Journalistes/Politiques : stop à l’hypocrisie !
Titem | 22 février 2008
Christine Ockrent est nommée directrice générale de la holding France Monde, qui réunira sous une même enseigne les différents visages de l’audiovisuel français en dehors de nos frontières. Une journaliste aussi au fait des médias internationaux ne pouvait être aussi bien placée pour remplir cette fonction. Et voilà que resurgit la polémique qui avait déjà point au moment de l’arrivée de Bernard Kouchner au Quai d’Orsay. Une journaliste peut-elle exercer son métier alors que son mari est une personnalité politique aux grandes responsabilités ?
Les syndicats de journalistes sont déjà parvenus à obtenir le scalp de Béatrice Schonberg, parce qu’elle est l’épouse de Jean-Louis Borloo. Les voilà qui s’en prennent à Christine Ockrent. Là encore, on loue les qualités professionnelles de la femme, ses compétences… mais l’on fait remarquer que cela pourrait poser des problèmes en termes d’indépendance. Mais si elle est compétente, c’est que justement elle doit faire preuve d’indépendance, non ?
Les réactions à cette nomination sont choquantes. On ne peut pas nier que cela soit tout de même maladroit, que cela attise les soupçons. Il n’en aurait peut-être pas été autrement si Nicolas Sarkozy avait été moins critiqué qu’actuellement, mais ce qui est certain, c’est que cette nomination est choquante pour ceux qui croient qu’un journaliste n’est pas capable de fournir un travail sérieux indépendamment de ses relations privées.
Et c’est là où le bât blesse. On connaît parfaitement les liens entre les journalistes et les politiques. Cela pose-t-il tant de problèmes que cela dans l’exercice de leur métier ? Être la conjointe/l’épouse d’un homme politique est-il le signe que l’on va être moins indépendant que si l’on en était simplement l’ami ? Et que dire des journalistes hommes qui ont des épouses, des compagnes… des maîtresses dans les sphères politiques ?
Si l’on s’inquiète à ce point de l’indépendance des médias et de leur complaisance envers le pouvoir politique, il faudrait avoir d’autres soucis que l’indépendance des compagnes de ministres. Que dire du Président de la République qui impose les journalistes qui vont l’interviewer ? Qui nomme et démissionne les dirigeants de certaines médias qui lui ont déplu ? Des journalistes qui succombent aux sirènes de la peoplisation – et ceux des Français qui en raffolent ? Des journalistes qui répondent aux appels du Ministère de l’Intérieur pour aller filmer des arrestations en banlieue ? Ceux-là ont-ils besoin de coucher avec un homme politique pour se montrer aussi dépendants du milieu politique ? Sans parler de la position de la télévision publique lorsque les espaces publicitaires y seront supprimés !
S’il n’y a pas un minimum de jalousie, il y a au moins une bonne dose d’hypocrisie dans ces prises de position, un moyen facile de ne pas se remettre en question.





