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Le blog de Titem… à Paris : Europe, Environnement, Société, Culture et Voyages
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Harvey Milk, de Gus Van Sant (2008)

Titem | 15 mars 2009

Harvey Milk, de Gus Van Sant (2008)Le film retrace les huit dernières années de la vie de Harvey Milk. Dans les années 70, il fut le premier homme politique américain ouvertement gay à être élu à des fonctions officielles, à San Francisco en Californie. Son combat pour la tolérance et l’intégration des communautés homosexuelles lui coûta la vie. Son action a changé les mentalités, et son engagement a changé l’histoire.

2008, Etats-Unis, 2h07
Biopic dramatique de Gus Van Sant
D’après la véritable histoire de Harvey Milk

Film récompensé par l’Oscar 2008 du meilleur acteur pour Sean Penn, et celui du meilleur scénario pour Dustin Lance Black.

Avec Sean Penn (Harvey Milk), Josh Brolin (Dan White), Emile Hirsch (Cleve Jones), James Franco (Scott Smith), Victor Garber (George Moscone)…

Au début des années 1970, Harvey Milk a déjà quarante ans. Pourtant il a le sentiment qu’il n’a rien fait de marquant de sa vie. Il part avec son amant, Scott Smith, pour San Francisco. La cité californienne, en particulier le quartier de Castro, est devenue un havre de paix pour les jeunes homosexuels rejetés par leurs familles, en mal de liberté… quand les policiers ne les pourchassent pas dans leurs lieux de rencontre.

Harvey Milk tentera à plusieurs reprises de s’imposer en politique, avant d’y parvenir grâce à un redécoupage électoral. Élu conseiller municipal, il est perçu comme la “maire de Castro”. Mais déjà, un autre combat s’annonce à lui : celui contre la proposition 6 – qui permettrait de licencier les gay et les lesbiennes travaillant dans des écoles publiques – et ses promoteurs, le sénateur conservateur John Briggs et une chanteuse homophobe, Anita Bryant. Ses relations politiques tendues avec le conseiller municipal Dan White lui causeront sa perte.

Ce n’est pas le premier film consacré au conseiller municipal de San Francisco, figure de proue du mouvement LGBT américain. En 1984, l’œuvre de Rob Epstein, The Times of Harvey Milk, avait même reçu l’Oscar du meilleur documentaire. Le dernier Gus Van Sant sort également à un moment où le sujet est plus que jamais d’actualité : 30 ans après la mort de Harvey Milk, un autre référendum en Californie est venu rejeter la possibilité pour les couples de même sexe de pouvoir se marier. La figure du militant des droits LGBT est toujours présente, au point qu’un des ses discours les plus marquants a été repris pour la campagne contre la Proposition 8.


Harvey Milk contre la proposition 8
envoyé par GayClic

C’est un film par conséquent politique, ce que l’interprète principal, Sean Penn, récompensé par l’oscar du meilleur acteur, reconnaîtra volontiers lorsque lui fut remis son trophée.

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Harvey Milk est une œuvre touchante sur la vie d’un homme prêt à se sacrifier pour un idéal, celui d’un monde où les hommes pourraient vivre leur amour en toute liberté. C’est aussi celui d’un combat pour les sans-voix, ceux qui, du fin fond de l’Amérique, garde le silence sur ce qu’ils vivent au fond d’eux. Une incitation à sortir de l’hypocrisie, le combat d’une vie, le combat pour la vie.

Pourtant, aussi intéressant que soit le film, et malgré l’habileté du réalisateur à recréer le Castro des années 1970 (en utilisant également des images d’archives), le film ne parvient pas à transcender des émissions fortes, bouleversantes. Est-ce le jeu un peu trop forcé pour être naturel de Sean Penn ? Sont-ce les sous-titres qui m’ont déconcentré ?

Harvey Milk est sans doute un film historique quant au sujet traité et les récompenses qu’il a obtenu, mais pas dans son traitement artistique.


Ciné Gay : “Milk”
envoyé par GayClic
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2008, Anita Bryant, Biographie, Biopic, Californie, Droits, Emile Hirsch, Etats-Unis, Film américain, film dramatique, Gus Van Sant, Harvey Milk, Homophobie, Homosexualité, James Franco, Josh Brolin, LGBT, Oscar, San Francisco, Sean Penn, Victor Garber
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Slumdog Millionaire, de Danny Boyle (2008)

Titem | 26 février 2009

Slumdog MillionaireJamal Malik, 18 ans, orphelin vivant dans les taudis de Mumbai, est sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies lors de la version indienne de l’émission Qui veut gagner des millions ?

Il n’est plus qu’à une question de la victoire lorsque la police l’arrête sur un soupçon de tricherie.

Sommé de justifier ses bonnes réponses, Jamal explique d’où lui viennent ses connaissances et raconte sa vie dans la rue, ses histoires de famille et même celle de cette fille dont il est tombé amoureux et qu’il a perdue.

Mais comment ce jeune homme est-il parvenu en finale d’une émission de télévision ? La réponse ne fait pas partie du jeu, mais elle est passionnante.

2008, États-Unis / Royaume-Uni, 2h
Comédie dramatique de Danny Boyle

D’après le roman Les Fabuleuses Aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire de l’Indien Vikas Swarup

Film récompensé par 8 Oscar et 4 BAFTA dont ceux du meilleur film, et par le Golden Globe du meilleur film dramatique.

Avec Dev Patel (Jamal Malik), Freida Pinto (Latika), Anil Kapoor (Prem Kumar, l’animateur TV)…

Que dire de ce film dont la puissance visuelle n’est plus à démontrer ? Dont le scénario, certes un peu prévisible, qui nous plonge au cœur de la vie des bidonvilles de Bombai et de ses débrouillards habitants, nous tient en haleine de bout en bout ? Du destin exceptionnel d’un petit garçon né dans la misère qui, par amour pour sa belle, se retrouve sur le plateau de Qui Veut Gagner des Millions ? De ce film qui a presque tout remporté et suscité de vives ovations dans le Monde entier.

Le Monde entier ? Non. En Inde, des voix se sont élevées pour critiquer la vision misérabiliste de Danny Boyle. A la sortie de la salle de cinéma, des amis de ma promotion, qui ont été en Inde, m’ont indiqué qu’elles avaient tenté de lire le livre, qui est encore plus sombre que l’œuvre du réalisateur britannique.

Je trouve qu’il était au contraire judicieux de montrer ces facettes de ce pays complexe qu’est l’Inde. Le pays de Gandhi est en pleine mutation, mais la pauvreté sévit toujours ; c’est aussi ce que montre ce film. Il montre aussi le racisme ordinaire dont est victime la minorité musulmane dans le pays. Avec, je le répète, une mise en scène très forte, le tout sur une musique enlevée.

Slumdog Millionaire n’est pas sans rappeler La cité de Dieu de Fernando Mereilles, autre film brillant sur la pauvreté, la criminalité dans les bidonvilles (ici au Brésil) et la débrouillardise de ses habitants.

Pour en savoir un peu plus, je vous invite à lire cet article de Monique Dagnaud et Kristian Feigelson, du cercle de réflexion Télos : Slumdog Millionaire, une polémique indienne.

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Bouquet final, de Michel Delgado (2008)

Titem | 17 novembre 2008

Par un divers concours de malchances, Gabriel est finalement recruté comme directeur commercial Paris d’une grande entreprise américaine… de pompes funèbres. Il part en stage sur le terrain aux côtés de Gervais Bron, vingt ans de métier. Il parvient à dissimuler son nouveau job à ses parents et à son amoureuse, Claire, qui voient en lui un grand musicien, jusqu’au jour où il vend des obsèques à prix d’or à un vieux monsieur qui n’est autre que le grand-père de Claire…

2008, France, 1h41
Comédie de Michel Delgado
Avec Didier Bourdon (Gervais Bron), Bérénice Bejo (Claire), Marc-André Grondin (Gabriel Loubovoï), Chantal Neuwirth (Evelyne), Gérard Depardieu (Hugo Loubovoï), Marthe Keller (Nickye Loubovoï), Michel Galabru (M. Froissart)

Une comédie sur les pompes funèbres, c’est a priori une idée saugrenue, surtout dans notre société où la mort, bien qu’omniprésente, est à ce point reléguée dans l’oubli. D’un sujet a priori grave, dont le film aborde par petites touches les points les plus délicats – la question du deuil, le milieu des pompes funèbres, les rites, le devenir après la vie etc. – Michel Delgado, pour son premier film, nous sert un film grinçant où l’humour, forcément noir, est de rigueur. Et tout au long du récit, porté par des acteurs vraiment drôles (Didier Bourdon en agent de pompes funèbres un peu retors est formidable !), la mort frappe… jusqu’à ce que le rire s’en suive ! La scène du fou rire entre l’ancien Inconnu et Marc-André Grondin – le jeune Zach dans le film québécois C.R.A.Z.Y., toujours aussi désarmant de naturel – dans la caravane des gitans est désopilante tant le rire est communicatif !

Bouquet final, loin de vous faire sortir de la salle avec une tête d’enterrement, est assurément l’une des comédies françaises les plus drôles de l’année.

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Cet autre vote américain qui retire un droit : la Proposition 8

Titem | 6 novembre 2008

C’est tout logiquement que le Monde avait les yeux tournés vers les États-Unis, espérant, pour la plupart, l’élection de Barack Obama. Mais ce 4 novembre n’était pas seulement le jour de l’élection présidentielle :  les Américains votèrent également pour leurs représentants à la Chambre, pour renouveler, dans certains États, leurs sénateurs et leurs gouverneurs, pour désigner leur shérif ou d’autres autorités, ou encore répondre à des référendums. Parmi ces derniers, un certain nombre concernaient le mariage homosexuel. Le vote le plus important a eu lieu en Californie, l’État le plus peuplé des États-Unis, où le mariage homosexuel a été reconnu le 17 juin 2008 suite à deux décisions de la Cour Suprême de la Californie.

Une pétition pour protester contre cette décision a réuni suffisamment de signatures pour pouvoir être soumise à l’opinion des Californiens lors du vote du 4 novembre.  Elle allait devenir la “Proposition 8″. La campagne fut rythmée par les spots de pub des deux camps. Ceux en faveur de la proposition 8, donc opposés au mariage des couples de même sexe, donnés en retard dans les sondages, se sont même servis de la France pour leurs fins publicitaires. (voir vidéo ci-dessous). De leur côté, les opposants à la proposition 8 pouvait se targuer du soutien moral et financier des stars d’Hollywood.

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La Proposition 8 a finalement été acceptée par 52,5 % des suffrages, pour un écart de 500.000 voix. Néanmoins, il reste encore à dépouiller les trois millions de votes de ceux qui le firent en avance ou par courrier.

Mais déjà, le résultat est contesté par les opposants à la Proposition 8. Pour eux, une modification de la Constitution nécessite l’accord préalable des 2/3 des membres de chacune des Chambres du Parlement Californien. Par ailleurs, il se pourrait que ce soit une nouvelle fois le judiciaire qui tranche sur cette question. A l’heure actuelle, ce sont toutefois près de 17.000 couples déjà mariés qui se retrouve dans une situation juridique précaire : il n’est pas encore certain que cette décision sera rétroactive, annulant de fait tous les mariages déjà contractés.

Rien ni personne n’est en mesure de pouvoir retirer un droit à autrui

Sur un plan formel, on ne peut que remarquer l’habileté des opposants au mariage homosexuel. On sait que la  manière dont la question est formulée compte beaucoup et que sauf exception, il est toujours facile de répondre oui que non. Aussi ce référendum a-t-il été présenté non comme le retrait d’un droit, mais la défense de la Constitution et de la famille. Voulez-vous oui ou non défendre nos institutions ?

Mais sur le fond, il s’agit pourtant bel et bien de retirer un droit : celui d’être traité de façon équitable, de pouvoir fonder une famille et de bénéficier de la même protection, de la même aide, pour les couples qui participent à la vie de la société. Et je suis choqué que l’État, par le biais d’une majorité de citoyens, prétende discriminer une catégorie de la population dans ce qui relève d’un choix individuel, propre à chaque citoyen, et qui n’a rien de dangereux ou de répréhensible : le droit de pouvoir fonder une famille avec la personne qui partage notre vie. Et par famille, j’entends d’abord le couple adulte, je ne parle même pas ici des enfants.

Jusqu’à présent, je regrettais que les gouvernements et leurs citoyens n’accordent pas la même bienveillance à l’égard des couples homosexuels. Mais ici, c’est plus grave, car des citoyens se sont prononcés pour retirer  à d’autres cette équité qui leur avait été finalement accordée ! Et j’enrage autant de voir la bêtise et l’ignorance de ceux qui ont pris cette décision  que devant ses conséquences. En quoi se sentent-ils menacés ? Ils ne voudraient tout de même pas séparer les couples homosexuels de force ! Je ne suis pas de ceux qui, comme Hobbes, estimaient que seuls les hommes pouvaient décider ou non de se séparer de l’un de leurs droits fondamentaux. C’est pour moi inacceptable.

Le droit de pouvoir vivre avec la personne que l’on souhaite fait partie de nos jours de ces droits basiques, naturels, fondamentaux… Appelez-les comme vous voulez, refusez le terme de mariage si cela vous dit, mais rien, ni personne, ne peut raisonnablement justifier que l’on puisse retirer ce droit à ceux qui souhaitent naturellement en bénéficier. Pas même une majorité de votants.

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Barack Obama sera-t-il élu ? Oui, malgré les derniers sondages

Titem | 31 octobre 2008

Le monde entier a les yeux tournés vers l’Amérique, et quatre jours avant les élections, chacun se demande si, oui ou non, Barack Obama sera élu le 44ème Président des États-Unis. Chacun y va de sa petite prédiction, de son pronostic. Je ne suis pas Madame Soleil, mais je me risque quand même à l’exercice. Oui, Barack Obama sera élu, en dépit  des derniers sondages qui atténuent sa probable victoire. Sur cette page du Washington Post, vous pouvez vous amuser à faire votre prédiction pour les élections présidentielles américaines, en cliquant sur les différents Etats pour en attribuer les grands électeurs à chacun des deux candidats. J’en arrive au résultat suivant : Obama élu avec 325 grands électeurs contre 213 pour McCain.

Les médias nous ont expliqué ce qu’était l’effet Bradley, et en quoi le sénateur de l’Illinois pourrait en être victime. Tom Bradley était un candidat noir au poste de gouverneur de Californie, et bien que les sondages le donnaient gagnant, il perdit l’élection, donnant son nom à l’effet selon lequel les Américains, dans les sondages, n’avoueraient pas qu’en aucun cas ils ne voteront pour un noir. C’était en 1982. Depuis les choses ont changé, et l’effet Bradley, s’il existe, ne sera pas aussi fort. Certains évoquent même l’idée d’un anti-effet Bradley, où les indécis apporteraient finalement leurs suffrages à Barack Obama, de peur de voir leur pays taxé de racisme.

On sait également à quel point les valeurs et les symboles sont importants dans une élection, en particulier aux Etats-Unis. Et comment, en jouant sur la peur des attaques terroristes et en promouvant des valeurs très conservatrices, George W. Bush était parvenu à se faire réélire. Mais ici, cette politique de la peur semble avoir fait long feu face à la crise, première préoccupation des Américains, et pour laquelle Barack Obama, avec raison ou non, au vu des sondages, est perçu comme celui qui est le mieux à même d’y répondre.

Alors, qu’est-ce qui pourrait faire perdre Barack Obama, outre une catastrophe géopolitique que nul ne souhaite ? Peu de choses serait-on tenté de croire. Les médias affirmaient néanmoins que McCain remontait dans les sondages. Au vu du système électoral, cela m’était tout d’abord apparu comme le chant du cygne. Dans la mesure où :

- A chaque Etat est attribué un nombre de grands électeurs en fonction du nombre d’habitants.
- Que le candidat arrivé en tête dans un État remporte TOUS les grands électeurs de cet État (“the winner takes it all”).
- Qu’est élu celui qui obtient au moins 270 grands électeurs.

… Si McCain gagne des points d’intention de vote dans des Etats où il est déjà en tête ou dans des Etats où il ne dépasse pas Barack Obama pour autant, cela ne change rien. Ainsi, il y a dix jours, j’aurais dit que les choses étaient jouées. Les fameux “swing states” ne seraient d’aucune utilité pour le sénateur de l’Arizona : Barack Obama est déjà crédité, sans les swing states, de la majorité absolue en nombre de grands électeurs.

Mais à quelques jours, les choses ont changé. Barack Obama n’est plus crédité de la majorité des grands électeurs. : 252 pour Le Monde.  Mais ils ne sont pas pour autant acquis au camp républicain., qui n’en disposerait  que de 123. Le nombre de “swing states” a augmenté. Bien sûr, ce ne sont que des sondages, avec tous les pièges et les précautions à prendre. Mais à quelques jours du scrutin, cela dessine tout de même à grandes lignes le vote du 4 novembre.

Du côté américain, même prudence. Le Washington Post donne pour le moment 207 grands électeurs à Barack Obama contre 158 pour John McCain. Mais dans la plupart des “swing states”, Barack Obama est donné vainqueur.  Par exemple, dans un Etat aussi important que la Floride, Barack Obama gagne des points.

Encore un avantage pour lui, et qui m’incite à penser que oui, Barack Obama sera bel et bien élu. Je dirais même que je le souhaite, même si je suis conscient que son élection ne changera pas fondamentalement les choses (cf. cette revue de presse européenne sur CaféBabel).

Ce qui va compter pour cette élection, c’est donc la mobilisation des électeurs dans les swing states, car le pays tant loué pour ses qualités démocratiques est un Etat où l’abstention est élevée.

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Le crime est notre affaire, de Pascal Thomas (2008)

Titem | 30 octobre 2008

Bélisaire et Prudence Beresford se reposent dans leur petit château qui domine le lac du Bourget. Bélisaire est heureux, mais Prudence s’ennuie. Elle rêve d’une bonne fée, qui les propulseraient dans des aventures truffées de mystères… Cette bonne fée lui apparaît sous les traits de sa tante belge Babette, qui assiste à un crime horrible de la fenêtre d’un train. Malgré le scepticisme de Bélisaire, Prudence part à la recherche du cadavre. Elle se fait engager comme cuisinière dans un inquiétant château, où est réunie une bien curieuse famille, composée d’un vieillard irascible et de ses quatre enfants, et où d’authentiques sarcophages recèlent de bien étranges surprises…

D’après la série de romans Tommy et Tuppence Beresford d’Agatha Christie
2008, France, 1h49
Comédie policière de Pascal Thomas
Avec Catherine Frot (Prudence Beresford), André Dussollier (Bélisaire Beresford), Claude Rich (Roderick Charpentier), Chiara Mastroianni (Emma Charpentier), Melvil Poupaud (Frédéric Charpentier), Annie Cordy (la tante Babette)…

J’étais revenu enchanté de “Mon petit doigt m’a dit”, premier épisode des aventures du couple Bélisaire et Prudence Beresford. Je suis revenu tout aussi enchanté de cette nouvelle séance cinéma pour admirer les aventures drôles et délicieusement surannées des détectives amateurs en quête d’un peu d’inattendu ; car le crime, c’est leur affaire ! L’épouse se fait passer pour une domestique pour mieux enquêter de l’intérieur et assouvir sa curiosité, au grand dam de son jaloux de mari qui décide d’épauler la police.

Mais dans cet épisode, le côté vieillot et sympathique est peut-être un peu moins présent,  malgré l’atmosphère sombre et pesante de l’inquiétant Manoir aux Loups. Dommage. Heureusement, l’humour, lui, est bien au rendez-vous ! Autre regret : le dénouement de l’enquête est vraiment précipité.

André Dussolier et Catherine Frot incarnent une nouvelle fois ce couple attachant, la symbiose entre ces deux acteurs est un véritable bonheur. Ils sont enrourés par une galerie de personnages non moins truculents ; citons notamment Claude Rich en vieillard irascible et hypocondriaque. Un vrai grand moment de rire et de plaisir pour vos soirées d’hiver !

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On choisit pas ses parents, de Thierry Binisti (2008)

Titem | 29 octobre 2008

Ils sont frère et sœurs. Depuis quelques heures, ils sont orphelins. Ils ont juré qu’on ne les séparerait pas. Il y a Siméon Morlevent, 14 ans. Maigrichon. Yeux marron. Signe particulier: surdoué, prépare actuellement son bac. Morgane Morlevent, 8 ans. Yeux marron. Oreilles très décollées. Première de sa classe, très proche de son frère. Signe particulier: les adultes oublient tout le temps qu’elle existe. Venise Morlevent, 5 ans. Yeux bleus, cheveux blonds, ravissante. La petite fille que tout le monde rêve d’avoir. Signe particulier: fait vivre des histoires d’amour torrides à ses Barbie. Ils n’ont aucune envie de confier leur sort à la première assistante sociale venue. Leur objectif est de quitter le foyer où on les a placés et de se trouver une famille. À cette heure, deux personnes pourraient vouloir les adopter. Pour de bonnes raisons. Mais aussi pour de mauvaises. L’une n’est pas très sympathique, l’autre est irresponsable, et… Ah, oui! ces deux personnes se détestent.

D’après le roman Oh Boy de Marie-Aude Murail Ed. L’école des loisirs (2000) – le résumé ci-avant est la quatrième de couverture du livre.
France, 2008, 1h30
Téléfilm sentimental français de Thierry Binisti
Avec Flannan Obé (Barthélémy Morlevent), Elisabeth Vitali (Josiane), Alex Descas (Le juge Mauvoisin), Milan Argaud (Siméon), Morgane (Louise Héritier), Nova-Louna Castano (Venise).

Si je connaissais le livre de Marie-Aude Murail pour l’avoir vu à de nombreuses reprises sur les étals des librairies et bibliothèques, je n’avais jamais pris la peine de lire la quatrième de couverture, alors même que j’adorais l’édition L’école des loisirs. Sûrement l’image de poupées qui m’en dissuadait. Et voilà que le best-seller est adapté pour le petit écran, sous le titre : “On choisit pas ses parents”.

Parce qu’il met en scène un homosexuel, Barthélémy, la pédéblogosphère s’est agitée pour savoir si oui ou non le téléfilm serait trop caricatural ou répondrait parfaitement à la fois aux attentes et à la réalité, si l’acteur jouerait juste ou en ferait trop. Vaste affaire.

J’ai trouvé pour ma part que ce téléfilm insistait de façon un peut trop caricaturale sur la différence entre d’un côté la  méchante belle-soeur hétéro mais revêche que les enfants détestent, et le gentil homo un peu irresponsable mais adoré. Mais en fait, la réaction des enfants peut se comprendre compte tenu du comportement de la belle-sœur au début du film (que j’avais loupé).

A part cette petite remarque, ce téléfilm du mercredi soir permet de passer un bon moment en famille, et de parler de façon juste et humaine de sujets comme l’adoption et la fratrie.

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10000, de Roland Emmerich (2008)

Titem | 19 juillet 2008

10000, de Roland Emmerich (2008)10 000 ans avant notre ère, au cœur des montagnes… Le jeune chasseur D’Leh aime d’amour tendre la belle Evolet, une orpheline que sa tribu recueillit quelques années plus tôt. Lorsque celle-ci est enlevée par une bande de pillards, D’Leh se lance à sa rescousse à la tête d’une poignée de chasseurs de mammouths. Le groupe, franchissant pour la première fois les limites de son territoire, entame un long périple à travers des terres infestées de monstres, et découvre des civilisations dont il ne soupçonnait pas l’existence. Au fil de ces rencontres, d’autres tribus, spoliées et asservies, se joignent à D’Leh et ses hommes, finissant par constituer une petite armée.
Au terme de leur voyage, D’Leh et les siens découvrent un empire inconnu, hérissé d’immenses pyramides dédiées à un dieu vivant, tyrannique et sanguinaire. Le jeune chasseur comprend alors que sa mission n’est pas seulement de sauver Evolet, mais la civilisation tout entière…

10.000 BC
Etats-Unis, 2008, 1h49
Film d’aventure de Roland Emmerich
Avec Steven Strait (D’Leh), Camilla Belle (Evolet), Cliff Curtis (Tic’Tic)…

Le réalisateur, habitué des films à grands spectacles, a beau se défendre et dire qu’il ne souhaitait pas faire de ce film un documentaire, mais raconter “une aventure humaine, une rencontre entre des hommes et des forces qui les dépassent”, un peu de cohérence ne nuit pas à l’histoire que l’on raconte. Au contraire. C’est d’abord un gage de sérieux, ça ne retire bien souvent rien à la qualité de l’histoire, et cela évite de se laisser distraire en cherchant tous les anachronismes et autres erreurs.

Des animaux féroces plus vrais et surtout plus gros que nature, qui avaient déjà disparu de la surface de la terre ou n’ont jamais croisé d’homo neanderthalis, des paysages polaires qui succèdent à des jungles tropicales, des collusions paléolithique/néolithique qui laissent perplexes, des pyramides construites par des esclaves (alors qu’il s’agissait, en Egypte, de salariés, qui certes ne travaillaient pas 35 heures hebdomadaires).

Reste une histoire où l’on mèle chamanisme, légendes, prophéties, de l’action et de bons effets spéciaux, mais un scénario assez bancal dans l’ensemble. Je reste persuadé qu’il est tout à fait possible de faire un divertissement de qualité, avec de gros moyens, sans faire l’économie d’un scénario qui tienne réellement le spectateur en haleine, dans un cadre cohérent. Ca n’est visiblement pas le cas de ce film, quel gâchis !

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Bienvenue chez les Ch’tis, de Dany Boon (2008)

Titem | 4 mai 2008

Bienvenue chez les ch\'tis, de Dany Boon (2008)Philippe Abrams est directeur de la poste de Salon-de-Provence. Il est marié à Julie, dont le caractère dépressif lui rend la vie impossible. Pour lui faire plaisir, Philippe fraude afin d’obtenir une mutation sur la Côte d’Azur. Mais il est démasqué : il sera muté à Bergues, petite ville du Nord.

Pour les Abrams, sudistes pleins de préjugés, le Nord c’est l’horreur, une région glacée, peuplée d’êtres rustres, éructant un langage incompréhensible, le “cheutimi”. Philippe ira seul. A sa grande surprise, il découvre un endroit charmant, une équipe chaleureuse, des gens accueillants, et se fait un ami : Antoine, le facteur et le carillonneur du village, à la mère possessive et aux amours contrariées. Quand Philippe revient à Salon, Julie refuse de croire qu’il se plait dans le Nord. Elle pense même qu’il lui ment pour la ménager. Pour la satisfaire et se simplifier la vie, Philippe lui fait croire qu’en effet, il vit un enfer à Bergues. Dès lors, sa vie s’enfonce dans un mensonge confortable…

Bienvenue chez les Ch’tis
France, 2008, 1h48
Comédie de Dany Boon et Christopher Robba
Avec Kad Merad (Philippe Abrams), Dany Boon (Antoine Bailleul), Zoé Félix (Julie Abrams), Line Renaud (Madame Bailleul)…

Enfin ! J’ai enfin vu le film phénomène de l’année 2008, et sans doute de la décennie, qui a battu tous les records de fréquentation dans les salles de cinéma. Mais surtout… ENFIN une comédie DRÔLE et pas pitoyable, qui fait suite aux deux énormes déceptions des superproductions « comiques » les Bronzés 3 et Astérix aux Jeux Olympiques.

Un scénario très simple et efficace, peut-être trop simple diront certains, qui jouent sur l’identité (ou les clichés) du Nord de la France comme L’Affaire Corse il y a quelques années. On pourrait longtemps débattre sur le pourquoi du phénomène ch’ti… Mais en tant que ch’ti (qui parle Français sans accent hormis quelques mots et expressions), j’ai eu beaucoup de plaisir à voir ce film qui présente ma région et ses habitants avec dérision et bon cœur, à notre image. Reste que quand vous arrêtez une personne dans la rue dans le Nord, il n’est pas aussi fréquent que sur les chaînes nationales de tomber sur quelqu’un qui parle avec un fort accent du nord !

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