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Manque de charisme et d’ambition pour les grandes nominations européennes de 2009

Titem | 30 décembre 2009

Cet article a également été publié dans Le Taurillon, webzine citoyen des Jeunes Européens.

llustration : Herman Von Rompuy et Catherine Ashton

Source : www.flickr.com © InterMèdia GdC

S’il fallait rendre une appréciation sur les nominations aux hauts postes de l’Union européenne de cette année 2009, ce serait sûrement : “doit faire ses preuves”. Faible association des citoyens au processus de nomination, manque de publicité des débats – ou plutôt des tractations étatiques – l’Europe ne semble pas avoir encore trouvé son nouveau Jean Monnet.

La blogosphère europhile, Le Taurillon compris, a suivi avec autant d’enthousiasme et d’espoir ces nominations que les médias plus traditionnels ont brillé par leur manque d’investissement pour en expliquer les enjeux sous-jacents, qui ne se limitaient pas à une querelle de personnes. Les citoyens européens tenaient là une occasion majeure de pouvoir débattre de l’avenir de l’Union européenne, de son ambition et son caractère intergouvernemental ou plus fédéral. La forte abstention aux élections européennes n’a guère permis de faire profiter la seconde option, assurément plus démocratique.

Jerzy Buzek : une première personnalité issue de l’Europe de l’Est au Parlement européen

C’est sans surprise que le 14 juillet, l’ancien Premier Ministre conservateur polonais Jerzy Buzek est élu président du Parlement européen par 555 voix sur les 644 exprimées (et 713 présents sur 736). Sans surprise, car les trois plus importants groupes politiques du Parlement européen (PPE, S&D et ADLE, soit un potentiel de 449 voix) s’étaient accordés sur son nom. Cet accord technique, permettant à ceux qui le concluent, de garantir la présidence à tour de rôle du Parlement européen, peut susciter la méfiance auprès des citoyens européens, peu habitués à cette culture du consensus. A condition que ce consensus, comme dans le cas de la Présidence de la Commission européenne sur lequel nous reviendrons, ne se fasse pas au détriment du débat politique.

C’est la première fois qu’un ressortissant des anciennes démocraties populaires, cinq ans après leur adhésion à l’Union européenne, préside une institution communautaire, qui plus est l’unique assemblée démocratique multinationale législative au monde. Un signe encourageant montrant que l’Europe n’est pas que le club des pays d’Europe de l’Ouest.

Présents le jour de l’investiture, les Jeunes Européens-Fédéralistes (JEF) ont mené une action afin d’attirer l’attention de députés nouvellement élus sur la nécessité d’une Europe plus forte. Le rôle que devra assumer Jerzy Buzek et son successeur pour cette septième mandature 2009-2014 sera non seulement de présider et porter la parole de son assemblée devant les autres institutions mais également de faciliter les accords en son sein. Sa mission : rendre le Parlement plus attrayant.

José-Manuel Barroso, la confirmation du “Caméléon” à la Présidence de la Commission européenne.

Parce que la droite européenne était arrivée largement en tête des élections européennes du 4 au 7 juin 2009, tout portait à croire que la réélection de José-Manuel Barroso se ferait sans difficulté. C’était sans compter, tout du moins au départ, du manque de soutien franc des États membres, mais également de la mise en demeure des députés socialistes, libéraux et écologistes, de présenter un programme clair. Un exercice de pure forme pour l’ancien maoïste, dont le surnom, le Caméléon témoigne de sa capacité à se confondre avec les idées et programmes de ses interlocuteurs.

Le résultat est celui d’un immense gâchis. Au-delà de la personnalité peu enthousiasmante de l’ancien Premier Ministre portugais, dont le bilan politique fut médiocre, la nomination du Président de la Commission européenne aurait dû être l’occasion d’un grand débat démocratique, partisan et transnational, puisque celui-ci serait issu du parti majoritaire aux élections européennes.

Peine perdue. Les socialistes, en particulier, ne parvenant pas à s’accorder sur un candidat digne de ce nom à ce poste, en dépit des appels des Jeunes Européens les enjoignant vivement à rendre public leur candidat à ce poste communautaire majeur. Pire, l’Espagne, le Portugal et le Royaume-Uni soutenaient José-Manuel Barroso, pourtant du parti opposé !

Cela a pu se mesurer au moment du vote, le 16 septembre, où Barroso était réélu par 382 voix pour et 219 voix contre et 117 abstentions. Ce nombre élevé d’abstentions s’expliquait par la posture étrange de Martin Schulz, chef de file des socialistes et démocrates au Parlement européen, qui a demandé aux membres de son groupe parlementaire de s’abstenir de voter contre la candidature de José-Manuel, afin de présenter bonne figure et s’assurer de la place de prochain Président du Parlement européen.

Ce choix par défaut est d’autant plus inquiétant que l’Europe vit un moment décisif : l’Union est confrontée à la crise économique et financière, bientôt sociale, ainsi qu’à des défis tout aussi cruciaux en termes de changement climatique, de sécurité énergétique et de relations internationales. Mais la personnalité de Barroso séduit néanmoins les gouvernements européens, car celui-ci ne leur fait pas d’ombre.

Herman Van Rompuy, le premier président du Conseil européen n’a rien d’un George Washington.

[Lire aussi à ce sujet mon précédent article]

Le nom de Tony Blair, personnalité charismatique, a rapidement circulé. Puis ce fut au tour de Jean-Claude Juncker, le Premier Ministre luxembourgeois, d’annoncer sa candidature – chose étonnante dans ce milieu où officiellement, personne n’est candidat à un poste. Sitôt José-Manuel Barroso élu, les tractations parmi les chefs d’États européens ont débuté pour s’accorder sur les noms du président du Conseil européen ainsi que de la ministre des Affaires Étrangères de l’Union. Très vite, les associations militant en faveur de la construction d’une Europe démocratique se sont inquiétées du processus opaque de désignation : presque aucune personne citée ne s’exprimait en effet sur sa vision de l’Europe.

C’est finalement à l’issue d’une réunion du Conseil que le nom d’Herman Van Rompuy, Premier Ministre belge, était annoncé. Beaucoup de choses ont été dites sur ce personnage : sa grande capacité de négociation – il est parvenu à apaiser temporairement les tensions entre les communautés linguistiques de son pays – contrebalançant son manque de charisme. Mais d’aucuns connaissant un tant soit peu les institutions européennes savent que ce ne sont pas les plus silencieux qui sont les moins actifs ou efficaces, bien au contraire. Et si Herman Van Rompuy parvenait à faire parler le Conseil européen d’une seule voix, celui-ci pourrait bien supplanter une Commission européenne déjà au service de ce Conseil. Si tel n’était pas le cas, il pourrait bien alors s’allier avec le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, pour faire avancer l’Union européenne.

Seul l’avenir nous dira quel rôle tiendra Herman Van Rompuy. Une chose est certaine ; sa discrétion n’améliorera pas la visibilité de l’Union européenne dans les médias notamment – ce que l’on pouvait attendre d’une telle nomination – et n’augure rien de bon pour les prochaines échéances électorales.

Lady Catherine Ashton, une baronne à la tête de la diplomatie européenne

Annoncée en même temps que Herman Van Rompuy, voilà une nomination qui ne manque guère de piquant : le poste très convoité de ministre des Affaires Étrangères de l’Union européenne (car tel n’est pas l’intitulé du poste mais qu’il faut bien en faire usage puisqu’il en a les compétences) échoit à Catherine Ashton, ancienne commissaire au commerce, britannique, alors que son pays n’est traditionnellement guère favorable à ce que l’Union européenne soit dotée d’un service diplomatique ! Ajoutons à cela le manque d’expérience de la dame, le fait qu’elle n’est jamais été élue… Et vous obtenez une forte suspicion à son égard. D’autant que compte tenu des réticences des États membres à accorder à l’Union la compétence diplomatique, Lady Ashton devra sans doute faire preuve de beaucoup d’habileté pour parvenir à ce que l’Europe parle d’une seule voix. Néanmoins, l’échec cuisant de Copenhague nous démontre une fois encore que seule la voie communautaire, supranationale, et non intergouvernementale, reste l’unique moyen efficace pour l’Union d’avancer véritablement.

Et demain, des citoyens européens sensibilisés et responsables ?

A court terme, la prochaine échéance sera l’audition des futurs commissaires par les parlementaires européens, qui procéderont ensuite à un vote approuvant la composition de cette Commission européenne. Cette séance de rattrapage du Parlement européen, afin qu’il nous démontre sa capacité à montrer ses pouvoirs renforcés par le traité de Lisbonne, est prévue en janvier 2010. En effet comme il s’était opposé à la candidature de Rocco Buttiglione comme commissaire à la justice, liberté et sécurité en 2004, le Parlement pourrait cette fois faire entendre ses positions sur Lady Ashton, ce qui serait un véritable coup de semonce pour les États membres (on peut toujours rêver), ou bien encore Connie Hedegaard, proposée à la Commission en charge du climat, qui pourrait se voir rappeler l’échec du sommet climatique de Copenhague, qu’elle présidait.

4 ans : c’est le temps que nous avons devant nous pour sensibiliser les citoyens – et les médias – à s’intéresser à cette Europe qui agit pour eux au quotidien, afin qu’ils expriment leur soutien comme leur opposition, qu’ils participent pleinement au processus démocratique, et que la forte participation démontre leur volonté d’être entendus. Vaste défi, mais… Cap ou pas cap ?

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Taxe carbone : le Conseil Constitutionnel censure et dévoile l’illusion écologique de Nicolas Sarkozy

Titem | 30 décembre 2009

[Crédit Photo : L'actu en Patates de Martin Vidberg] 21h30 environ, la nouvelle commence à tomber. Formidable, Jubilatoire. Pensez donc : le Conseil Constitutionnel censure l’ensemble du régime relatif à la contribution carbone, plus connue sous le nom de “taxe carbone”. Pourtant, qu’est-ce qu’on a pu nous en parler, de cette taxe carbone ! Souvenez-vous… On nous annonçait déjà son caractère révolutionnaire, que la France serait en pointe dans la lutte contre le réchauffement climatique… tout en oubliant bien sûr de préciser qu’en Suède, une telle taxe est déjà en vigueur depuis plus de 15 ans (écouter à ce sujet le podcast Accents d’Europe de RFI, sur Euranet, ou lire cet article sur Presseurop), et fixée à des taux autrement plus ambitieux que les 17 € la tonne de CO2 proposée par le gouvernement Nicolas Sarkozy.

C’était l’époque où Jean-Louis Borloo nous priait d’être “lucide, juste et courageux” tandis que face aux critiques, Xavier Bertrand accusait les socialistes de préférer “la démagogie à l’écologie”. On a vu de quel côté était la démagogie, et cela n’a pas échappé au Conseil Constitutionnel.

Les travaux parlementaires soulignaient que l’objectif de cette mesure est de ” mettre en place des instruments permettant de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre ” afin de lutter contre le réchauffement de la planète. Pour atteindre cet objectif, il a été retenu l’option ” d’instituer une taxe additionnelle sur la consommation des énergies fossiles ” afin que les entreprises, les ménages et les administrations soient incités à réduire leurs émissions.

En fait de courage, on a surtout assisté à de longues tractations sur d’une part le montant de cette taxe carbone, et d’autre part la destination des fonds ainsi récoltés. Le gouvernement a cherché à ménager la chèvre, le chou et le loup. Pour ne pas trop taxer les contribuables, la taxe ne sera que de 17 € la tonne de CO2 et surtout, ils recevront des chèques en compensation. C’est une manifestation patente de l’”écololusionnisme” de Nicolas Sarkozy – l’expression est de Marc Vasseur. Voyez le tour de prestidigitation : je fais apparaître d’une main ce que je fais disparaître de l’autre. Aucune redistribution équitable et surtout, adieu projets ambitieux de parcs à énergie renouvelables ou d’amélioration des infrastructures de transport en commun, par exemple pour le transport des marchandises par ferroutage. Et surtout, pour ne pas froisser nos amis industriels, on multiplie les exonérations afin que ceux-ci ne s’acquittent pas de la dite taxe, tandis que l’expérience suédoise a montré qu’au final, cette taxe carbone n’avait pas pénalisé les entreprises.

Toutefois, les articles 7 et 10 de la loi instituaient des exonérations, réductions, remboursements partiels et taux spécifiques. [...] Ces exemptions auraient conduit à ce que 93 % des émissions d’origine industrielle, hors carburant, soient exonérées de contribution carbone. Moins de la moitié des émissions de gaz à effet de serre aurait été soumise à la contribution carbone. Celle-ci aurait donc porté essentiellement sur les carburants et les produits de chauffage qui ne sont que l’une des sources d’émission de dioxyde de carbone. Pour les activités industrielles, ces exemptions n’étaient pas justifiées par le régime des quotas d’émission de gaz à effet de serre dans l’Union européenne, ces quotas étant attribués à titre gratuit jusqu’en 2013.

Les débats nous promettaient une révolution, la montagne a accouché d’une souris. Remarquez, ce n’est pas la première que l’on nous annonce monts et merveilles, que les Français s’ajoutent pour ou contre une proposition qui, au final, n’aboutit à rien ou presque. Prenez le travail dominical ou le service minimum, qui n’a de minimum que le nom, (il n’y a qu’à observer les grèves de ces dernières semaines). Sauf que cette fois, le Conseil Constitutionnel, en sanctionnant les dispositions de la loi de finances 2010 relative à la contribution carbone, nous met en évidence cette façon de nous gouverner, où la polémique remplace l’action. A force d’exceptions, on a vidé la loi de son sens, l’objectif ne signifiait plus rien.

les régimes d’exemption institués par la loi déférée étaient contraires à l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique et créaient une rupture caractérisée de l’égalité devant les charges publiques. Il a, par voie de conséquence, censuré l’ensemble du régime relatif à la contribution carbone (articles 7, 9 et 10 de la loi de finances).

Le Conseil Constitutionnel demande donc au gouvernement de revoir sa copie. Déjà, François Fillon a annoncé qu’il présenterait un nouveau dispositif au Conseil des Ministres le 20 janvier. Et si, dans sa hôte, le Père Noël avait amené à l’Elysée et Matignon un peu de courage politique ? Ou peut-être que parmi les bonnes résolutions du gouvernement, on comptera celle de ne plus lancer de vaines polémiques cache-misère de la vacuité de leurs propositions ? Ce serait un bon moyen pour rebondir après l’échec des négociations à Copenhague, non ?

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Jouets de filles ou garçons : le sexisme sous le sapin de Noël

Titem | 23 décembre 2009

Une vidéo parodique d’une célèbre console de jeux vidéos. J’ai pensé un moment publier cette vidéo sur mon Tumblr, mais je souhaitais ne pas en rester là et nourrir une réflexion susceptible d’être partagée et discutée.

Image de prévisualisation YouTube

Cela peut faire rire, mais ouvrez donc un catalogue de jouets, et vous verrez exactement la même chose (bon, hormis la dernière scène bien entendu).

Ah… Noël et ses cadeaux apportés aux enfants sages. C’est le moment d’apporter des poupées “Barbie fait le larbin à la maison” et un déguisement d’infirmière pour Léa*, un ballon de foot (qui peut aussi faire office de ballon de hand-ball) et des camions de pompiers et circuits de Formule 1 pour Théo*. [Oui, de nos jours, toutes les filles s'appellent Léa et les garçons Théo).

Et pourquoi pas l'inverse ? Mais parce que les filles en rose doivent comprendre quelle est leur place dans la société/le ménage, et vice-versa pour les garçons en bleu pardi ! L'Express effectuait la même observation au début du mois et les commentaires des internautes ne sont guère étonnants.

Dès leur plus jeune âge, les enfants sont confrontés à la réalité de leur future condition sociale : les métiers du care pour les filles, et pour les hommes les emplois intellectuels, les métiers à risque, le travail ouvrier ou artisan, conducteurs de camions, trains ou avions... Il est nécessaire que les enfants apprennent à reproduire le schéma de la division sexuelle imposé par la société. Et ne pas s'étonner que selon cette étude de l'INED, ce sont les femmes qui contribuent le plus aux tâches domestiques. Comme le remarque Agnès Giard sur son blog :

Cette éducation conformiste qui pousse les garçons à devenir machos et les filles des potiches programme [...] nos enfants à adopter le sexisme comme norme sociale.

Citons encore Sandrine Vincent dans son livre Le jouet et ses usages sociaux :

Garçons et filles reçoivent ainsi une image miniaturisée de leurs futurs possibles rôles professionnels (aussi bien manuels qu’intellectuels) et de leur future probable position dans les rapports domestiques [...] les messages publicitaires reproduisent et amplifient les stéréotypes de sexes, comme si les jouets “programmaient” garçons et filles à d’évidentes fonctions sociales sexuellement différenciées. Rien d’étonnant dans ces conditions à ce que filles et garçons demandent et reçoivent les jouets qui leur ont été symboliquement suggérés.

Elle est pas belle la vie en bicolore ? Joyeux Noël à tous quand même !

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Huit heures de sursis, de Carol Reed (1947)

Titem | 9 décembre 2009

Huit heures de sursis, de Carol Reed (1947)En Irlande, au début du 20e siècle. Johnny McQueen est l’un des militants les plus importants du Sinn Fein, qui combat pour l’indépendance de l’Irlande. Afin de se procurer des fonds, il attaque une banque avec deux complices. Mais affaibli par un long emprisonnement, et blessé lors du hold-up, il tue son agresseur. Recherché par la police, il erre seul, la nuit, dans le port de Belfast…

Odd man out
1947 / Royaume-Uni / 1h51
Drame de Carol Reed

BAFTA du meilleur film en 1948

Avec James Mason (Johnny McQueen), Robert Newton (Lukey, le peintre), Cyril Cusack (Pat), Kathleen Ryan (Kathleen Sullivan)…

Pour l’acteur principal autour duquel évolue la caméra presque tout le long du film, ce fut sa plus grande performance à l’écran. Et lorsque l’on s’appelle James Mason, que l’on a tourné dans plus d’une centaine de films, avec les plus grands noms du cinéma, cela signifie quelque chose. Même si dans sa carrière, on n’a reçu qu’une récompense majeure, un Golden Globe en 1954 pour “A star is born” de George Cukor. ” Demandez à MoqueurPoli, il ne dira pas autre chose.

Le film ne traite pas directement de  la question de l’indépendance de l’Irlande dans les années 1920. Ce qu’il perd en intérêt didactique, Huit heures de sursis le gagne en généralité : le cadre spatio-temporel est parfaitement transposable à d’autres époques et lieux, comme le rappelle d’ailleurs le tout début du film.

This story is told against a background of political unrest in a city of Northern Ireland. It is not concerned with the struggle between the law and an illegal organisation, but only with the conflict in the hearts of the people when they become unexpectedly involved.

Il ne s’agit donc pas seulement de l’histoire d’une lutte politique, mais également de la solitude d’un homme à l’article de la mort confronté à l’absurdité de son acte et la réaction de ceux qui se retrouvent malgré eux acteurs de ce drame, dans une mise en scène qui laisse la place à l’esthétisme, aux jeux d’ombre et de lumière. La performance – est le substantif n’est pas volé – des acteurs, et en premier lieu de James Mason, apporte à ce film noir une profondeur et une intensité dramatique qui donnent un sens au mot “interprétation”.

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Les faux-semblants d’un député eurosceptique britannique, Nigel Farage

Titem | 7 décembre 2009

Cette vidéo a été diffusée sur le site Internet de Marianne sous le titre “Ca se passe comme ça à Strasbourg !“. Car – eh oui ! – pour ceux qui ne le sauraient pas, tous les courants sont représentés au sein du Parlement européen, des partis marxistes aux partis xénophobes ; même les europhobes peuvent s’exprimer au Parlement européen, bien que leurs interventions soient peu nombreuses et peu productives, comme m’en ont fait part des personnes qui ont eu l’occasion de travailler au sein de la seule assemblée transnationale élue au suffrage universel direct !


Farrage réprimandé pour ses critiques au Parlement européen
envoyé par x-denki. – Regardez les dernières vidéos d’actu.

Voici donc Nigel Farage, député UKIP britannique, qui siège au sein du groupe ELD (Europe Libertés  Démocratie, auquel appartient Philippe de Villiers, qui a déjà la palme du député le moins actif au sein du Parlement européen). Suite à l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, il fustige les nominations de Herman Von Rompuy et Catherine Ashton, tourne en ridicule leur manque total de charisme. C’est curieusement envers sa consœur qu’il est le plus critique, dénonçant en particulier son manque d’expérience, son opportunisme en politique (il l’accuse d’avoir fait un bon mariage) mais plus encore d’avoir été trésorière d’une association contre le nucléaire, financée par le parti communiste soviétique.

Comment ne pas être d’accord avec lui lorsqu’il dit que les leaders ont souffert d’un manque de courage collectif en nommant des « pygmées politiques » ? Mais venant de cet homme qui milite pour que son pays se retire de l’Union européenne afin que les sujets de sa gracieuse Majesté retrouvent leur pleine souveraineté, cette remarque ne manque pas de piquant ! Cela n’a pourtant pas frappé les internautes de Marianne qui, ces derniers temps, laisse la part belle aux eurosceptiques.

Mettez-vous à la place d’un eurosceptique britannique. Que souhaitez-vous ? Que l’Europe soit dirigée par un homme compétent, plein de charisme, susceptible de relancer l’intégration européenne ? Qu’un diplomate habile et expérimenté, soit en mesure de représenter l’Union européenne sur la scène internationale et de la faire parler d’une seule voix sur les sujets les plus brûlants (nucléaire iranien, conflit israélo-palestinien…) et ainsi d’aligner les diplomaties nationales européennes ? Que les députés du Parlement européen, élus sur des listes transnationales, avec à leur tête le candidat au poste de Président de la Commission européenne, investissent cette dernière et décide, par exemple, de mener une politique sociale, de réguler les marchés financiers, donc la City ? Bien sûr que non !

Le Royaume-Uni a insisté lors de la négociation du Traité de Lisbonne pour réduire les attributions du Ministre des Affaires Etrangères de l’Union, jusqu’à en changer le nom pour le rendre moins clair. Et le pays obtient le poste, occasion supplémentaire de neutraliser ce poste très important pour la légitimité et le renforcement de la visibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Le Royaume-Uni agit comme les autres Etats-membres afin que le pouvoir, en Europe, demeure dans leurs mains, au sein du Conseil européen (l’Europe diplocratique), et non dans les mains du citoyen européen (l’Europe démocratique).

Alors de quoi se plaint-il ? En fait, c’est déjà trop pour Nigel Farage. Il sait sans doute que le Traité de Lisbonne s’appliquera progressivement, lui qui jette les jalons d’une Europe démocratique qu’il refuse en réalité au fond de lui-même. Que la France et les citoyens d’Europe de l’est nous imposent des directives européennes, jamais ! Qu’un pays puisse, de son seul chef, bloquer toute avancée souhaitée par l’ensemble des autres Etats-membres, ne le choquerait que si ce pays était le Royaume-Uni. Ce n’est pas de la démocratie, c’est de la diplocratie ! Alors, est-il prêt à aller jusqu’au bout de son opinion et demander un référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ? Et qu’en penseront les Ecossais, bénéficiaires de la PAC et du Fonds européen pour la Pêche ?

Ailleurs sur la toile :

M. les Anglais, tirez-vous les premiers, sur le blog de Fabien Cazenave.

Why it’s hard to take eurosceptics seriously ? sur Nosemonkey’s EUtopia

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