Skholè

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Harry Potter et les Reliques de la Mort (Partie 2), de David Yates (2011)

Titem | 7 août 2011

Dans la 2e Partie de cet épisode final, le combat entre les puissances du bien et du mal de l’univers des sorciers se transforme en guerre sans merci. Les enjeux n’ont jamais été si considérables et personne n’est en sécurité. Mais c’est Harry Potter qui peut être appelé pour l’ultime sacrifice alors que se rapproche l’ultime épreuve de force avec Voldemort.

Harry Potter and the Deathly Hallows – Part 2

2011, États-Unis/Royaume-Uni, 2h10
Film fantastique de David Yates

Avec Daniel Radcliffe (Harry Potter), Rupert Grint (Ronald Weasley), Emma Watson (Hermione Granger), Michael Gambon (Albus Dumbledore), Ralph Fiennes (Lord Voldemort), Jason Isaacs (Lucius Malfoy), Tom Felton (Drago Malfoy), Alan Rickman (Severus Rogue), Helena Bonham Carter (Bellatrix Lestrange), Maggie Smith (Minerva McGonagall), Julie Walters (Molly Weasley)…

D’après la série littéraire de J.K. Rowling

Autant le dire tout de suite, après l’excellente première partie qui avait planté magistralement le décor sombre de ce dernier épisode, j’ai eu l’impression de voir ici deux films différents. De son début jusqu’à la scène de la forêt interdite, un film très intense, riche en actions et en émotions : du rire, du sang, des larmes et des frissons. Ensuite, beaucoup de malaise. Il n’y a pas que la surprise du dénouement, car pour ma part, j’avais lu les tomes – définitivement meilleurs que les films. « C’est donc ainsi que s’achève cette formidable série littéraire que l’on suit depuis presque 10 ans ? Ce n’est peut-être pas ce que l’on aurait souhaité, mais finalement, n’est-ce pas la meilleure manière de conclure le récit ? ».

La fin cinématographique de cette deuxième partie sonne fausse et s’avère parfois ridicule ; elle fait déjà l’objet de beaucoup de moqueries sur les sites de partage de vidéo. Dans la salle de cinéma, il y eut des rires gênés voire railleurs au moment de la confrontation entre les partisans de Voldemort et les survivants de Poudlard et le discours pleins de bons sentiments de Neville Londubat. Et je ne parle même pas de la toute dernière scène… Ca n’est pas si différent du livre, mais l’écriture de J.K. Rowling est plus inventive que celle du réalisateur.

J’ai vu la fin du film avec des amis qui n’avaient pas lu le livre et j’ai trouvé leurs réactions assez intéressantes à analyser. J’étais d’abord surpris de voir que beaucoup avaient préféré la deuxième partie à la première, pourtant elle aussi pleine de suspens et qui possède cette subtilité que l’on ne trouve pas dans le tout dernier volet. Il fallut également leur réexpliquer les raisons de ce dénouement et les réactions des personnages, tenter de surmonter leurs moues dubitatives. Lorsque l’on réunit tous les indices disséminés dans les livres, pouvait-il pourtant en être autrement ?

Les livres abordent enfin des sujets qui ne sont que vaguement explorés ou évoqués dans les films, comme la soif du pouvoir, les médias, le totalitarisme et qui n’ont pas finis d’être commentés par les fans de cet univers, sorti de l’imagination qui parait sans limites de son auteur, laquelle vient d’ouvrir Pottermore. Certains y verront une manœuvre commerciale, j’accepte volontiers l’idée d’une nouvelle expérience pour le lecteur… J’en aurais la confirmation une fois que je pourrais y accéder !

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Jesus of Nazareth, de Franco Zeffirelli (1977) – Le sens de la Loi

Titem | 24 avril 2011

Jesus of Nazareth

1977, Royaume-Uni/Italie, 6h22
Film biblique de Franco Zeffirelli

Avec Robert Power (Jésus), Olivia Hussey (Marie), Anne Bancroft (Marie-Madeleine), James Mason (Joseph aniéd’Arimathie), Christopher Plummer (Hérode Antipas), Peter Ustinov (Hérode le Grand), Sir Laurence Oliver (Nicodémus), Anthony Quinn (Caïphas), Ian Holm (Zerah)…

Est-il réellement nécessaire de vous donner le synopsis de l’une des histoires les plus universellement connues ? Celle de Jésus de Nazareth, prophète de Galilée qui vécut il y a 2000 ans et mourut crucifié à Jérusalem et dont les enseignements sont à la base de la religion catholique ? Au-delà de nos croyances religieuses, cette histoire demeure fascinante par la personnalité de Jésus, la richesse de son enseignement qui répond parfaitement à l’éymologie du mot religion : relier l’homme à Dieu et les hommes entre eux.

Sur les conseils d’un ami dans la famille duquel Pâques est l’occasion de regarder un film biblique, j’ai regardé – en deux fois – la mini-série télévisée Jesus of Nazareth. Si le choix des paysages et des décors est très judicieux, j’ai été un peu surpris par la façon dont le réalisateur a choisi de faire agir les personnages entre eux, notamment Jésus, Marie ou Jean-Baptiste. Ils semblent véritablement animés d’une aura mystique qui les met un peu en décalage avec le reste des personnages, complètement fascinés. L’impression est encore accrue par le fait que l’acteur qui joue Jésus ne cligne jamais des yeux durant tout le film. La série reste proche des 4 Evangiles tout en prenant certaines libertés, en fusionnant des passages ou des personnages, en introduisant d’autres (le scribe Zerah notamment) pour essayer de comprendre la trahison de Judas. Mais au-delà d’être un all-star movie, ce film est une peinture réaliste et pleine de majesté, que je vous conseille de regarder.

Mes parents m’avaient inscrit au catéchisme et je n’ai jamais eu à le regretter, bien au contraire, car j’y ai appris des valeurs fortes mais également parce que je considère qu’une culture religieuse, parce qu’elle marque la société au quotidien (au grand dam des athées, j’en conviens) est une richesse qui permet de mieux comprendre le monde. Mais mon éducation, scolaire en particulier, m’a également appris à exercer mon esprit critique, non pas pour rejeter ce que j’ai appris, mais comprendre le sens au-delà des textes. Comme Molière dénonçait les Tartuffe de son époque, je trouve ridicule les faux dévots qui citent, par exemple, des passages précis du Lévitique pour condamner leur prochain alors que selon le même Lévitique – en tout cas pris au pied de la lettre – il y aurait bien de quoi dénoncer chez eux un comportement peccamineux. Et justement, dans Jesus of Nazareth, à plusieurs reprises, Jésus tente de faire comprendre aux hommes, notamment aux Pharisiens, le vrai sens de la Loi, gravé dans le coeur des hommes, et non dans le marbre.

Du catéchisme, outre quelques projets communautaires, des prières et des cantiques, j’ai surtout retenu les paraboles principales et les miracles du Christ ; c’est sans doute ce qui retient le plus l’attention des jeunes enfants. L’une de ces histoires était celle de « la femme de mauvaise vie », dont on comprenait qu’elle avait mal agi sans vraiment comprendre précisément pourquoi – je me demande si les enfants d’aujourd’hui sont moins naïfs. Au cours d’un souper, elle vint voir Jésus, lui baiser les pieds, les laver avec ses cheveux et les oindre de parfum, et Jésus, touché par ce geste, lui pardonna ses pêchés.

La scène que je vous présente est sans doute l’une des plus belles du film, car elle est non seulement très intéressante philosophiquement et religieusement, mais elle est également émouvante et les personnages agissent entre eux de manière bien plus naturelle que dans le reste de la série – il faut dire qu’elle met en scène deux très grands acteurs, James Mason et Anne Bancroft, laquelle parvient par son jeu à nous faire ressentir beaucoup de compassion. Elle met en image un passage de l’Evangile de Saint Luc (ch. 7 v. 33 à 50), mais les paroles de James Mason (Joseph d’Arimathie, qui n’apparaît dans le Nouveau Testament qu’après la Crucifixion) sont tirées du ch. 10, v. 25 à 29.

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Une belle leçon de vie pour tous les Pharisiens de ce Monde, comme ceux qui s’en sont pris à l’oeuvre d’Andres Serrano (lire à ce sujet Koz ou Le Chafouin, même si bien plus qu’eux, j’accorde à l’artiste le bénéfice de la bonne foi lorsqu’il s’agit de rappeler, dans un contexte moderne, les souffrances du Christ) !

Bien sûr les images de l’Evangile sont fortes et au catéchisme, on avait des livres très colorés pour mieux comprendre à la lumière actuelle les écrits bibliques (comme Pierres Vivantes), mais là, avec cette scène, j’ai soudainement pris conscience de toute la force émotionnelle de cette histoire, du geste de cette femme. Durant l’Antiquité, il y avait la parabole, au Moyen-Âge, les vitraux colorés, au siècle dernier, les livres d’image. N’y a-t-il pas aujourd’hui davantage de place pour la vidéo dans l’éducation religieuse ? Les médias évoluent, mais le message demeure.

Sur cette réflexion, je vous laisse avec une photo d’un symbole païen… Puisque la gourmandise est paraît-il un pêché (bien minime alors), je vais savourer tranquillement mon lapin en chocolat acheté à la confiserie de mon quartier. Joyeuses Pâques à toutes et tous !

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Harry Potter et les Reliques de la Mort (Partie 1), de David Yates (2010)

Titem | 28 novembre 2010

Le pouvoir de Voldemort s’étend. Celui-ci contrôle maintenant le Ministère de la Magie et Poudlard. Harry, Ron et Hermione décident de terminer le travail commencé par Dumbledore, et de retrouver les derniers Horcruxes pour vaincre le Seigneur des Ténèbres. Mais il reste bien peu d’espoir aux trois sorciers, qui doivent réussir à tout prix.

Harry Potter and the Deathly Hallows, Part 1
2010, États-Unis/Royaume-Uni, 2h32
Film fantastique de David Yates

Avec Daniel Radcliffe (Harry Potter), Rupert Grint (Ronald Weasley), Emma Watson (Hermione Granger), Michael Gambon (Albus Dumbledore), Ralph Fiennes (Lord Voldemort), Jason Isaacs (Lucius Malfoy), Tom Felton (Drago Malfoy), Alan Rickman (Severus Rogue), Helena Bonham Carter (Bellatrix Lestrange), Bill Nighy (Rufus Scrimgeour), Rhys Ifans (Xenophilius Lovegood)…

D’après la série littéraire de J.K. Rowling

J’allais assister à la représentation du film avec beaucoup d’enthousiasme (enfin les deux derniers films de cette série 10 ans après l’avoir connue !) mais sans grande conviction, plutôt déçu par la mise en scène de David Yates (et en dépit d’une bonne qualité visuelle du précédent opus).

Et bien je fus agréablement surpris. Cet épisode est l’un des meilleurs de la série, sans doute aussi bon que le Prisonnier d’Azkaban d’Alfonso Cuaron. Parce qu’il est plutôt respectueux de l’oeuvre de J.K. Rowling, de l’ambiance particulière des Reliques de la Mort ? Pas seulement. Fini le cadre romantique, féérique et protecteur de Poudlard, nos amis Harry, Ron et Hermione s’embarquent dans une sorte de road movie, livrés à eux seuls, en proie à leurs doutes personnels, à leurs peurs… Comme si, en incarnant les personnages dans leur plus grande fragilité hors du Château, ils finissaient définitivement de les incarner.

Le climat est sombre, même la beauté des paysages britanniques s’étendant à perte de vue en est inquiétante. Le film, comme le livre, joue sur la cassure du rythme et oscille entre moments de tension intense et longueurs que le réalisateur parvient à filmer de façon assez sensible, en se permettant même quelques judicieux ajouts par rapport à l’oeuvre originale.

Il ne manque guère que les doutes de Harry sur la personnalité de Dumbledore (évoquée par petites touches) et les réflexions sur le pouvoir corrupteur et le danger qu’il y a à imposer le bien, que l’on espère évoqués davantage dans le deuxième volet. Le premier aiguise en tout cas la curiosité !

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Huit heures de sursis, de Carol Reed (1947)

Titem | 9 décembre 2009

Huit heures de sursis, de Carol Reed (1947)En Irlande, au début du 20e siècle. Johnny McQueen est l’un des militants les plus importants du Sinn Fein, qui combat pour l’indépendance de l’Irlande. Afin de se procurer des fonds, il attaque une banque avec deux complices. Mais affaibli par un long emprisonnement, et blessé lors du hold-up, il tue son agresseur. Recherché par la police, il erre seul, la nuit, dans le port de Belfast…

Odd man out
1947 / Royaume-Uni / 1h51
Drame de Carol Reed

BAFTA du meilleur film en 1948

Avec James Mason (Johnny McQueen), Robert Newton (Lukey, le peintre), Cyril Cusack (Pat), Kathleen Ryan (Kathleen Sullivan)…

Pour l’acteur principal autour duquel évolue la caméra presque tout le long du film, ce fut sa plus grande performance à l’écran. Et lorsque l’on s’appelle James Mason, que l’on a tourné dans plus d’une centaine de films, avec les plus grands noms du cinéma, cela signifie quelque chose. Même si dans sa carrière, on n’a reçu qu’une récompense majeure, un Golden Globe en 1954 pour « A star is born » de George Cukor.  » Demandez à MoqueurPoli, il ne dira pas autre chose.

Le film ne traite pas directement de  la question de l’indépendance de l’Irlande dans les années 1920. Ce qu’il perd en intérêt didactique, Huit heures de sursis le gagne en généralité : le cadre spatio-temporel est parfaitement transposable à d’autres époques et lieux, comme le rappelle d’ailleurs le tout début du film.

This story is told against a background of political unrest in a city of Northern Ireland. It is not concerned with the struggle between the law and an illegal organisation, but only with the conflict in the hearts of the people when they become unexpectedly involved.

Il ne s’agit donc pas seulement de l’histoire d’une lutte politique, mais également de la solitude d’un homme à l’article de la mort confronté à l’absurdité de son acte et la réaction de ceux qui se retrouvent malgré eux acteurs de ce drame, dans une mise en scène qui laisse la place à l’esthétisme, aux jeux d’ombre et de lumière. La performance – est le substantif n’est pas volé – des acteurs, et en premier lieu de James Mason, apporte à ce film noir une profondeur et une intensité dramatique qui donnent un sens au mot « interprétation ».

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Le ruban blanc, de Michael Haneke (2009)

Titem | 1 novembre 2009

Le ruban blanc, de Michael Haneke (2009)Un village protestant de l’Allemagne du Nord à la veille de la Première Guerre mondiale (1913/1914). L’histoire d’enfants et d’adolescents d’une chorale dirigée par l’instituteur du village et celle de leurs familles : le baron, le régisseur du domaine, le pasteur, le médecin, la sage-femme, les paysans… D’étranges accidents surviennent et prennent peu à peu le caractère d’un rituel punitif. Qui se cache derrière tout cela ?

Das Weisse Band - Eine deutsche Kindergeschichte
2009 / Coproduction française, italienne, autrichienne, allemande / 2h24
Drame de Michael Haneke

Avec Christian Friedel (l’instituteur), Burghart Klaussner (le pasteur), Ulrich Tukur (le baron), Susanne Lothar (la sage-femme), Rainer Bock (le médecin)…

Palme d’or du Festival de Cannes 2009.

Les mauvaises langues ont pu affirmer que Michael Haneke avait soufflé la palme d’or à Michel Audiard parce qu’il avait permis à la Présidente du jury, Isabelle Huppert, d’obtenir un prix d’interprétation lors d’un précédent festival de Cannes. Or Michael Haneke est un habitué du palmarès cannois ; avec ce Ruban blanc, il reçoit la première des récompenses et il ne l’a pas volé. Comme Un prophète, c’est un film fort, pendant lequel on ne s’ennuie par ailleurs pas. Mais à la force brute des images, la violence de l’univers carcéral, Michael Haneke propose une toute autre forme de violence, plus insidieuse : la manière dont les enfants subissent des valeurs « absolues », la façon qu’ils ont de les interpréter.

L’histoire se passe dans un village où l’autorité rigoriste protestante est la seule valeur. On est guidé par la voix d’un protagoniste, l’instituteur, qui prévient dès le début qu’il ne fut qu’un témoin d’événements étranges qui intervinrent à la veille de la Grande Guerre, et qu’il ne détient pas toutes les clefs de la solution. Il ne faut pas perdre de vue ce fil qui nous est proposé. L’histoire démarre ainsi comme un thriller : qui a bien pu s’en prendre au médecin du village ?

Mais la véritable violence, comme souvent chez Haneke, se situe hors-champ ; ici, à l’intérieur des foyers. Il faut ici saluer, si l’on en croit son interview sur France Inter le 21 octobre, jour de la sortie du film, le travail de Jean-Claude Carrière, qui a insisté pour filmer la violence de manière voilée. Il sublime ainsi la caméra noir et blanc de Michael Haneke qui met ici encore en lumière la difficulté de communiquer, l’empreinte des valeurs des classes moyennes et supérieures, la violence quotidienne et banale du Monde.

Les enfants, auxquels on attache un ruban blanc pour signifier leur innocence, leur pureté, ne sont-ils donc que les victimes dans cette histoire ? Ce film n’est pas seulement l’histoire du passage du ruban blanc au brassard noir, c’est également un film suggestif sur la tyrannie de valeurs et la manière dont elles sont intégrées par les acteurs. Une forme d’absolutisme moral qui faillit inciter le réalisateur à nommer son film « La main droite de Dieu », avec laquelle agissent les acteurs.

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Le soleil blanc du désert, de Vladimir Motyl (1970)

Titem | 13 octobre 2009

Le soleil blanc du désert, de Vladimir Motyl (1970)Le cadre de l’action se situe sur la rive est de la mer Caspienne, dans l’actuel Turkménistan. Fyodor Sukhov, soldat de l’Armée rouge, a combattu pendant plusieurs années en Asie centrale. Démobilisé, il prend la route du désert pour rentrer chez lui, là où sa bien-aimée Katherina l’attend. En chemin, il est pris dans une fusillade entre un régiment de cavalerie de l’armée rouge et des guerriers Basmatchis. Le commandant de l’unité de cavalerie, Rahimov, « convainc » Sukhov de l’aider temporairement : ce dernier doit prendre sous sa protection une partie du harem d’Abdullah, l’un des leaders basmatchis, et les amener en lui sûr. Avec l’aide de camp Petruchka, Sukhov part donc pour le point de rendez-vous convenu, mais Abdullah est déjà à ses trousses…

Beloe solntse pustyni
1970 / URSS / 1h25
Eastern de Vladimir Motyl

Avec Anatoly Kuznetsov (Fyodor Sukhov), Spartak Mishulin (Sayid), Nikolai Godovikov (Petruchka), Pavel Luspekaev (Vereschagin)…

Je n’aurais sans doute jamais entendu parler de ce film si je n’avais eu une discussion à ce sujet avec MoqueurPoli. Pourtant, en Russie, ce film est sans doute aussi populaire que La Grande Vadrouille, ses protagonistes et certaines répliques du film sont devenus cultes, comme par « The East is a delicate matter ». Une référence en matière de cinéma et de culture russe. Le rituel d’avant-départ des cosmonautes comprenait une projection du Soleil blanc du désert.

Mais qu’en est-il du film ? Il s’agit d’un « eastern » ; ce substantif n’étant ni une coquetterie lexicale ni un signe de condescendance de ma part. C’est bel et bien un genre cinématographique, répondant à certains codes. Spatiaux tout d’abord : l’Asie centrale. Temporels ensuite : l’URSS des années 1920-1930, lorsque l’Empire luttait contre les révoltes Basmatchis (mouvement panturquiste). Un peu comme les Américains tentaient tout au long du XIXe siècle de conquérir et de maîtriser leur territoire en repoussant les attaques indiennes. Les easterns n’eurent pas le succès de leur pendant américain.

Et pourtant ça y ressemble à bien des égards, un Clint Eastwood soviétique, viril, ingénieux et courageux, quoiqu’un peu plus fleur bleue – tout au long du film, il ne cesse de louer la beauté et la gentillesse de sa dulcinée. Des méchants contre lequel il faut lutter, même si l’on est loin du manichéisme, puisque le film fait état des luttes entre différentes factions. De l’action… et de l’humour !

Alors bien sûr, la mise en scène et disons… très particulière. Presque amateur : les plans sont coupés au couteau. Je me suis surpris à rire de la naïveté de certains passages – je caricature à peine – « la Révolution vous a rendu la liberté, vous qui viviez dans l’archaïsme de vos traditions ». Mais peut-être que pour nous Européens qui avons vécus à l’ombre d’une culture occidentale, nous ne nous rendons pas compte que de ce que notre propre culture peut comporter comme références qui nous semblent aller de soi et qui peuvent être naïves voire incongrues pour d’autres ?

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Un Prophète, de Jacques Audiard (2009)

Titem | 30 août 2009

Un prophète, de Jacques Audiard (2009)Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena ne sait ni lire, ni écrire. A son arrivée en centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 19 ans.
D’emblée, il tombe sous la coupe d’un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite. Au fil des « missions », il s’endurcit et gagne la confiance des Corses.
Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer discrètement son propre réseau…

2009 / France / 2h35
Drame de Jacques Audiard
Avec Tahar Rahim (Malik El Djebena), Niels Arestrup (Cesar Luciani), Adel Bencherif (Ryad), Reda Kateb (Jordi le gitan)…

Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 2009

Encensé par la critique lors de sa projection au Festival de Cannes, Un Prophète est un film qui ne laisse pas indifférent et marquera l’histoire du cinéma français. Il y a une qualité indéniable de la mise en scène, intelligente, qui nous fait progressivement entrer dans la peau de cette petite frappe enfermée entre les quatre murs d’une cellule insalubre. En ce qui me concerne, le sentiment de malaise, de peur, de schizophrénie presque, m’a pris à la gorge pour ne plus me quitter, temporairement, que pendant les rares scènes tournées à l’extérieur où le personnage en profite pour faire fructifier ses affaires.

Il y a le jeu des acteurs. Niels Arestrup dans la peau d’un parrain corse, Cesar Luciani, qui dégage une aura de puissance sourde mais potentiellement explosive, un chef de gang qui justifie son statut de véritable maître de la prison. Mais surtout, il y a Tahar Rahim, acteur presque inconnu autour duquel évolue la caméra de Jacques Audiard et dont on suit la survie puis la progression pendant ces six années d’enfermement. Enfant d’un foyer très tôt déscolarisé, il doit sa survie en prison à la protection de Cesar Luciani dont il est à la fois le larbin, l’homme de main, les yeux et les oreilles. Arrivé, comme le dit si bien Audiard dans une interview « sans histoire », il va lui même se construire sa propre histoire et, à force d’intelligence, d’alliances, créer son propre réseau et prendre la place du caïd à la place du caïd. Une issue « paradoxale » selon le mot du réalisateur, car Un prophète dépeint un individu qui n’aurait jamais atteint sa position s’il n’était pas passé par la case prison.

La prison comme « noviciat de la récidive » comme disait Tocqueville ? Oui, et même une école du crime, une zone de non-droit où la loi du plus fort est le seul maître à bord. Les matons sont les grands absents de ce film, on s’attend à ce qu’ils viennent mettre de l’ordre, il n’en est rien, ils subissent presque les conflits d’intérêts des criminels dont ils sont censés avoir la surveillance. Que le réalisateur l’ait souhaité ou non, ce film est également une expérience documentaire réquisitoire contre nos prisons : la surpopulation, l’insalubrité, la violence et les trafics en tout genre, l’absence ou la corruptibilité des gardiens, le porno dont on abreuve les prisonniers pour espérer les calmer…

Je ne reconnais qu’un défaut à ce film néanmoins : sa longueur. Parce que Un Prophète est effectivement trop long ? Parce que le film n’est pas qu’un film sur la prison, mais sur le parcours d’un détenu et qu’une fois les permissions accordées on a l’impression que le film est fini ? Parce qu’en raison du malaise ressenti, je souhaitais que le film se termine ? Parce que oui, six ans de prison, c’est long, et il faut tenir et accepter aussi le rythme du film, haletant dans ses scènes d’action, puis lent comme le silence, brisé aussi brusquement qu’un coup de poing fulgurant ou l’éclat d’une lame de rasoir ? Je vous en laisse juge.

Le film est-il « raciste » ? Joue-t-il sur les clichés des Corses mafieux et des Musulmans délinquants qui se radicalisent en prison, comme certains commentateurs l’ont avancé ? Je pense qu’il y a une part de réalité aussi bien que d’opportunité dans la description de Jacques Audiard : c’est montrer le jeu des alliances dans le crime (aux Etats-Unis, cela aurait pu se traduire par des tensions entre les afro-américains et les latinos) comme la dénonciation d’une forme de communautarisme.

Pour finir, écoutez ou réécoutez, si cela était déjà le cas, l’excellent webdocumentaire du Monde.fr sur Le corps incarcéré, dont les témoignages éclairent d’une lueur sombre les dysfonctionnements du système, la solitude et la déchéance des détenus.

Ailleurs sur la toile : Comment améliorer Un Prophète, par Luc Besson, article du Pédé du blog C’est La Gène !

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Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, de David Yates (2009)

Titem | 21 juillet 2009

Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, de David Yates (2009)L’étau démoniaque de Voldemort se resserre sur l’univers des Moldus et le monde de la sorcellerie. Poudlard a cessé d’être un havre de paix, le danger rode au cœur du château… Mais Dumbledore est plus décidé que jamais à préparer Harry à son combat final, désormais imminent. Ensemble, le vieux maître et le jeune sorcier vont tenter de percer à jour les défenses de Voldemort. Pour les aider dans cette délicate entreprise, Dumbledore va relancer et manipuler son ancien collègue, le Professeur Horace Slughorn, qu’il croit en possession d’informations vitales sur le jeune Voldemort. Mais un autre « mal » hante cette année les étudiants : le démon de l’adolescence ! Harry est de plus en plus attiré par Ginny, qui ne laisse pas indifférent son rival, Dean Thomas ; Lavande Brown a jeté son dévolu sur Ron, mais oublié le pouvoir « magique » des chocolats de Romilda Vane ; Hermione, rongée par la jalousie, a décidé de cacher ses sentiments, vaille que vaille. L’amour est dans tous les cœurs – sauf un. Car un étudiant reste étrangement sourd à son appel. Dans l’ombre, il poursuit avec acharnement un but aussi mystérieux qu’inquiétant… jusqu’à l’inévitable tragédie qui bouleversera à jamais Poudlard…

Harry Potter and the Half-Blood Prince
2009, États-Unis/Royaume-Uni, 2h32
Film fantastique de David Yates

Avec Daniel Radcliffe (Harry Potter), Rupert Grint (Ronald Weasley), Emma Watson (Hermione Granger), Michael Gambon (Albus Dumbledore), Tom Felton (Drago Malfoy), Jim Broadbent (Horace Slughorn), Dame Maggie Smith (Minerva McGonagall), Alan Rickman (Severus Rogue), Helena Bonham Carter (Bellatrix Lestrange)…

D’après la série littéraire de J.K. Rowling

Épisode de transition entre la « drôle de guerre » où le monde des sorciers refusait de croire au retour évident de Voldemort et le combat final entre le jeune sorcier et le maître de la Magie Noire, Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé est un des tomes préférés des lecteurs, parce qu’il est riche en émotions et en détails qui nous aident à mieux comprendre les personnages de cette riche histoire. Même le Vatican considère que ce film est le meilleur de la série, alors même que Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI, avait considéré en 2003 que ces aventures risquaient de « corrompre l’âme des jeunes chrétiens ». L’église catholique, toujours en avance, semble découvrir que le film traite du combat du bien contre le mal ! Ses éminents représentants ont sans doute été touchés par l’Esprit Saint… Passons.

Le réalisateur David Yates était une nouvelle fois aux commandes pour adapter un des volumes de Harry Potter. Quand je repense au résultat du précédent opus, qui m’avait déçu, cela ne pouvait que m’inquiéter. Les bandes-annonces semblaient annoncer un film jouant sur la dichotomie entre une atmosphère de plus en plus sombre et un autre combat, plus personnel, que livrent nos jeunes héros : celui des sentiments. Après coup, je rejoins l’analyse de Sonia Sarfati sur CyberPresse, il ne s’agit pas de la simple illustration du livre de J.K. Rowling, mais bien d’une interprétation, ce qui rend le film d’autant plus original, et même plaisant, où l’on rit franchement.

Saluons la direction de la photographie de Bruno Delbonnel : la qualité de cet opus est sans doute aussi grande que celle du Prisonnier d’Azkaban d’Alfonso Cuaron (de loin mon préféré actuellement). Rien à redire sur les effets spéciaux et les acteurs : les adultes comme les jeunes semblent prendre beaucoup de plaisir à camper leurs personnages, Alan Rickman et Michael Gambon en tête. Le personnage de Drago Malfoy prend une véritable dimension tragique. La scène la plus importante (que je ne vais pas spoiler mais tous ceux qui auront lu le livre savent à quoi je fais référence) est très forte émotionnellement.

Mais une nouvelle fois, on reste sur notre faim. Bien sûr, on pourra toujours dire que s’il avait fallu adapter de façon parfaitement fidèle, le film aurait duré des heures et coûté beaucoup plus cher. Mais parce que le film manque de rythme et d’intensité, réaliser un film de 2h30 n’excuse rien. Des souvenirs de Voldemort à peine développés (ou c’est reporté pour le tome 7 ?), une bataille finale encore une fois oubliée… Il n’y a plus qu’à espérer que les deux prochains films, tirés du dernier tome, seront à la hauteur de l’émotion et du suspens des romans !

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A voir également : la Minute d’Allocine spéciale Harry Potter.

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Garçon d’honneur, de Ang Lee (1993)

Titem | 6 avril 2009

Garçon d'honneur de Ang Lee (1993)Taïwanais installé aux États-Unis, Wai-Tong vit à New-York avec son compagnon Simon. Ces parents attendent impatiemment qu’il se marie et perpétue la lignée. Or, il n’a jamais osé révéler son homosexualité à ses parents. C’est alors que Simon conseille à Wai-Tong d’épouser sa locataire, Wei-Wei, jeune peintre sans le sou, qui cherche à obtenir une carte verte. La bonne idée se transforme en cauchemar lorsque les parents de Wai-Tong annoncent leur arrivée immédiate et qu’un ami du père transforme ce qui devait être un mariage discret en somptueuses noces…

1993, États-Unis/Taïwan, 1h46
Comédie dramatique de Ang Lee
Ours d’or au Festival du film de Berlin 1993.

Avec Winston Chao (Wai-Tong), May Chin (Wei-Wei), Mitchell Lichtenstein (Simon)…

Titre original : Hsi yen / The Wedding Banquet

12 ans avant Le secret de Brokeback Mountain, le film qui vaudra à Ang Lee de multiples récompenses, le réalisateur taïwanais tournait Garçon d’honneur. Le titre en français est sans doute meilleur, car plus significatif, que le titre anglais. Garçon d’honneur, ce n’est pas seulement la triste position de Simon, témoin bien malgré lui du mariage blanc de son compagnon. C’est aussi la difficile situation de Wai-Tong, qui doit, pour l’honneur de sa famille, se marier et donner un petit-fils, et combler ses parents.

A la folie de la nuit de noces lors de laquelle il aura fallu céder aux traditions ancestrales (ce qui nous donne un aperçu de la cérémonie du mariage en Chine) succède la tragédie des couples qui se déchirent devant des parents dépassés. Garçon d’honneur est un film plaisant sur la tolérance, la diversité culturelle, les traditions et le sens de la famille.

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Le secret de Brokeback Mountain, de Ang Lee (2005)

Titem | 2 avril 2009

Le secret de Brokeback Mountain de Ang Lee (2005).jpgEté 1963, Wyoming. Deux jeunes cow-boys, Jack et Ennis, sont engagés pour garder ensemble un troupeau de moutons à Brokeback Mountain. Isolés au milieu d’une nature sauvage, leur complicité se transforme lentement en une attirance aussi irrésistible qu’innatendue. A la fin de la saison de transhumance, les deux hommes doivent se séparer. Ennis se marie avec sa fiancée, Alma, tandis que jack épouse Lureen. Quand ils se revoient quatre ans plus tard, un seul regard suffit pour raviver l’amour né à Brokeback Mountain.

2008, Etats-Unis, 2h14
Drame de Ang Lee
Avec Heath Ledger (Ennis Del Mar), Jake Gyllenhaal (Jack Twist), Michelle Williams (Alma Beers Del Mar), Anna Hathaway (Lureen Twist).
D’après une nouvelle d’Annie Proulx.

Lion d’or de la 62ème Mostra de Venise (2005).
4 Golden Globes, 4 BAFTA.
Oscar 2006 du meilleur réalisateur pour Ang Lee.

Les médias ont jugé ce film, basé sur une histoire d’amour, « magnifique » et « briseur de tabous« . Briseur de tabous, il l’est sans conteste. Cette histoire d’amour impossible entre deux jeunes cow-boys dans une Amérique puritaine où l’homosexualité était encore considérée comme une maladie mentale et les relations entre personnes du même sexe un délit, est absolument poignante.

Mais inversement, je pense que l’on a beaucoup trop insisté, et à tort, sur le côté « magnifique » de l’histoire d’amour. L’histoire est puissante, mais elle n’est pas magnifique : elle est absolument tragique, et d’autant plus qu’elle se déroule sous le sceau du secret, de la peur du regard de l’autre. On retiendra également du film les paysages absolument somptueux (tournés… au Canada !) et la  bande originale ; cadre dans lequel évolue le jeu sincère de ces deux jeunes acteurs… Ce film mérite amplement les récompenses qui lui ont été accordées.

En outre, parler de « western gay » me semble particulièrement exagéré : ce n’est pas le plus important, car comme le précise Ang Lee, « c’est d’abord une histoire d’amour« . Ceux des associations américaines et religieuses qui prônent « la sauvegarde des valeurs morales » et jugèrent à sa sortie ce film « pornographique », se sont sans doute trompés de salle et en sont pour leurs frais.

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