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Le blog de Titem… à Paris : Europe, Environnement, Société, Culture et Voyages
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Une journée de 24 heures, de Roncq à Montréal (1/2)

Titem | 6 septembre 2007

Je n’ignore pas, et je ne vous apprendrai pas non plus, qu’une journée sur Terre, ça dure 24h. Des scientifiques tatillons vous diraient “pas exactement mais environ…”. Le temps n’a toutefois rien d’évident lorsqu’il s’agit de voyager et de traverser des fuseaux horaires.La journée du 6 septembre a donc commencé très tôt : il était près de 4h30 du matin. La valise était globalement prête : plus que quelques chargeurs de batterie et une bouteille de champagne pour les propriétaires et colocataires attendaient de trouver leur place là où je parviendrai – Ô miracle – à les caser.

 

J’avais le droit à 2*20 kilos de bagages, ainsi qu’un bagage à main de 10 kilos, soit 50 kilos en tout. Et ça ne serait pas une mince affaire, non pas pour remplir, mais pour choisir. Ma réputation me poursuit depuis Dresden (n’est-ce pas Pauline, AnSo et Julien ;-) ), où j’avais réussi à boucler une valise de plus de 20 kilos pour à peine une semaine. Encore plus que les “Parisiennes” de l’IEP.

 

A quoi ai-je bien pensé sur la route ? Je ne m’en souviens plus vraiment. J’ai dû encore une fois passer en revue dans ma tête mes bagages, craignant d’avoir oublié quelque chose d’important. Retour aussi à toutes les personnes que j’ai laissées et que je ne retrouverai que dans quelques mois. Penser à toutes les choses que je devrais découvrir pour faire de ce voyage un souvenir impérissable…

 

Ce sont sans doute les mêmes pensées qui me hantèrent dans l’aéroport. Arrivée à 7h45, soit 4h10 avant l’embarquement. Passage par le comptoir d’Air Transat pour récupérer mon billet de vol. Petites photos souvenirs pour immortaliser ce moment du “départ”. Quand Titem voyage léger, ça donne ça :

 

 

Titem à l’aéroport CDG

 

 

Avant d’enregistrer mes bagages, un agent d’Air Transat me demande mon passeport et la lettre d’accueil du service de l’immigration canadien. Histoire de me rendre compte que non, ma tête de linotte avait quand même pensé à l’essentiel.

 

Passage à la pesée. L’instant de vérité. Première valise. 21 kgs. Ouille… c’est censé être la plus légère, et elle est déjà trop lourde. La pesée de la deuxième valise ne fera que confirmer mes craintes. 23,3 kilos. Nouveau record battu…

 

“Vous avez 21 kilos d’excédent de bagages” me répond la guichetière dans un sourire de circonstance. Je lui présente mon sésame OFQJ, précisant que j’ai un droit à un supplément de bagage, en me gardant bien de préciser que j’ai quand même dépassé ce seuil.

 

Elle enregistre sans rien dire, je n’aurai pas à payer de supplément. Je fais peser mon sac à dos, que j’emporterai en cabine. Contrôle du poids : 9,7 kilos. Soit 54 kilos de bagages au total. Et bien, je serai content de retrouver mon hôtel une fois que j’aurai porté tout ça…

 

Derrière moi, un autre garçon part avec l’OFQJ. Il a visiblement moins de bagages que moi, mais voyager avec des sacs semble moins commode. Il restera toujours à proximité, seul, alors que mes parents m’accompagneront jusqu’au moment où je franchirai la porte de contrôle des passeports. Plus tard que prévu : le vol est annoncé non plus à 11h55, mais 12h45. L’avion fait l’aller-retour et a besoin d’un temps d’attente.
Petit déjeûner sommaire avec les parents. Une boisson chaude et une viennoiserie chacun: 14€. Scandaleux, les prix pratiqués en de pareilles occasions pour un service aussi frugal.

 

Observation de l’agitation alentour. Cela m’avait déjà frappé terminal 2, quand mon père et moi avions déposé mon frère pour son voyage près de Manchester chez son correspondant anglais : l’origine des employés. Au nettoyage des toilettes, poubelles et sols, les Africains. Dans les petits commerces ou comptoirs, les beurs et beurettes. A l’enregistrement des bagages, de superbes filles des DOM-TOM ou des jeunes blancs. C’est peut-être ça l’intégration à la française ?

 

L’enregistrement des bagages pour le vol Roissy-Montréal se poursuit, et nous sommes supris par la file, de longueur moyenne, mais toujours constamment renouvelée, qui se presse.

 

Le petit-déjeûner a du mal à passer, et la distraction de touristes habillés façon… “touriste” dans tout ce qu’il y a de plus comique (chaussettes et sandales, short très court, parfois même short et bas de contention (!) ) ne parvient pas à me faire oublier cette sensation de vide à l’intérieur de mon corps. Comme si je me retrouvais aspiré par ma propre anxiété, ou du moins c’est ainsi que je le perçois.

 

Encore une fois, je ne sais si le temps a passé vite ou non. Je regarde ma montre, et je suis simplement “étonné”. Il est 10h50 et mes parents m’invitent à passer la douane. Ils ont comme moi remarqué que le garçon qui a enregistré ses bagages juste après moi venait de se lever pour passer le comptoir. Je les sers fort dans mes bras, j’ai l’impression que cela les surprend. Je vois des larmes qui embuent les yeux de ma mère, ces yeux dont j’ai hérité la couleur, et moi non plus je ne parviens pas à verser des larmes. C’est idiot, on pleure devant des films et l’on est même pas capable de pleurer devant ses proches, avec eux.

 

Je fais encore des signes à mes parents. Contrôle de sécurité : certaines personnes devant moi enlèvent leurs chaussures. Ils ne savent plus quoi inventer pour nous faire croire qu’on ne craint rien. En fait, cette faveur n’est accordée que pour ceux qui portent des talons. Ceinture, blouson, sac à dos : mis dans un bac en plastique pour passer sous les rayons X. Vous avez un ordinateur ? Oui. Sortez-le. Je m’exécute, mais le garde à la main. J’y tiens. Je passe…et rien ne se déclanche.

 

Je me rhabille et range mon ordi, guettant encore mes parents. Ils m’appellent et tournent les talons. Je décide de faire un tour dans les boutiques “duty free”. Devant moi, la boutique Swatch, et dans le présentoir, une montre en métal à cadran orange, que je connais bien, puisque je la porte à mon poignet ; mes amis me l’ont offert pour mon 20ème anniversaire. Les souvenirs décidément me poursuivent même aux portes de mon avenir.

 

Passage par la boutique gastronomique. Tout un tas de mets délicats, d’alcools de grande renommée. Au milieu, des bidons d’huile d’olive haute qualité, et de nouveau les souvenirs. Plus loin les fromages. Profites-en Titem, la prochaine fois que tu en mangeras, ça sera dans 6 mois et demi.

 

Autre boutique, sacs, livres, magazines, confiseries… Je tombe sur plusieurs livres de Amin Maalouf, dont le livre Samarcande m’avait envoûté. Je m’arrête longuement sur la quatrième de couverture de “Origines”. Je me souviens des paroles de notre voisin de vacances, et qui avait été au Canada.

 

“_Avant de partir pour Montréal, n’oublie pas de te renseigner sur tes origines. C’est important pour les Canadiens, leurs ancêtres viennent de France, du Poitou, du Limousin… et ils sont sans cesse à la recherche de leur passé_“.

 

C’est décidé, je l’achète. Ca ne pourra m’être que profitable.

 

Je sors. Ma mère m’appelle, me demande quand mon avion va décoller. L’embarquement n’est prévu qu’à 12h45. Ils me conseillent d’acheter de quoi manger et boire. On ne sait jamais… Derniers au revoir.

 

En attendant cet embarquement, j’appelle Vianney. Je sais qu’il sera disponible. Je lui parle de mon malaise de laisser mes proches, l’attente, longue… Lui aussi s’inquiète pour sa pièce de théâtre, et je le comprends.

 

Embarquement des places “prestige” et des places du fond de l’avion; je serai dans les derniers à monter dans l’avion. J’appelle Marco. Il ne me répond pas. Il est sans doute en cours, ou bien il n’avait pas son portable, toujours en silencieux, à portée de main. Il me rappelle quelques minutes plus tard, à la sortie de son cours. Nous discutons, sans doute aurons-nous l’occasion de nous recroiser.

 

J’aurais aimé appeler Pauline, et d’autres amis de l’IEP, mais ils sont à l’étranger. Nicolas doit sans doute être occupé. Enfin l’embarquement. Plus que quelques minutes sur le sol français avant 6 longs mois. Plus que quelques minutes pour envoyer mes derniers sms.

 

Je montre mon billet, j’entre dans le bus qui nous conduit sur la piste. Mes doigts parcourent le portable, je ne regarde pas autour du moi. Je suis à peine distrait lorsque je descends sur le tarmac, trop pressé d’envoyer un dernier message à mes parents. Je n’aperçois pas à quel point notre avion est grand.

 

Les hôtesses nous accueillent avec un grand sourire. Dans la précipitation, j’ai rangé mon ticket de vol dans une poche sans m’en rendre compte, je le cherche. A l’intérieur, de multiples rangées de sièges. Je trouve le mien. Je m’installe tant bien que mal, gardant mon sac à mes pieds bien que l’espace soit déjà réduit. Quelques minutes plus tard, un grand individu s’assoie à mes côtés, je le salue. Au dessus-de la rangée centrale, des télévisions présentent des images idylliques de voyage, ou donnent les informations du vol.

 

Hublot avionDernier regard à la France, et l’un de ses plus importants aéroports… (photo en fin de page)

 

Ces mêmes télévisions montrent enfin les consignes de sécurité, au moment même où l’avion se dirige vers la piste. Je dégaine mon paquet de chewing-gums pour éviter d’avoir les oreilles bouchées.

 

Deux avions, un grand et un petit, attendent devant nous pour décoller. Ils s’élancent, majestueusement pour le premier, gracieusement pour le second.

 

Notre avion s’avance. Les moteurs vrombissent, je suis à côté des ailes. L’avion accélère, accélère, je suis collé à mon siège. Et enfin il décolle. Il est 13h30, heure française, et je vole à destination de Montréal.

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