Williamson, avortement et préservatif : le Vatican en crise de communication
Titem | 17 mars 2009Depuis qu’il a été élu, en avril 2005, on se doutait bien que Benoît XVI n’allait pas entreprendre cet important aggiornamento qui devrait transformer l’Église catholique afin de l’accorder avec son temps. Est-ce son rôle ? Non diront les traditionalistes. C’est pourtant bien une nécessité.
Je veux bien croire que Benoît XVI n’est pas un diplomate mais un juriste et un philosophe, qui préfère le débat intellectuel à la gestion de la Curie qu’il confie volontiers à ses conseillers. Je veux bien admettre qu’il soit obnubilé par l’unité de l’Église et qu’il ait été prévenu tard des propos de Mgr Williamson : sa gestion de ce dossier n’en est pas moins critiquable.
Je reconnais que le Vatican a condamné en ces termes l’excommunication de l’équipe de médecins brésiliens qui ont pratiqué un avortement sur une fillette de neuf ans dont la vie était mise en danger : “avant l’excommunication, il y avait la miséricorde“.
On ne doute pas que l’Église recommande de maîtriser sa sexualité, d’être chaste. On sait que l’encyclique de 1968 Humanae Vitae dénonce les méthodes de contraception et l’avortement. On se souvient que son prédécesseur, Jean-Paul II, ne disait pas autre chose.
Il n’empêche : l’Eglise, telle qu’elle est gérée actuellement, connaît un véritable problème de communication, à la fois sur ses décisions et sur ses prises de positions, ce qui perturbe les croyants.
Il faut le dire : les propos de Benoît XVI dans son avion pour Yaoundé sont tout simplement scandaleux ! Il a en effet estimé que l’on ne pouvait “pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs”. C’est vrai, il faut aussi aider ceux qui sont malades à avoir accès aux médicaments pour soigner leurs souffrances.
Mais dire que “Au contraire [leur] utilisation aggrave le problème”, c’est non seulement irresponsable, mais c’est aussi un mensonge et une supercherie intellectuelle. A quelques jours du Sidaction, cela mérite d’être répété et affirmé : lorsqu’il est bien posé, le préservatif est le seul moyen de contraception (c’est-à-dire qu’il permet d’empêcher sa partenaire d’être enceinte) qui permet de se protéger contre les maladies sexuellement transmissibles, dont le SIDA.
Encore une fois, on sait qu’il n’est pas du rôle du Vatican d’inciter ses fidèles à ne pas être chaste. Il a beau être dans son rôle de pape, garant d’une ligne de conduite claire, cela ne justifie nullement d’affirmer pareil mensonge. On aimerait que Benoît XVI soit un peu moins intellectuel, que ses réflexions soient moins ontologiques et qu’il se penche davantage sur la réalité.
A qui s’adresse ce message du pape ? Aux Africains ? Ce serait criminel, alors que le continent est ravagé par cette pandémie. Aux traditionalistes ? La belle affaire ! A force de vouloir donner des gages à la minorité, on désoriente la majorité, on aggrave le trouble qui règne dans la Chrétienté. A la majorité ? A quoi bon, elle n’écoute pas ! Elle attend du pape qu’il prenne position sur les conflits géopolitiques, sur l’importance de la foi dans le chemin d’une vie ainsi que de la solidarité et de la charité en ces périodes de crise.
C’est ce que je me souviens avoir appris lorsque je suivais avec grand intérêt les cours de catéchisme, et que je m’investissais dans des retraites spirituelles.


Une cinquantaine de ses amis et collègues d’Afrique au féminin et de la table de concertation des femmes de Parc Extension ont rendu hommage, le jour de son anniversaire, à Augustine Matumona, figure du quartier, décédée le 9 août dernier. Ce 28 novembre, elle aurait eu 56 ans. 






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