Municipales à Tourcoing : M-F Delannoy élu au 1er tour, camouflet pour C. Vanneste
Titem | 10 mars 2008Pas moyen de consulter les résultats des élections municipales lors de ce week-end à Québec : il me fallut faire preuve de patience. Mais ça valait la peine, j’étais loin d’imaginer un pareil résultat.
Passage de témoin parfait pour le PS.
Ne l’appelez plus l’ex-premier adjoint du maire sortant ! Michel-François Delannoy, dauphin de Jean-Pierre Balduyck, succède brillamment à son aîné en remportant la mairie de Tourcoing et ce, première historique, dès le premier tour, avec 14.898 voix, soit 53,58% des suffrages !
L’abstention était pourtant une nouvelle fois très forte : 53%. Michel-François Delannoy le reconnaît et le regrette. Mais le candidat, fort du soutien des verts et des communistes, gagne 4000 voix par rapport à l’ancien maire de Tourcoing au premier tour des municipales de 2001, 1800 par rapport au second ! Il se félicite néanmoins d’avoir réussi à terrasser l’extrême-droite.
Il faudra encore un peu de temps pour analyser un pareil engouement : bilan de l’ancienne administration socialiste jugée positivement par les habitants ? Nouvelle composition sociologique des votants ? Adhésion à l’homme simple et/ou rejet massif de la personnalité de Christian Vanneste en qualité de maire potentiel ? Certes ce dernier avait confortablement été réélu député : mais n’était-ce pas a posteriori une sanction contre une gauche divisée, qui cette fois a su se rassembler ?
Les Tourquennois ont donné un mandat clair à Michel-François Delannoy pour qu’il poursuive mais surtout accélère la mutation de Tourcoing.
A signaler le score du MoDem : Michel van Tichelen obtient 8.46% des suffrages. Fort de ses 2352 voix, il a annoncé que les deux conseillers municipaux MoDem pourraient siéger aux côtés du maire.
Camouflet pour Christian Vanneste, déroute pour le Front National
Il en avait fait “le combat de sa vie”. Il l’a une nouvelle fois perdu, et il n’a pas fallu deux tours avec triangulaire avec le Front National.
Christian Vanneste, le député de la 10ème circonscription du Nord, ne recueille que 30,71% des sondages. Et ce malgré le soutien massif de personnalités UMP qui, par un cynisme affiché, ont mis de côté ses prises de position douteuses pour qu’il contribue à la victoire de la droite dans la Communauté Urbaine de Lille. Marc-Philippe Daubresse, potentiel candidat à la Présidence de la Communauté avait d’ailleurs du mal à cacher son agacement sur le plateau de France 3 Nord-Pas-de-Calais. Non seulement il mise sur un cheval fougueux, mais le canasson ne remporte pas la course.
Christian Vanneste, n’a obtenu que 8539 voix, à peine plus qu’au premier tour en 2001, 3000 de moins qu’au second tour de 2001. Un résultat bien différent de l’élection législative de 2007, ce qui n’a toutefois rien d’étonnant. N’oublions pas que les ressortissants européens (et ils sont nombreux à Tourcoing) ont le droit de voter, et votent à gauche. Mais inversement, Christian Vanneste aurait dû bénéficier de l’effondrement de Christian Baeckeroot qui, sans l’étiquette du Front National, mais confirmant le recul du parti d’extrême-droite, n’a eu que 7,26% des voix (2018 voix). Des résultats divisés par deux. Qu’il est loin le temps des 20% et des triangulaires aux élections !
Christian Vanneste, qui se disait autrefois le plus sarkozyste des candidats à la députation, rejette la responsabilité de son échec sur “le ressac du sarkozysme” et son “comportement désinvolte”. Encore une fois, Christian Vanneste n’essaye même pas de se remettre lui-même en question. Il reconnaît toutefois que dans la dernière semaine et compte tenu des sondages, il craignait ce résultat. Mais sa personnalité, dans une élection aussi fortement personnalisée que les municipales, est clairement remise en question.
Il a aussi annoncé que la composition de sa liste étant plutôt renouvelée, c’était l’ouverture à une nouvelle génération. Avis aux personnes de droite qui voudraient offrir un visage plus moderne à l’UMP dans cette ville pour les prochaines élections ! Et retour de manivelle très clair pour ceux de l’UMP qui n’ont pas pris la dimension du problème que posaient les prises de position de Vanneste et l’ont soutenu sans recul critique.
De façon plus anecdotique, j’attends aussi de voir les commentaires de ceux qui, hors la ville, soutenaient Christian Vanneste pour sa conception très particulière de la liberté d’expression. Habitués aux propos grossiers, diront-ils encore qu’il s’agit d’une manipulation d’un lobby gay fantasmé ?





