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Invité du Mag Info le 27 novembre à 19h sur Radio Campus Rennes

Titem | 27 novembre 2009

Radio Campus RennesJe suis intervenu hier au nom des Jeunes Européens Rennes, association dont je suis devenu mercredi le nouveau Président, succédant ainsi à Marie-Pierre Vedrenne (j’aurais l’occasion de revenir sur ce point prochainement).  L’émission “Mag Info” sera diffusée aujourd’hui à 19h, sur Radio Campus Rennes, 88.4 FM. Cette émission a été animée par Jérôme le Boursicot et Donatien Huet. Au programme de cette émission d’une heure : le Traité de Lisbonne et ses avancées, la nomination de Herman Van Rompuy et Catherine Ahston aux postes de l’Union européenne et l’action de l’Union européenne en Ille-et-Vilaine.

Ce fut un plaisir de retrouver les studios de Radio Campus Rennes, sur laquelle j’ai officié il y a deux ans maintenant, même si je fus un peu frustré de ne pas avoir eu l’opportunité de dire tout ce que j’aurais eu envie. L’émission durait pourtant une heure !

Vous pouvez écouter cette émission en direct ou en podcast (demain) sur le site de la radio en cliquant ici.

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Les chefs d’Etats de l’Union Europénne proposent une Europe sans ambition

Titem | 20 novembre 2009

Herman Van Rompuy et Catherine AshtonJe n’ai pas encore eu l’occasion de m’exprimer ici sur l’élection par les citoyens européens la nomination par les chefs d’États de l’Union européenne des personnes aux hauts postes de l’Union européenne. Tout comme le Mouvement européen, association dont je suis membre, j’avais souhaitée “une désignation transparente et motivée”. Peine perdue. Le pire dans cette histoire, c’est qu’une fois encore, l’Europe est la victime bien malgré elle d’une farce dont elle reste l’impuissante spectatrice. Victime des négociations téléphoniques ou autour de la machine à café, dans la plus complète obscurité et au mépris des citoyens. Mais après tout, ces derniers, de même que les médias, se sont peu mobilisés lors des élections européennes, alors à quoi bon demander leur avis ?

Dès le départ, je me surprenais que le nombre de billets consacrés à ce sujet dans l’euroblogosphère soit inversement proportionnel au silence des médias et au désintérêt des citoyens. La nomination de Herman Von Rompuy à la tête du Conseil de l’Union européenne et de Catherine Ashton comme Ministre des Affaires Étrangères de l’UE s’est faite dans l’indifférence quasi-générale, hormis pour les personnes intéressées par la chose européenne et qui dénoncent unanimement le manque d’ambition de l’Union européenne.

Qui peut en effet se réjouir d’un tel résultat ? Ceux qui appelaient à laisser davantage de place aux femmes dans les instances européennes ? C’est réussi : une femme sera à la tête de la diplomatie européenne. Mais elle n’a aucune expérience en ce domaine et pire, elle est britannique alors même que le Royaume-Uni qui ne veut pas d’une politique étrangère commune et n’a pas ménagé ses efforts pour limiter le plus possible les compétences du Haut-Représentant aux Affaires Etrangères de l’UE Ministre des Affaires Étrangères de l’Union européenne.

Il n’y a guère que les nonistes, les eurosceptiques et les nationalistes qui peuvent se réjouir d’un tel résultat. Ils veulent l’Europe des nations, une Europe qui respectent la souveraineté des États-membres ? Mais c’est l’Europe actuelle ! L’Europe intergouvernementale et diplocratique ! Monstrueuse Bruxelles ? Absurde ! Comme le dit Bernard Guetta dans sa chronique matinale Géopolitique sur France Inter :

Comme prévu, les dirigeants des pays membres n’ont pas voulu d’hommes ou de femmes qui auraient eu suffisamment de poids pour affirmer l’Union contre les États qui la composent. Comme toujours, ils ont voulu garder la main, freiner toute dynamique fédérale, empêcher que l’ensemble ne prenne le pas sur ses parties car leur hantise à tous, de gauche ou de droite, du nord, de l’est ou du sud, est que leurs États finissent par moins compter que l’Union et que des dirigeants européens échappent à leur contrôle et relativisent leur pouvoir.

Les chefs d’États de l’Union européenne ne cessent d’en appeler à un monde multipolaire, de saluer l’émergence de nouvelles puissances comme la Chine, l’Inde, le Brésil, ces derniers font tout pour empêcher l’Europe de tenir le rang qui doit être le sien dans un monde de plus en plus interdépendant. Ils sont les responsables de cette Europe petits bras, de cette Europe weak power, des compromis limités au plus petit dénominateur commun. Et bien sûr ils ne manqueront pas une nouvelle fois de faire incomber leurs échecs sur l’Union européenne et de lui extorquer ses futures réussites. Même si l’on ne peut préjuger de la façon dont ils exécuteront leur mandat, je ne me fais guère d’illusion, comme le fait par ailleurs malicieusement remarquer Martin Vidberg.

President de l'Europe - Actu en Patates

President de l'Europe - Actu en Patates

Rompuy, Ashton, Barroso… Voilà la sexy troïka censée nous représenter dans le Monde. Seule satisfaction : ces nominations, compte tenu du caractère effacé des personnages, ne risquent pas de remettre en cause le fragile équilibre institutionnel, face à un José-Manuel Barroso sans charisme. Dommage, car on aurait pu au contraire rêver d’avoir 3 personnes brillantes à la tête des principaux postes de l’Union européenne, des personnes charismatiques et porteuses de réelles ambitions pour l’Union européenne.

Ailleurs sur la toile :

La revue n°11  “Europe in blogs” à propos de ces nominations sur le blog de l’eurobloggueur Julien Frisch

Herman Van Rompuy nommé président du Conseil européen… pourquoi ?, article de Fabien Cazenave dans le Taurillon.

L’interview de Thierry Chopin, directeur des études de la Fondation Robert Schuman sur le site Euractiv.eu

Habemus Presidentem, sur le blog d’Olivier de Montréal

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Interdire la fessée aux enfants, c’est aussi pour leur bien

Titem | 20 novembre 2009

La députée UMP de Paris, Edwige Antier (interviewée ici dans Elle), par ailleurs pédiatre, a l’intention de déposer une loi interdisant la fessée. Faut-il y voir un lien avec le 20e anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (lire ici le texte intégral) ? Peut-être…

A entendre les réactions de certains internautes ou responsables politiques, une telle proposition de loi serait symptomatique d’une dérive législative et intrusive. Restons raisonnables, il n’est pas question de mettre des caméras dans les maisons pour vérifier que les parents ne lèvent pas la main sur leur enfant. Edwige Antier fait des propositions concrètes et applicables :

Je propose que l’abolition des châtiments corporels soit inscrite dans le code civil, l’article serait lu aux parents lors du mariage : on ne va pas traîner les parents au pénal ! Mais si des parents sont repérés dans leur entourage ou par l’école donnant une fessée, on leur rappellera le code civil et s’ils recommencent, ils devront faire un stage de parentalité, comme en Allemagne.

Une telle proposition a d’ores et déjà été adoptée dans 18 pays européens. Le Conseil de l’Europe (qui n’est pas une institution communautaire, c’est-à-dire relevant de l’Union européenne !) a lancé l’année dernière une campagne de sensibilisation incitant les parents à « lever la main sur la fessée ».

J’ai toujours été choqué par ceux qui défendent les châtiments corporels, fessée comprise. Et pour une raison simple : Frapper un homme, c’est un délit. Frapper un animal, c’est cruel. Aussi je ne vois pas au nom de quoi l’on saurait prétendre que frapper un enfant, “c’est pour son bien” ou « ça ne peut pas faire de mal », comme le dit l’ancienne Première Dame de France, Bernadette Chirac. Je rejette intrinsèquement l’acte de frapper un enfant aussi bien que sa justification fallacieuse. Frapper (gifler, fesser) est un acte violent, dégradant. Au nom de quel “bien” ferait-on exception pour les enfants et se permettrait-on de les frapper, sinon pour rassurer son sentiment d’autorité sur une personne plus fragile, en construction ? Qu’est-ce que la violence éducative ordinaire peut apporter à la construction d’un enfant, dont on atteint l’intégrité physique lorsqu’on lui apprend à ne pas frapper ses camarades, qu’on lui tire l’oreille lorsqu’on lui dit de ne pas tirer sur les couettes des filles, dont on apprend à se qu’il défende son intimité et que l’on déculotte devant tout le monde ?

De tels gestes n’apportent strictement rien à l’éducation de l’enfant. Il peut soulager sur le moment le parent désarmé, mais qu’est-ce que l’enfant en retire ? Un souvenir traumatisant et un fort sentiment d’injustice, non pas qu’il ne l’aurait pas « méritée », mais bien parce qu’il ne comprend pas en quoi il a mal agi, puisqu’on n’a pas pris le temps de lui expliquer. Je ne peux m’empêcher de penser, toutes proportions gardées, au dernier film de Michael Haneke, Le ruban blanc, qui traite de façon suggestive de la manière dont les enfants intègrent le comportement et les valeurs de leurs parents. Interdire la fessée, c’est aussi poser les bases d’une famille, donc d’une société pacifiée, basée sur la communication et le respect.

Lire aussi :

Une loi anti-fessée ? Une parole à tenir, sur le blog de Jean-Pierre Rosenczveig

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Bernadette Chirac, Bien/Mal, Conseil de l'Europe, Education, Edwige Antier, Europe, Justice, Loi, Parents/Enfants, Valeurs, Violence
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Les Novembre du XXe siècle ; mémoires distinctes et partagées ; responsabilités communes. Conférence d’Ingo Kolboom [Archive]

Titem | 13 novembre 2009

La lecture de cet article de CaféBabel, “9/11, Le jour où l’Allemagne croise son destin“, m’a rappelé à mon bon souvenir l’une des conférences les plus intéressantes à laquelle j’ai pu assister. C’était en novembre 2006, j’étais alors étudiant en 2e année à Sciences Po Rennes. Je poste ici le compte-rendu de la conférence que j’avais publié sur mon ancien blog, et dont les analyses me semblent toujours pertinentes et intéressantes, à l’heure où nous célébrons le 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin.

Professeur spécialisé dans les questions de relations franco-germaniques et germano-québecquoises, Ingo Kolboom nous a offert une conférence de très haute qualité intellectuelle, l’humour et le goût de la langue française en plus. Accompagnant des élèves de l’université de Dresde, où il enseigne, il a confié son plaisir de venir tenir cette conférence devant des jeunes, qui représentent l’avenir. Les jeunes et l’avenir, qui innerveront toujours ses propos sur le sujet dont je vous livre un compte-rendu :

“Les Novembre du XXe siècle : mémoires distinctes et partagées ; responsabilités communes.

Hasard du calendrier, son séjour en Bretagne, jumelée avec la Saxe, concorde avec deux dates très spécifiques, considérées comme des “lieux de mémoire” selon l’expression de Pierre Nora : les 9 et 11 novembre. Novembre : le “miz du” des bretons.

Le 9 Novembre est souvent perçu comme une date allemande : celle du chute du Mur. Mais le 9 Novembre 1989 représente plus encore : la chute d’un régime ouvrant la voie à l’unité allemande. Un jour de fête, et de retrouvailles démocratiques pour un peuple entier, divisé en deux États. Mais l’euphorie est de courte durée. Les déçus de la réunification font entendre leurs voix (n)/ostalgiques. Les chansons laissent place à des “balbutiements de miséricorde” : la peur d’une Allemagne trop grande, trop efficace, s’efface au profit d’une vision de l’Allemagne malade.

Les lendemains déchantent : ce 9 novembre qui aurait dû devenir une fête nationale ne l’est pas devenu. Car d’autres soirs de novembre ont jeté de longues ombres sur les retrouvailles de 1989…

Le 9 novembre 1938, à l’appel de Joseph Goebbels, les Nazis mettent le feu à 2700 synagogues, tuent 400 Juifs allemands et en déportent 30.000 autres. C’est la Nuit de Cristal, signe avant-coureur de ce qui sera l’Holocauste. Ingo Kolboom se perçoit, comme d’autres de sa génération, comme un enfant de Goethe et d’Auschwitz.

Le 9 novembre 1918, le Kaiser Wilhelm II abdique. Scheiderer proclame la 1ère République sur le balcon du Reichstag, alors que le pays est en pleine débâcle politique et militaire.

5 années plus tard, les militants du NSDAP veulent venger l’affront de la République de Weimar. Avec une bande armée, Hitler tente le “putsch de la brasserie” à Munich. Un événement sanglant, célébré en grandes pompes et sur un culte de la mort dès 1933. Hitler attribuera la plus haute distinction aux “héros” du 9 novembre 1923 : l’ordre du sang.

Mais en 1989, le mois noir a acquis une autre lueur, par la chute d’une Bastille qui encadrait un Etat, au cours d’une révolution pacifique, sans guillotine. Ces 9 novembre ne sont-ils que “un jour de destin allemand” ?

La réponse est clairement négative : ces événements ont un dimension européenne, dont la France fait partie intégrante. Car la jeune République de Weimar fut “un malheureux enfant bâtard d’un malheureux traité inspiré par la revanche”, revanche forte dans les esprits de la France du Tigre Clemenceau, et qui porta les germes qui inspirèrent plus tard la révolte allemande. Les Nazis ne cessèrent pas d’accuser la République de Weimar d’être coupable de haute trahison aux yeux du peuple allemand.

Voilà pourquoi le 9 novembre ne fut pas une entière fête de retrouvailles. Elle marque néanmoins le retour, selon l’expression de l’écrivain français d’origine tchèque Milan Kundera le retour de “l’Europe kidnappée”. Car la RDA ne faisait pas que revenir à l’Allemagne et à la démocratie, mais également à l’Europe, et aux régions, par la création de nouveaux Länder.

Il existe d’autres 9 novembre, connus en France, et que les Allemands n’ont aucune raison de ne pas connaître. Le 9 novembre 1970 marque en effet la mort de Charles de Gaulle dans sa maison de la Boisserie à Colombey-les-deux-églises ; son lieu de retraite, où seul le chancelier Konrad Adenauer y fut reçu en entretien privé, et y coucha, en septembre 1958.

Charles de Gaulle a œuvré pour la réconciliation franco-allemande, ce que témoigne notamment la signature du traité de l’Élysée en janvier 1963. Adenauer. De Gaulle. Deux caractères opposés qui s’engagent pour une politique commune, raisonnable, dans l’idée de Paul Valéry : “Les bonnes arrières-pensées font les bons traités”. L’amitié sans gesticulations émouvantes des deux hommes posait les jalons des couples franco-allemands.

Anecdote moins connue : Konrad Adenauer fut élu membre associé étranger de l’Académie des Sciences Politiques et Morales de l’Institut de France. Il siéga au fauteuil n°12, futur siège de Leopold Sendar Senghor, à partir… du 9 novembre 1964 !

Le 11 novembre, alors que les fous du Rhin donneront le coup d’envoi du carnaval en Allemagne, les Français se recueilleront sur les tombes de leur 1,3 millions de soldats “morts pour la France” (“D’Hor Bugale Maro Evit Ar Bro“) : la Saxe et la Bretagne ont également ceci en commun, qu’ils ont payé un tribut plus lourd que les autres. Le 11 novembre représente pour la France sinistrée une date de commémoration.

Là encore, cette histoire ne concerne pas uniquement la France, mais aussi l’Allemagne, et plus largement l’Europe. Le 11 novembre 1914, suite au miracle de la Marne et l’échec du plan Schlieffen, la Première Guerre Mondiale s’enfonce dans la guerre de tranchées. On transforme la France en gigantesque champ de batailles, de boue, d’obus et de sang.

Le 11 novembre 1942, la Wehrmacht occupe la zone libre de la France. La France, hantée par le STO et le souvenir de Vichy, se ressaisit dans le consensus national porté par De Gaulle : la France libre et résistante. Mais la France a fini par se pencher, de manière plus objective mais pas moins douloureuse sur son passé.

Les 11 novembre sont donc apparemment un jour de destin français. Les vestiges de novembre ont façonné nos mémoires, respectives et distinctes, mais inséparablement liés dans un même destin. Il fallut beaucoup de temps à la France et à l’Allemagne pour se réconcilier. Ceci fut néanmoins réalisé grâce à la sagesse politique, et le sens des responsabilités.

Aujourd’hui les jeunes sont libérés de ce passé. Il fallut 50 ans pour produire un manuel d’histoire franco-allemand, une banalité intelligente. Car la réconciliation ne prit pas 50 ans : mais bien un siècle, la fin d’un siècle abhorré dont la chute du mur de Berlin a porté l’estocade aux incertitudes allemandes, et porté le retour de l’Europe kidnappée.

Europe brisée, Europe martyrisée… Europe libérée. Il s’agit maintenant de partager nos mémoires, souffrantes et joyeuses, afin de pouvoir façonner nos responsabilités communes. A nous d’arroser cette fleur de la réconciliation née de la souffrance : tel est le message des novembre du XXe siècle.

La boucle est bouclée : le poids de la mémoire débute par l’euphorie belliqueuse d’un bel été de 1914, et s’achève par l’euphorie d’un printemps des peuples en novembre, ce mois noir. Mais l’euphorie est fortement tempérée. Pour autant, il n’est pas permis de nous enfermer dans un pessimisme de circonstances : le 9 novembre 2006 est inaugurée la nouvelle synagogue de Munich.

Nos efforts distincts autant que communs pour les retrouvailles franco-allemandes sont utiles. Mais l’oeuvre n’est pas achevée. Rien n’est jamais acquis, mais il ne faut pas abandonner l’ouvrage commun : il faut imaginer Sisyphe heureux.

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Rennes et les Jeunes Européens célèbrent les 20 ans de la chute du Mur de Berlin

Titem | 10 novembre 2009

Cet article a également été publié dans le Taurillon, le webmagazine eurocitoyen.

19h : dans toute l’Europe, les Jeunes Européens Fédéralistes détruisent le mur qu’ils ont construit dans l’après-midi pour célébrer les 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin. A Rennes, cette manifestation a rassemblé plus d’une soixantaine de personnes pour cette manifestation.

20e anniversaire chute du mur de Berlin - Place de la Mairie à Rennes9 novembre 1989 – 9 novembre 2009 : cela fait maintenant 20 ans que le Mur de Berlin s’est effondré. Pour célébrer cet événement historique dans l’histoire de l’Allemagne et de l’Europe, les Jeunes Européens Rennes ont répondu à l’appel des Jeunes Européens Fédéralistes. Un mur de carton a été érigé place de la Mairie. Les personnes présentes ont été invitées à taguer des slogans sur les cartons, tandis que les journalistes locaux de Ouest-France, RCF Alpha ou le Mensuel de Rennes venaient couvrir le rassemblement festif.

Le mot « liberté » est celui qui, en français ou en allemand, revient le plus souvent sur le mur symbolique. Liberté, c’est aussi ce qui retiennent Rutger et Viky, deux étudiants néerlandais nés en 1989, venus étudier en France. « Cela devait vraiment faire bizarre » réagit cette dernière, « c’est comme si l’on était enfermé dans une pièce, sans savoir ce qu’il y a derrière la porte ! ». Tim, étudiant allemand, était trop jeune pour se souvenir de ce jour-là. C’est avec étonnement que plus jeune, son père lui montra lors de vacances l’ancienne frontière entre la RFA et la RDA, confie-t-il. « Ce que j’en retiens aujourd’hui, c’est que cela a permis la réunification de l’Allemagne, de même que le renforcement de l’identité allemande en un ensemble ».

C’est dans la liesse populaire que le mur de Berlin était ouvert il y a 20 ans. C’est au son des tambours d’un groupe de jeunes que le mur de carton de Rennes est mis à terre, à 19h, en présence de Roselyne Le François, ancienne député européenne, Clotilde Tascon-Mennetrier, conseillère générale d’Ille-et-Vilaine et Micaël Fischer, conseiller municipal à la ville de Rennes. « J’ai fait de nombreux voyages à Berlin. Ce jour-là, j’étais à Rennes, j’ai vécu fortement cet événement», raconte Clotilde Tascon-Mennetrier. « Je suis même allée chercher un morceau du mur lorsque je suis retournée en Allemagne ! Cet événement fut pour moi un pas vers la liberté des peuples mais également l’installation de la paix ».

Pour Roselyne le François, c’est aussi la liberté retrouvée de familles trop longtemps séparées qui l’a le plus marqué. « C’est l’occasion de s’interroger sur le sens du Monde dans lequel on vit aujourd’hui. Mon père, revenu d’Allemagne après la guerre où il avait été prisonnier, m’a toujours encouragé à agir dans le sens de la réconciliation entre la France et l’Allemagne. Mais il existe encore de nombreux murs dans le Monde », poursuit-elle. « A Nicosie dans l’île de Chypre, en République Tchèque où des murs sont bâtis pour refouler les Roms ; les hommes devraient construire des ponts plutôt que des murs ».

Cette action paneuropéenne a permis de rappeler l’espoir de paix, de démocratie et de prospérité que suscita l’ouverture du Rideau de Fer et témoigner de l’importance de la construction européenne à cet effet : ce n’est pas seulement l’Allemagne qui est réunifiée aujourd’hui, c’est également l’Europe, suite aux élargissements de l’Union européenne en 2004 et 2007. Le 11 novembre, ce sera au tour de l’armistice du 11 novembre d’être célébré des deux côtés du Rhin. Un autre événement, tragique, de notre histoire commune. Y aurait-il de quoi faire de ces quelques jours une grande fête de l’Europe ?

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Ce que la commémoration des 20 ans de la chute du Mur de Berlin nous enseigne

Titem | 9 novembre 2009

Chute du mur de Berlin wiki Lear 21Témoignages, reportages et documentaires, films : les médias se mobilisent largement à l’occasion des 20 ans de la chute du Mur de Berlin. Et contrairement à certains (sur Twitter ou Authueil sur son blog, par exemple), je m’en réjouis. Trop jeune, je n’ai aucun souvenir de cet événement. Militant européen, je souhaitais vivement qu’on le célèbre. Radio France devient aujourd’hui Radio France Berlin et consacre l’ensemble de ces programmes à l’Allemagne, Berlin, la RDA, le mur. A Rennes comme dans d’autres villes, un mur symbolique sera construit sur la Place de la Mairie et sera détruit à 19h (voir aussi ce rassemblement annoncé sur Facebook). La chute du Mur de Berlin a suscité dans toute l’Europe centrale et orientale un espoir de paix, de démocratie, et de prospérité.

C’est une formule un peu usée maintenant, mais force est de constater que “le mur est toujours dans les têtes”. Lorsque j’interviens dans les collèges et lycées pour parler de la construction européenne, il se trouve toujours un élève pour poser des questions sur la RDA ou le Rideau de fer. Et eux n’ont pas connu cette époque.

Ce retour médiatique sur la chute du Mur de Berlin a eu cela de bénéfique qu’il a pu revenir sur certaines idées reçues, des deux côtés du Mur. Personnellement, j’ai appris beaucoup de choses. Le Mur de Berlin ne fut qu’une étape, pas même le commencement ni encore la fin du communisme. Il y eut l’ouverture des frontières en Hongrie, le pique-nique de Sopron pendant lequel des centaines d’allemands de l’est traversèrent la frontière pour passer à l’ouest par l’Autriche, les manifestations de Leipzig un mois avant la chute du Mur. Et puis il fallut encore attendre 2 ans pour que s’effondre enfin l’URSS, libérant ainsi les anciennes Républiques Socialistes Soviétiques.

Les langues se délient. Alors que la réunification n’a pas permis de soulever des débats sur l’histoire de la RDA et la mémoire de ses habitants (lire à ce sujet l’article de Thomas Brussig du magazine Cicéro sur Presseurop), ces derniers parlent de leur ressenti, leur vécu, 20 ans après. L’ostalgie va plus loin que le retour des produits et symboles de la RDA, le souvenir d’une époque où l’éducation, la santé et la culture étaient gratuites. Il ne s’agit pas non plus de nier la réalité de cette société marquée par la censure de la presse, la délation et le contrôle social exercé par la Stasi, dont j’ai visité les prisons à Bautzen, en Saxe. Il faut aussi se rappeler, sans juger autrui, ce que cet événement a signifié pour des millions de gens :  depuis leur enfance, ils baignaient dans un idéal (certes communiste) de solidarité. Un idéal qui s’effondre brusquement. Se réveiller le lendemain avec le sentiment de perdre tous ses repères un par un, y compris les choses les plus anodines. Imaginons nous réveiller dans une société où les marques disparaissent du jour au lendemain ! Être né dans un pays qui n’existe plus.

La réunification de l’Allemagne, de même que la chute de l’URSS a eu pour conséquence la libéralisation de l’économie, la privatisation des entreprises autrefois chapeautées par l’État. Des centaines de milliers de personnes ont perdu leur emploi, du jour au lendemain.  Ces entreprises, associations, agences, recevaient autrefois leurs ordres de l’État, donc du parti unique. Lorsque celui-ci tombe en décrépitude, c’est tout le mécanisme de décision qui s’enraye. Les personnes les plus dotées en ressources personnelles et/ou financières, proches du pouvoir ancien, ont pu profiter de cette situation de chaos pour faire des affaires, d’où les inégalités. Inversement, la classe populaire et ouvrière a difficilement éprouvé la réunification. Ils sont la génération sacrifiée. Le chômage est aujourd’hui encore endémique dans certaines régions d’Europe et d’Allemagne.

Mais malgré tout, il serait abusif de ne pas reconnaître toutes les avancées de ces 20 dernières années. Je trouve cela même comique d’accuser le libéralisme d’être à la base des maux de l’Europe de l’est depuis 1989, comme le fait le journaliste de L’Humanité Claude Cabanne. Il y avait les étals vides, les Trabants qu’il fallait commander 12 ans avant de pouvoir espérer la conduire, les routes défoncées, les façades décrépites, les industries polluantes et peu rentables. Et qui peut prétendre que la situation n’aurait pas été pire en RDA, si celle-ci avait sombré en même temps que l’URSS ? L’économie de marché a remplacé l’économie dirigée, c’est le meilleur système économique à l’exception de tous les autres, pour pasticher Churchill.

Il faudra certainement encore une génération pour combler les derniers fossés dans les cœurs et les paysages. Mais les reliques de l’Europe nationaliste, revancharde et belliqueuse, sont maintenant enterrées. La page de la Guerre Froide est tournée. Aujourd’hui, l’Europe est réunifiée, nous pouvons nous y déplacer librement, l’Europe de l’est rattrape progressivement les autres pays de l’Union à laquelle ils appartiennent depuis 2004 ou 2007. Et c’est cela le principal enseignement de la chute du Mur de Berlin. Je peux comprendre que certains trouvent que l’on en fasse trop : il est vrai que les médias nous ont assez peu habitués à parler autant d’Europe. Pourtant j’ose espérer que l’occasion se représente encore, car ce ne sont pas les sujets intéressants pour notre avenir commun qui manquent.

Ailleurs sur la toile :
- Les souvenirs d’Olivier de Montréal, parti en RDA et en Pologne en 1985.
- Personne n’a rien compris à la chute du Mur, par Gilbert Casasus sur Marianne 2.
- Géopolitique des murs : entre illusions et impuissance, par MoqueurPoli sur Perspectives Géopolitiques.
- Dossier spécial du site d’information Toute l’Europe sur les 20 ans de la chute du Mur de Berlin.
- Le site de la Commission européenne consacré aux 20 ans de la chute du Rideau de fer.

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Rennes – Commémoration du 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin

Titem | 5 novembre 2009

Affiche 20 ans de la Chute du mur de Berlin RennesLes Jeunes-Européens Fédéralistes lancent le 9 novembre 2009 à 19h dans toute l’Europe une manifestation pour célébrer les 20 ans de la chute du mur de Berlin. Cette campagne est reprise en France par les différents groupes des Jeunes-Européens France, parmi lesquels les Jeunes-Européens Rennes, qui au même moment, détruiront un mur symbolique. A Rennes, cette manifestation aura lieu Place de la Mairie.

La chute du mur de Berlin dans la liesse populaire a ouvert une brèche dans le Rideau de fer qui coupait l’Europe en deux. Cette action paneuropéenne veut rappeler l’espoir de paix, de démocratie et de prospérité que suscita cet événement historique et témoigner de l’importance de la construction européenne à cet effet : ce n’est pas seulement l’Allemagne qui est réunifiée aujourd’hui, c’est également l’Europe, suite aux élargissements de l’Union européenne en 2004 et 2007.

Notre association souhaite sensibiliser la population à cet évènement et rassembler les citoyens européens autour d’un évènement festif, dans un esprit de fraternité et de partage. Le slogan de cette manifestation, « Ich bin in Europäer », est un écho au célèbre « Ich bin ein Berliner » prononcé par le Président américain John Fitzgerald Kennedy peu après la construction du mur de Berlin, rappelant ainsi notre appartenance à un même ensemble, de Porto au Portugal à Tallinn en Estonie, de Dublin en Irlande à Nicosie à Chypre. L’ensemble des personnes présentes seront invitées à détruire un mur symbolique. Les élus de la ville de Rennes, du Conseil Général et Régional ont été invités à prononcer un discours à destination des citoyens sur ce que symbolise aujourd’hui la chute du mur de Berlin.

Cette action, menée en partenariat avec les Jeunes Européens Fédéralistes et France, le Mouvement Européen France et Ille-et-Vilaine, ainsi que le lycée Emile Littré d’Avranches, a reçu le label « 1989 – 2009 L’Europe, libre et unie » de la Représentation Permanente de la Commission européenne en France.

N’hésitez pas à venir participer à ce rassemblement festif avec vos amis ou en famille et à transmettre l’information à vos proches ! Vous pouvez consulter le site Internet des Jeunes-Européens Rennes ainsi que vous rendre sur la page Facebook consacrée à cet événement.

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Le ruban blanc, de Michael Haneke (2009)

Titem | 1 novembre 2009

Le ruban blanc, de Michael Haneke (2009)Un village protestant de l’Allemagne du Nord à la veille de la Première Guerre mondiale (1913/1914). L’histoire d’enfants et d’adolescents d’une chorale dirigée par l’instituteur du village et celle de leurs familles : le baron, le régisseur du domaine, le pasteur, le médecin, la sage-femme, les paysans… D’étranges accidents surviennent et prennent peu à peu le caractère d’un rituel punitif. Qui se cache derrière tout cela ?

Das Weisse Band - Eine deutsche Kindergeschichte
2009 / Coproduction française, italienne, autrichienne, allemande / 2h24
Drame de Michael Haneke

Avec Christian Friedel (l’instituteur), Burghart Klaussner (le pasteur), Ulrich Tukur (le baron), Susanne Lothar (la sage-femme), Rainer Bock (le médecin)…

Palme d’or du Festival de Cannes 2009.

Les mauvaises langues ont pu affirmer que Michael Haneke avait soufflé la palme d’or à Michel Audiard parce qu’il avait permis à la Présidente du jury, Isabelle Huppert, d’obtenir un prix d’interprétation lors d’un précédent festival de Cannes. Or Michael Haneke est un habitué du palmarès cannois ; avec ce Ruban blanc, il reçoit la première des récompenses et il ne l’a pas volé. Comme Un prophète, c’est un film fort, pendant lequel on ne s’ennuie par ailleurs pas. Mais à la force brute des images, la violence de l’univers carcéral, Michael Haneke propose une toute autre forme de violence, plus insidieuse : la manière dont les enfants subissent des valeurs “absolues”, la façon qu’ils ont de les interpréter.

L’histoire se passe dans un village où l’autorité rigoriste protestante est la seule valeur. On est guidé par la voix d’un protagoniste, l’instituteur, qui prévient dès le début qu’il ne fut qu’un témoin d’événements étrangères qui intervinrent à la veille de la Grande Guerre, et qu’il ne détient pas toutes les clefs de la solution. Il ne faut pas perdre de vue ce fil qui nous est proposé. L’histoire démarre ainsi comme un thriller : qui a bien pu s’en prendre au médecin du village ?

Mais la véritable violence, comme souvent chez Haneke, se situe hors-champ ; ici, à l’intérieur des foyers. Il faut ici saluer, si l’on en croit son interview sur France Inter le 21 octobre, jour de la sortie du film, le travail de Jean-Claude Carrière, qui a insisté pour filmer la violence de manière voilée. Il sublime ainsi la caméra noir et blanc de Michael Haneke qui met ici encore en lumière la difficulté de communiquer, l’empreinte des valeurs des classes moyennes et supérieures, la violence quotidienne et banale du Monde.

Les enfants, auxquels on attache un ruban blanc pour signifier leur innocence, leur pureté, ne sont-ils donc que les victimes dans cette histoire ? Ce film n’est pas seulement l’histoire du passage du ruban blanc au brassard noir, c’est également un film suggestif sur la tyrannie de valeurs et la manière dont elles sont intégrées par les acteurs. Une forme d’absolutisme moral qui faillit inciter le réalisateur à nommer son film “La main droite de Dieu”, avec laquelle agissent les acteurs.

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2009, Autorité, Burghart Klaussner, Christian Friedel, Enfance, Film récompensé, Jean-Claude Carrière, Michael Haneke, Palme d'or, Rainer Bock, Récompense, Religion, Susanne Lothar, Ulrich Tukur, Valeurs, Violence
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