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Notre mode de vie doit-il décider ou non de notre mérite à être soigné ?

Titem | 29 juillet 2009

Gary ReinbachCela se passe au Royaume-Uni : Gary Reinbach n’a que 22 ans et il est mort d’une cirrhose de foie. Les journalistes l’ont photographié sur son lit d’hôpital (sensationnalisme, émotion…), le malade a cette couleur jaune cuivre caractéristique des cirrhotiques, le regard fixe. Il était alors dans l’attente d’une greffe, il est décédé depuis.

La cirrhose est une maladie qui touche le foie, dont les cellules (hépatocytes) sont détruites ; l’alcool est l’une des principales causes de la maladie. Or notre jeune Gary était un des avatars de ce phénomène alcoolique appelé binge-drinking et qui consiste à ingurgiter de l’alcool pour rechercher l’ivresse en très peu de temps. Cela permet d’ouvrir des débats sur la jeunesse désoeuvrée et fait rire les étudiants lors de leurs soirées d’inté, de désinté… Sauf que Gary Reinbach a commencé à boire dès le divorce de ses parents, à 11 ans. Dès l’âge de 13 ans, il se saoulait à la vodka tous les jours.

Lorsqu’il se rend compte de ses erreurs, il est presque déjà trop tard. Il s’inscrit aux alcooliques anonymes, puis doit être hospitalisé. Les médecins diagnostiquent la cirrhose et prévoient qu’une greffe serait bien plus efficace qu’un traitement. Mais cette greffe ne peut être effectuée qu’à une seule condition, compte tenu du manque de dons d’organe, Gary Reinbach doit être sobre depuis six mois et doit s’engager à ne plus sombrer de nouveau dans l’alcoolisme. Ne remplissant pas les conditions, Gary Reinbach meurt faute d’avoir été soigné.

L’article de l’Express (sur lequel je base cette note) détaille les réactions de certains internautes britanniques. Fallait-il lui laisser une seconde chance ou au contraire la donner à d’autres malades plus “méritants” ? Après tout, quelques années plus tôt, le footballer George Best, bien qu’ayant bénéficié d’une greffe du foie, avait continué à boire.

C’est sur ce dernier point que je veux m’arrêter. Je ne prétends pas ici émettre un avis savant, juste faire part de mon interrogation. On sait que les dons d’organes sont rares et que malheureusement, entre deux patients malades, on préférera opérer les cas les plus urgents, ceux qui ont le plus de chances de survie et/ou les plus jeunes. Qu’entre deux patients, l’un qui a usé et abusé de sa santé (un fumeur impénitent) et un malade fumeur passif atteint d’un cancer du poumon, le coeur voire la raison pencherait pour sauver et greffer le fumeur passif qui n’est en rien responsable de sa maladie.

Je trouve néanmoins cette perspective pour le moins hasardeuse, sinon dangereuse. A l’heure où l’on parle de plus en plus de responsabilité individuelle, de dossier médical personnalisé, le traitement dépendra-t-il de notre bon ou mauvais comportement ? Jusqu’à quel point peut-on reprocher à un patient de ne pas prendre suffisamment soin de sa santé ? Petite mise en situation…

- Vous avez des problèmes cardiaques qui risquent d’aboutir rapidement à un arrêt si l’on ne soigne pas cela rapidement. Une greffe pourrait vous sauver la vie malheureusement je vois que vous avez consommé trop de vin et de cacahuètes, aussi vous n’êtes pas prioritaire.

- Oui mais je faisais du sport régulièrement docteur !

- Deux séances hebdomadaires d’une heure de vélo c’est insuffisant monsieur, je regrette. Revenez plus tard.

Dans un contexte de déficit croissant de nos systèmes de sécurité sociale, ne va-t-on soigner que certaines personnes, plus méritantes que d’autres ? Ne pas soigner les cancers de la peau des adeptes des cabines auto-bronzantes ? Pour l’instant, cela se passe au Royaume-Uni, et l’on se gargarise d’avoir un système de protection sociale parmi les plus performants au Monde. Pour combien de temps ?

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Royaume-Uni, Santé, Santé/Médecine, Sécurité Sociale, Société
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Le jugement de Cambyse, tableau de Gérard David

Titem | 24 juillet 2009

Je pense que c’est l’année dernière, suite à une excursion menée à Famagouste, recherchant sur Internet des informations sur le martyre de Marco-Antonio Bragadin, dernier gouverneur vénitien de Chypre que je suis tombé par hasard sur ce tableau. Retranchée dans les murailles de Famagouste, son armée de 6000 hommes résista pendant plus d’un an aux troupes de sultan ottoman composés de 200.000 hommes avant de plier sous les bombardements et le manque de ravitaillement consécutif au blocus exercé par la puissance ottomane. Marco-Antonio Bragadino fut torturé pendant des jours avant d’expirer écorché entre deux colonnes aujourd’hui encore visibles près de la cathédrale de Famagouste, devenue mosquée – comme Sainte-Sophie d’Istanbul, cela semble une habitude ottomane de s’approprier les édifices religieux chrétiens.

Cathédrale Saint-Nicolas - Mosquée Lala Mustafa Pacha de Famagouste

Cathédrale Saint-Nicolas / Mosquée Mustafa Lala Pacha de Famagouste [Flickr: Titem]

La peau de Marco-Antonio Bragadino fut remplie de paille, le sinistre trophée porté en triomphe dans la ville. Elle sera volée en 1580 de l’arsenal de Constantinople par un esclave vénitien, Gerolamo Polidori, et rapportée à Venise où elle est d’abord conservée dans l’église Saint-Grégoire, puis à San Giovanni e Paolo où elle se trouve encore aujourd’hui. Auparavant, la résistance héroïque de Bragadin incita la Sainte-Ligue à s’organiser contre l’Empire ottoman, qu’elle vainquit lors de la bataille navale de Lepante, en 1571.

J’en reviens à ce tableau… L’historien grec Hérodote rapporte qu’au VIe siècle avant J-C, le roi perse Cambyse II, qui fut également Pharaon d’Egypte, souverain particulièrement cruel et assez imaginatif en matière de supplice, condamna le juge Sisamnès à être écorché vif pour prévarication – à savoir qu’il avait accepté une somme d’argent pour rendre une sentence inique. Après quoi, le roi fit découper des lambeaux de la peau du supplicié qui servirent à recouvrir le siège sur lequel devrait s’installer le nouveau juge, Otanès, le propre fils de Sisamnès, lui rappelant ainsi sur quoi il était assis lorsqu’il devrait rendre justice.

Le jugement de Cambyse

Le peintre flamand Gérard David peint à la toute fin du XVe siècle un diptyque illustrant cette histoire, commandé pour être suspendu dans la salle des échevins de l’hôtel de ville de Bruges, comme pour rappeler aux magistrats la probité avec laquelle ils doivent accomplir leur tâche. Le volet droit, la scène de l’écorchement du juge Sisamnès, est particulièrement réaliste et terrible, elle serait insoutenable autrement que sur la toile. Le tableau est pour autant sobre, qu’il s’agisse du filet de sang qui s’échappe des plaies ouvertes, du visage des passants qui observent la scène d’un air curieux comme le feraient les disciples de La leçon d’anatomie du Docteur Tulp peinte par Rembrandt, ou celui crispé mais digne du condamné. Jean-Claude Bourdais, sur son site, décrit assez bien le tableau et les impressions qu’il a ressenti en le contemplant de ses propres yeux.

Aussi belles soient les merveilles de l’homme, je serai toujours prodigieusement effrayé par l’imagination et la propension qu’il a à faire (le) mal.

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Antiquité, Art, Chypre, Culture, Culture et Histoire, Eglise, Empire Ottoman, Empire perse, Famagouste, Peinture, Peinture flamande, Renaissance, Violence
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Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, de David Yates (2009)

Titem | 21 juillet 2009

Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, de David Yates (2009)L’étau démoniaque de Voldemort se resserre sur l’univers des Moldus et le monde de la sorcellerie. Poudlard a cessé d’être un havre de paix, le danger rode au cœur du château… Mais Dumbledore est plus décidé que jamais à préparer Harry à son combat final, désormais imminent. Ensemble, le vieux maître et le jeune sorcier vont tenter de percer à jour les défenses de Voldemort. Pour les aider dans cette délicate entreprise, Dumbledore va relancer et manipuler son ancien collègue, le Professeur Horace Slughorn, qu’il croit en possession d’informations vitales sur le jeune Voldemort. Mais un autre “mal” hante cette année les étudiants : le démon de l’adolescence ! Harry est de plus en plus attiré par Ginny, qui ne laisse pas indifférent son rival, Dean Thomas ; Lavande Brown a jeté son dévolu sur Ron, mais oublié le pouvoir “magique” des chocolats de Romilda Vane ; Hermione, rongée par la jalousie, a décidé de cacher ses sentiments, vaille que vaille. L’amour est dans tous les cœurs – sauf un. Car un étudiant reste étrangement sourd à son appel. Dans l’ombre, il poursuit avec acharnement un but aussi mystérieux qu’inquiétant… jusqu’à l’inévitable tragédie qui bouleversera à jamais Poudlard…

Harry Potter and the Half-Blood Prince
2009, États-Unis/Royaume-Uni, 2h32
Film fantastique de David Yates

Avec Daniel Radcliffe (Harry Potter), Rupert Grint (Ronald Weasley), Emma Watson (Hermione Granger), Michael Gambon (Albus Dumbledore), Tom Felton (Drago Malfoy), Jim Broadbent (Horace Slughorn), Dame Maggie Smith (Minerva McGonagall), Alan Rickman (Severus Rogue), Helena Bonham Carter (Bellatrix Lestrange)…

D’après la série littéraire de J.K. Rowling

Épisode de transition entre la “drôle de guerre” où le monde des sorciers refusait de croire au retour évident de Voldemort et le combat final entre le jeune sorcier et le maître de la Magie Noire, Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé est un des tomes préférés des lecteurs, parce qu’il est riche en émotions et en détails qui nous aident à mieux comprendre les personnages de cette riche histoire. Même le Vatican considère que ce film est le meilleur de la série, alors même que Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI, avait considéré en 2003 que ces aventures risquaient de “corrompre l’âme des jeunes chrétiens”. L’église catholique, toujours en avance, semble découvrir que le film traite du combat du bien contre le mal ! Ses éminents représentants ont sans doute été touchés par l’Esprit Saint… Passons.

Le réalisateur David Yates était une nouvelle fois aux commandes pour adapter un des volumes de Harry Potter. Quand je repense au résultat du précédent opus, qui m’avait déçu, cela ne pouvait que m’inquiéter. Les bandes-annonces semblaient annoncer un film jouant sur la dichotomie entre une atmosphère de plus en plus sombre et un autre combat, plus personnel, que livrent nos jeunes héros : celui des sentiments. Après coup, je rejoins l’analyse de Sonia Sarfati sur CyberPresse, il ne s’agit pas de la simple illustration du livre de J.K. Rowling, mais bien d’une interprétation, ce qui rend le film d’autant plus original, et même plaisant, où l’on rit franchement.

Saluons la direction de la photographie de Bruno Delbonnel : la qualité de cet opus est sans doute aussi grande que celle du Prisonnier d’Azkaban d’Alfonso Cuaron (de loin mon préféré actuellement). Rien à redire sur les effets spéciaux et les acteurs : les adultes comme les jeunes semblent prendre beaucoup de plaisir à camper leurs personnages, Alan Rickman et Michael Gambon en tête. Le personnage de Drago Malfoy prend une véritable dimension tragique. La scène la plus importante (que je ne vais pas spoiler mais tous ceux qui auront lu le livre savent à quoi je fais référence) est très forte émotionnellement.

Mais une nouvelle fois, on reste sur notre faim. Bien sûr, on pourra toujours dire que s’il avait fallu adapter de façon parfaitement fidèle, le film aurait duré des heures et coûté beaucoup plus cher. Mais parce que le film manque de rythme et d’intensité, réaliser un film de 2h30 n’excuse rien. Des souvenirs de Voldemort à peine développés (ou c’est reporté pour le tome 7 ?), une bataille finale encore une fois oubliée… Il n’y a plus qu’à espérer que les deux prochains films, tirés du dernier tome, seront à la hauteur de l’émotion et du suspens des romans !

Image de prévisualisation YouTube

A voir également : la Minute d’Allocine spéciale Harry Potter.

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2009, Alan Rickman, Bien/Mal, Catholicisme, Dame Maggie Smith, Daniel Radcliffe, David Yates, Emma Watson, Film américain, Film britannique, Film fantastique, Harry Potter, Helena Bonham Carter, Histoire d'amour, Humour, Jim Broadbent, Magie, Michael Gambon, Rupert Grint, Tom Felton, Vatican
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Qui a eu la meilleure moyenne au bac 2009 ?

Titem | 7 juillet 2009

La période estivale est propice aux marronniers : les bouchons sur les autoroutes, le Tour de France… Mais également les résultats du bac ! Et chaque année, les journaux télévisés nous présentent des candidats exceptionnels parmi les quelques 622.322 candidats.

Diplome BacFrance 2 avait suivi Denis Chardenas, de Saint-Victor-la-Coste dans le Gard, le candidat le plus âgé, pendant sa préparation et à la sortie de l’épreuve de philosophie. Aujourd’hui, nous retrouvions cette homme de 79 ans, pour qui l’obtention du précieux diplôme était d’abord un défi. Malheureusement pour lui, il ne pourra même pas passer les rattrapages : il a raté son baccalauréat ES avec une moyenne de 6,5. Le plus jeune candidat, Edwin Hamel de le Court, âgé de 13 ans, a obtenu son bac S avec une moyenne de 13,88. Un résultat qui ne semble pas le satisfaire puisque ses parents déclaraient déjà qu’ils réclameraient ses copies de sciences de la vie et de la terre et de sciences physiques, épreuves pour lesquelles il a respectivement obtenu 7 et 11.

Et qui a obtenu la meilleure moyenne cette année ? Je n’ai pas vu de reportages à ce sujet cette année à la TV, trop occupée qu’ils étaient de commenter la cérémonie d’hommages à Michael Jackson – aussi chiant qu’un pot de départ, dixit Vincentglad sur Twitter. Je me souviens avec humour de cette année où j’ai moi-même obtenu le précieux sésame (2004, autant dire une éternité) où chaque média avait son propre “champion”, à croire qu’on avait cherché à parler du fils du collègue plutôt que de se renseigner effectivement. Pourtant cette année, il semble que la palme revient sans contestation possible à Benjamine Sénéchal, une Nimoîse de 18 ans, avec 20,3/20 !

EDIT (08/07/09) : La Voix du Nord relevait également la brillante réussite au Lycée Jean-Bart de Dunkerque de Céline Théry, 17 ans, qui a obtenu une mention Très Bien à son bac S, option classe européenne avec 20,29 de moyenne. Mais avec 20,92 de moyenne (!!!), je pense que l’on a trouvé le lauréat 2009 en la personne de Julien Cravero, élève du lycée Louis Payen de Saint-Paul de La Réunion, âgé de 17 ans !

Félicitations à elle eux, à Louis (qui se reconnaîtra peut-être) et à tous les autres ! Et n’oubliez pas que si le bac seul ne sert à rien, il est indispensable pour la suite des études – d’ailleurs, les inscriptions en études supérieures se décident souvent bien avant l’annonce des résultats !

A lire aussi : les impressions d’un président de jury de bac en première session et en deuxième session.

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