qui importe, c’est d’abord l’amour.

Pour des informations pratiques, on pourra consulter le site de l’Association des Parents Gays et Lesbiens. On peut également écouter les invités de Faustine Bollaert dans son émission d’Europe 1 “Et si c’était ça le bonheur ?” du lundi 16 février.

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Besancenot, un opposant trop présent

Titem | 16 février 2009

Vous avez sans doute encore en tête les chiffres de ce sondage pour Le Figaro et LCI. Selon le baromètre OpinionWay, Olivier Besancenot serait le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy pour 23 % des Français. Place qu’il occupe en fait depuis… juin 2008 ! Dix points derrière lui, on retrouve le nouveau leader du Parti Socialiste, Martine Aubry. Ségolène Royal et François Bayrou se partagent la troisième place avec 6%.

Olivier BesancenotA la question de savoir si Olivier Besancenot (crédit photo : G. Paumier) et son Nouveau Parti Anticapitaliste constituent une menace pour le Parti Socialiste, je vous invite à lire cet article du Figaro. Quant à l’analyse du succès du facteur de Neuilly, cette note de Luc Mandret, rédigée en juin 2008, demeure d’actualité.

Les Français semblent trouver en Olivier Besancenot, ce travailleur qui semble sympathique et gouailleur, un exutoire à leur colère sociale. Il est jeune, il a du charisme, il plaît. Ont-ils lu son programme, sont-ils prêts à le suivre dans les urnes, cela reste à prouver. Mais ne faut-il pas voir dans le succès d’Olivier Besancenot l’œuvre d’une main invisible, celle des médias ?

Ce qui frappe en effet, et bien davantage en ces temps où les médias ne cessent de parler de la crise et encore plus depuis la création du Nouveau Parti Anticapitaliste, c’est la présence à l’excès d’Olivier Besancenot dans les médias.

L’avis du CSA sur les temps de parole : un étrange cocktail pagnolesque en quatre tiers

Ce n’était d’abord qu’une impression, elle se retrouve confirmée par les chiffres du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), que je vous laisse consulter. Petit inconvénient : l’institution ne fournit actuellement que les chiffres de juillet, d’août et de septembre, il serait bon d’additionner les temps d’antenne par parti pour toutes les chaînes, ainsi que pour toute l’année. Mais l’on voit tout de même très nettement que la LCR (sauf en septembre) a un temps de parole nettement supérieur à celui des Verts, du Parti Communiste, du Front National, et comparable à celui du MoDem (sauf pour iTélé). Or, est-il nécessaire de vous rappeler ces quelques chiffres ?

LCR : 1.500.000 voix pour Olivier Besancenot en 2007, 0 député et combien de maires ?

PCF : 700.000 voix pour Marie-Georges Buffet en 2007, 15 députés (entre autres représentants).

MoDem : 6.800.000 voix pour François Bayrou, 3 députés (entre autres représentants).

FN : 3.800.000 voix pour Jean-Marie Le Pen. Aucun maire mais 7 députés européens.

On parle en effet souvent de l’omniprésence de Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas faux. Mais est-il normal qu’un parti aussi peu représenté et représentatif de la population que la LCR ait un temps de parole aussi supérieur à celui d’autres partis ayant plus d’audience ?

Les temps de parole sont en fait régis par la règle des trois tiers. Ainsi, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel précise sur son site Internet :

L’importance que revêt le pluralisme politique a conduit les instances de régulation successives à s’appuyer sur une référence quantitative préexistante : la règle dite des trois tiers, c’est-à-dire un tiers de temps de parole pour le gouvernement, un tiers pour la majorité parlementaire, un tiers pour l’opposition parlementaire.

Il précise par ailleurs :

Le Conseil considère ensuite que la répartition des personnalités politiques entre les catégories gouvernement, majorité parlementaire, opposition parlementaire, garde un sens tant institutionnel que politique. De plus, le Conseil juge utile de prendre en compte une quatrième catégorie, celle des formations politiques non représentées au Parlement. Une répartition des temps de parole préétablie sur une base strictement arithmétique entre ces quatre catégories ne semble pas pour autant nécessaire.

On retiendra donc que pour le CSA, il n’est pas nécessaire que la répartition des temps de parole soit établie sur une base strictement arithmétique. Cela justifie-t-il toutefois que parmi cette quatrième catégorie, les formations politiques non représentées, l’un de ces partis, la LCR, tire son épingle du jeu et parfois même plus que des partis représentés dans les conseils municipaux et le parlement national ou européen ?

Les médias parlent-ils plus d’Olivier Besancenot parce qu’il fait vendre ? Ou l’abus de sa présence sur le petit écran est-elle une façon de montrer aux Français qu’il est en fait le meilleur opposant de France à Nicolas Sarkozy ? De là à penser que le but à terme est de faire du NPA envers le PS ce que le FN fut au RPR, il n’y a qu’un pas… Ce qui est sûr, c’est que la répartition des temps de parole par le CSA, elle, est un peu ce que le cocktail du picon-citron-curaçao est César chez Pagnol. Un étrange cocktail en quatre tiers inégaux.

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CSA, France, LCR/NPA, Médias, Olivier Besancenot, Opposition, Politique, Sondage, Télévision, Temps de parole
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Excalibur, de John Boorman (1981)

Titem | 15 février 2009

Excalibur, de John Boorman (1981)Uther Pendragon reçoit de Merlin l’Enchanteur l’épée mythique Excalibur. A la mort d’Uther, l’épée reste figée dans une stèle de granit. Seul le jeune Arthur, fils illégitime d’Uther parvient à brandir l’épée Excalibur et devient par ce geste le roi d’Angleterre. Quelques années plus tard, il épouse Guenièvre et réunit les Chevaliers de la Table Ronde. Mais sa demi-sœur, la méchante Morgane, parvient à avoir un fils d’Arthur qui pousse le roi à sa perte et Camelot au bord du chaos…

1981, États-Unis / Royaume-Uni, 2h15
Film fantastique et épique de John Boorman

Avec Nigel Terry (Arthur), Helen Mirren (Morgane), Cherie Lunghi (Guenièvre), Paul Geoffrey (Perceval), Nicol Williamson (Merlin), Patrick Stewart (Leondegrance), Liam Neeson (Gauvain)…

Je regarde assez peu le petit écran, à part le journal télévisé et quelques jeux de culture générale. Mais depuis quelques semaines, je fais un peu plus attention à la programmation. Et je redécouvre en particulier les excellents documentaires, émissions et films d’Arte.

Ce mois-ci, la chaîne franco-allemande consacre des soirées spéciales au Moyen-Âge, mais également aux guerres. Après Ivanohé et la situation des Juifs pendant le Haut Moyen-Âge, la semaine dernière, Arte diffusait ce soir Excalibur, l’épopée arthurienne de John Boorman. J’avais étudié quelques scènes de ce film en classe de 5ème, j’allais enfin pouvoir le regarder jusqu’au bout.

C’est à partir de l’oeuvre de Thomas Malory que John Boorman réalise sa version de la légende d’Arthur, sombre, violente et merveilleuse, accompagnée de morceaux classiques de Richard Wagner ou du Carmina Burana de Carl Orff. On retrouve dans ce film toute la diversité des sentiments, des valeurs et des péchés humains dans une mise en scène résolument épique, où le bien et le mal ne sont pas toujours là où on les attend. La force artistique de ce film réside dans l’image, la couleur des paysages et des costumes des acteurs évoluant au gré de la situation de Camelot, du chaos à la paix.

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Pour que le 9 mai soit la « Journée de l’Europe » dans les calendriers !

Titem | 14 février 2009

Tout a commencé lors d’une réunion du Mouvement Européen – Ille-et-Vilaine, association dont je fais partie, en tant que membre des Jeunes Européens Rennes. Une des adhérentes fait remarquer qu’alors que se profilent les élections de nos futurs représentants au Parlement européen (du 6 au 9 juin 2009), il n’est fait aucune mention de la ” Journée de l’Europe “  dans les calendriers ou dans les agendas.

Extrait calendrierEt c’est vrai ! Nous avons la fête du travail le 1er mai, les commémorations de l’armistice les 8 mai et 11 novembre, la fête nationale le 14 juillet, Pâques, la Pentecôte et l’Ascension, la fête des mères et la fête des pères…
Sur vos agendas, on vous apprend que tel jour est celui de la fête nationale de tel ou tel pays…

Mais où est-il précisé que le 9 mai est la Journée de l’Europe ? Nous sommes pourtant 500 millions de citoyens et citoyennes dans l’Union européenne concernés par cette fête !

Robert Schuman 9 mai 1950 EuropeC’est en effet le 9 mai 1950 que Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, prononçait dans le salon de l’horloge du Quai d’Orsay une déclaration qui marqua le début de la construction européenne. En juin 1985, lors du Conseil européen de Milan, les chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres instaurent le 9 mai « Journée de l’Europe ».

Cette journée doit être l’occasion d’une véritable fête, d’une occasion de rencontrer et de discuter avec nos concitoyens européens, aussi bien que de prendre conscience de notre appartenance à un même espace politique, économique et culturel, au-delà de nos particularités régionales et nationales. Pour cela, il faut bien sûr que les initiatives aient lieu dans toute l’Europe, de Lisbonne à Helsinki et de Dublin à Nicosie. Que les médias parlent de cette fête qui est un symbole concret d’une Europe jugée trop lointaine.

Journée de l'EuropeCela passe aussi par l’indication claire, dans nos calendriers et nos agendas, que le 9 mai est notre fête, la « Journée de l’Europe » ! C’est pour cette raison que j’ai décidé de créer un groupe Facebook pour sensibiliser les internautes à ce sujet. C’est peut être anecdotique, mais je pense qu’au contraire c’est une décision qui peut être prise très vite et serait tout à fait significative. Par ailleurs au-delà des remarques goguenardes sur la “mode Facebook”, ce réseau social est le meilleur moyen de sensibiliser simplement et rapidement un maximum de personnes au-delà des frontières nationales.

Et qui sait à terme, le 9 mai sera-t-il noté “jour férié” sur nos calendriers, permettant, après la commémoration des victimes de la guerre, de célébrer ensemble “l’union dans la diversité” ?

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La fin d’une quête de 15 ans ou le destin de Lavoisier

Titem | 13 février 2009

Titre un peu pompeux sans doute, c’est pourtant bien cette pensée-là qui m’a traversé lorsque, il y a quelques semaines, je trouvais enfin la réponse à une (vaine) question que je me posais depuis bien des années. A tout autre que moi cela pourrait paraître bien anodin, et pourtant cette histoire pourrait bien vous intéresser…

J’avais à peine 7 ans et je ne loupais aucun des épisodes de la série d’Albert Barillé “Il était une fois… les découvreurs”, diffusée sur Canal Plus. Je les avais enregistrés et me repassait la cassette en boucle en rentrant de l’école. C’est ainsi que naquit chez moi cette passion pour l’histoire qui ne cesserait de grandir, même si je renonçais finalement à une carrière de professeur d’histoire.

Portrait de Monsieur de Lavoisier et sa femme par Jacques-Louis DavidMais parmi les épisodes, il en est un qui me marqua plus que les autres, celui consacré au père de la chimie moderne : Antoine-Laurent de Lavoisier. C’est lui qui découvrit la composition de l’eau (hydrogène et oxygène). Lui encore qui fut à la base du système métrique tel que nous le connaissons. Son immense talent et son destin tragique m’ont sans doute touché, et je devais en garder un dégoût de l’injustice. Mais que pouvais-je comprendre à cet âge-là ? Qu’est-ce qu’un fermier général, ce pour quoi il fut guillotiné le 8 mai 1794 ? Et pourquoi la Révolution avait-elle mis à mort un savant qui aurait pu être utile à la France, quoiqu’en dit dans sa célèbre sentence le président du tribunal qui le condamna, Coffinhal : “La République n’a besoin ni de chimistes, ni de savants ; il faut que la justice suive son cours”.

Dans l’épisode, on voyait des hommes habillés comme à l’époque monter dans une charrette qui allait les conduire à la mort. On les appelait un par un : Lavoisier était le 4ème. Et puis il y eut cette question qui me traversa. Était-il vraiment le 4ème ? Les noms que l’on entendait étaient-ils vraiment ceux des fermiers généraux qui furent exécutés en même temps que Lavoisier ? Étaient-ils eux aussi des savants, des hommes connus ?

Je demandais à des personnes douées en histoire, sans succès. Je voulais aller au Panthéon car il me semblait inconcevable qu’un homme comme Lavoisier n’y fut pas inhumé. Quand je demandais à un gardien du Panthéon si mon héros s’y trouvait, je fus déçu d’entendre que non, et même outré quand il me demanda s’il était de Paris. “Il y est né et il y est mort”. Plus tard encore j’eus accès à l’encyclopédie Universalis, et bien plus tard j’empruntais la biographie de Lavoisier à la bibliothèque de l’IEP de Rennes où je ne trouvais pas de réponse à mes questions.

Ce n’est que plus tard que je compris…

Je compris que les fermiers généraux étaient responsables de la collecte des impôts, que cette charge leur conférait une fortune immense qui suscitait bien des rancœurs. C’est grâce à cela que Lavoisier put acquérir un matériel de haute précision pour mener ses recherches. C’est aussi ce qui causa sa perte : ses collègues et lui furent accusés de détournement de fonds publics au profit de l’étranger. Sans preuve.

Je compris que le corps de Lavoisier, après son exécution, avait été jeté dans une fosse commune du cimetière de la Madeleine et que les corps des cimetières  parisiens de l’époque furent transférés dans les catacombes de Paris.

J’appris que la légende raconte que Lavoisier, attendant son exécution, lisait un livre et que quand vint son tour, marqua sa page, comme s’il espérait pouvoir reprendre sa lecture.

C’est en décembre 2008, à New-York, au Metropolitan Museum of Art, que je tombais en admiration devant le tableau de Jacques-Louis David représentant Lavoisier et son épouse, Marie-Anne Paulze. J’apprécie par ailleurs beaucoup la peinture de cette époque, et je ne pensais absolument pas trouver ce portrait ce jour-là, à cet endroit là.

Enfin, il y a quelques temps, alors que je surfais sur Internet, j’eus l’idée de chercher la liste de ces fameux fermiers généraux. J’avais déjà tenté ma chance il y a deux ans, sans succès. Et après quelques minutes, je tombais sur une version numérisée d’un livre d’Edouard Grimaux, sobrement appelé Lavoisier publié en 1888. Et là, page 304, en note de bas de page “les vingt-huit condamnés étaient : …”.

La liste.

Liste fermiers généraux exécutés en même temps que Lavoisier.jpgListe fermiers généraux exécutés en même temps que Lavoisier - 2.jpg

Je me doutais aujourd’hui qu’il ne s’agissait pas de personnes connues. Cette liste n’a sans doute aucune importance si ce n’est pour les historiens, les passionnés… ou les descendants des victimes. Mais pour moi, outre les réponses historiques et l’amour pour cette science, c’est la réponse à un enfant qui devait découvrir plus tard l’absurdité des choses et l’injustice qui nous entoure.

Le lendemain, le scientifique Louis Lagrange dira à propos de Lavoisier : “il ne leur a fallu qu’un moment pour faire tomber cette tête et cent années peut-être ne suffiront pas pour en reproduire une semblable”.

Albert Barillé Maestro.jpg… Ironie du sort : c’est en cherchant des images d’Il était une fois… Les découvreurs pour illustrer cette note que j’apprends que l’homme qui fut à l’origine de cette série et de tant d’autres, Albert Barillé, est décédé il y a deux jours. Maestro est mort, vive Maestro… et merci !

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