Maybe the moon, de Armistead Maupin (1992)
Titem | 26 novembre 2007Pour Cadence Roth, « décrocher la lune », c’est décrocher un vrai rôle au cinéma. Parce que, après avoir composé sous un masque le rôle de l’elfe dans un film mythique, Cady compte bien jouer dans la cour des grands, ce que sa très petite taille lui interdit. Dans ce roman sous forme de journal, les faux-fuyants du politiquement correct et les promesses vaines des agents artistiques alimentent un portrait sans appel de Los Angeles, où la différence n’a pas droit de cité. Après ses Chroniques de San francisco, Armistead Maupin poursuit avec drôlerie sa critique de la société américaine. Et seule Cady en sort grandie.
Critique de Marie Gobin, dans Lire, 4ème page de l’édition 10/18.
Que pourrait-on ajouter à cette critique qui résume parfaitement cet autre ouvrage de l’américain Armistead Maupin ? On y retrouve à travers le regard faussement désabusé mais toujours alerte de ce petit bout de femme dynamique une critique de la carnavalesque société américaine et son jeu de masques incessants.
Fatiguée de jouer des petits rôles, Cady souhaite revenir par la grande porte dans le milieu du cinéma. Entière, mais pas sans fêlures, séduisante mais honnête, elle rêve d’un rôle à la mesure de son talent, et pas seulement celle de sa très petite taille. Accompagnée d’une colocataire-groupie et d’un ami écrivain en quête de sincérité humaine, Cady fait son bonhomme de chemin, à travers les obstacles qu’on dresse sur son chemin.
Un roman librement inspiré de la vie de Tamara De Treaux, amie de Armistead Maupin, actrice de 79 centimètres qui a connu son « heure de gloire » en jouant le rôle de l’E.T du film de Steven Spielberg… mais dont le nom n’apparaîtra pas dans la distribution.
Un livre plein d’humour, porté par la lucidité de la narratrice. On y retrouve le talent de Armistead Maupin pour ses situations où la coïncidence cohabite avec l’innatendu. Une leçon de vie aussi, facette de l’american dream, et qui rappelle le plus récent Million Dollar Baby de Clint Eastwood : donne-toi les moyens de pouvoir vivre tes rêves et réjouis-toi d’avoir agi en ce sens.







