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Le blog de Titem… à Paris : Europe, Environnement, Société, Culture et Voyages
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Les Novembre du XXe siècle ; mémoires distinctes et partagées ; responsabilités communes. Conférence d’Ingo Kolboom [Archive]

Titem | 13 novembre 2009

La lecture de cet article de CaféBabel, “9/11, Le jour où l’Allemagne croise son destin“, m’a rappelé à mon bon souvenir l’une des conférences les plus intéressantes à laquelle j’ai pu assister. C’était en novembre 2006, j’étais alors étudiant en 2e année à Sciences Po Rennes. Je poste ici le compte-rendu de la conférence que j’avais publié sur mon ancien blog, et dont les analyses me semblent toujours pertinentes et intéressantes, à l’heure où nous célébrons le 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin.

Professeur spécialisé dans les questions de relations franco-germaniques et germano-québecquoises, Ingo Kolboom nous a offert une conférence de très haute qualité intellectuelle, l’humour et le goût de la langue française en plus. Accompagnant des élèves de l’université de Dresde, où il enseigne, il a confié son plaisir de venir tenir cette conférence devant des jeunes, qui représentent l’avenir. Les jeunes et l’avenir, qui innerveront toujours ses propos sur le sujet dont je vous livre un compte-rendu :

“Les Novembre du XXe siècle : mémoires distinctes et partagées ; responsabilités communes.

Hasard du calendrier, son séjour en Bretagne, jumelée avec la Saxe, concorde avec deux dates très spécifiques, considérées comme des “lieux de mémoire” selon l’expression de Pierre Nora : les 9 et 11 novembre. Novembre : le “miz du” des bretons.

Le 9 Novembre est souvent perçu comme une date allemande : celle du chute du Mur. Mais le 9 Novembre 1989 représente plus encore : la chute d’un régime ouvrant la voie à l’unité allemande. Un jour de fête, et de retrouvailles démocratiques pour un peuple entier, divisé en deux États. Mais l’euphorie est de courte durée. Les déçus de la réunification font entendre leurs voix (n)/ostalgiques. Les chansons laissent place à des “balbutiements de miséricorde” : la peur d’une Allemagne trop grande, trop efficace, s’efface au profit d’une vision de l’Allemagne malade.

Les lendemains déchantent : ce 9 novembre qui aurait dû devenir une fête nationale ne l’est pas devenu. Car d’autres soirs de novembre ont jeté de longues ombres sur les retrouvailles de 1989…

Le 9 novembre 1938, à l’appel de Joseph Goebbels, les Nazis mettent le feu à 2700 synagogues, tuent 400 Juifs allemands et en déportent 30.000 autres. C’est la Nuit de Cristal, signe avant-coureur de ce qui sera l’Holocauste. Ingo Kolboom se perçoit, comme d’autres de sa génération, comme un enfant de Goethe et d’Auschwitz.

Le 9 novembre 1918, le Kaiser Wilhelm II abdique. Scheiderer proclame la 1ère République sur le balcon du Reichstag, alors que le pays est en pleine débâcle politique et militaire.

5 années plus tard, les militants du NSDAP veulent venger l’affront de la République de Weimar. Avec une bande armée, Hitler tente le “putsch de la brasserie” à Munich. Un événement sanglant, célébré en grandes pompes et sur un culte de la mort dès 1933. Hitler attribuera la plus haute distinction aux “héros” du 9 novembre 1923 : l’ordre du sang.

Mais en 1989, le mois noir a acquis une autre lueur, par la chute d’une Bastille qui encadrait un Etat, au cours d’une révolution pacifique, sans guillotine. Ces 9 novembre ne sont-ils que “un jour de destin allemand” ?

La réponse est clairement négative : ces événements ont un dimension européenne, dont la France fait partie intégrante. Car la jeune République de Weimar fut “un malheureux enfant bâtard d’un malheureux traité inspiré par la revanche”, revanche forte dans les esprits de la France du Tigre Clemenceau, et qui porta les germes qui inspirèrent plus tard la révolte allemande. Les Nazis ne cessèrent pas d’accuser la République de Weimar d’être coupable de haute trahison aux yeux du peuple allemand.

Voilà pourquoi le 9 novembre ne fut pas une entière fête de retrouvailles. Elle marque néanmoins le retour, selon l’expression de l’écrivain français d’origine tchèque Milan Kundera le retour de “l’Europe kidnappée”. Car la RDA ne faisait pas que revenir à l’Allemagne et à la démocratie, mais également à l’Europe, et aux régions, par la création de nouveaux Länder.

Il existe d’autres 9 novembre, connus en France, et que les Allemands n’ont aucune raison de ne pas connaître. Le 9 novembre 1970 marque en effet la mort de Charles de Gaulle dans sa maison de la Boisserie à Colombey-les-deux-églises ; son lieu de retraite, où seul le chancelier Konrad Adenauer y fut reçu en entretien privé, et y coucha, en septembre 1958.

Charles de Gaulle a œuvré pour la réconciliation franco-allemande, ce que témoigne notamment la signature du traité de l’Élysée en janvier 1963. Adenauer. De Gaulle. Deux caractères opposés qui s’engagent pour une politique commune, raisonnable, dans l’idée de Paul Valéry : “Les bonnes arrières-pensées font les bons traités”. L’amitié sans gesticulations émouvantes des deux hommes posait les jalons des couples franco-allemands.

Anecdote moins connue : Konrad Adenauer fut élu membre associé étranger de l’Académie des Sciences Politiques et Morales de l’Institut de France. Il siéga au fauteuil n°12, futur siège de Leopold Sendar Senghor, à partir… du 9 novembre 1964 !

Le 11 novembre, alors que les fous du Rhin donneront le coup d’envoi du carnaval en Allemagne, les Français se recueilleront sur les tombes de leur 1,3 millions de soldats “morts pour la France” (“D’Hor Bugale Maro Evit Ar Bro“) : la Saxe et la Bretagne ont également ceci en commun, qu’ils ont payé un tribut plus lourd que les autres. Le 11 novembre représente pour la France sinistrée une date de commémoration.

Là encore, cette histoire ne concerne pas uniquement la France, mais aussi l’Allemagne, et plus largement l’Europe. Le 11 novembre 1914, suite au miracle de la Marne et l’échec du plan Schlieffen, la Première Guerre Mondiale s’enfonce dans la guerre de tranchées. On transforme la France en gigantesque champ de batailles, de boue, d’obus et de sang.

Le 11 novembre 1942, la Wehrmacht occupe la zone libre de la France. La France, hantée par le STO et le souvenir de Vichy, se ressaisit dans le consensus national porté par De Gaulle : la France libre et résistante. Mais la France a fini par se pencher, de manière plus objective mais pas moins douloureuse sur son passé.

Les 11 novembre sont donc apparemment un jour de destin français. Les vestiges de novembre ont façonné nos mémoires, respectives et distinctes, mais inséparablement liés dans un même destin. Il fallut beaucoup de temps à la France et à l’Allemagne pour se réconcilier. Ceci fut néanmoins réalisé grâce à la sagesse politique, et le sens des responsabilités.

Aujourd’hui les jeunes sont libérés de ce passé. Il fallut 50 ans pour produire un manuel d’histoire franco-allemand, une banalité intelligente. Car la réconciliation ne prit pas 50 ans : mais bien un siècle, la fin d’un siècle abhorré dont la chute du mur de Berlin a porté l’estocade aux incertitudes allemandes, et porté le retour de l’Europe kidnappée.

Europe brisée, Europe martyrisée… Europe libérée. Il s’agit maintenant de partager nos mémoires, souffrantes et joyeuses, afin de pouvoir façonner nos responsabilités communes. A nous d’arroser cette fleur de la réconciliation née de la souffrance : tel est le message des novembre du XXe siècle.

La boucle est bouclée : le poids de la mémoire débute par l’euphorie belliqueuse d’un bel été de 1914, et s’achève par l’euphorie d’un printemps des peuples en novembre, ce mois noir. Mais l’euphorie est fortement tempérée. Pour autant, il n’est pas permis de nous enfermer dans un pessimisme de circonstances : le 9 novembre 2006 est inaugurée la nouvelle synagogue de Munich.

Nos efforts distincts autant que communs pour les retrouvailles franco-allemandes sont utiles. Mais l’oeuvre n’est pas achevée. Rien n’est jamais acquis, mais il ne faut pas abandonner l’ouvrage commun : il faut imaginer Sisyphe heureux.

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Ce que la commémoration des 20 ans de la chute du Mur de Berlin nous enseigne

Titem | 9 novembre 2009

Chute du mur de Berlin wiki Lear 21Témoignages, reportages et documentaires, films : les médias se mobilisent largement à l’occasion des 20 ans de la chute du Mur de Berlin. Et contrairement à certains (sur Twitter ou Authueil sur son blog, par exemple), je m’en réjouis. Trop jeune, je n’ai aucun souvenir de cet événement. Militant européen, je souhaitais vivement qu’on le célèbre. Radio France devient aujourd’hui Radio France Berlin et consacre l’ensemble de ces programmes à l’Allemagne, Berlin, la RDA, le mur. A Rennes comme dans d’autres villes, un mur symbolique sera construit sur la Place de la Mairie et sera détruit à 19h (voir aussi ce rassemblement annoncé sur Facebook). La chute du Mur de Berlin a suscité dans toute l’Europe centrale et orientale un espoir de paix, de démocratie, et de prospérité.

C’est une formule un peu usée maintenant, mais force est de constater que “le mur est toujours dans les têtes”. Lorsque j’interviens dans les collèges et lycées pour parler de la construction européenne, il se trouve toujours un élève pour poser des questions sur la RDA ou le Rideau de fer. Et eux n’ont pas connu cette époque.

Ce retour médiatique sur la chute du Mur de Berlin a eu cela de bénéfique qu’il a pu revenir sur certaines idées reçues, des deux côtés du Mur. Personnellement, j’ai appris beaucoup de choses. Le Mur de Berlin ne fut qu’une étape, pas même le commencement ni encore la fin du communisme. Il y eut l’ouverture des frontières en Hongrie, le pique-nique de Sopron pendant lequel des centaines d’allemands de l’est traversèrent la frontière pour passer à l’ouest par l’Autriche, les manifestations de Leipzig un mois avant la chute du Mur. Et puis il fallut encore attendre 2 ans pour que s’effondre enfin l’URSS, libérant ainsi les anciennes Républiques Socialistes Soviétiques.

Les langues se délient. Alors que la réunification n’a pas permis de soulever des débats sur l’histoire de la RDA et la mémoire de ses habitants (lire à ce sujet l’article de Thomas Brussig du magazine Cicéro sur Presseurop), ces derniers parlent de leur ressenti, leur vécu, 20 ans après. L’ostalgie va plus loin que le retour des produits et symboles de la RDA, le souvenir d’une époque où l’éducation, la santé et la culture étaient gratuites. Il ne s’agit pas non plus de nier la réalité de cette société marquée par la censure de la presse, la délation et le contrôle social exercé par la Stasi, dont j’ai visité les prisons à Bautzen, en Saxe. Il faut aussi se rappeler, sans juger autrui, ce que cet événement a signifié pour des millions de gens :  depuis leur enfance, ils baignaient dans un idéal (certes communiste) de solidarité. Un idéal qui s’effondre brusquement. Se réveiller le lendemain avec le sentiment de perdre tous ses repères un par un, y compris les choses les plus anodines. Imaginons nous réveiller dans une société où les marques disparaissent du jour au lendemain ! Être né dans un pays qui n’existe plus.

La réunification de l’Allemagne, de même que la chute de l’URSS a eu pour conséquence la libéralisation de l’économie, la privatisation des entreprises autrefois chapeautées par l’État. Des centaines de milliers de personnes ont perdu leur emploi, du jour au lendemain.  Ces entreprises, associations, agences, recevaient autrefois leurs ordres de l’État, donc du parti unique. Lorsque celui-ci tombe en décrépitude, c’est tout le mécanisme de décision qui s’enraye. Les personnes les plus dotées en ressources personnelles et/ou financières, proches du pouvoir ancien, ont pu profiter de cette situation de chaos pour faire des affaires, d’où les inégalités. Inversement, la classe populaire et ouvrière a difficilement éprouvé la réunification. Ils sont la génération sacrifiée. Le chômage est aujourd’hui encore endémique dans certaines régions d’Europe et d’Allemagne.

Mais malgré tout, il serait abusif de ne pas reconnaître toutes les avancées de ces 20 dernières années. Je trouve cela même comique d’accuser le libéralisme d’être à la base des maux de l’Europe de l’est depuis 1989, comme le fait le journaliste de L’Humanité Claude Cabanne. Il y avait les étals vides, les Trabants qu’il fallait commander 12 ans avant de pouvoir espérer la conduire, les routes défoncées, les façades décrépites, les industries polluantes et peu rentables. Et qui peut prétendre que la situation n’aurait pas été pire en RDA, si celle-ci avait sombré en même temps que l’URSS ? L’économie de marché a remplacé l’économie dirigée, c’est le meilleur système économique à l’exception de tous les autres, pour pasticher Churchill.

Il faudra certainement encore une génération pour combler les derniers fossés dans les cœurs et les paysages. Mais les reliques de l’Europe nationaliste, revancharde et belliqueuse, sont maintenant enterrées. La page de la Guerre Froide est tournée. Aujourd’hui, l’Europe est réunifiée, nous pouvons nous y déplacer librement, l’Europe de l’est rattrape progressivement les autres pays de l’Union à laquelle ils appartiennent depuis 2004 ou 2007. Et c’est cela le principal enseignement de la chute du Mur de Berlin. Je peux comprendre que certains trouvent que l’on en fasse trop : il est vrai que les médias nous ont assez peu habitués à parler autant d’Europe. Pourtant j’ose espérer que l’occasion se représente encore, car ce ne sont pas les sujets intéressants pour notre avenir commun qui manquent.

Ailleurs sur la toile :
- Les souvenirs d’Olivier de Montréal, parti en RDA et en Pologne en 1985.
- Personne n’a rien compris à la chute du Mur, par Gilbert Casasus sur Marianne 2.
- Géopolitique des murs : entre illusions et impuissance, par MoqueurPoli sur Perspectives Géopolitiques.
- Dossier spécial du site d’information Toute l’Europe sur les 20 ans de la chute du Mur de Berlin.
- Le site de la Commission européenne consacré aux 20 ans de la chute du Rideau de fer.

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Le jugement de Cambyse, tableau de Gérard David

Titem | 24 juillet 2009

Je pense que c’est l’année dernière, suite à une excursion menée à Famagouste, recherchant sur Internet des informations sur le martyre de Marco-Antonio Bragadin, dernier gouverneur vénitien de Chypre que je suis tombé par hasard sur ce tableau. Retranchée dans les murailles de Famagouste, son armée de 6000 hommes résista pendant plus d’un an aux troupes de sultan ottoman composés de 200.000 hommes avant de plier sous les bombardements et le manque de ravitaillement consécutif au blocus exercé par la puissance ottomane. Marco-Antonio Bragadino fut torturé pendant des jours avant d’expirer écorché entre deux colonnes aujourd’hui encore visibles près de la cathédrale de Famagouste, devenue mosquée – comme Sainte-Sophie d’Istanbul, cela semble une habitude ottomane de s’approprier les édifices religieux chrétiens.

Cathédrale Saint-Nicolas - Mosquée Lala Mustafa Pacha de Famagouste

Cathédrale Saint-Nicolas / Mosquée Mustafa Lala Pacha de Famagouste [Flickr: Titem]

La peau de Marco-Antonio Bragadino fut remplie de paille, le sinistre trophée porté en triomphe dans la ville. Elle sera volée en 1580 de l’arsenal de Constantinople par un esclave vénitien, Gerolamo Polidori, et rapportée à Venise où elle est d’abord conservée dans l’église Saint-Grégoire, puis à San Giovanni e Paolo où elle se trouve encore aujourd’hui. Auparavant, la résistance héroïque de Bragadin incita la Sainte-Ligue à s’organiser contre l’Empire ottoman, qu’elle vainquit lors de la bataille navale de Lepante, en 1571.

J’en reviens à ce tableau… L’historien grec Hérodote rapporte qu’au VIe siècle avant J-C, le roi perse Cambyse II, qui fut également Pharaon d’Egypte, souverain particulièrement cruel et assez imaginatif en matière de supplice, condamna le juge Sisamnès à être écorché vif pour prévarication – à savoir qu’il avait accepté une somme d’argent pour rendre une sentence inique. Après quoi, le roi fit découper des lambeaux de la peau du supplicié qui servirent à recouvrir le siège sur lequel devrait s’installer le nouveau juge, Otanès, le propre fils de Sisamnès, lui rappelant ainsi sur quoi il était assis lorsqu’il devrait rendre justice.

Le jugement de Cambyse

Le peintre flamand Gérard David peint à la toute fin du XVe siècle un diptyque illustrant cette histoire, commandé pour être suspendu dans la salle des échevins de l’hôtel de ville de Bruges, comme pour rappeler aux magistrats la probité avec laquelle ils doivent accomplir leur tâche. Le volet droit, la scène de l’écorchement du juge Sisamnès, est particulièrement réaliste et terrible, elle serait insoutenable autrement que sur la toile. Le tableau est pour autant sobre, qu’il s’agisse du filet de sang qui s’échappe des plaies ouvertes, du visage des passants qui observent la scène d’un air curieux comme le feraient les disciples de La leçon d’anatomie du Docteur Tulp peinte par Rembrandt, ou celui crispé mais digne du condamné. Jean-Claude Bourdais, sur son site, décrit assez bien le tableau et les impressions qu’il a ressenti en le contemplant de ses propres yeux.

Aussi belles soient les merveilles de l’homme, je serai toujours prodigieusement effrayé par l’imagination et la propension qu’il a à faire (le) mal.

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Revue d’Internet : sites, blogs (1) 15/03/09 au 21/03/09

Titem | 22 mars 2009

Cela faisait quelques temps que je pensais à partager les articles et podcasts qui m’ont paru les plus intéressants. Voilà qui est chose faite :

  • Bientôt des bombes atomiques russes à Cuba ? Article de Vincent Vauvert sur son blog Affaires étrangères. La Russie songe à un remake de l’affaire des missiles de Cuba, pour arriver en position de force dans leurs négociations avec les États-Unis d’Obama (le nouveau Kennedy ?). Sur le même sujet, lire également Le coup de bluff militaire de Medvedev, article de Pierre Rousselin sur son blog Géopolitique.

  • Pour Londres, c’est Barroso for ever ; Article de Jean Quatremer sur son blog Coulisses de Bruxelles. L’actuel Président de la Commission Européenne a toutes les qualités requises d’après Londres, pour renouveler son mandat.

  • L’affaire AIG ; Article de Guillaume Klossa sur son Blog d’un Européen. Les Etats-Unis critiquent aussi le fait qu’AIG est honoré ses engagements auprès des banques européennes… Sans quoi on aurait pu pourtant assister à une crise systémique. Et d’appeller à davantage de coopération.

  • CIA: le rapport secret de la Croix-Rouge sur la torture ; Article de Vincent Vauvert sur son blog Affaires étrangères. Pour la Croix Rouge, aucun doute possible : la CIA pratiquait la torture. Or la loi internationale punit ces actes… donc ses auteurs ?

  • Les trans sont-ils des malades ? Article d’Agnès Giard sur son blog Les 400 culs. Comment la France gère-t-elle médicalement et juridiquement les transsexuels (1 naissance sur 10000) ? Dans les commentaires de cette note qui dévoile une réalité gênante (on ne sait pas “qui” sont ces gens, donc ce sont des malades), la bêtise le dispute à la haine…

  • Le PSE renonce à s’opposer à Barroso ; Article de Jean Quatremer sur son blog Coulisses de Bruxelles. Divisé, le PSE laisse la voie libre à l’ancien premier ministre portugais, qui “l’emporter(a) par accumulation de lâchetés”.

  • Pas de préservatifs pour l’Afrique ? ; Article de Eurotopics sur le Webzine CaféBabel. Revue de presse européenne des propos choquants et mensongers du Pape sur le préservatif qui aggraverait la propagation du SIDA.

  • Comment on a réécrit «la Chanson de Roland»… Article de Louis-George Tin sur son blog Observatoire de l’hétérosexualité. Ou comment (et surtout pourquoi !) pendant des années, les lettrés se sont focalisés sur la relation entre Roland et Aude, oubliant celle qui liait le neveu de Charlemagne à Olivier.

  • Les féministes, pionnières de la critique de l’hétérosexualité ; Article de Louis-George Tin sur son blog Observatoire de l’hétérosexualité. Revue de quelques livres de penseurs féminines de l’hétérocentrisme (dit encore hétéronormativité ou hétérosexualité obligatoire) et de sa critique.

  • Assez de “compassionnel” en politique étrangère. Article de Pierre Rousselin sur son blog Géopolitique. Coup du gueule de l’éditorialiste du Figaro contre cette politique de l’émotion. Il conclue ainsi : “Une vraie diplomatie, discrète et patiente, peut parfois obtenir d’avantage qu’une réaction instinctive, même pavée des meilleures intentions du monde.“

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La fin d’une quête de 15 ans ou le destin de Lavoisier

Titem | 13 février 2009

Titre un peu pompeux sans doute, c’est pourtant bien cette pensée-là qui m’a traversé lorsque, il y a quelques semaines, je trouvais enfin la réponse à une (vaine) question que je me posais depuis bien des années. A tout autre que moi cela pourrait paraître bien anodin, et pourtant cette histoire pourrait bien vous intéresser…

J’avais à peine 7 ans et je ne loupais aucun des épisodes de la série d’Albert Barillé “Il était une fois… les découvreurs”, diffusée sur Canal Plus. Je les avais enregistrés et me repassait la cassette en boucle en rentrant de l’école. C’est ainsi que naquit chez moi cette passion pour l’histoire qui ne cesserait de grandir, même si je renonçais finalement à une carrière de professeur d’histoire.

Portrait de Monsieur de Lavoisier et sa femme par Jacques-Louis DavidMais parmi les épisodes, il en est un qui me marqua plus que les autres, celui consacré au père de la chimie moderne : Antoine-Laurent de Lavoisier. C’est lui qui découvrit la composition de l’eau (hydrogène et oxygène). Lui encore qui fut à la base du système métrique tel que nous le connaissons. Son immense talent et son destin tragique m’ont sans doute touché, et je devais en garder un dégoût de l’injustice. Mais que pouvais-je comprendre à cet âge-là ? Qu’est-ce qu’un fermier général, ce pour quoi il fut guillotiné le 8 mai 1794 ? Et pourquoi la Révolution avait-elle mis à mort un savant qui aurait pu être utile à la France, quoiqu’en dit dans sa célèbre sentence le président du tribunal qui le condamna, Coffinhal : “La République n’a besoin ni de chimistes, ni de savants ; il faut que la justice suive son cours”.

Dans l’épisode, on voyait des hommes habillés comme à l’époque monter dans une charrette qui allait les conduire à la mort. On les appelait un par un : Lavoisier était le 4ème. Et puis il y eut cette question qui me traversa. Était-il vraiment le 4ème ? Les noms que l’on entendait étaient-ils vraiment ceux des fermiers généraux qui furent exécutés en même temps que Lavoisier ? Étaient-ils eux aussi des savants, des hommes connus ?

Je demandais à des personnes douées en histoire, sans succès. Je voulais aller au Panthéon car il me semblait inconcevable qu’un homme comme Lavoisier n’y fut pas inhumé. Quand je demandais à un gardien du Panthéon si mon héros s’y trouvait, je fus déçu d’entendre que non, et même outré quand il me demanda s’il était de Paris. “Il y est né et il y est mort”. Plus tard encore j’eus accès à l’encyclopédie Universalis, et bien plus tard j’empruntais la biographie de Lavoisier à la bibliothèque de l’IEP de Rennes où je ne trouvais pas de réponse à mes questions.

Ce n’est que plus tard que je compris…

Je compris que les fermiers généraux étaient responsables de la collecte des impôts, que cette charge leur conférait une fortune immense qui suscitait bien des rancœurs. C’est grâce à cela que Lavoisier put acquérir un matériel de haute précision pour mener ses recherches. C’est aussi ce qui causa sa perte : ses collègues et lui furent accusés de détournement de fonds publics au profit de l’étranger. Sans preuve.

Je compris que le corps de Lavoisier, après son exécution, avait été jeté dans une fosse commune du cimetière de la Madeleine et que les corps des cimetières  parisiens de l’époque furent transférés dans les catacombes de Paris.

J’appris que la légende raconte que Lavoisier, attendant son exécution, lisait un livre et que quand vint son tour, marqua sa page, comme s’il espérait pouvoir reprendre sa lecture.

C’est en décembre 2008, à New-York, au Metropolitan Museum of Art, que je tombais en admiration devant le tableau de Jacques-Louis David représentant Lavoisier et son épouse, Marie-Anne Paulze. J’apprécie par ailleurs beaucoup la peinture de cette époque, et je ne pensais absolument pas trouver ce portrait ce jour-là, à cet endroit là.

Enfin, il y a quelques temps, alors que je surfais sur Internet, j’eus l’idée de chercher la liste de ces fameux fermiers généraux. J’avais déjà tenté ma chance il y a deux ans, sans succès. Et après quelques minutes, je tombais sur une version numérisée d’un livre d’Edouard Grimaux, sobrement appelé Lavoisier publié en 1888. Et là, page 304, en note de bas de page “les vingt-huit condamnés étaient : …”.

La liste.

Liste fermiers généraux exécutés en même temps que Lavoisier.jpgListe fermiers généraux exécutés en même temps que Lavoisier - 2.jpg

Je me doutais aujourd’hui qu’il ne s’agissait pas de personnes connues. Cette liste n’a sans doute aucune importance si ce n’est pour les historiens, les passionnés… ou les descendants des victimes. Mais pour moi, outre les réponses historiques et l’amour pour cette science, c’est la réponse à un enfant qui devait découvrir plus tard l’absurdité des choses et l’injustice qui nous entoure.

Le lendemain, le scientifique Louis Lagrange dira à propos de Lavoisier : “il ne leur a fallu qu’un moment pour faire tomber cette tête et cent années peut-être ne suffiront pas pour en reproduire une semblable”.

Albert Barillé Maestro.jpg… Ironie du sort : c’est en cherchant des images d’Il était une fois… Les découvreurs pour illustrer cette note que j’apprends que l’homme qui fut à l’origine de cette série et de tant d’autres, Albert Barillé, est décédé il y a deux jours. Maestro est mort, vive Maestro… et merci !

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Jesus to a Child, George Michael / Older (1995)

Titem | 25 juin 2008

On connaît finalement assez peu de Chypriotes. L’île ne compte que 778.000 habitants, ce qui réduit mathématiquement la possibilité d’avoir des personnalités connues. A cela s’ajoute le fait que le pays reste méconnu. Et pourtant des personnalités chypriotes, ou d’origine chypriote, il y en a ! D’autant que si l’île d’Aphrodite (partie nord, 265.000 habitants comprise) compte un peu plus d’un million d’habitants, on dénombre un demi-million de chypriotes vivant à l’étranger, la plupart en Grèce ou au Royaume-Uni. Parmi lesquels Kyriacos Panayiotou. Cet homme ne vous dit sûrement rien : il est le père de l’un des plus célèbres chanteurs anglais de pop – et l’un de mes préférés – : George Michael.

Older, George Michael (1995)Né Georgios Kyriacos Panayiotou un 25 juin 1963 dans le Nord de Londres, George Michael a connu, depuis Wham jusqu’à aujourd’hui en solo, une carrière courronnée de nombreux succès et singles au top des charts. Parfois, la célébrité le rattrape au chapitre des faits divers, comme en 2006 pour consommation de drogues, ou encore en 1998, lorsqu’il est arrêté à Los Angeles par le policier qu’il tentait de draguer. Un incident qu’il reprendra à son compte avec humour dans la chanson “Outside”.

Mais parmi tous les hits de George Michael, j’en retiendrai un qui m’a plus particulièrement marqué lorsque j’ai eu l’occasion d’en voir le clip à la télévision… chypriote. Il s’agit d’une chanson de l’album “Older”, sorti en 1995 : Jesus to a Child. Une chanson que George Michael a écrite en mémoire de son compagnon, le Brésilien Anselmo Fellepa, décédé en 1993 d’une hémorragie cérébrale, mais qu’il n’est parvenu à composer que 18 mois après le décès de son ami.

Une chanson à écouter pour la voix vibrante de George Michael et les paroles touchantes, un clip à admirer pour sa mise en scène.

Image de prévisualisation YouTube

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La statue de Makarios III bientôt déplacée, comme un mythe qui s’effrite…

Titem | 31 mai 2008

Statue Makarios III Nicosie.jpgC’est l’un des monuments les plus connus de Nicosie. Du moins, pour ce qu’une ville et un pays de taille modeste peuvent compter comme “monuments”. Il s’agit de la massive statue en bronze haute de 10 mètres, sculptée par Nikos Kotziamanis de 1984 à 1987, qui représente l’archevêque et primat de l’Eglise orthodoxe de Chypre, Makarios III, également père de l’indépendance chypriote et président de la République de 1960 à 1977. Parlons d’abord un peu de lui.

Rue, avenue, statue Makarios… Les Chypriotes semblent être reconnaissants à l’homme d’avoir tenu tête aux Britanniques pour obtenir l’indépendance du pays et l’avoir accompagné dans ses premières annés. Mais sa présidence fut également marquée par la partition du pays, dans les conditions que j’ai déjà expliquées. C’est un peu la part d’ombre de l’homme, mais l’histoire, peut-être gênante pour les Chypriotes, montre que Makarios a eu sa part de responsabilité dans cette tragédie.

C’est pendant l’entre-deux-guerres que les Chypriotes grecs commencent à revendiquer ce qu’ils appelaient l’enosis, autrement dit, le rattachement à la Grèce. Makarios III en est l’un des leaders, de même que le colonel George Grivas, leader de l’EOKA, l’Organisation Nationale des Combattants Chypriotes, qui mène des actions anti-britanniques.

Après des années de discussions conclues par les accords de Zürich et de Londres en 1959 et 1960, Chypre obtient son indépendance, mais pas l’enosis. Dans les années qui suivent, le pays connaît une instabilité politique : chacune des communautés oppose un veto aux propositions de l’autre. En novembre 1963, le Président de la République, Makarios III, propose une révision constitutionnelle en 13 points, remettant en cause le poids de la communauté turque dans les décisions. Un mois plus tard, c’est le début des affrontements communautaires.

Makarios III a eu une position ambiguë envers l’enosis, la jugeant “souhaitable”, tandis que des activistes d’extrême-droite la réclamaient effectivement. Un rattachement innacceptable pour les Turcs, qui de leur côté mettaient en avant la partition de l’île. Le coup d’Etat contre Makarios III fomenté par le régime des colonels en Grèce et l’extrême-droite chypriote grecque déclenche l’invasion de la partie nord de Chypre par la Turquie.

Il n’y a donc pas les gentils Grecs et les méchants Turcs d’un côté : chaque communauté a sa part de responsabilité dans ce conflit qui fut, faut-il le rappeller, meurtrier.

Et la statue me direz vous ? Les riverains estiment qu’elle gâche la vue. La statue sera donc retirée et installée dans le monastère de Kikkos. Une autre statue, grandeur nature, devrait la remplacer.

Ce n’est pas un déboulonnage comme ceux des statues de Lénine ou de Franco, mais c’est comme si, au moment où se tiennent d’importantes discussions pour l’avenir des communautés, l’héritage de Makarios III était devenu trop lourd à porter.

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Chypre, Culture et Histoire, Europe, Géopolitique, Grèce, Guerre, Makarios III, Relations Internationales, Royaume-Uni, Turquie
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To the Moon and Back, Savage Garden / Savage Garden (1997)

Titem | 28 mai 2008

Dans la série “Les chansons dont on connaît l’air mais dont on ne se souvient ni du titre ni du chanteur”… Après Drive, des Cars, voilà cette chanson, que j’entendais parfois… Et que j’ai pu redécouvrir dans une discothèque de Nicosie : To the Moon and Back, du groupe pop australien Savage Garden ! Une fois que vous aurez vu ce clip, vous vous direz avec raison que ça ne devait pas être simple de danser là-dessus. Beaucoup plus difficile que sur la chanson qui était classée 1ère au top 50, juste devant ce hit des Savage Garden… la Macarena !

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1997, Clip, Musique, Pop, Savage Garden
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50 ans plus tôt dans le Cyprus Mail : n’oublions pas mai 58

Titem | 16 mai 2008

[Photo : www.boomer-cafe.net]

L’une des rubriques du Cyprus mail, est intitulée « What the Mail said ». Elle développe l’information principale publiée il y a exactement 30 ans, 40 ans et 50 ans dans le quotidien anglophone de Chypre.

Et devinez de quoi le Cyprus Mail parlait il y a 50 ans, le 16 mai 1958 ?

“General de Gaulle’s declaration yesterday afternoon of his willingness to take over the government of France has acted like a bombshell in French political circles. The President of the National Assembly, Mr Le Troquer, notifies all members of Parliament absent from Paris to return at full speed. The Communists called for immediate convocation of the Assembly in defence of the sacred right of freedom and accused de Gaulle of aspiring to become a military dictator and of being hand in glove with the seditious Generals in Angiers”

Et oui car certains médias le rappellent tout de même sur le mode « on parle beaucoup de mai 68 mais on oublie que »… On oublie qu’il y a 50 ans, le Général de Gaulle mettait fin à une IVème République trop instable pour pouvoir accompagner le développement de la France et lui substituait une Vè République, le régime que nous connaissons. Face à ce que certains appelaient le “coup d’Etat permanent”, le général de Gaulle avait eu cette petite phrase restée dans l’histoire :

De Gaulle, dictateur ?

De Gaulle Oran mai 58.jpgPourquoi on pense d’abord aux 40 ans de mai 68, et pas au 50 de mai 58 ? Peut-être parce que la Vè République est née des aspirations d’un cartel de généraux qui ont tenté de renverser l’Etat depuis Alger, que la gauche n’aurait jamais acceptée et dont la droite aurait honte ? Parce qu’on a le sentiment que mai 68 a davantage changé les choses ? Dans les esprits, c’est indéniable et c’est remarquable. Mais n’oublions pas que la Vème République a aussi accéléré la transformation de la France des Trente Glorieuses, la faisant sortir de l’esprit d’après-guerre. Même si pour cela, De Gaulle a dû jouer le jeu de généraux séditieux. Bref : n’oublions pas non plus mai 58 !… L’inconvénient à cela, et il est de taille et a renforcé cet état d’esprit vieux de près de deux siècles, c’est que la France ne parvient pas à faire le deuil de l’homme providentiel. Comme s’il n’y avait que dans le fond que l’on pouvait rebondir.

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Charles De Gaulle, Chypre, Culture et Histoire, Cyprus Mail, France, IVè République, Mai 58, Mai 68, Médias, Vè République
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Vers une réunification de Chypre ?

Titem | 10 mai 2008

Drapeau européenJ’aurais souhaité en parler hier, jour de la fête de l’Europe. La réunification de Chypre n’est pas, contrairement à ce que l’on pourrait penser compte tenu de la taille de l’île, une question de moindre importance. Bien sûr, l’avenir de l’Europe est un autre sujet capital pour l’avenir du continent : est-il possible (et comment ?), d’organiser une politique commune de l’environnement, de l’industrie, des relations extra-européennes, de l’immigration ? Quelle identité pour l’Union Européenne ? Dans ce but, le traité européen de Lisbonne est très insuffisant, mais il permet au moins d’avancer.

J’ai expliqué dans une précédente note les raisons de la partition de l’île, en 1974. Le 24 avril 2004, les chypriotes grecs rejetaient à plus de 75% le Plan Annan qui proposait une première solution à la question chypriote. La principale explication expliquant ce rejet selon les politistes était le manque de clarté sur deux points particuliers auxquels les chypriotes grecs sont très attentifs : l’indemnisation des expropriés et le départ des soldats, voire des colons venus d’Anatolie.

Mais ce serait une grossière erreur de considérer que les chypriotes ne veulent pas la réunification de l’île, même si la question des rapports avec les turcs chypriotes reste indécise. Le 24 février 2008, le chef du parti néo-communiste AKEL, Demetris Christofias, était élu. Il promettait de s’atteler à la résolution de la question chypriote et entamait des discussions avec le chef des Chypriotes turcs, Mehmet Ali Talat. Demetris Christofias - Mehmet Ali Talat.jpgAprès seulement quelques semaines de discussion, les deux hommes parvenaient à un point d’accord historique : l’ouverture d’un nouveau point de passage en plein cœur de la vieille ville de Nicosie, sur la rue Ledra, rue piétonne commerçante.

Depuis, les deux hommes se rencontrent régulièrement. Talat vient manger une glace rue Ledra côté grec, les deux hommes s’accordent sur le problème urgent de l’eau, leurs épouses boivent du thé (grec ? turc ?) et lisent dans le marc que l’avenir de Chypre sera positif. Les sondages montrent que le Président Christofias est soutenu par plus de 3/4 des Chypriotes, et jusqu’à 58% des partisans du parti conservateur DISY. Des chiffres qui feraient saliver bien des dirigeants européens.

Les pourparlers sont engagés, les journaux sont enthousiastes. Et pourtant, aux journalistes français, Demetris Christofias faisait part de son pessimisme. Les récents propos de Talat, appelant à une méthode de type “virgin birth” ont beaucoup refroidi la classe politique chypriote grec. C’était comme si le dirigeant turc chypriote tombait le masque : anesthésier la vigilance en jouant la carte du dialogue pour mieux obtenir des contreparties jugées inacceptables pour les chypriotes grecs, à savoir l’existence de deux Etats sur une même île.

La réunification de l’île n’est donc pas pour les prochains mois, mais les discussions avancent. Et cela a son importance, car la réunification de l’île est un préalable à l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne. Mais même si la Turquie quitte Chypre, sa place est-elle dans l’Union Européenne ?

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Chypre, Demetris Christofias, Division, Historie, Mehmet Ali Talat, Politique, RTCN, Turquie
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