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La fin d’une quête de 15 ans ou le destin de Lavoisier

Titem | 13 février 2009

Titre un peu pompeux sans doute, c’est pourtant bien cette pensée-là qui m’a traversé lorsque, il y a quelques semaines, je trouvais enfin la réponse à une (vaine) question que je me posais depuis bien des années. A tout autre que moi cela pourrait paraître bien anodin, et pourtant cette histoire pourrait bien vous intéresser…

J’avais à peine 7 ans et je ne loupais aucun des épisodes de la série d’Albert Barillé “Il était une fois… les découvreurs”, diffusée sur Canal Plus. Je les avais enregistrés et me repassait la cassette en boucle en rentrant de l’école. C’est ainsi que naquit chez moi cette passion pour l’histoire qui ne cesserait de grandir, même si je renonçais finalement à une carrière de professeur d’histoire.

Portrait de Monsieur de Lavoisier et sa femme par Jacques-Louis DavidMais parmi les épisodes, il en est un qui me marqua plus que les autres, celui consacré au père de la chimie moderne : Antoine-Laurent de Lavoisier. C’est lui qui découvrit la composition de l’eau (hydrogène et oxygène). Lui encore qui fut à la base du système métrique tel que nous le connaissons. Son immense talent et son destin tragique m’ont sans doute touché, et je devais en garder un dégoût de l’injustice. Mais que pouvais-je comprendre à cet âge-là ? Qu’est-ce qu’un fermier général, ce pour quoi il fut guillotiné le 8 mai 1794 ? Et pourquoi la Révolution avait-elle mis à mort un savant qui aurait pu être utile à la France, quoiqu’en dit dans sa célèbre sentence le président du tribunal qui le condamna, Coffinhal : “La République n’a besoin ni de chimistes, ni de savants ; il faut que la justice suive son cours”.

Dans l’épisode, on voyait des hommes habillés comme à l’époque monter dans une charrette qui allait les conduire à la mort. On les appelait un par un : Lavoisier était le 4ème. Et puis il y eut cette question qui me traversa. Était-il vraiment le 4ème ? Les noms que l’on entendait étaient-ils vraiment ceux des fermiers généraux qui furent exécutés en même temps que Lavoisier ? Étaient-ils eux aussi des savants, des hommes connus ?

Je demandais à des personnes douées en histoire, sans succès. Je voulais aller au Panthéon car il me semblait inconcevable qu’un homme comme Lavoisier n’y fut pas inhumé. Quand je demandais à un gardien du Panthéon si mon héros s’y trouvait, je fus déçu d’entendre que non, et même outré quand il me demanda s’il était de Paris. “Il y est né et il y est mort”. Plus tard encore j’eus accès à l’encyclopédie Universalis, et bien plus tard j’empruntais la biographie de Lavoisier à la bibliothèque de l’IEP de Rennes où je ne trouvais pas de réponse à mes questions.

Ce n’est que plus tard que je compris…

Je compris que les fermiers généraux étaient responsables de la collecte des impôts, que cette charge leur conférait une fortune immense qui suscitait bien des rancœurs. C’est grâce à cela que Lavoisier put acquérir un matériel de haute précision pour mener ses recherches. C’est aussi ce qui causa sa perte : ses collègues et lui furent accusés de détournement de fonds publics au profit de l’étranger. Sans preuve.

Je compris que le corps de Lavoisier, après son exécution, avait été jeté dans une fosse commune du cimetière de la Madeleine et que les corps des cimetières  parisiens de l’époque furent transférés dans les catacombes de Paris.

J’appris que la légende raconte que Lavoisier, attendant son exécution, lisait un livre et que quand vint son tour, marqua sa page, comme s’il espérait pouvoir reprendre sa lecture.

C’est en décembre 2008, à New-York, au Metropolitan Museum of Art, que je tombais en admiration devant le tableau de Jacques-Louis David représentant Lavoisier et son épouse, Marie-Anne Paulze. J’apprécie par ailleurs beaucoup la peinture de cette époque, et je ne pensais absolument pas trouver ce portrait ce jour-là, à cet endroit là.

Enfin, il y a quelques temps, alors que je surfais sur Internet, j’eus l’idée de chercher la liste de ces fameux fermiers généraux. J’avais déjà tenté ma chance il y a deux ans, sans succès. Et après quelques minutes, je tombais sur une version numérisée d’un livre d’Edouard Grimaux, sobrement appelé Lavoisier publié en 1888. Et là, page 304, en note de bas de page “les vingt-huit condamnés étaient : …”.

La liste.

Liste fermiers généraux exécutés en même temps que Lavoisier.jpgListe fermiers généraux exécutés en même temps que Lavoisier - 2.jpg

Je me doutais aujourd’hui qu’il ne s’agissait pas de personnes connues. Cette liste n’a sans doute aucune importance si ce n’est pour les historiens, les passionnés… ou les descendants des victimes. Mais pour moi, outre les réponses historiques et l’amour pour cette science, c’est la réponse à un enfant qui devait découvrir plus tard l’absurdité des choses et l’injustice qui nous entoure.

Le lendemain, le scientifique Louis Lagrange dira à propos de Lavoisier : “il ne leur a fallu qu’un moment pour faire tomber cette tête et cent années peut-être ne suffiront pas pour en reproduire une semblable”.

Albert Barillé Maestro.jpg… Ironie du sort : c’est en cherchant des images d’Il était une fois… Les découvreurs pour illustrer cette note que j’apprends que l’homme qui fut à l’origine de cette série et de tant d’autres, Albert Barillé, est décédé il y a deux jours. Maestro est mort, vive Maestro… et merci !

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Justin Trudeau, le Jean Sarkozy canadien (?)

Titem | 16 octobre 2008

Trudeau. Ce nom ne vous dit peut-être rien, à moins d’être intéressé par l’histoire politique du Canada ou d’avoir atterri à l’aéroport international de Montréal, Pierre-Elliott-Trudeau. Ce dernier fut Premier Ministre du Canada pendant près de 15 ans : de 1968 à 1979 et de 1980 à 1984. Dynamique , flamboyant, intellectuel, un brin provocateur, il reste dans les mémoires des Canadiens comme l’un des plus grands Premier Ministre du Canada. Détesté par les uns, adulé par les autres (on a parlé à son sujet de Trudeaumania), il ne laisse pas indifférent.

Les élections générales ont eu lieu le 14 octobre au Canada, suite à la dissolution du Parlement décidée par la gouverneure générale Michaëlle Jean, sur avis du Premier Ministre conservateur Stephen Harper (voir mon précédent article avec un paragraphe sur les institutions du Canada).

Après des sondages contradictoires, c’est finalement le parti conservateur qui conserve le pouvoir. Mais s’il gagne seize sièges, sa majorité reste toujours relative. La plupart des sièges ont été gagnés sur les Libéraux, qui perdent dix-neuf sièges. Mais s’il est bien une victoire que les Libéraux n’ont pas manqué de célébrer, c’est celle de Justin Trudeau, fils de Pierre Elliott qui, à 37 ans, fait son entrée au Parlement Canadien. Il a remporté une victoire remarquée (41,5 %) dans la circonscription de Papineau (qui couvre l’arrondissement de Villeray Saint-Michel Parc-Extension), certes historiquement libérale, face à la députée sortante du Bloc Québécois, Vivian Barbot (38,6 %) qui avait mis fin à l’hégémonie libérale sur ce territoire en battant le ministre Pierre Pettigrew.

Lors de mon séjour au Canada, j’avais rencontré Vivian Barbot, je l’avais même interviewée. Je suis désolé d’avoir appris sa défaite, elle qui m’était apparue une femme véritablement dévouée au mieux-être des personnes qu’elle représentait, dans cette circonscription multiéthnique (39 % des électeurs de Papineau seraient des immigrants, d’après cet article) plutôt défavorisée (le taux de chômage s’y élève à 13,3 %, contre 7,4 % en moyenne dans le pays)… mais dynamique.

Mais j’avais aussi eu l’occasion de rencontrer Justin Trudeau. Grand, sourire à la Jean Lecanuet (ou JFK), des yeux brillants… Un charisme indéniable (bon, là c’est une photo libre de droits de Wikipedia, un peu d’indulgence…) Une proximité à l’égard des électeurs – même si c’est une qualité incontournable en politique !

Mais journalistes comme hommes politiques, aucun ne manque de rappeler l’illustre ascendance du jeune élu. “Sur les traces de son père” écrivait même Gabrielle Duchaine, du Journal de Montréal. Pour l’attaquer sur son soutien au bilinguisme et au fédéralisme notamment, comme le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, qui avait appelé à la fierté nationale des Québécois afin de défaire le fils du fédéraliste Pierre Elliott Trudeau. Le même Duceppe accusait Justin Trudeau de constituer une “menace pour l’avenir de la nation québécoise et la langue française”, de vouloir ramener le Québec “40 ans en arrière” et de souhaiter “refaire les batailles de son père”. En somme, on évoque le fantôme du père – Pierre Eliott Trudeau est décédé en 2000 – pour mieux s’en prendre au fils.

Ce dernier, bien qu’il ait déjà avoué sentir la présence de son père tous les jours, le candidat libéral s’est toujours défendu d’en être l’émule. Car d’autres rappellent que si le père fut élu de la riche circonscription de Mont-Royal, le fils , plus de 40 ans plus tard, a choisi celle plus modeste de Papineau, alors même qu’on l’attendait dans Outremont, circonscription plus prospère. En comparaison, Jean Sarkozy est élu du canton de Neuilly-sur-Seine-Sud, son père était encore il y a peu maire de Neuilly-sur-Seine, député, et conseiller général du canton au Nord ! Le terrain était donc encore frais pour le fils Sarkozy.

Nicolas et Jean Sarkozy

Il est certain que si porter un nom célèbre donne un argument contre vous à vos adversaires, il peut être également un atout auprès des électeurs. C’était déjà le cas lors de l’élection présidentielle de 1848 qui vit la victoire de Napoléon III, neveu de l’empereur ! Et ce même quand son illustre parent est décédé ! Ce qui n’est pas le cas de Jean Sarkozy, qui doit en plus supporter les critiques de ceux qui voient son insertion politique comme le fait du prince père.

Certains au Canada voient déjà Justin Trudeau comme le futur Premier Ministre de son pays, d’ici 10, 20 ans peut-être. D’ici là, Jean Sarkozy, plus jeune, trouvera peut-être en Justin Trudeau l’exemple de tout ce qu’il devra supporter s’il doit prétendre à de plus hautes responsabilités. Et de leur souhaiter une meilleure réussite politique qu’un autre fils de… J’ai nommé W…

N.B. : Les commentaires de nos amis Canadiens ou expatriés à ce sujet sont éminemment les bienvenus !

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Je me souviens du 11 septembre et de Ground Zero

Titem | 11 septembre 2008

L’événement était dramatique, tragique, historique. Il devait frapper les esprits et marquer l’entrée dans une nouvelle ère. Chacun se souvient où il était et ce qu’il faisait au moment où il a appris ce qui s’est passé ce jour-là.

Je venais de finir ma journée de cours. Mon père venait me chercher au lycée, où je venais d’entrer en seconde quelques jours auparavant. J’avais terminé par un cours de sport. J’ai demandé à mon père s’il pouvait raccompagner un ami, il accepta. Puis m’annonça qu’il s’était passé quelque chose de grave à New York : deux avions avaient percuté des buildings qui s’étaient effondrés, on pense à une tentative d’attentat.

Je me souviens avoir aussitôt allumé la télé pour voir l’avion percuter la seconde tour, puis les voir s’effondrer, voir les gens courir dans les rues pour échapper au nuage de poussière et de débris qui recouvraient les artères. Un journaliste sur place évoquait des dizaines voire des centaines de milliers de morts… peut-être près d’un million ! J’étais très choqué.

Et j’avais peur. Les Etats-Unis allaient réagir, c’est sûr. Ils ne se laisseraient pas faire. Et nous allions les suivre. Nous serions en guerre.

Oui il y a eu beaucoup de morts dans ces attentats. Et beaucoup d’autres morts ensuite, dans les guerres “contre le terrorisme”.

Et puis en décembre 2007, je suis allé à New York. Avec mes amis, nous nous promenions dans Manhattan, nous devions finir notre petit tour matinal par Ground Zero. Les gratte-ciel s’élevaient haut dans le ciel, on se sentait comme dans un labyrinthe. Nous plaisantions. Je me souviens avoir dit “tiens c’est marrant, l’espace est plus ouvert en face”. C’était déjà Ground Zero. L’effondrement des tours avait laissé un trou dans le paysage. Dans cette forêt de hauts bâtiments, on avait vraiment le sentiment qu’il y avait eu, là devant nous, quelque chose.

World Trade Center (1) [Flickr : Titem]

On tente de voir ce qui se cache derrière les palissades. Entre deux planches de tôle, on peut observer le trou béant dans le sol et les machines de construction qui s’activent.

World Trade Center (3) [Flickr : Titem]

Nous nous sommes rapprochés du mémorial. Je me surprends à avoir des larmes aux yeux à la lecture des noms des quelques 3000 personnes décédées lors de ces attentats. On a du mal à croire qu’une chose aussi terrible a pu se passer. Et pourtant, me voilà debout, à cet endroit, cela s’est passé là.

Ground Zero 2

World Trade Center [Flickr : Titem]

Des gens déambulent autour de nous avec dans leurs mains des cartes postales et des photographies de cette tragédie, filmée en direct et retransmise dans le monde entier. Ça nous met mal à l’aise. Comme si nous ne les avions pas assez vues, ces images choc. Ces gens tentent de gagner leur vie sur cette tragédie, dans ce sanctuaire presque silencieux par rapport au vacarme urbain du reste de la ville.

Ce jour-là, à New-York, près de Ground Zero, j’ai pu ressentir la tragédie d’une nation, frappée dans son orgueil. Ce qui s’est passé là-bas a eu lieu il y a sept ans aujourd’hui.

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Deux heures d’Internet top chrono… et puis s’en va en vacances

Titem | 30 juillet 2008

Voilà 72 heures que je suis maintenant sans Internet. Depuis dimanche soir, impossible de me connecter sur ce réseau WiFi habituer depuis chez moi, alors même que je devrais pouvoir y avoir accès. Cela marchait bien jusqu’à présent. Les mystères d’Internet…

72 heures sans Internet. C’est dur, surtout quand, normalement, ce qui exacerbe votre frustration, vous devriez pouvoir y accéder ! Impossible de se connecter à ce réseau WiFi et, si j’ai accès au web au travail, je n’ai pas le droit, pour des raisons de sécurité, de me connecter sur mes différents compte personnels. Pas de consultation de messagerie, ni bien sûr de messagerie instantanée. Pas de blogs et de Google Reader. Pas de Facebook (ouais en fait ça me manque pas !). Pas de podcasts (ça, c’est dur !) etc. Alors à la place, on regarde les films et les séries que l’on n’a pas eu le temps de visionner ! On pourrait aussi lire les livres qu’on n’a pas eu le temps de parcourir, mais il me manque un bon canapé et une petite lumière tamisée (papy a des goûts exigeants !).

J’y essayé de me montrer patient, espérant que cela reviendrait. Mais en fait, je n’ai pas grand espoir. Je suis d’abord allé dans un premier café de rue Ledra… qui eux aussi avait des problèmes de Wi-Fi. Me voilà donc au Starbucks Coffee de la rue Ledra, tout près du check point vers la partie turque. La mondialisation n’a pas épargnée Chypre, ni même la vieille ville. Faut-il s’en plaindre ? Peut-être. Néanmoins, je me sens ici un peu comme chez moi. Starbucks, c’est aussi là où j’ai partagé ces fameuses boissons frappées aux fruits. Un délice.

Deux heures d’Internet et pas une de plus. De toute manière, il me faut rentrer chez moi, à Engomi, une demi-heure à pied.

Plus qu’une semaine à Chypre. Que le temps a passé vite… Ou plutôt ce temps parallèle, suspendu, comme si mon histoire personnelle, qui a commencé en France s’était mise entre les parenthèses d’une expérience à l’étranger. Pour autant, j’ai bon espoir que ces temps finiront par se rejoindre, que je retrouverai les personnes qui ont animé ce temps exceptionnel, et que je tirerai les bénéfices de cette expérience par la suite.

En vacances à partir d’aujourd’hui, je prendrais le temps de visiter encore Chypre, avant de rentrer auprès des miens me reposer. Comme je ne pense pas récupérer Internet de si tôt, l’activité de ce blog sera très fortement réduite, et ce au moins jusqu’au 15 août.

Au plaisir de vous retrouver en pleine forme à la rentrée !

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Chypre : le bon départ vers la réunification ?

Titem | 25 juillet 2008

Mes précédents articles sur Chypre :

Un nouvel espoir pour la réunification de Chypre ? [CaféBabel]
Le long chemin vers la réunification
Nicosie, capitale coupée en deux d’un pays divisé

La réunion d’aujourd’hui entre les leaders des deux communautés chypriotes a tenu ses promesses. Comme prévu, les dirigeants ont convenu ce vendredi d’une date pour le début des pourparlers officiels en vue d’une solution globale à la question de Chypre : le 3 septembre.

Le dirigeant chypriote-turc Mehmet Ali Talat, le président de la République de Chypre Dimitris Christofias, ainsi que le chef de la mission de l’ONU à Chypre, Taye-Brook Zerihoun, s’étaient retrouvés une nouvelle fois à l’aéroport désaffecté de Nicosie, située à l’intérieur de la Ligne Verte, dans la zone contrôlée par l’ONU.

Ni les polémiques sur l’avancée réelle ou supposée des discussions au sein des comités techniques et groupes de travail, supposés préparer les pourparlers officiels entre les deux leaders, ni la colère de Mehmet Ali Talat contre la signature d’un mémorandum entre la République de Chypre et le Royaume-Uni n’ont eu raison des discussions entamées au lendemain de l’élection de Demetris Christofias, le Président néocommuniste de la République de Chypre, jugé plus souple que son prédécesseur Tassos Papadopoulos. Pas plus que la venue du Premier Ministre turc Erdogan à Chypre Nord le jour anniversaire de l’invasion de Chypre par l’armée turque, lors duquel il réclamait de prendre en compte que “la solution passera par la création d’un partenariat fondé sur l’égalité entre les deux peuples et deux Etats séparés.” Un commentaire qui avait suscité les foudres de la République de Chypre qui, comme l’ensemble de la communauté internationale hormis Ankara, ne reconnaît pas la “République Turque de Chypre Nord”.

Cette réunion fut l’occasion pour les deux hommes de se mettre d’accord sur un certain nombre de points, importants pour la suite des événements (voir le communiqué officiel commun)

  • Deux référendums, séparés et simultanés, portant sur la solution d’accord global, seront organisés.
  • Les leaders ont approuvé seize nouvelles propositions d’accord des comités techniques et ont demandé à ce qu’elles soient mises en oeuvre immédiatement. Ces propositions ont trait à l’héritage culture, la maîtrise des crises, les questions judiciaires.
  • Une ligne directe (autrement dit, un “téléphone rouge”) sera installée entre les deux hommes.
  • Ils ont également demandé à leurs représentants de discuter l’ouverture de nouveaux check-point, en particulier à Limnitis, ville située à l’ouest de Nicosie.
  • Ils ont enfin salué la nomination d’un envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies, Alexander Downer, auparavant Ministre des Affaires Etrangères d’Australie.

Rue Ledra

Rue Ledra (7), [Flickr : Titem]

Pourquoi alors “le bon départ ?”

Pourquoi cette hésitation ? En 34 ans de division, ce n’est pas la première fois que des discussions ont lieu en vue d’une résolution de la question de Chypre. Certains Chypriotes se montrent assez pessimistes, alors même que sans doute, on n’a jamais été aussi prêt d’une solution.

Plusieurs défis doivent impérativement être relevés si l’on veut aboutir à une solution. Il s’agit de résoudre les très sensibles questions de l’expropriation et du sort des Turcs d’Anatolie, considérés par beaucoup comme des “colons” venus modifier la démographie de Chypre. Deux questions laissées en suspens dans le Plan Annan, rejeté pour ces raisons par les Chypriotes grecs. Il faudra également que l’accord global soit économiquement viable. Et enfin, si référendum il doit y avoir, savoir qui pourra y prendre part dans la Partie Nord, car nulle doute que les Turcs installés à Chypre ne verront pas d’un bon oeil un texte qui leur demanderait de quitter l’île d’Aphrodite.

Enfin, comme je l’indiquais dans mon article sur CaféBabel : le temps jouera contre les deux leaders. Dix mois : c’est le temps dont ils disposent, avant que ne débute la campagne électorale au Nord. Mehmet Ali Talat, critiqué dans son propre camp, risque en effet de ne pas être réélu. Que ce départ soit donc le bon, sinon la perspective d’une résolution pourrait s’éoigner encore davantage.

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Fêter le 14 juillet chez un ambassadeur

Titem | 17 juillet 2008

“J’ai fait une garden party chez tel ministre” “j’ai été à la garden party présidentielle” m’ont dit quelques amis. Et bien à chacun son moment d’orgueil : j’ai fêté le 14 juillet à l’étranger, à Chypre, à la résidence de l’ambassadeur.

Pas de rillettes Bordeau-Chesnel ou de chocolats Ferrero Rocher… Mais des petits fours, des amuses-bouches, de la charcuterie et du fromage venus tout droit de France. De quoi rappeler quelques bons souvenirs à certains des Français présents et qui n’ont que peu l’occasion de manger des produits de chez eux – même s’il leur arrive aussi de retourner en France pour en profiter !

Ce genre de réception est l’occasion de rencontrer du monde. Les habitués diront “toujours les mêmes” et c’est vrai que l’on rencontre souvent les mêmes visages. Mais quand ce sont des visages sympathiques, cela n’a rien de gênant, au contraire ! C’est l’occasion de vous présenter tel responsable politique ou économique. L’occasion aussi de partager son expérience avec d’autres stagiaires ; j’ai ainsi passé une grande partie de ma soirée avec une stagiaire allemande, à parler de nos expériences, de nos voyages, de nos études.

On dit souvent que ce genre de réceptions mondaines est le royaume des hypocrites, on se salue, on se congratule, mais ce n’est qu’une façade. Qu’il ne reste rien une fois que la soirée s’achève, que l’on quitte un pays, un poste… Peut-être. Mais il en va ainsi de beaucoup de relations professionnelles. On n’y pense pas, on profite de passer une soirée agréable, à discuter de tout et de rien, avec des gens que l’on ne reverra sûrement plus mais qui participent d’une expérience, partagent une leçon de vie. C’est cela aussi , les séjours à l’étranger.

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Le soir où je me suis improvisé DJ

Titem | 15 juillet 2008

Je ne prétends pas avoir des goûts musicaux très originaux (voir mon profil lastfm) ou être à la pointe des dernières sorties musicales. Mais j’ai de quoi animer les soirées des nostalgiques des années disco et des années 80.

C’est ainsi qu’à l’annonce d’une soirée de l’association “Vivre à Chypre” où était précisé sur l’invitation, “n’hésitez pas à apporter votre musique”, je me suis proposé de leur fournir ce que j’avais en ma possession. La soirée avait lieu dans une boîte de Nicosie et le DJ, sentant visiblement que cette musique ne plaisaient vraiment qu’aux Français (comment peut-on danser sur des trucs aussi “ringards” je vous le demande ;-) ) essayait tant bien que mal de passer du RnB ou du rap… Essayez de faire danser un groupe de personnes qui n’apprécie pas ce type de musique, et vous obtiendrez le même résultat qu’après un “je coupe le son” de Katerine. Tout ce qu’il obtint, c’est de faire fuir les Français du dance-floor et de la boîte, tandis que les Chypriotes ne nous remplacèrent pas…

Deuxième épisode : soirée du Centre Culturel Français ce dimanche soir, veille du 14 juillet. Ma musique est une nouvelle fois mise à contribution, mais cette fois, charge à moi de faire la playlist et de la passer. J’apporte avec moi mon fidèle ordinateur, des playlists toutes prêtes. Au programme : de la musique française. D’abord des standards “positifs” sans être trop dansants pour accueillir. Puis du zouk, de la disco, et pour finir les standards dansants des années 1980.

La soirée est entrecoupée de passages où une chanteuse et un accordéoniste animent eux aussi la soirée, respectivement de chansons françaises et de polkas dansantes. Ça coupe un peu le rythme de la soirée dira-t-on.

Contrairement à ce qu’affirme Daniel Morin dans ses chroniques sur Ouï FM (non pas possible, c’était sa dernière vendredi dernier ???), le zouk, ça ne fait pas bouger les foules. Ou alors les très jeunes. Dommage, j’aurais cru que… Heureusement, les standards des années 80 font un effet quasi direct ! Je déroge au caractère uniquement français de l’événement pour ajouter quelques standards disco internationaux.

Pour le logiciel : je ne me suis pas cassé la tête. Toute ma musique est sur iTunes, des playlists étaient déjà prêtes à l’usage. Le seul problème, ce sont les transitions. Quand vous passez d’une chanson à une autre sur une même playlist, aucun problème, vous pouvez prévoir une transition en douceur. Mais lorsque la chanson n’est pas sur la même playlist, les transitions s’entendent… Moralité, pour la prochaine fois (si tant est qu’il y en ait une) : trouver un logiciel vraiment performant pour jouer les DJ d’un soir.

Car accessibilité du DJ en herbe oblige, on me suggérait tel ou tel morceau (“j’adore cette chanson”) auquel je n’aurais pas nécessairement pensé. Heureusement pour moi, j’avais tout de même prévu l’artillerie lourde, avec la totalité de la musique de mon disque dur externe. Et guidé par mon intuition, j’enchaîne quelques morceaux classiques du rock français des années 80 (Niagara, Rita Mitsouko, Téléphone, Indochine…) je passe même du Beach Boys, de la musique raï… Et ça plaît !

C’étaient certainement des choix beaucoup moins originaux et rythmés que ce que l’on peut écouter dans les discothèques. Mais ça m’a, moi aussi, amusé de “regarder danser les gens”.

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Enthousiasme douché des Chypriotes pour l’eau de Grèce

Titem | 9 juillet 2008

C’est LE feuilleton de cet été à Chypre ! Alors que les regards sont tournés vers la péninsule ibérique et qu’un salon sur l’eau se tient actuellement à Saragosse, le pays le plus excentré de l’Union européenne fait face à l’une des pires sécheresses de son histoire. Ces dernières années, il est tombé en moyenne moins de 500 mm de pluie. La tempête de grêle et les inondations qui ont frappé le centre de l’île au mois de mai n’étaient qu’exceptionnelles et brusques. A mon arrivée à Larnaca, les vertes plaines de la Mesaoria avaient laissé la place à des champs de terre jaune ocre et d’herbe brûlée. Le fleuve Pidieios n’est plus qu’un filet d’eau stagnante.

Réserve eau Athalassa

Conséquence directe de cette sécheresse : les nappes phréatiques et réserves d’eau du pays sont au plus bas, à moins de 10 % de leur capacité. Conséquence pour les habitants : l’eau est  régulièrement coupée, il faut alors compter sur les réserves des citernes que l’on trouve sur chaque toit des maisons et bâtiments chypriotes. J’ai dû subir ce petit désagrément le premier jour de mon stage à Chypre, et ce n’est vraiment pas drôle. J’imagine le désarroi des habitants qui souhaitent prendre une douche alors qu’il fait 40° dehors… Le Cyprus Mail a même fait le portrait du “Monsieur Tuyau” de Chypre, le responsable du Water Development Department : l’homme révélait que des gens l’appelaient même la nuit pour l’insulter parce qu’ils n’avaient pas d’eau !

Robinet eau coupée

C’est parce que les barrages et les deux usines de désalinisation sont insuffisantes que cet organisme a dû se résoudre à ces coupures d’eau. Et pour pallier l’urgence, le gouvernement a demandé à la Grèce de lui fournir 8 millions de cubes d’eau. Une opération qui coûtera de 35 millions d’euros, dont cinq pour la construction des infrastructures terminales. C’est là que cela devient amusant…

Attendue comme la mousson en Inde, un premier tanker de 200 mètres de long et contenant 50 000 mètres cubes d’eau a débarqué lundi dernier. Le temps de faire des analyses, l’eau aurait dû être distribuée en début de semaine. Seulement voilà : la compagnie chargée du contrat a mal calculé le pipeline du bateau vers le centre de distribution : il manque 3 mètres 50 de tuyaux. Elle se défend en disant que son contrat court jusqu’au 22 août. Ben voyons. Et pendant ce temps, des gens attendent l’eau pour prendre leur douche…

… A moins que ça ne soit pour arroser leurs pelouses et leurs trottoirs, laver leurs voitures en plein soleil, (!) scènes que l’on voit trop souvent dans un pays où l’eau est précieuse. Construire des usines de désalinisation pour devenir indépendant, d’accord. Prévoir un retraitement des eaux usées, il serait peut-être temps. Mais la responsabilisation des habitants aussi doit être menée, ou l’écologie n’est qu’un vain mot.

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A Québec, François Fillon se prend “les pieds dans les lys du tapis”

Titem | 7 juillet 2008

Que n’a-t-on pas entendu lorsque Ségolène Royal a “gaffé” au Québec. Souvenez-vous : en janvier 2007, lors d’une rencontre avec André Boisclair, alors chef du Parti Québécois (PQ), favorable à l’indépendance de la province, la Présidente de la région Poitou-Charentes, répondant à une question sur la souveraineté du Québec, affirmait que sa position “reflétait des valeurs communes, c’est -à-dire la liberté et la souveraineté du Québec“.

Elle avait beau expliquer que cela signifiait qu’il incombait au Québec de se prononcer de façon libre et souveraine sur son appartenance à la Confédération canadienne, la polémique a tenu en haleine les médias de part et d’autre de l’Atlantique. Souveraineté politique (autrement dit, indépendance) ou souveraineté dans son choix ? Cette dernière interprétation était également possible… Il n’empêche. En période de campagne électorale, on s’est empressé de critiquer l’incompétence de la candidate socialiste.

Visiblement, le Québec ne réussit pas à nos hommes politiques. A l’occasion du 400ème anniversaire de Québec, le Premier Ministre, François Fillon, a évoqué à deux reprises les relations entre “deux pays” en parlant de la France et du Québec. Il n’échappe à personne que le Québec, si elle est une nation, n’est pas un pays. D’autant plus regrettable que l’on sait très bien que le sujet est sensible et que les Français se laissent souvent aller à des élans d’amour un peu maladroit pour la Belle Province.

C’est ainsi qu’il a reconnu son “écart de langage” et fait amende honorable : “J’aurais dû dire : entre deux nations”. L’incident aurait pu en rester là s’il n’avait pas ajouté : “Pour moi, pays est un mot qui a plusieurs sens et chez moi, c’est un endroit où il y a des paysans”… C’est marrant, mais au Québec aussi ! Ils ont beau avoir un accent (ou ne serait-ce pas nous qui avons un accent ;-) ) et ne pas toujours avoir le même vocabulaire, il arrive que l’on se comprenne ! Et là pour le coup, l’explication n’a pas non plus convaincu grand monde.

Pour reprendre les propos d’un commentateur sur le site du Monde : “Il tente de se raccrocher au branche (sic), mais il déracine l’arbre qui lui tombe dessus…”

Mais pour ne pas en rester sur cette mini-polémique qui certes froisse nos amis canadiens mais ne constitue pas un incident diplomatique – et puisque dorénavant dans certains pays il faut parler des bonnes nouvelles ! – rappelons que cette visite du Premier Ministre a été l’occasion de signer des partenariats entre la France et le Québec, notamment dans le domaine médical et universitaire !

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Pourquoi l’indépendance du Québec ne fait plus recette

Titem | 4 juillet 2008

En réaction à un commentaire d’Olivier de Montréal, quelques développements sur l’indépendantisme québécois. Je ne prétends pas apprendre des choses aux expatriés de longue date et encore moins aux Québécois (mais je serai ravi d’avoir leur opinion à ce sujet… “Olivier ?” – “l’autre”, celui de Gatineau ^^. Mais en cette période où l’on fête le 400ème anniversaire de la fondation de Québec, il est intéressant de comprendre, vu de France, les raisons du reflux de l’idée indépendantiste.

Il y eut dans l’histoire de la Belle Province deux référendums. Le premier en 20 mai 1980, à l’initiative du Premier Ministre provincial René Lévesque, fondateur du Parti Québécois, et rejeté à 59,56 %. Le second ,à la faveur du retour au pouvoir du PQ et de son chef, Jacques Parizeau, le 30 octobre 1995, a vu la courte victoire du non, à 50,58 %. On pourrait revenir longuement sur les conditions de ce vote, l‘article consacré à ce sujet sur Wikipedia apporte quelques développements à ce sujet, mais la rancœur me paraît bien inutile.

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Drapeau Québec.jpg“Si je vous ai bien compris, vous êtes en train de dire : à la prochaine fois !” déclarait alors René Lévesque au soir de la défaite. Et pourtant, la perspective d’un nouveau vote et donc de l’indépendance du Québec semble s’éloigner progressivement. Des sondages accordent entre 35 et 42 % de Québécois favorables à l’indépendance de leur province de la Confédération canadienne.

L’article du Monde en donne plusieurs explications.

Le Québec est parvenu à imposer la fameuse “loi 101″, ou Charte de la langue française. Cette loi-cadre définit les droits linguistiques des citoyens du Québec mais fait également du français la seule langue officielle de l’État québécois. Un progrès indéniable dans ce qui fonde – en partie – l’identité des Québécois.

Une identité par ailleurs renforcée par une motion votée en 2006 par le Parlement d’Ottawa, reconnaissant que le Québec constitue une “nation”. Une reconnaissance importante, mais qui peut passer pour une manière de satisfaire des Québécois “modérés” et abaisser les velléités indépendantistes.

Déjà à l’origine de cette motion, le Premier Ministre fédéral, Stephen Harper, se montre beaucoup plus conciliant avec les autorités québécoises, acceptant certaines revendications, notamment en matière fiscale.

Enfin, l’article du Monde note la baisse de la popularité du Parti Québécois, arrivé, 3ème avec 26 % lors des dernières élections provinciales. Le parti de Pauline Marois cherche à se recentrer sur un projet-social libéral au détriment de la perspective d’un nouveau référendum.

Mais il y a me semble-t-il une autre raison importante, et qui n’a pas été évoquée par l’article : le nombre croissant d’immigrés au Québec. Dans l’extrait vidéo ci-dessus, vous avez pu entendre Jacques Parizeau donner les raisons de l’échec du second référendum “l’argent et des votes ethniques”. Des propos qui ont provoqué beaucoup de réaction à l’époque. En 1995, 60 % des Québécois francophones ont voté en faveur de l’indépendance. Anglophones et allophones ont voté non. Certaines tribus indiennes ont même rejeté la proposition à plus de 95 % !

Or le Québec accueille chaque année plus de 45 000 immigrants. Selon des statistiques pour l’année 2006, ils venaient principalement d’Algérie (4 597 personnes), de France (3 236), du Maroc (3 031), de Chine (2 433), de Colombie (2 172), de Roumanie (2 028) puis du Liban, d’Haïti, d’Inde et du Mexique. Un grand nombre arrivent donc de pays où le français est couramment parlé : une manière de défendre l’identité linguistique de la province. Mais ces immigrés-là, et les autres, se sentent-ils concernés par les velléités indépendantistes historiques du Québec vis-à-vis du Canada ? Pour certains oui. La député provinciale de Papineau, Vivian Barbot, est bloquiste, d’origine haïtienne. Mais les autres ?

Diversité

Ajoutons à cela que les subventions accordés aux programmes de francisation diminuent. Cela pose problème, car cela touche à un pilier de l’identité du Québec en terre américaine. Une statistique du début d’année a d’ailleurs suscité beaucoup d’agitation : pour la première fois depuis bien longtemps, le nombre de francophones passait sous la barre des 80 %.

La vraie question qu’il faut se poser c’est “quel intérêt le Québec aurait-il à devenir indépendant ?” Autrement dit : n’existe-t-il pas d’autres moyens que l’indépendance pour défendre l’identité québécoise , les intérêts du Québec ? C’est peut-être la question que pose ses immigrés. Ils rappellent ainsi que l’histoire du Québec et du Canada est intimement liée.

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