Cartouches gauloises, de Medhi Charet (2007)
Titem | 4 novembre 2007Le dernier printemps de la Guerre d’Algérie. Le printemps d’avant l’été de l’Indépendance.
Ali/Mehdi Charef, 11 ans, et son meilleur copain Nico regardent leurs mondes changer… et font semblant de croire que Nico ne partira jamais. Jamais ?
Drame historique et autobiographie français de Medhi Charet
2007 ; 1h32
Avec Ali Hamada (Ali), Thomas Millet (Nico)…
Algérie, été 1962. Un été résolument pas comme les autres, qui marqua les consciences et les chronologies historiques.
C’est l’histoire d’un regard de braise, celui du jeune Ali, 11 ans, qui assiste aux derniers feux du colonialisme français en terre algérienne. Pendant que son père combat pour l’indépendance, lui travaille comme porteur pour subvenir aux besoins de la maison.
C’est ainsi qu’il voit les prostituées qui vendent leur corps aux soldats Français ou les harkis serviteurs de la Vème République, et qui tous craignent les représailles post-indépendance. Il voit ses amis et leurs parents partir par peur des attaques des fellaghas, quand il n’est pas trop tard pour certains. Il voit les meurtres sommaires, les fouilles au corps, les corps meurtris dans la chair et dans le coeur.
Le regard de l’enfant permet d’excuser les biais polémiques de cette douloureuse et complexe page de l’histoire de la France et de l’Algérie, cette guerre honteuse où chacune des parties fit couler le sang. Ils ont certes leur propre regard, mais peuvent parfois se comporter comme des adultes, rapportant ce qu’ils entendent à la maison sur les « terroristes » et se disputent pour s’approprier une cabane comme d’autres veulent conserver un territoire.
Un témoignage sans concession, cru, de Medhi Charet, qui fut Ali, cet enfant d’Algérie en 1962. Ça n’est pas toujours fluide, mais c’est un film qui va droit au cœur.
Notez que pour le réalisateur – je le précise car ce n’est pas forcément évident dans le film et c’est regrettable – les cartouches gauloises font à la fois référence à ses cigarettes que les soldats français grillaient continuellement pour faire passer leur stress et qu’ils achetaient par cartouches dans les magasins, mais référence également aux cartouches des balles qui sifflaient tous les jours dans l’air.







