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Une voix dans la nuit, de Armistead Maupin (2000)

Titem | 28 août 2009

Une voix dans le nuit, de Armistead Maupin (2000)Son compagnon vient de le quitter. Gabriel Noone, écrivain et animateur radio de renom, sombre dans le désespoir, jusqu’au jour où l’un de ses auditeurs lui adresse un manuscrit : Pete, treize ans, victime d’un pédophile et séropositif, lui confie ses souffrances. Une correspondance téléphonique s’engage, qui augure d’une relation et de révélations bouleversantes.

Armistead Maupin est un auteur que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire. Ses talents de conteur, son humour légèrement désinvolte et ses histoires surprenantes m’ont beaucoup diverti dans ses célèbres Chroniques de San Francisco, dont le dernier tome, Michael Tolliver est vivant, est sorti il y a deux ans, mais également dans Maybe the Moon. Une voix dans la nuit était le seul que je n’avais pas encore lu.

Débutant par une anecdote illustrant sa tendance à embellir les histoires qu’on lui rapporte, le lecteur comprend alors le coeur de l’intrigue : quelle est la part de réalité et de fiction dans chaque récit ? Amistead Maupin, sous les traits de son héros Gabriel Noone, nous conte une aventure qui lui est arrivée. Mais jusqu’à quel point cette histoire est-elle exacte ?

Dans ce roman à clé, il parle d’amour : la fin de la relation avec son compagnon mais aussi l’affection qu’il porte pour un jeune garçon gravement malade, très lucide sur son sort dont les conversations sont pour le quinquagénaire fragile une véritable thérapie. C’est également l’occasion pour Armistead Maupin de revenir sur les relations avec son père et son propre désir inassouvi de paternité. Surprise ! On y retrouve également des références aux fameuses Chroniques de San Francisco, la série littéraire qui lui apporta la notoriété.

Ce roman est certainement le plus personnel de l’auteur qui se livre ici sans retenue, avec tous ses défauts, ses faiblesses, sa naïveté également, mais aussi toute sa tendresse. Loin de sombrer dans le pathos, on est de nouveau séduit par le style direct et affable d’Armistead Maupin.

[Edit 29/08/09 : ce livre a fait l'objet d'une adaptation cinématographique, The Night Listener, avec Robin Williams dans le rôle de Gabriel Noone].

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Armistead Maupin, Californie, Etats-Unis, Homosexualité, Littérature américaine, Parents/Enfants, Roman à clef, SIDA
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Michael Tolliver est vivant, d’Armistead Maupin (2007)

Titem | 26 octobre 2008

Une note un peu plus détendue en ce début de vacances…

Michael Tolliver est vivant. Ses amis se sont perdus dans l’excès ou sont morts du sida. Lui a survécu à tout. Il a rencontré Ben, l’amour de sa vie. Mais sa famille se refuse toujours à accepter son homosexualité. Lorsque la mère de Michael tombe malade, c’est pourtant lui qu’elle appelle à ses côtés en Floride.

A San Francisco, sa mère spirituelle, Anna Madrigal, réclame sa présence. Il est alors confronté à un dilemme : doit-il rester auprès d’Anna ou accompagner dans ses derniers instants cette mère qui l’a tant rejeté ?

Les six premiers volumes décrivaient le San Francisco mythique des années 70 et 80, terrain de toutes les expériences amoureuses et sexuelles. Vingt ans après, l’insouciance s’est envolée, le sida est passé par là. Avec ce mélange de drôlerie, de légereté et de gravité qui est sa marque, Maupin clôt cette extraordinaire aventure littéraire dans ce septième et dernier épisode des Chroniques de San Francisco.

Michael Tolliver Lives

L’annonce avait fait l’effet d’une petite bombe chez les fans de l’auteur californien : il y aurait bien un septième tome aux Chroniques de San Francisco, la série littéraire qui avait bousculé l’Amérique bien pensante et diverti une génération de lecteurs. Rentré de l’étranger où j’appris la nouvelle quelques mois plus tôt, mon premier acte d’achat dans une librairie française fut le nouveau roman d’Armistead Maupin.

Le livre est, comme pour les six premiers tomes, marqué dans un cadre spatio-temporel précis : San Francisco, la libérale, la dynamique. Les années sida sont passées mais la maladie est toujours présente, Reagan a laissé la place à W. Bush et sa guerre idiote en Irak. Michael, lui, a survécu, et profite de sa vie à chaque instant, aux côtés de son ami, même s’il fallait le perdre demain. Et il en prend d’autant plus confiance que cette fois, ce sont ses deux mères qui s’apprêtent à partir.

On retrouve avec grand plaisir son grand talent de conteur, son humour à la fois désinvolte et mordant, les péripéties qui ont fait des chroniques un immense succès de librairie. J’ai dévoré ce dernier tome en trois jours à peine : on se laisse totalement emporter par l’histoire, le style agréable et les personnages attachants, – des nouveaux (Shawna, devenue adulte, Patreese l’infirmier, Irwin, le frère de Michael) ou les plus anciens (Anna Madrigal, Brian…).

Mais… Je persiste. Même si ces livres sont toujours aussi plaisants, on ne retrouve pas cette folie qui animait les trois premiers tomes, ceux qui se déroulaient pendant les années 1970, la décennie insouciante. Mais néanmoins, on passe un petit moment savoureux en compagnie de l’oncle Armistead.

Lire aussi : la critique de Maybe the Moon, autre roman de l’auteur.

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2007, Armistead Maupin, Californie, Homosexualité, Humour, Littérature américaine, San Francisco, SIDA, USA
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Maybe the moon, de Armistead Maupin (1992)

Titem | 26 novembre 2007

Maybe the Moon, de Armistead Maupin (1992)

Pour Cadence Roth, “décrocher la lune”, c’est décrocher un vrai rôle au cinéma. Parce que, après avoir composé sous un masque le rôle de l’elfe dans un film mythique, Cady compte bien jouer dans la cour des grands, ce que sa très petite taille lui interdit. Dans ce roman sous forme de journal, les faux-fuyants du politiquement correct et les promesses vaines des agents artistiques alimentent un portrait sans appel de Los Angeles, où la différence n’a pas droit de cité. Après ses Chroniques de San francisco, Armistead Maupin poursuit avec drôlerie sa critique de la société américaine. Et seule Cady en sort grandie.

Critique de Marie Gobin, dans Lire, 4ème page de l’édition 10/18.

Que pourrait-on ajouter à cette critique qui résume parfaitement cet autre ouvrage de l’américain Armistead Maupin ? On y retrouve à travers le regard faussement désabusé mais toujours alerte de ce petit bout de femme dynamique une critique de la carnavalesque société américaine et son jeu de masques incessants.

Fatiguée de jouer des petits rôles, Cady souhaite revenir par la grande porte dans le milieu du cinéma. Entière, mais pas sans fêlures, séduisante mais honnête, elle rêve d’un rôle à la mesure de son talent, et pas seulement celle de sa très petite taille. Accompagnée d’une colocataire-groupie et d’un ami écrivain en quête de sincérité humaine, Cady fait son bonhomme de chemin, à travers les obstacles qu’on dresse sur son chemin.

Un roman librement inspiré de la vie de Tamara De Treaux, amie de Armistead Maupin, actrice de 79 centimètres qui a connu son “heure de gloire” en jouant le rôle de l’E.T du film de Steven Spielberg… mais dont le nom n’apparaîtra pas dans la distribution.

Un livre plein d’humour, porté par la lucidité de la narratrice. On y retrouve le talent de Armistead Maupin pour ses situations où la coïncidence cohabite avec l’innatendu. Une leçon de vie aussi, facette de l’american dream, et qui rappelle le plus récent Million Dollar Baby de Clint Eastwood : donne-toi les moyens de pouvoir vivre tes rêves et réjouis-toi d’avoir agi en ce sens.

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1992, Années 90, Armistead Maupin, Cinéma, Discrimination, Hollywood, Humour, Littérature américaine
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