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Le blog de Titem… à Rennes : actualité, société, voyages
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Passer son Grand Oral à Sciences Po Rennes sur François Mitterrand

Titem | 26 mars 2009

Cela va maintenant faire une semaine que je l’ai passé. C’est une épreuve à laquelle on pense pourtant des semaines, des mois, voire des années à l’avance pour certains, tant elle est crainte, vénérée… A sa simple évocation, on ressent ce mélange d’excitation mêlée de stress. Le Grand Oral, ou “Grand O” pour les intimes. Ce n’est plus une épreuve absolument déterminante pour l’obtention de notre diplôme de fin d’année à Sciences Po. Depuis la masterisation, elle se déroule, à l’Institut d’Etudes Politiques de Rennes, au deuxième semestre de la 4ème année. Elle a beau avoir perdu son caractère décisif, il n’en demeure pas moins que le “Grand O” constitue toujours une sorte de rituel de passage, un symbole qui marque de son empreinte chaque étudiant.

30 minutes. 10 minutes de passage sur un des deux sujets que vous aurez pioché au hasard. 20 minutes d’entretien, au cours desquelles le jury, composé de 3 professeurs, revient sur votre exposé et essaye de pousser plus loin votre réflexion. Pas un cassage en règle nous dit-on, et pourtant, les fantasmes vont bon train, de même que les critiques sur les inégalités de traitement entre les sections. Il faudra pourtant bien y passer. L’objectif étant de mesurer notre capacité à conduire une réflexion, l’étayer d’arguments et d’exemples, en faisant preuve d’une certaine aisance. Ni Questions Pour un Champion, ni concours d’éloquence. Mais on ne doute pas de l’exigence de l’exercice avant de l’avoir soi-même vécu.

Fraîchement entré à Sciences Po Rennes, je m’imaginais seul dans l’amphithéâtre Erasme, assurément trop grand pour moi, seul, en face d’un jury de 3 personnes peu amènes qui tournaient le dos à un public parsemé, parmi lesquels on pouvait voir quelques professeurs bienveillants, des amis qui vous soutiennent, et d’autres curieux.

Au début de l’année, les pronostics allaient bon train sur “les pires sujets du Grand Oral”. La sortie de mon professeur d’anglais sur l’art abstrait m’avait fait grimacer “Vous en rigolez, mais dites-vous que cela peu faire l’objet d’un sujet de Grand Oral”. Ça ou l’art étrusque, les fleurs, le blues ou encore la sociologie durkheimienne… Sur quoi valait-il mieux tomber ?

Les épreuves auraient en réalité lieu dans les salles de conférence de méthode. Je ne vais pas dire que j’étais déçu, au contraire. Les premières personnes à passer ont partagé les sujets sur lesquels ils ont eu à s’exprimer. Rien de terrifiant, ils relevaient de sujets “classiques” de culture générale. Certains pourtant était clairement orientés “droit”, ou plus difficiles à problématiser.

En définitive, je rêvais bien sûr d’un sujet sur lequel j’avais des positions claires, afin de pouvoir exposer mon opinion parfaitement argumentée. Ou alors un sujet bien historique. Quelques heures avant, la moindre expression, la moindre actualité me faisait réagir : et si ça tombait sur ça ?

Statue François Mitterrand LilleFinalement, j’eus le choix entre les biens publics mondiaux et François Mitterrand. J’ai pris le second. Une heure de préparation. Passage. François Mitterrand. Sa vie, son œuvre, son style. Que reste-t-il aujourd’hui du Président de la République qui eut le plus long mandat en France ? L’homme du programme commun de la gauche. Mitterrand le Prince, celui qui abolit la peine de mort… mais aussi le mystère qui entoure cet homme et qui sans doute a contribué à forger le mythe François Mitterrand, avec sa part d’ombre. J’évacuais volontairement toute la question de sa politique étrangère pour être interrogé à ce sujet en entretien. Ça n’a pas manqué… Je réponds aux questions que l’on me pose. Sur l’Allemagne, sur la guerre du Golfe, les banlieues, ses relations avec la gauche… Mais pas toutes les questions. Je préfère ne pas spéculer sur ses relations avec Israël ou l’extrême-gauche, que je connais mal. Et là, intérieurement, je regrette de ne pas mieux me souvenir des cours de prépa sur François Mitterrand, ou des cours de politique étrangère de la France. Mais on ne peut pas tout retenir malheureusement. Et puis j’avais deux possibilités parmi 220 sujets.

Dernière question. Mitterrand a-t-il été le personnage d’œuvres littéraires ou cinématographiques. Oui, le Promeneur du Champ de Mars. Qui l’a réalisé ?… Je ne m’en souviens plus. “C’est un réalisateur d’origine arménienne”. (Ah, donc ça finit en -ian… je vais éviter de le dire ça). “Vous savez donc comment son nom finit”. Comme si elle avait lu dans mes pensées. Mais ça ne me revient pas. Tant pis, vous aviez au moins le nom du film.

Je les remercie, je rassemble mes affaires. “Robert Guédiguian ?” les interrogè-je. Le nom est lâché. J’ignore de quelle partie de mon cerveau il provient, mais il est apparu soudainement. “Ah ben vous voyez, ça vous est revenu”. Nous sourions de cette réponse insolite. La mémoire est vraiment capricieuse !

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Revue d’Internet : sites, blogs (1) 15/03/09 au 21/03/09

Titem | 22 mars 2009

Cela faisait quelques temps que je pensais à partager les articles et podcasts qui m’ont paru les plus intéressants. Voilà qui est chose faite :

  • Bientôt des bombes atomiques russes à Cuba ? Article de Vincent Vauvert sur son blog Affaires étrangères. La Russie songe à un remake de l’affaire des missiles de Cuba, pour arriver en position de force dans leurs négociations avec les États-Unis d’Obama (le nouveau Kennedy ?). Sur le même sujet, lire également Le coup de bluff militaire de Medvedev, article de Pierre Rousselin sur son blog Géopolitique.

  • Pour Londres, c’est Barroso for ever ; Article de Jean Quatremer sur son blog Coulisses de Bruxelles. L’actuel Président de la Commission Européenne a toutes les qualités requises d’après Londres, pour renouveler son mandat.

  • L’affaire AIG ; Article de Guillaume Klossa sur son Blog d’un Européen. Les Etats-Unis critiquent aussi le fait qu’AIG est honoré ses engagements auprès des banques européennes… Sans quoi on aurait pu pourtant assister à une crise systémique. Et d’appeller à davantage de coopération.

  • CIA: le rapport secret de la Croix-Rouge sur la torture ; Article de Vincent Vauvert sur son blog Affaires étrangères. Pour la Croix Rouge, aucun doute possible : la CIA pratiquait la torture. Or la loi internationale punit ces actes… donc ses auteurs ?

  • Les trans sont-ils des malades ? Article d’Agnès Giard sur son blog Les 400 culs. Comment la France gère-t-elle médicalement et juridiquement les transsexuels (1 naissance sur 10000) ? Dans les commentaires de cette note qui dévoile une réalité gênante (on ne sait pas “qui” sont ces gens, donc ce sont des malades), la bêtise le dispute à la haine…

  • Le PSE renonce à s’opposer à Barroso ; Article de Jean Quatremer sur son blog Coulisses de Bruxelles. Divisé, le PSE laisse la voie libre à l’ancien premier ministre portugais, qui “l’emporter(a) par accumulation de lâchetés”.

  • Pas de préservatifs pour l’Afrique ? ; Article de Eurotopics sur le Webzine CaféBabel. Revue de presse européenne des propos choquants et mensongers du Pape sur le préservatif qui aggraverait la propagation du SIDA.

  • Comment on a réécrit «la Chanson de Roland»… Article de Louis-George Tin sur son blog Observatoire de l’hétérosexualité. Ou comment (et surtout pourquoi !) pendant des années, les lettrés se sont focalisés sur la relation entre Roland et Aude, oubliant celle qui liait le neveu de Charlemagne à Olivier.

  • Les féministes, pionnières de la critique de l’hétérosexualité ; Article de Louis-George Tin sur son blog Observatoire de l’hétérosexualité. Revue de quelques livres de penseurs féminines de l’hétérocentrisme (dit encore hétéronormativité ou hétérosexualité obligatoire) et de sa critique.

  • Assez de “compassionnel” en politique étrangère. Article de Pierre Rousselin sur son blog Géopolitique. Coup du gueule de l’éditorialiste du Figaro contre cette politique de l’émotion. Il conclue ainsi : “Une vraie diplomatie, discrète et patiente, peut parfois obtenir d’avantage qu’une réaction instinctive, même pavée des meilleures intentions du monde.“

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Récit d’une journée de grève au soleil à Rennes vécue par un passant

Titem | 19 mars 2009

IEP de Rennes bloquéCe matin, je reçois un courriel : une amie me propose d’aller manger avec une autre amie au restaurant universitaire de la fac de Droit. Ça tombe bien, il avait été une nouvelle fois décidé hier en assemblée générale que notre école, l’IEP de Rennes, serait bloquée. Les professeurs en grève ce jour-là n’assurent pas leurs cours. Qu’à cela ne tienne, il fait beau, c’est l’occasion de prendre l’air et de sortir la tête de ses bouquins et son ordi ! Avant de partir, je télécharge les podcasts du jour. Ceux de France Inter, d’habitude rarement en retard, ne se mettent pas à jour. Et pour cause : la programmation régulière est suspendue en raison de la grève.

Je m’y rends à pied : les transports en commun sont fortement perturbés de 10h à 15h30 environ. J’arrive devant le restaurant universitaire de la Fac de Droit : celui-ci est fermé en raison de la grève. Si l’on veut manger, il faudra trouver autre chose. Les boulangeries et les petites supérettes sont prises d’assaut.

Place Sainte Anne. Quand elle n’est pas squattée par des marginaux alcoolisés et entourés de leurs chiens, quand le ciel d’étain s’ouvre, il est fort agréable de se poser pour manger une crêpe ou prendre un verre. Les terrasses en soleil sont toutes occupées, celles à l’ombre sont délaissées. A la sortie de cet hiver gris et froid, voilà que les corps commencent à se dénuder, la peau recherche les rayons du soleil.

Faute de place, nous choisissons finalement un petit bistrot sur la place des Lices. A côté de nous passent régulièrement des petits groupes qui portent fanion, badges et autocollants. Sans doute qu’en cette journée de grève, où l’activité économique marche au ralenti, les gens profitent de cette journée plus calme pour manger à l’extérieur. Le temps clément aidant, ce sont finalement les restaurateurs qui en profitent. Une amie me répète ce qu’elle a entendu : à Paris, des salons de beauté ont même prévu de faire des tarifs spéciaux pour cette journée de grève !

Je décide ensuite de passer aux Champs Libres. Je prends le métro. Avantage : il est automatique, le trafic est donc normal. Lorsque je sors à l’arrêt Charles de Gaulle, je vois devant le nouveau Gaumont un rassemblement assez important de militants : les banderoles sont déployées, slogans revendicatifs ou couleurs syndicales. Des poteaux portent des cartons où l’on incite à prolonger le mouvement au-delà de la grève.

Les Champs Libres sont fermés. A l’intérieur, les hôtesses d’accueil attendent sagement à leur poste. J’appelle. On me répond que le bâtiment est fermé : c’est une précaution pour éviter des débordements. Ils réouvriront normalement une fois le mouvement dispersé. Ils auraient pu mettre une affiche…

Un groupe défile derrière une grande banderole des travailleurs syndicaux. Un jeune homme chante – faux – une chanson où il dénonce notamment “les bourgeois”. A croire qu’il ne ferait pas bon réussir sa vie (et pas besoin d’avoir une Rolex pour ça). Une fillette, à qui je ne donne pas 5 ans, porte une lourde pancarte anti-sarkozyste. Elle a un autocollant promouvant un parti écologiste sur le bras droit. Elle suit le pas vif de ses parents et la poussette de leur enfant sur lequel des autocollants syndicaux ont été posés. A peine un an, et déjà une voiture tunée. Je me méfie de ces parents qui utilisent leurs enfants dans des contestations, mais quand on a personne pour les garder…

Plus loin, FO se tient serrée et cantonne l’Internationale avec conviction : “du passé, faisons table rase…”. Cela ne me surprend plus, même si aujourd’hui, j’ai, comme beaucoup, le sentiment que le dysfonctionnement est réel, et qu’il appelle à des changements profonds, mais pas forcément à une “révolution”.

La révolte, elle, est pourtant bien là. Sur le Boulevard de la Liberté, les manifestants sont nombreux, la circulation est bloquée. Les voitures n’essaient même pas de passer, je les comprends. Lorsqu’il y a une semaine, un petit groupe d’une centaine de lycéens bloquaient les quais et que j’ai voulu passer, l’un d’entre eux s’est positionné devant ma voiture et, voyant que je n’avais pas l’intention de rebrousser chemin (il est suffisamment compliqué de circuler dans Rennes comme cela), il avait tenté de briser mon rétroviseur.

Là, c’est le Crédit Agricole qui a été pris pour cible : une vitre est partie en éclat, de la peinture a été jetée sur le fronton. “Des casseurs” me répond le directeur deHSBC après manif.jpg la banque qui vient constater les dégâts. Je reprends l’écoute de mes podcasts. “Dois-je vous rappeler que cette année, le Crédit Agricole a distribué plus de 95 % de ces bénéfices à ses actionnaires ! Cela représente 1 milliard d’euros !“. Ceux qui ont fait ça le savaient-ils, exprimant ainsi leur colère, ou se sont-ils attaqués au symbole de la banque ? L’une ou l’autre raison ne justifie pas l’acte. Plus loin, c’est HSBC qui a, à son tour, été victime de dégradations.

Sans doute, la colère est légitime. Ce n’est pas seulement une manifestation contre la crise, mais aussi contre un système où l’on craint pour son avenir. Depuis que nous sommes petits, on nous dit qu’il nous faut faire de bonnes études pour pouvoir jouir d’un emploi stable et d’une bonne situation. Aujourd’hui, certains diplômés ne trouvent même pas d’emplois. Nos parents doivent surveiller leurs comptes, ils ont fait des efforts et doivent encore subir les conséquences de la mauvaise gestion de dirigeants qui ont déstabilisé durablement l’économie, mais continuent de recevoir des primes. Ce constat doit sans doute être nuancé, mais ne retire rien sur le fond : le malaise est palpable. Heureusement, il paraît que se retrouver entre amis ou avec son/sa conjoint(e) est un moyen de s’échapper de la crise. Les médias ne peuvent occulter l’actualité, mais un peu de soleil et de bonnes nouvelles serait bienvenus !

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Williamson, avortement et préservatif : le Vatican en crise de communication

Titem | 17 mars 2009

Depuis qu’il a été élu, en avril 2005, on se doutait bien que Benoît XVI n’allait pas entreprendre cet important aggiornamento qui devrait transformer l’Église catholique afin de l’accorder avec son temps. Est-ce son rôle ? Non diront les traditionalistes. C’est pourtant bien une nécessité.

Je veux bien croire que Benoît XVI n’est pas un diplomate mais un juriste et un philosophe, qui préfère le débat intellectuel à la gestion de la Curie qu’il confie volontiers à ses conseillers. Je veux bien admettre qu’il soit obnubilé par l’unité de l’Église et qu’il ait été prévenu tard des propos de Mgr Williamson : sa gestion de ce dossier n’en est pas moins critiquable.

Je reconnais que le Vatican a condamné en ces termes l’excommunication de l’équipe de médecins brésiliens qui ont pratiqué un avortement sur une fillette de neuf ans dont la vie était mise en danger : “avant l’excommunication, il y avait la miséricorde“.

On ne doute pas que l’Église recommande de maîtriser sa sexualité, d’être chaste. On sait que l’encyclique de 1968 Humanae Vitae dénonce les méthodes de contraception et l’avortement. On se souvient que son prédécesseur, Jean-Paul II, ne disait pas autre chose.

Il n’empêche : l’Eglise, telle qu’elle est gérée actuellement, connaît un véritable problème de communication, à la fois sur ses décisions et sur ses prises de positions, ce qui perturbe les croyants.

Préservatif Benoît XVIIl faut le dire : les propos de Benoît XVI dans son avion pour Yaoundé sont tout simplement scandaleux ! Il a en effet estimé que l’on ne pouvait “pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs”. C’est vrai, il faut aussi aider ceux qui sont malades à avoir accès aux médicaments pour soigner leurs souffrances.

Mais dire que “Au contraire [leur] utilisation aggrave le problème”, c’est non seulement irresponsable, mais c’est aussi un mensonge et une supercherie intellectuelle. A quelques jours du Sidaction, cela mérite d’être répété et affirmé : lorsqu’il est bien posé, le préservatif est le seul moyen de contraception (c’est-à-dire qu’il permet d’empêcher sa partenaire d’être enceinte) qui permet de se protéger contre les maladies sexuellement transmissibles, dont le SIDA.

Encore une fois, on sait qu’il n’est pas du rôle du Vatican d’inciter ses fidèles à ne pas être chaste. Il a beau être dans son rôle de pape, garant d’une ligne de conduite claire, cela ne justifie nullement d’affirmer pareil mensonge. On aimerait que Benoît XVI soit un peu moins intellectuel, que ses réflexions soient moins ontologiques et qu’il se penche davantage sur la réalité.

A qui s’adresse ce message du pape ? Aux Africains ? Ce serait criminel, alors que le continent est ravagé par cette pandémie. Aux traditionalistes ? La belle affaire ! A force de vouloir donner des gages à la minorité, on désoriente la majorité, on aggrave le trouble qui règne dans la Chrétienté. A la majorité ? A quoi bon, elle n’écoute pas ! Elle attend du pape qu’il prenne position sur les conflits géopolitiques, sur l’importance de la foi dans le chemin d’une vie ainsi que de la solidarité et de la charité en ces périodes de crise.

C’est ce que je me souviens avoir appris lorsque je suivais avec grand intérêt les cours de catéchisme, et que je m’investissais dans des retraites spirituelles.

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Harvey Milk, de Gus Van Sant (2008)

Titem | 15 mars 2009

Harvey Milk, de Gus Van Sant (2008)Le film retrace les huit dernières années de la vie de Harvey Milk. Dans les années 70, il fut le premier homme politique américain ouvertement gay à être élu à des fonctions officielles, à San Francisco en Californie. Son combat pour la tolérance et l’intégration des communautés homosexuelles lui coûta la vie. Son action a changé les mentalités, et son engagement a changé l’histoire.

2008, Etats-Unis, 2h07
Biopic dramatique de Gus Van Sant
D’après la véritable histoire de Harvey Milk

Film récompensé par l’Oscar 2008 du meilleur acteur pour Sean Penn, et celui du meilleur scénario pour Dustin Lance Black.

Avec Sean Penn (Harvey Milk), Josh Brolin (Dan White), Emile Hirsch (Cleve Jones), James Franco (Scott Smith), Victor Garber (George Moscone)…

Au début des années 1970, Harvey Milk a déjà quarante ans. Pourtant il a le sentiment qu’il n’a rien fait de marquant de sa vie. Il part avec son amant, Scott Smith, pour San Francisco. La cité californienne, en particulier le quartier de Castro, est devenue un havre de paix pour les jeunes homosexuels rejetés par leurs familles, en mal de liberté… quand les policiers ne les pourchassent pas dans leurs lieux de rencontre.

Harvey Milk tentera à plusieurs reprises de s’imposer en politique, avant d’y parvenir grâce à un redécoupage électoral. Élu conseiller municipal, il est perçu comme la “maire de Castro”. Mais déjà, un autre combat s’annonce à lui : celui contre la proposition 6 – qui permettrait de licencier les gay et les lesbiennes travaillant dans des écoles publiques – et ses promoteurs, le sénateur conservateur John Briggs et une chanteuse homophobe, Anita Bryant. Ses relations politiques tendues avec le conseiller municipal Dan White lui causeront sa perte.

Ce n’est pas le premier film consacré au conseiller municipal de San Francisco, figure de proue du mouvement LGBT américain. En 1984, l’œuvre de Rob Epstein, The Times of Harvey Milk, avait même reçu l’Oscar du meilleur documentaire. Le dernier Gus Van Sant sort également à un moment où le sujet est plus que jamais d’actualité : 30 ans après la mort de Harvey Milk, un autre référendum en Californie est venu rejeter la possibilité pour les couples de même sexe de pouvoir se marier. La figure du militant des droits LGBT est toujours présente, au point qu’un des ses discours les plus marquants a été repris pour la campagne contre la Proposition 8.


Harvey Milk contre la proposition 8
envoyé par GayClic

C’est un film par conséquent politique, ce que l’interprète principal, Sean Penn, récompensé par l’oscar du meilleur acteur, reconnaîtra volontiers lorsque lui fut remis son trophée.

Image de prévisualisation YouTube

Harvey Milk est une œuvre touchante sur la vie d’un homme prêt à se sacrifier pour un idéal, celui d’un monde où les hommes pourraient vivre leur amour en toute liberté. C’est aussi celui d’un combat pour les sans-voix, ceux qui, du fin fond de l’Amérique, garde le silence sur ce qu’ils vivent au fond d’eux. Une incitation à sortir de l’hypocrisie, le combat d’une vie, le combat pour la vie.

Pourtant, aussi intéressant que soit le film, et malgré l’habileté du réalisateur à recréer le Castro des années 1970 (en utilisant également des images d’archives), le film ne parvient pas à transcender des émissions fortes, bouleversantes. Est-ce le jeu un peu trop forcé pour être naturel de Sean Penn ? Sont-ce les sous-titres qui m’ont déconcentré ?

Harvey Milk est sans doute un film historique quant au sujet traité et les récompenses qu’il a obtenu, mais pas dans son traitement artistique.


Ciné Gay : “Milk”
envoyé par GayClic
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