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Justin Trudeau, le Jean Sarkozy canadien (?)

Titem | 16 octobre 2008

Trudeau. Ce nom ne vous dit peut-être rien, à moins d’être intéressé par l’histoire politique du Canada ou d’avoir atterri à l’aéroport international de Montréal, Pierre-Elliott-Trudeau. Ce dernier fut Premier Ministre du Canada pendant près de 15 ans : de 1968 à 1979 et de 1980 à 1984. Dynamique , flamboyant, intellectuel, un brin provocateur, il reste dans les mémoires des Canadiens comme l’un des plus grands Premier Ministre du Canada. Détesté par les uns, adulé par les autres (on a parlé à son sujet de Trudeaumania), il ne laisse pas indifférent.

Les élections générales ont eu lieu le 14 octobre au Canada, suite à la dissolution du Parlement décidée par la gouverneure générale Michaëlle Jean, sur avis du Premier Ministre conservateur Stephen Harper (voir mon précédent article avec un paragraphe sur les institutions du Canada).

Après des sondages contradictoires, c’est finalement le parti conservateur qui conserve le pouvoir. Mais s’il gagne seize sièges, sa majorité reste toujours relative. La plupart des sièges ont été gagnés sur les Libéraux, qui perdent dix-neuf sièges. Mais s’il est bien une victoire que les Libéraux n’ont pas manqué de célébrer, c’est celle de Justin Trudeau, fils de Pierre Elliott qui, à 37 ans, fait son entrée au Parlement Canadien. Il a remporté une victoire remarquée (41,5 %) dans la circonscription de Papineau (qui couvre l’arrondissement de Villeray Saint-Michel Parc-Extension), certes historiquement libérale, face à la députée sortante du Bloc Québécois, Vivian Barbot (38,6 %) qui avait mis fin à l’hégémonie libérale sur ce territoire en battant le ministre Pierre Pettigrew.

Lors de mon séjour au Canada, j’avais rencontré Vivian Barbot, je l’avais même interviewée. Je suis désolé d’avoir appris sa défaite, elle qui m’était apparue une femme véritablement dévouée au mieux-être des personnes qu’elle représentait, dans cette circonscription multiéthnique (39 % des électeurs de Papineau seraient des immigrants, d’après cet article) plutôt défavorisée (le taux de chômage s’y élève à 13,3 %, contre 7,4 % en moyenne dans le pays)… mais dynamique.

Mais j’avais aussi eu l’occasion de rencontrer Justin Trudeau. Grand, sourire à la Jean Lecanuet (ou JFK), des yeux brillants… Un charisme indéniable (bon, là c’est une photo libre de droits de Wikipedia, un peu d’indulgence…) Une proximité à l’égard des électeurs – même si c’est une qualité incontournable en politique !

Mais journalistes comme hommes politiques, aucun ne manque de rappeler l’illustre ascendance du jeune élu. “Sur les traces de son père” écrivait même Gabrielle Duchaine, du Journal de Montréal. Pour l’attaquer sur son soutien au bilinguisme et au fédéralisme notamment, comme le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, qui avait appelé à la fierté nationale des Québécois afin de défaire le fils du fédéraliste Pierre Elliott Trudeau. Le même Duceppe accusait Justin Trudeau de constituer une “menace pour l’avenir de la nation québécoise et la langue française”, de vouloir ramener le Québec “40 ans en arrière” et de souhaiter “refaire les batailles de son père”. En somme, on évoque le fantôme du père – Pierre Eliott Trudeau est décédé en 2000 – pour mieux s’en prendre au fils.

Ce dernier, bien qu’il ait déjà avoué sentir la présence de son père tous les jours, le candidat libéral s’est toujours défendu d’en être l’émule. Car d’autres rappellent que si le père fut élu de la riche circonscription de Mont-Royal, le fils , plus de 40 ans plus tard, a choisi celle plus modeste de Papineau, alors même qu’on l’attendait dans Outremont, circonscription plus prospère. En comparaison, Jean Sarkozy est élu du canton de Neuilly-sur-Seine-Sud, son père était encore il y a peu maire de Neuilly-sur-Seine, député, et conseiller général du canton au Nord ! Le terrain était donc encore frais pour le fils Sarkozy.

Nicolas et Jean Sarkozy

Il est certain que si porter un nom célèbre donne un argument contre vous à vos adversaires, il peut être également un atout auprès des électeurs. C’était déjà le cas lors de l’élection présidentielle de 1848 qui vit la victoire de Napoléon III, neveu de l’empereur ! Et ce même quand son illustre parent est décédé ! Ce qui n’est pas le cas de Jean Sarkozy, qui doit en plus supporter les critiques de ceux qui voient son insertion politique comme le fait du prince père.

Certains au Canada voient déjà Justin Trudeau comme le futur Premier Ministre de son pays, d’ici 10, 20 ans peut-être. D’ici là, Jean Sarkozy, plus jeune, trouvera peut-être en Justin Trudeau l’exemple de tout ce qu’il devra supporter s’il doit prétendre à de plus hautes responsabilités. Et de leur souhaiter une meilleure réussite politique qu’un autre fils de… J’ai nommé W…

N.B. : Les commentaires de nos amis Canadiens ou expatriés à ce sujet sont éminemment les bienvenus !

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A Québec, François Fillon se prend “les pieds dans les lys du tapis”

Titem | 7 juillet 2008

Que n’a-t-on pas entendu lorsque Ségolène Royal a “gaffé” au Québec. Souvenez-vous : en janvier 2007, lors d’une rencontre avec André Boisclair, alors chef du Parti Québécois (PQ), favorable à l’indépendance de la province, la Présidente de la région Poitou-Charentes, répondant à une question sur la souveraineté du Québec, affirmait que sa position “reflétait des valeurs communes, c’est -à-dire la liberté et la souveraineté du Québec“.

Elle avait beau expliquer que cela signifiait qu’il incombait au Québec de se prononcer de façon libre et souveraine sur son appartenance à la Confédération canadienne, la polémique a tenu en haleine les médias de part et d’autre de l’Atlantique. Souveraineté politique (autrement dit, indépendance) ou souveraineté dans son choix ? Cette dernière interprétation était également possible… Il n’empêche. En période de campagne électorale, on s’est empressé de critiquer l’incompétence de la candidate socialiste.

Visiblement, le Québec ne réussit pas à nos hommes politiques. A l’occasion du 400ème anniversaire de Québec, le Premier Ministre, François Fillon, a évoqué à deux reprises les relations entre “deux pays” en parlant de la France et du Québec. Il n’échappe à personne que le Québec, si elle est une nation, n’est pas un pays. D’autant plus regrettable que l’on sait très bien que le sujet est sensible et que les Français se laissent souvent aller à des élans d’amour un peu maladroit pour la Belle Province.

C’est ainsi qu’il a reconnu son “écart de langage” et fait amende honorable : “J’aurais dû dire : entre deux nations”. L’incident aurait pu en rester là s’il n’avait pas ajouté : “Pour moi, pays est un mot qui a plusieurs sens et chez moi, c’est un endroit où il y a des paysans”… C’est marrant, mais au Québec aussi ! Ils ont beau avoir un accent (ou ne serait-ce pas nous qui avons un accent ;-) ) et ne pas toujours avoir le même vocabulaire, il arrive que l’on se comprenne ! Et là pour le coup, l’explication n’a pas non plus convaincu grand monde.

Pour reprendre les propos d’un commentateur sur le site du Monde : “Il tente de se raccrocher au branche (sic), mais il déracine l’arbre qui lui tombe dessus…”

Mais pour ne pas en rester sur cette mini-polémique qui certes froisse nos amis canadiens mais ne constitue pas un incident diplomatique – et puisque dorénavant dans certains pays il faut parler des bonnes nouvelles ! – rappelons que cette visite du Premier Ministre a été l’occasion de signer des partenariats entre la France et le Québec, notamment dans le domaine médical et universitaire !

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Pourquoi l’indépendance du Québec ne fait plus recette

Titem | 4 juillet 2008

En réaction à un commentaire d’Olivier de Montréal, quelques développements sur l’indépendantisme québécois. Je ne prétends pas apprendre des choses aux expatriés de longue date et encore moins aux Québécois (mais je serai ravi d’avoir leur opinion à ce sujet… “Olivier ?” – “l’autre”, celui de Gatineau ^^. Mais en cette période où l’on fête le 400ème anniversaire de la fondation de Québec, il est intéressant de comprendre, vu de France, les raisons du reflux de l’idée indépendantiste.

Il y eut dans l’histoire de la Belle Province deux référendums. Le premier en 20 mai 1980, à l’initiative du Premier Ministre provincial René Lévesque, fondateur du Parti Québécois, et rejeté à 59,56 %. Le second ,à la faveur du retour au pouvoir du PQ et de son chef, Jacques Parizeau, le 30 octobre 1995, a vu la courte victoire du non, à 50,58 %. On pourrait revenir longuement sur les conditions de ce vote, l‘article consacré à ce sujet sur Wikipedia apporte quelques développements à ce sujet, mais la rancœur me paraît bien inutile.

Image de prévisualisation YouTube

Drapeau Québec.jpg“Si je vous ai bien compris, vous êtes en train de dire : à la prochaine fois !” déclarait alors René Lévesque au soir de la défaite. Et pourtant, la perspective d’un nouveau vote et donc de l’indépendance du Québec semble s’éloigner progressivement. Des sondages accordent entre 35 et 42 % de Québécois favorables à l’indépendance de leur province de la Confédération canadienne.

L’article du Monde en donne plusieurs explications.

Le Québec est parvenu à imposer la fameuse “loi 101″, ou Charte de la langue française. Cette loi-cadre définit les droits linguistiques des citoyens du Québec mais fait également du français la seule langue officielle de l’État québécois. Un progrès indéniable dans ce qui fonde – en partie – l’identité des Québécois.

Une identité par ailleurs renforcée par une motion votée en 2006 par le Parlement d’Ottawa, reconnaissant que le Québec constitue une “nation”. Une reconnaissance importante, mais qui peut passer pour une manière de satisfaire des Québécois “modérés” et abaisser les velléités indépendantistes.

Déjà à l’origine de cette motion, le Premier Ministre fédéral, Stephen Harper, se montre beaucoup plus conciliant avec les autorités québécoises, acceptant certaines revendications, notamment en matière fiscale.

Enfin, l’article du Monde note la baisse de la popularité du Parti Québécois, arrivé, 3ème avec 26 % lors des dernières élections provinciales. Le parti de Pauline Marois cherche à se recentrer sur un projet-social libéral au détriment de la perspective d’un nouveau référendum.

Mais il y a me semble-t-il une autre raison importante, et qui n’a pas été évoquée par l’article : le nombre croissant d’immigrés au Québec. Dans l’extrait vidéo ci-dessus, vous avez pu entendre Jacques Parizeau donner les raisons de l’échec du second référendum “l’argent et des votes ethniques”. Des propos qui ont provoqué beaucoup de réaction à l’époque. En 1995, 60 % des Québécois francophones ont voté en faveur de l’indépendance. Anglophones et allophones ont voté non. Certaines tribus indiennes ont même rejeté la proposition à plus de 95 % !

Or le Québec accueille chaque année plus de 45 000 immigrants. Selon des statistiques pour l’année 2006, ils venaient principalement d’Algérie (4 597 personnes), de France (3 236), du Maroc (3 031), de Chine (2 433), de Colombie (2 172), de Roumanie (2 028) puis du Liban, d’Haïti, d’Inde et du Mexique. Un grand nombre arrivent donc de pays où le français est couramment parlé : une manière de défendre l’identité linguistique de la province. Mais ces immigrés-là, et les autres, se sentent-ils concernés par les velléités indépendantistes historiques du Québec vis-à-vis du Canada ? Pour certains oui. La député provinciale de Papineau, Vivian Barbot, est bloquiste, d’origine haïtienne. Mais les autres ?

Diversité

Ajoutons à cela que les subventions accordés aux programmes de francisation diminuent. Cela pose problème, car cela touche à un pilier de l’identité du Québec en terre américaine. Une statistique du début d’année a d’ailleurs suscité beaucoup d’agitation : pour la première fois depuis bien longtemps, le nombre de francophones passait sous la barre des 80 %.

La vraie question qu’il faut se poser c’est “quel intérêt le Québec aurait-il à devenir indépendant ?” Autrement dit : n’existe-t-il pas d’autres moyens que l’indépendance pour défendre l’identité québécoise , les intérêts du Québec ? C’est peut-être la question que pose ses immigrés. Ils rappellent ainsi que l’histoire du Québec et du Canada est intimement liée.

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Comme une envie de Montréal, de Québec… de Canada

Titem | 3 juillet 2008

Comme à chaque fois que la tension est plus forte autour de moi, je me replonge dans mes souvenirs, qui me rassurent, m’apaisent. Et pour une fois, en fermant les yeux, je n’ai pas pensé à ma presqu’île de Bretagne où je me rends à chaque vacance. Ce ne sont pas les images de la mer qui s’étend jusqu’à l’archipel des Glénans, ni les petites rues étroites, ni les boutiques du vieux Quimper ou Rennes qui me viennent en tête. Pas plus que les odeurs d’iode, de crêpes et de tout un tas de plantes dont je ne connais pas le nom. C’est Montréal. J’y pense encore, et pas seulement parce qu’il y ferait moins chaud qu’à Nicosie  ! Je me souviens avoir atterri un 3 septembre par 31° à Montréal, alors…

Montréal vu du Mont-Royal

Il faut dire que l’on en parle de plus en plus. Fête nationale du Québec le 24 juin à la Saint-Jean-Baptiste, la fête qui a longtemps fédéré le “Bas-Canada” avant de devenir plus spécifiquement celle du Québec (au grand dam de quelques mouvements fédéralistes. Fête nationale du Canada le 1er juillet, le jour de sa constitution en un Etat fédéral, en 1868. C’est curieusement au Québec ce jour où près de 250 000 ménages québécois, dont beaucoup de locataires, décident de déménager !

C’est également en ce moment même le Festival de Jazz international de Montréal. Mais la fête s’arrête-t-elle jamais là-bas ? Les festivals artistiques, musicaux, cinématographiques, s’enchaînent à un rythme effréné, au point que la soif de culture se transforme en frustration de ne pas pouvoir assister à tout. C’eut été le moyen de mieux connaître ce genre musical que je commence à peine à appréhender, et à apprécier !

Le Canada, mais plus particulièrement le Québec, est au centre de tous les regards ces derniers jours. L’une de mes émissions préférées, 2000 ans d’Histoire, de Patrice Gélinet, sur France Inter, y consacrait une (trop courte) émission. Le Monde publiait une demi-douzaine d’articles sur le Québec. La défense de la culture québécoise, les fleurons industriels, les raisons de l’affaiblissement de la pensée indépendantiste…

400 ans. C’est l’âge de Québec, la ville, mais aussi du Québec, la Belle Province. J’aurais beaucoup aimé participer à ces festivités, mais il faut savoir faire des choix !

Québec vu des Plaines d\'Abraham

Alors je me suis replongé dans le quasi millier de photos que j’ai pris lors de mon séjour outre-atlantique. Que de souvenirs. Là, je commence à réaliser tout le chemin parcouru depuis tout ce temps. Presque une année de passée. Une année hors du temps, comme je le dis souvent. Le retour à la réalité, lorsque je réouvrirai les yeux sur le ciel de France, va vraiment me donner une drôle d’impression…

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Les Red Wings de Detroit remportent la Coupe Stanley 2008, et les Canadiens de Montréal ?

Titem | 5 juin 2008

… Où l’on reparle du Canada ! Pour les aficionados de la rondelle et du bâton (en québécois dans le texte), les spectateurs assidus des matchs de hockey, les fanatiques des pourcentages des arrêts des gardiens, des points marqués par chaque candidat et autres records, vous ne trouverez pas grand-chose ici ! Mais pour ceux pour qui le hockey sur glace n’est qu’un sport que l’on voit aux Jeux Olympiques d’Hiver, et les anciens expatriés au Canada : c’est dont les Red Wings de Detroit qui ont remporté la Coupe Stanley, le trophée le plus important dans ce sport outre-atlantique. C’est la 11ème fois que l’équipe de Detroit remporte cette compétition, les Red Wings sont la 3ème équipe la plus titrée derrière… les Canadiens de Montréal (!) et les Maple Leafs de Toronto.

J’en parle d’autant plus qu’avec recul, j’ai eu la chance de pouvoir assister, non pas à l’un des matchs de cette finale au meilleur des 7 rencontres, mais à l’un des matchs Canadiens de Montréal VS Red Wings de Detroit (futurs vainqueurs de la Coupe Stanley donc), au Centre Bell de Montréal, lorsque je me trouvais là-bas. C’est donc la Conférence Est qui emporte cette année la précieuse coupe.

Les Canadiens de Montréal, arrivés en tête de la Conférence Ouest, ont été éliminés en demi-finale de conférence par les Philadelphia Flyers.

Dommage, c’est un sport que l’on a peu l’occasion de voir en France. D’ailleurs, la manière dont on le joue en Amérique est très différente de celle qu’on joue en Europe. A tel point que lors du match des étoiles, les commentateurs ont qualifié ce match où les joueurs levaient le pied de « match à l’européenne ».

Mais rien n’est perdu pour l’équipe des Canadiens qui feront peut-être honneur l’année prochaine à leur 100ème anniversaire !Logo Hockey 100 ans Canadiens de Montréal

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Le Taser n’est pas une arme anodine

Titem | 24 mai 2008

Taser X26Pour avoir affirmé que le Taser avait causé la mort de près 150 personnes aux Etats-Unis, Olivier Besancenot a eu le droit à une plainte pour diffamation de la part de la société Taser France. Les médias ont eu l’occasion de reparler de cette affaire au moment où l’Express révélait que le leader de la LCR avait été victime d’espionnage et suggérait que cela pouvait être lié à son contentieux avec Taser.

Les dirigeants de Taser France ont accusé Olivier Besancenot de ne pas être en mesure de donner les noms des victimes du Taser qu’il a évoqué, Il n’a pas pu le faire dans la mesure où ses prétendues victimes n’ont jamais existé». Elles n’ont jamais existé ? Surprenante naïveté. Ajoutons que, le 23 novembre 2007, le comité de l’ONU contre la torture estimait que l’utilisation du Taser constitue “une forme de torture” et “peut même provoquer la mort”.

Envoyé Spécial diffusait cette semaine – et c’est ce qui m’a finalement décidé à réagir à ce sujet – un reportage sur les “copwatchers”, des comités de citoyens qui, aux Etats-Unis, filment les interventions des forces de l’ordre afin de s’assurer qu’ils ne commettent pas de bavure. Parmi les personnes interrogées, une femme dont la père avait été tué suite à des décharges de Taser. Pas de procès pour les policiers faute de preuve, aucun copwatcher n’était présent au moment de l’incident.

Toujours outre-atlantique, je me souviens qu’au Canada, où je me suis rendu ces derniers mois, l’arme est accusée d’avoir provoqué la mort de 20 personnes, ce qui commence à susciter le débat. Vous avez certainement entendu parler de ce Polonais tué dans l’aéroport de Vancouver parce que des policiers le trouvaient agité. J’ai effectué un stage au Journal Communautaire Le Monde, mensuel de l’arrondissement Villeray Saint-Michel Parc-Extension de Montréal. Dans un article de l’édition de février 2008 était évoqué un débat de citoyens suite au décès de Quilem Registre, un habitant décédé de ses blessures infligées par un Taser.

Est-ce que tous ses décès sont directement liés à la décharge de Taser, cette arme “incapacitante à transfert d’énergie” ? Des études contradictories ont été réalisées à ce sujet. Si les conséquences d’une balle de pistolet sont sûrement plus graves qu’une décharge de Taser, le débat doit se poser. Car le risque est qu’à force de considérer cette arme comme “inoffensive”, on finisse par s’en servir à n’importe quelle occasion, alors qu’il existe actuellement un consensus sur l’usage exceptionnel et justifié de cette arme.

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Un projet, plusieurs idées

Titem | 26 mars 2008

Depuis 2005, Mon Resto Saint-Michel organise des rencontres entre les différentes communautés. Ce projet, Un quartier fier de sa diversité, rendu possible grâce aux contrats de ville, a donné naissance à trois autres projets, pensés par les citoyens eux-mêmes.

Mon Resto Saint Michel

«L’idée est que chaque communauté montre une partie de sa culture», déclare Hamid Kartti, directeur de Mon Resto Saint-Michel. Dans le cadre d’un quartier fier de sa diversité, les résidents de l’est du quartier se réunissent une dizaine de fois pour préparer une fête multiculturelle autour de thèmes comme le mariage marocain, le carnaval, le drapeau haïtien. «On y parle français, créole, arabe… Le citoyen est impliqué dans un projet où il est le maître d’œuvre», explique Hamid Kartti.

Trois ou quatre fêtes sont organisées par an, au parc René-Goupil. Elles rassemblent près de 250 personnes à chaque fois. «Cette démarche est importante pour une meilleure cohabitation des communautés à l’intérieur des HLM, comme dans le quartier. Auparavant, elles ne se parlaient pas, les gens nourrissaient des tensions, des préjugés», ajoute-t-il.

C’est au cours de ces rencontres préparatoires que les citoyens ont mis à jour leurs problèmes communs pour mettre en place des actions concertées avec d’autres groupes ou institutions. «Un quartier fier de sa diversité a eu un effet de levier vers d’autres projets collectifs. Au départ, on ne prévoyait pas tout ça», résume Hamid Kartti.

Ainsi rapidement, les parents ont exprimé leurs inquiétudes sur la sécurité des enfants à la sortie des écoles. Depuis, les Anges de la sécurité sont postés sur les corridors scolaires. «Mon Resto se préoccupe du bien-être des familles», ajoute-t-il. «Les parents ont également voulu organiser des tournois intergénérationnels de soccer». Désormais, parents et enfants s’amusent tout au long de l’été sur les terrains de sport afin de resserrer leurs liens. Les citoyens se sont mobilisés autour du projet de coopérative d’habitation Les Ambassadeurs ; la réfection d’un immeuble, situé sur le boulevard Pie IX, permettra la création de 24 logements adaptés aux besoins des familles.

«Le parc, comme le quartier, est redevenu un lieu dynamique d’échange grâce aux tournois, aux fêtes. Les gens se sont appropriés leur environnement», se réjouit Hamid Kartti.

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Une gang loin de la rue

Titem | 25 mars 2008

Le programme Vision vers l’avenir, financé par les contrats de ville, a été mis en place en 2005 par l’équipe de basketball des Monarques, établi dans Saint-Michel. Il offre la possibilité aux jeunes Michelois de pratiquer été comme hiver des sports collectifs. Un moyen de canaliser leur énergie, d’empêcher l’oisiveté et la délinquance après les cours.

Vision vers l'Avenir

«Nous voulions ramener des jeunes qui n’étaient pas touchés par les activités sportives. C’est pour cela que nous avons créé Vision vers l’avenir», indique Wildano Félix, coordonateur de ce programme et entraîneur des Monarques. Les jeunes du quartier peuvent s’entraîner dans les parcs de Saint-Michel l’été et dans le gymnase de l’école Louis-Joseph-Papineau le soir.

Grâce au financement contrat de ville, les animateurs sont formés pour encadrer les jeunes, auxquels on procure le matériel approprié. «Ils font du basket, du soccer, du hockey. Nous leur fournissons l’équipement pour pratiquer le sport qu’ils aiment», confirme-t-il.

Un programme qui peut s’enorgueillir de son succès. «À chaque séance le soir ou en camp de jour, 70 jeunes de tout âge, de tout niveau, fille ou garçon, viennent s’amuser», mentionne Wildano Félix.

Mais ce programme n’est pas seulement ludique. Le but est de faire de la prévention auprès des participants. «Ils sont responsabilisés et évalués sur leur comportement», explique Wildano Félix. «On propose aux meilleurs d’intégrer les Monarques, mais également, à ceux qui le souhaitent, d’entraîner à leur tour les plus jeunes. On leur permet ainsi de jouer un rôle positif dans leur quartier».

C’est le cas de Darcy qui a bénéficié de Vision vers l’Avenir et entraîne aujourd’hui une équipe de garçons. «À l’époque, j’avais décroché de l’école. Wildano est venu me voir et m’a proposé d’entraîner à condition que je reprenne les cours. Aujourd’hui, je peux gagner un peu d’argent et j’ai du temps pour étudier». Candie, une autre animatrice, ajoute : «On demande aux jeunes d’avoir des bonnes notes et d’aider ceux qui éprouvent des difficultés scolaires. Après ils sont contents de venir nous montrer leur bulletin». Deux filles qui servent de modèles pour les plus jeunes.

«À leur âge, on devait aller jusque Villeray ou Montréal-Nord pour faire du sport», rappelle Wildano Félix. «On a vu certains de nos amis mal tourner. Aujourd’hui, ces jeunes, ce sont aussi nos petits frères, nos petits cousins. On veut les occuper pour qu’ils ne traînent pas dans les rues et fassent des coups. En cas de besoin, on est capable de leur parler pour les remettre dans le droit chemin».

«Finalement, on ne forme pas une gang de rue mais une gang de sport !», se réjouit Candie.

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Pouvoir aux jeunes, priorité à l’environnement

Titem | 24 mars 2008

A lire aussi : Mes impressions sur ce reportage.

Près de 200 jeunes se sont pressés aux portes du YM-YWHA de Côte-des-Neiges le 26 février dernier pour assister au 1er Forum Environnement Jeunesse. L’événement était organisé par le groupe C-Vert, en présence de l’environnementaliste David Suzuki, et avait pour but la sensibilisation des adolescents sur leur capacité à faire changer les choses, notamment pour la protection de l’environnement.

Forum Environnement Social

Lors de ce forum, la maire de l’arrondissement, Mme Anie Samson, a salué l’action de C-Vert. «C’est très encourageant de voir un si grand nombre des jeunes de 14 à 16 ans vouloir s’impliquer d’avantage afin d’améliorer la qualité de leur environnement ainsi que de leur communauté. Nous aurons l’occasion de voir les retombées concrètes de ce forum lors de la mise en place des projets environnementaux de chaque groupe C-Vert au mois de juillet». David Suzuki a tenu à souligner l’exemplarité du projet, une opinion partagée par son fondateur, Stephen Bronfman. «Nos partenaires peuvent être fiers d’avoir accompagné les jeunes dans leurs actions.»

David Suzuki a prononcé un discours devant une assistance captivée. «On nous dit que l’économie doit prévaloir sur l’écologie. C’est de la folie ! Respirer un air pur, boire de l’eau non polluée, manger sainement font partie de nos besoins vitaux !», a-t-il soutenu. Il a également dénoncé l’attitude des gouvernements et exhorté les jeunes à passer à l’action. «Ils se moquent de votre avis et du monde qu’ils vous laisseront. Pourquoi ? Parce que vous ne votez pas ! Mais levez-vous, exprimez vos préoccupations, vous qui parlez au cœur des hommes et ne doutez jamais de votre influence !»

Pour appuyer ses propos, il a présenté une vidéo de sa fille Severn qui, à seulement 12 ans, avait bousculé les participants du Sommet de la Terre de Rio en fustigeant la responsabilité des gouvernements dans l’avenir de la planète. «C’était il y a 16 ans. Depuis, qu’est-ce qui a été fait ?», interroge David Suzuki. «Voir que sa fille seule a eu autant de pouvoir à son âge nous donne confiance. Nous sommes toute une gang et on peut vraiment faire changer les choses», se réjouit Daya.

«La Fondation David Suzuki va continuer à collaborer étroitement avec l’équipe C-Vert afin de maximiser les retombées et assurer que la voix des jeunes soit entendue ici et ailleurs», a annoncé David Suzuki. Michel Séguin, coordonateur du projet C-Vert dans Saint-Michel, confirme : «On espère vraiment travailler avec eux afin que les jeunes puissent bénéficier de l’expertise des adultes».

Un partenariat qui a débuté peu avant le début du forum, les jeunes de C-Vert ayant eu la chance de pouvoir rencontrer David Suzuki à huis clos. «C’est super intéressant. Il nous a donné quelques pistes pour nos futurs projets», explique la jeune Daya. Le projet C-Vert doit en effet aboutir en juillet 2008 à la mise en œuvre d’un projet environnemental défini par les jeunes. Les jeunes Michelois de C-Vert ont évoqué la plantation de vignes sous le métropolitain ce qui, outre l’aspect esthétique, permettrait de diminuer la température à proximité.

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Adieu Montréal… et à bientôt !

Titem | 21 mars 2008

Au revoir Montréal Villeray Saint-Michel Parc Extension

C’est sûrement lorsque l’on décroche les posters, les cartes postales, les photos du mur que l’on se rend compte que c’est véritablement la fin. Mon aventure montréalaise a pris fin ce jeudi 20 mars 2008. Une date qui me semblait tellement lointaine en septembre dernier, au moment de partir. Et voilà, j’y suis finalement arrivé. J’ai eu beaucoup de mal à réaliser, le temps m’emporte et je ne saurai dire comment je me sens vraiment. Les adieux n’étaient que des au revoir. Et en partant, j’ai une pensée pour chacune des personnes que j’ai rencontrées.

Alors bien sûr j’ai quelques regrets. J’aurais fait quelques restaurants québécois, mais je n’aurais pas eu l’occasion de me rendre dans une cabane à sucre. Je ne suis pas entré à l’Oratoire Saint-Joseph. Je n’ai pas visité le Musée Ramezay ou Stewart. Je n’aurais pas l’occasion de voir les festivités d’été du 400ème anniversaire de Québec, même si j’ai eu l’occasion de m’y rendre à deux reprises.

Plus loin, il me restera à (re)voir Toronto et Ottawa. Apprendre le Canada par ses paysages en empruntant la Transcanadienne, de part en part. Observer l’étendue des blanches banquises au Nord du Québec. Quant à l’hiver québécois, j’en aurais profité pleinement ! Près de 4 mètres de neige, même sans avoir vécu de températures de -30°C (au minimum : -18°C), c’est déjà suffisant comme expérience !

Il faut faire le deuil du temps qui passe. S’il fallait le dire en chanson, je chantonnerai “Je n’aurais pas le temps” de Fugain. Et je ne vous refais pas le coup du “Je reviendrai à Montréal”, de Robert Charlebois, même si j’espère bien que ce ne seront pas que des paroles en l’air. Oui, j’espère bien revoir Montréal, retrouver son dynamisme estival.

J’avais une énorme crainte au moment de partir : les valises ! Allais-je arriver à reprendre toutes mes affaires ? Heureusement qu’à Noël, j’avais pu reprendre avec moi quelques affaires. Au moment de la pesée : 40 kilos pile. Bon à savoir : avec Air Transat, les patins ne sont pas considérés comme équipement sportif. Plutôt que de payer 30$ – pour le sac de 3 kilos – une jeune québécoise qui n’avait qu’un bagage a accepté d’enregistrer mon sac. Merci encore ! Une jeune fille de l’OFQJ en partance pour la France d’ailleurs, comme une dizaine de ses compatriotes… la relève est assurée !

Si, en ce qui me concerne, mon aventure québécoise OFQJ s’arrête ici, j’ai encore pas mal de souvenirs, d’expériences… à partager avec vous pour les prochains jours. Et d’autres voyages également !

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