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C’est l’Union qu’on assassine, par Sylvie Goulard

Titem | 3 mai 2009

Je vous recommande très vivement la lecture du “Point de vue” de Sylvie Goulard, Présidente du Mouvement Européen France et tête de liste MoDem dans la circonscription de l’Ouest aux élections européennes du 7 juin prochain. De façon aussi concise qu’efficace, Sylvie Goulard dénonce les gouvernants coupables selon elle de “(galvauder) l’élection européenne” de “détourner l’attention des sujets qui sont au cœur des enjeux européens”. Pire : on s’achemine vers un véritable “déni de démocratie” alors qu’avant même les résultats du vote, déterminant la composition de la Commission européenne, le Parti Populaire Européen (droite) et le Parti Socialiste Européen (du moins les chefs de gouvernements socialiste) s’expriment en faveur de la réélection de José Manuel Barroso.

Les souverainistes aussi en prennent pour leur grade. Selon elle, ils “prétendent défendre l’intérêt national mais désertent les lieux où il se joue. Leur acharnement sur des sujets mineurs (comme l’intendance du Parlement) n’a d’égal que leur manque d’implication sur les dossiers lourds“. Dans cet article d’Eurojunkie, on y voit un exemple de manipulation de la part de ces gens, sous la figure de proue de Captain Europa, personnification de Libertas, le parti sous lequel se présente Philippe de Villiers, le baigneur du Parlement Européen.


Sylvie Goulard
envoyé par mouvementdemocrate

“Inconscient ou délibéré, un travail de sape est à l’œuvre sous nos yeux. En dépit de beaux discours affirmant que, dans la crise, l’union est indispensable, la plupart des gouvernements de l’UE galvaudent l’élection du Parlement européen. Non seulement ils ne cherchent guère à mobiliser les électeurs, mais, en coulisse, ils veillent à s’assurer que le huis clos diplomatique l’emportera encore une fois sur la démocratie au grand jour. Aux questions les plus simples des électeurs, aucune réponse claire n’est apportée. La France ne fait pas exception.

Pourquoi vote-t-on ? Nul ne l’explique. Aucune campagne civique de grande ampleur sur la date du scrutin, ses modalités et les compétences du Parlement n’a été lancée. L’Europe, qui a la chance d’être dotée du seul Parlement supranational élu au suffrage universel direct au monde, ne souffre pas de “déficit démocratique”.

Un travail législatif concret y est mené, visant, par exemple, à renforcer la protection contre les produits chimiques nocifs ou à limiter la durée du travail. Mais l’ignorance est entretenue par une Commission distante et une classe politique nationale, dont l’horizon, à de rares exceptions, n’est pas européen.

Alors nos dirigeants font diversion, agitant de nouveau le spectre de l’insécurité ou jouant au petit jeu des excuses mutuelles. Tout est bon pour détourner l’attention des sujets qui sont au cœur des enjeux européens : emploi, environnement, relations avec le reste du monde, développement de la planète.

Pour qui vote-t-on ? Le choix des candidats, souvent opaque, est rarement objectif. Dans les entreprises, les ateliers, les facultés, chacun est censé se former pour prétendre occuper une fonction. Rien de tel pour aller au Parlement européen, qui reste un moyen idéal de recycler les figures déchues ou de récompenser ses petits amis.

A quarante jours du vote, l’UMP n’a pas encore daigné faire connaître ses listes aux électeurs. Après Olivier Duhamel, en 2004, le PS a évincé cette année Gilles Savary, l’un de ses meilleurs députés européens. Qu’un député ait été présent, travailleur, qu’il ait acquis l’expérience qui aurait permis à la France d’obtenir une présidence de commission parlementaire, peu importe.

Sans parler des souverainistes, qui prétendent défendre l’intérêt national mais désertent les lieux où il se joue. Leur acharnement sur des sujets mineurs (comme l’intendance du Parlement) n’a d’égal que leur manque d’implication sur les dossiers lourds. C’est assez pitoyable.

Pour changer quoi ? C’est sur ce point que les dernières manigances des gouvernements, avec la complicité de responsables du Parlement sortant, sont les plus désastreuses. Les électeurs seront motivés pour aller voter quand leur choix entraînera un changement de cap politique, incarné par de nouveaux responsables.

DÉNI DE DÉMOCRATIE

Les gouvernements européens semblaient l’avoir compris, qui, dans le traité de Lisbonne, ont décidé à l’unanimité que le Parlement élirait le président de la Commission. Même si ce texte n’est pas encore ratifié, rien n’aurait empêché d’en appliquer l’esprit, plus démocratique.

Le mandat de la Commission Barroso expire fin 2009. Laissons les députés élus en juin décider s’il doit être reconduit, en évaluant son projet publiquement, par rapport à celui d’autres candidats. Ces derniers n’ont d’ailleurs pas à être d’anciens membres du club des chefs d’État et de gouvernement !

Cette condition non écrite – qui nous aurait privés de Jacques Delors – n’a été ajoutée par les intéressés que pour mieux verrouiller la cooptation. Or les deux partis qui dominent l’échiquier européen le PPE (auquel appartient l’UMP) et le PSE (dont fait partie le PS), cherchent à reconduire M. Barroso sans débat, dès le mois de juin. C’est purement et simplement un déni de démocratie.

La présidence française a entretenu une illusion : celle d’un intérêt et d’un respect nouveaux pour l’Europe. L’intérêt a été de courte durée, tant que les projecteurs étaient tournés vers Paris. Quant au respect des électeurs et des partenaires européens, on le cherche en vain dans ces décisions peu responsables.

Vis-à-vis des générations qui nous ont légué l’Europe unie, comme vis-à-vis de nos enfants, nous devons considérer l’élection du Parlement européen comme le moment-clé de la vie démocratique européenne et y envoyer des candidats sérieux.”

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Elections, Elections européennes 2009, Europe, Jeunes Européens France, José Manuel Barroso, Libertas, Mouvement Européen France, Parlement européen, Parti Populaire Européen, Parti Socialiste Européen, Philippe de Villiers, Souverainisme, Sylvie Goulard, Union européenne
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De quoi a-t-on peur ? De la grippe ?

Titem | 2 mai 2009
Crédit photo : ZYG_ZAG [Flickr]

Crédit photo : ZYG_ZAG (Flickr)

Grippe porcine, grippe mexicaine, nouvelle grippe, grippe A, H1N1… On ne peut plus allumer la radio ou la télévision sans entendre parler de cette épidémie. Hier, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, annonçait la découverte des deux premiers cas français avérés, ainsi qu’un “cas très fortement suspect qui risque de se révéler très probablement positif”. C’est ce qui s’appelle avoir le sens de la précision… ou la langue de bois. Cette annonce est presque un soulagement pour notre pays : nous ne sommes pas exclus de la marche du Monde (et de la psychose générale). La grippe ne se sera pas arrêtée à nos frontières comme le nuage de Tchernobyl.

Détail trivial : jeudi soir je me suis rendu au gala de fin d’année de mon école (Sciences Po Rennes), qui avait pour thème “bal masqué”. J’avais parié que certains ne manqueraient pas d’humour et viendraient avec un masque FFP2 – celui dit “en bec de canard”, le seul qui puisse vous protéger contre ce virus de la grippe, soit dit en passant. Je n’ai pas eu tort.

D’ailleurs je pense qu’effectivement il vaut mieux en rire. Certains en sont morts, me direz-vous. C’est exact. Mais combien par rapport au nombre de cas détectés ? Après avoir annoncé des taux de mortalité exorbitants, les autorités scientifiques et médicales ont revu leurs chiffres à la baisse (ici, en anglais). C’est une grippe, c’est une maladie qui épuise, qui peut être mortelle, mais reste bien souvent bénigne.

Mais là, on parle de cette grippe car, fait assez rare, la maladie est une combinaison de plusieurs souches de virus touchant trois espèces : l’homme, l’oiseau et le cochon. Ces souches se sont combinées chez le cochon (duquel nous sommes assez proches génétiquement) en un virus à cause duquel l’homme est susceptible de développer cette nouvelle grippe. Mais il existe des médicaments pour s’en prémunir et dans quelques mois, un vaccin sera mis sur le marché.

Parler de grippe porcine est un abus de langage, puisque c’est d’abord l’homme qui contamine ses semblables, par ses éternuements. D’où la nécessité de se laver les mains fréquemment, d’utiliser des mouchoirs, voire des masques dans les lieux confinés et/ou très fréquentés (avions, musées, écoles…). Cela signifie également que, la maladie se transmettant par voie respiratoire, on peut consommer du porc sans risque.

De quoi a-t-on peur ?

On se souvient de la véritable psychose qui s’était emparée du pays lorsque l’on a parlé de la grippe aviaire : 500.000 morts annonçait-on ! Au final, peut-être 3 malheureux oiseaux furent du nombre des victimes. J’y trouve là quelques similitudes, même si ici, des hommes et des femmes ont été touchées. Et je ne parle pas ici des paranoïaques des ondes qui souffrent d’horribles maux de têtes rien qu’en voyant une éolienne ou une antenne téléphonique.

Les médias ne font pas autant de tapage sur le SIDA qui ravage le continent africain (sauf quand un pape tient des propos mensongers sur l’efficacité du préservatif) ou sur le paludisme, véritable scandale sanitaire : de simples moustiquaires sauveraient des dizaines de milliers de vies chaque année !

J’aurais même tendance à croire que si l’on en parle tellement et si nos gouvernants sont autant sur le qui-vive, c’est pour éviter de parler de la crise, et en particulier de montrer la difficulté qu’ils ont à la maîtriser. Une maladie, ça se circonscrit. Un malade, on peut l’isoler et le soigner. Mais une crise économique et financière, doublée d’un malaise sociale ?

Je reste assez surpris par la peur qui se propage encore plus vite que ce virus, je ne la comprends pas bien, pour toutes les raisons que j’ai invoquées ci-dessus. Je crains bien davantage la situation au Pakistan, et le risque de voir les Talibans s’emparer de ce pays détenteur de l’arme atomique. Je me méfie des gesticulations nucléaires nord-coréennes pour tester Barack Obama. J’ai de l’appréhension pour les élections iraniennes, qui suivront de quelques mois l’élection récente d’un Parlement “faucon” en Israël. Je suis très inquiet quant à l’avenir de notre planète en raison des gaz à effet de serre et du réchauffement climatique ; nous agissons trop peu et trop lentement. Voilà de véritables sujets déterminants qui mériteraient bien davantage que nous nous en préoccupions.

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Grippe, Médias, Mexique, Paludisme, Politique, Relations Internationales, Santé/Médecine, Sciences Po Rennes, SIDA
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