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Le blog de Titem, entre Europe et Canada.
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Chronique européenne 4 : le plan d’aide européen à Chypre

Titem | 20 mars 2013

Pour ma quatrième chronique à Canal M, la radio de Vues et Voix, il a été question d’un sujet d’actualité encore brûlant : le plan d’aide européen à Chypre (à écouter ici). Un thème européen qui m’intéresse d’autant plus que j’ai vécu quatre mois à Chypre, plus particulièrement à Egkomi, en banlieue de Nicosie, la dernière capitale divisée d’Europe. C’était au printemps 2008, juste après l’élection à la présidence du néo-communiste Dimitris Christofias, dont on espérait qu’il trouverait enfin une solution à la partition de l’île. Las, nous sommes en 2013, nombreux sont encore les points de désaccord. Et pour l’élection qui a vu la victoire du candidat de la droite Nicos Anastasiades, le principal sujet était, pour une fois, la crise économique et financière.

Statue de Makarios III à Nicosie

Statue de Makarios III à Nicosie – Titem

Je ne reviens pas sur les détails du plan d’aide qui avait été conclu samedi entre les autorités européennes (chefs d’État européen et BCE) ainsi que le FMI. Tout juste me bornerais-je à considérer qu’il ne m’apparaît pas absurde de demander à ceux qui ont profité de la générosité du système bancaire chypriote de contribuer à sa sauvegarde. Cela vaut mieux, surtout s’il avait été clair dès le départ que les petits épargnants seraient épargnés. Pour pasticher Winston Churchill à propos de la démocratie, c’est sans doute la pire des solutions à l’exception de tous les autres. Opter pour une solution « à la grecque », avec l’octroi d’aides substantielles qui oblige le pays, incapable de rembourser, à imposer une cure d’austérité qui mine l’économie du pays comme le niveau de vie des citoyens, paraît exclu. Il faut tout de même garder à l’esprit que le risque que cela constitue un précédent inquiétant n’est pas nul, mais que le cas de Chypre et son secteur bancaire huit fois supérieur à son PIB dont sans doute la moitié provenant de la Russie, demeure particulier. Même le Cyprus Mail semble douter de « l’héroïsme » des députés chypriotes.

Lors de ma chronique, j’ai évoqué le fait que Chypre s’est tourné vers la Russie, l’un de ses principaux partenaires économiques et qu’une aide financière pourrait être conclue en échange de l’exploitation des gisements pétrogaziers au large de Chypre… Même si la Turquie, qui contrôle le tiers nord de l’île, ne manquera pas de mettre en avant ses revendications. Un correspondant du Wall Street Journal à Moscou évoque cette autre hypothèse intéressante : la Russie lorgnerait plutôt sur les infrastructures des télécoms (relativement développées) et énergétiques (en grand besoin de modernisation).

Comme les autorités européennes l’ont rappelé, la balle est dans le camp de la République de Chypre, qui avait demandé cette aide de 17 milliards d’euros, soit le montant de son PIB. Ce qui me désolé, c’est qu’une nouvelle fois, par leur impéritie, volontaire ou non, ou leur double langage, des chefs d’États européens, on a manqué précipiter l’Europe dans une nouvelle crise. Nicos Anastasiades n’est Président que depuis un mois, mais il n’a pas tardé à agir comme d’autres l’ont fait avant lui. Ainsi, accompagné de son ministre des finances, Michael Sarris et après avoir assuré leurs homologues qu’ils désiraient que tous les détenteurs d’un compte à Chypre s’acquittent de la taxe, ceci afin de ne pas heurter et discriminer les clients étrangers (russes au premier chef), il est revenu dans son pays en soulignant leurs efforts pour modérer les conséquences du « chantage » qui leur a été imposé.

Encore une fois, l’Europe est une coupable toute désignée pour des chefs d’État incapables d’assumer chez eux des décisions qu’ils ont prises dans un autre cadre institutionnel. Et cela, à l’heure où il est beaucoup question de démocratie et de légitimité en Europe dans cette période de crise économique et de défiance citoyenne, c’est bel et bien la pire des positions qui pouvait être tenue.

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Photo du mois – Novembre 2011 – Jusqu’au bout du monde – La pointe de Chypre

Titem | 15 novembre 2011

C’est Tambour Major qui, hier, sur Twitter, m’a rappelé que nous étions déjà à la veille de la Photo du Mois ! Et pour ce mois de novembre, c’est Alice qui a eu envie de parcourir, en quelques clics de souris, de nous emmener jusqu’au au bout du monde !

Pour une fois, j’ai choisi de prendre le thème au pied de la lettre et j’avoue avoir un peu triché (BOUH !) en vous publiant une photo que j’avais déjà mise en ligne sur ce blog il y a plus de trois ans. À part Olivier qui est l’un des plus fidèles de cet espace, peu d’entre-vous s’en serez rendus compte, mais je le dis tout de même par honnêteté.

Peut-être que certains d’entre-vous auront pensé à la Pointe du Raz, le lieu le plus occidental de la France, dans le Finistère/Penn ar bed.

Mais j’ai eu la chance de me rendre, au bout d’une longue route cahoteuse, une langue de terre entre deux eaux, à la pointe d’un autre pays. Je ne prétends pas bien sûr que l’Europe est le monde, mais comme la terre est ronde, il est bien difficile de lui trouver une fin ou un coin que l’homme n’ait pas arpenté grâce aux avancées technologiques.

Peut-être reconnaitrez-vous au moins un des drapeaux. Cette photo a été prise dans le Karpas, la région la plus orientale de l’île de Chypre (dans sa partie turque) et par conséquent la plus orientale de l’Union européenne actuellement (je ne tiens pas compte des îles outre-mer).

Les drapeaux turc et chypriote turc sont omniprésents au nord, repli nationaliste oblige. Jusqu’au bout de cette terre, on les retrouve et je peux vous assurer que ceux-là, plantés sur un promontoire rocheux, étaient énormes. J’aurais bien voulu vous montrer la mer en arrière, malheureusement il aurait fallu m’avancer jusqu’à une zone gardée par des militaires où les photos sont interdites. Autant j’ai réussi, malgré l’interdit, à photographier la « ligne verte » dans le vieux Nicosie, qui partage la République de Chypre (côté) et la République Turque de Chypre Nord (RTCN, seulement reconnue par la Turquie), là c’était plus risqué et autant vous dire que là-bas, on ne plaisante pas avec les photographes curieux.

Mais si vous voulez en savoir plus sur cette excursion, je vous invite à relire cet ancien billet. Et pour les plus courageux d’entre-vous, un clic sur le tag « Chypre » et vous lirez mes articles que j’ai consacrés à l’île d’Aphrodite, pendant mais aussi après mon séjour de quatre mois à Nicosie.

Plus rapide et moins cher que l’avion ou même le train et la voiture, parcourez le monde en vous rendant sur les blogs des participants de ce mois-ci : Alexanne, Krn, Lhise, M’dameJo, François, Sébastien, Le Mag à lire, Cherrybee, Noon, La Parigina, Guillaume, Olivier, Mandy, Dorydee, The Mouse, Frédéric, Cindy Chou, Mérantaise, Sephiraph, Les voyages de Seth et Lise, magda627, Marion, Carnets d’Images, E, Surfanna, Hugo, Agnès, Gilsoub, Ori, A&G, Kyn, Alice, Rene paul henry, jen et dam, Cynthia, Onee-Chan, Sinuaisons, L’azimutée, La Papote, Frankonorsk, Stephane08, Jean WILMOTTE, Celiano, Claude, M, Glose, Céline, Urbamedia, La Fille de l’Air, Doremi, Cathy Brocard, Nomade57, Laurabreizh, Calamity Scrap, Tambour Major, Lucile et Rod, Emma, Viviane, Nathalie, Fabienne, Un jour-Montreal, Tam, Terhi, Céline in Paris, Thib, florianL, Xavier Mohr, Clara, Boopalicious, Dr.CaSo, Filamots, Manola, 4 petits suisses dans un bol de riz, Sprout©h, lesegarten, Ines meralda, 100driiine, Champagne, La Madame, Isabelle, LE BOA BLEU , Maureen, Nolwenn, Le Loutron Glouton, Babou, Laure, Aude, Karrijini, le via carmina, Où trouver à Montréal? , Anne, blogoth67, Florian, Caro, hibiscus, Vanilla, Gizeh, Marie. Vous désirez participer à La Photo du Mois ? Rien de plus simple : connectez-vous sur Facebook et rejoignez-nous.

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Rennes et les Jeunes Européens célèbrent les 20 ans de la chute du Mur de Berlin

Titem | 10 novembre 2009

Cet article a également été publié dans le Taurillon, le webmagazine eurocitoyen.

19h : dans toute l’Europe, les Jeunes Européens Fédéralistes détruisent le mur qu’ils ont construit dans l’après-midi pour célébrer les 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin. A Rennes, cette manifestation a rassemblé plus d’une soixantaine de personnes pour cette manifestation.

20e anniversaire chute du mur de Berlin - Place de la Mairie à Rennes9 novembre 1989 – 9 novembre 2009 : cela fait maintenant 20 ans que le Mur de Berlin s’est effondré. Pour célébrer cet événement historique dans l’histoire de l’Allemagne et de l’Europe, les Jeunes Européens Rennes ont répondu à l’appel des Jeunes Européens Fédéralistes. Un mur de carton a été érigé place de la Mairie. Les personnes présentes ont été invitées à taguer des slogans sur les cartons, tandis que les journalistes locaux de Ouest-France, RCF Alpha ou le Mensuel de Rennes venaient couvrir le rassemblement festif.

Le mot « liberté » est celui qui, en français ou en allemand, revient le plus souvent sur le mur symbolique. Liberté, c’est aussi ce qui retiennent Rutger et Viky, deux étudiants néerlandais nés en 1989, venus étudier en France. « Cela devait vraiment faire bizarre » réagit cette dernière, « c’est comme si l’on était enfermé dans une pièce, sans savoir ce qu’il y a derrière la porte ! ». Tim, étudiant allemand, était trop jeune pour se souvenir de ce jour-là. C’est avec étonnement que plus jeune, son père lui montra lors de vacances l’ancienne frontière entre la RFA et la RDA, confie-t-il. « Ce que j’en retiens aujourd’hui, c’est que cela a permis la réunification de l’Allemagne, de même que le renforcement de l’identité allemande en un ensemble ».

C’est dans la liesse populaire que le mur de Berlin était ouvert il y a 20 ans. C’est au son des tambours d’un groupe de jeunes que le mur de carton de Rennes est mis à terre, à 19h, en présence de Roselyne Le François, ancienne député européenne, Clotilde Tascon-Mennetrier, conseillère générale d’Ille-et-Vilaine et Micaël Fischer, conseiller municipal à la ville de Rennes. « J’ai fait de nombreux voyages à Berlin. Ce jour-là, j’étais à Rennes, j’ai vécu fortement cet événement», raconte Clotilde Tascon-Mennetrier. « Je suis même allée chercher un morceau du mur lorsque je suis retournée en Allemagne ! Cet événement fut pour moi un pas vers la liberté des peuples mais également l’installation de la paix ».

Pour Roselyne le François, c’est aussi la liberté retrouvée de familles trop longtemps séparées qui l’a le plus marqué. « C’est l’occasion de s’interroger sur le sens du Monde dans lequel on vit aujourd’hui. Mon père, revenu d’Allemagne après la guerre où il avait été prisonnier, m’a toujours encouragé à agir dans le sens de la réconciliation entre la France et l’Allemagne. Mais il existe encore de nombreux murs dans le Monde », poursuit-elle. « A Nicosie dans l’île de Chypre, en République Tchèque où des murs sont bâtis pour refouler les Roms ; les hommes devraient construire des ponts plutôt que des murs ».

Cette action paneuropéenne a permis de rappeler l’espoir de paix, de démocratie et de prospérité que suscita l’ouverture du Rideau de Fer et témoigner de l’importance de la construction européenne à cet effet : ce n’est pas seulement l’Allemagne qui est réunifiée aujourd’hui, c’est également l’Europe, suite aux élargissements de l’Union européenne en 2004 et 2007. Le 11 novembre, ce sera au tour de l’armistice du 11 novembre d’être célébré des deux côtés du Rhin. Un autre événement, tragique, de notre histoire commune. Y aurait-il de quoi faire de ces quelques jours une grande fête de l’Europe ?

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Le jugement de Cambyse, tableau de Gérard David

Titem | 24 juillet 2009

Je pense que c’est l’année dernière, suite à une excursion menée à Famagouste, recherchant sur Internet des informations sur le martyre de Marco-Antonio Bragadin, dernier gouverneur vénitien de Chypre que je suis tombé par hasard sur ce tableau. Retranchée dans les murailles de Famagouste, son armée de 6000 hommes résista pendant plus d’un an aux troupes de sultan ottoman composés de 200.000 hommes avant de plier sous les bombardements et le manque de ravitaillement consécutif au blocus exercé par la puissance ottomane. Marco-Antonio Bragadino fut torturé pendant des jours avant d’expirer écorché entre deux colonnes aujourd’hui encore visibles près de la cathédrale de Famagouste, devenue mosquée – comme Sainte-Sophie d’Istanbul, cela semble une habitude ottomane de s’approprier les édifices religieux chrétiens.

Cathédrale Saint-Nicolas - Mosquée Lala Mustafa Pacha de Famagouste

Cathédrale Saint-Nicolas / Mosquée Mustafa Lala Pacha de Famagouste [Flickr: Titem]

La peau de Marco-Antonio Bragadino fut remplie de paille, le sinistre trophée porté en triomphe dans la ville. Elle sera volée en 1580 de l’arsenal de Constantinople par un esclave vénitien, Gerolamo Polidori, et rapportée à Venise où elle est d’abord conservée dans l’église Saint-Grégoire, puis à San Giovanni e Paolo où elle se trouve encore aujourd’hui. Auparavant, la résistance héroïque de Bragadin incita la Sainte-Ligue à s’organiser contre l’Empire ottoman, qu’elle vainquit lors de la bataille navale de Lepante, en 1571.

J’en reviens à ce tableau… L’historien grec Hérodote rapporte qu’au VIe siècle avant J-C, le roi perse Cambyse II, qui fut également Pharaon d’Egypte, souverain particulièrement cruel et assez imaginatif en matière de supplice, condamna le juge Sisamnès à être écorché vif pour prévarication – à savoir qu’il avait accepté une somme d’argent pour rendre une sentence inique. Après quoi, le roi fit découper des lambeaux de la peau du supplicié qui servirent à recouvrir le siège sur lequel devrait s’installer le nouveau juge, Otanès, le propre fils de Sisamnès, lui rappelant ainsi sur quoi il était assis lorsqu’il devrait rendre justice.

Le jugement de Cambyse

Le peintre flamand Gérard David peint à la toute fin du XVe siècle un diptyque illustrant cette histoire, commandé pour être suspendu dans la salle des échevins de l’hôtel de ville de Bruges, comme pour rappeler aux magistrats la probité avec laquelle ils doivent accomplir leur tâche. Le volet droit, la scène de l’écorchement du juge Sisamnès, est particulièrement réaliste et terrible, elle serait insoutenable autrement que sur la toile. Le tableau est pour autant sobre, qu’il s’agisse du filet de sang qui s’échappe des plaies ouvertes, du visage des passants qui observent la scène d’un air curieux comme le feraient les disciples de La leçon d’anatomie du Docteur Tulp peinte par Rembrandt, ou celui crispé mais digne du condamné. Jean-Claude Bourdais, sur son site, décrit assez bien le tableau et les impressions qu’il a ressenti en le contemplant de ses propres yeux.

Aussi belles soient les merveilles de l’homme, je serai toujours prodigieusement effrayé par l’imagination et la propension qu’il a à faire (le) mal.

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Deux heures d’Internet top chrono… et puis s’en va en vacances

Titem | 30 juillet 2008

Voilà 72 heures que je suis maintenant sans Internet. Depuis dimanche soir, impossible de me connecter sur ce réseau WiFi habituel depuis chez moi, alors même que je devrais pouvoir y avoir accès. Cela marchait bien jusqu’à présent. Les mystères d’Internet…

72 heures sans Internet. C’est dur, surtout quand, normalement, ce qui exacerbe votre frustration, vous devriez pouvoir y accéder ! Impossible de se connecter à ce réseau WiFi et, si j’ai accès au web au travail, je n’ai pas le droit, pour des raisons de sécurité, de me connecter sur mes différents compte personnels. Pas de consultation de messagerie, ni bien sûr de messagerie instantanée. Pas de blogs et de Google Reader. Pas de Facebook (ouais en fait ça me manque pas !). Pas de podcasts (ça, c’est dur !) etc. Alors à la place, on regarde les films et les séries que l’on n’a pas eu le temps de visionner ! On pourrait aussi lire les livres qu’on n’a pas eu le temps de parcourir, mais il me manque un bon canapé et une petite lumière tamisée (papy a des goûts exigeants !).

J’y essayé de me montrer patient, espérant que cela reviendrait. Mais en fait, je n’ai pas grand espoir. Je suis d’abord allé dans un premier café de rue Ledra… qui eux aussi avait des problèmes de Wi-Fi. Me voilà donc au Starbucks Coffee de la rue Ledra, tout près du check point vers la partie turque. La mondialisation n’a pas épargnée Chypre, ni même la vieille ville. Faut-il s’en plaindre ? Peut-être. Néanmoins, je me sens ici un peu comme chez moi. Starbucks, c’est aussi là où j’ai partagé ces fameuses boissons frappées aux fruits. Un délice.

Deux heures d’Internet et pas une de plus. De toute manière, il me faut rentrer chez moi, à Engomi, une demi-heure à pied.

Plus qu’une semaine à Chypre. Que le temps a passé vite… Ou plutôt ce temps parallèle, suspendu, comme si mon histoire personnelle, qui a commencé en France s’était mise entre les parenthèses d’une expérience à l’étranger. Pour autant, j’ai bon espoir que ces temps finiront par se rejoindre, que je retrouverai les personnes qui ont animé ce temps exceptionnel, et que je tirerai les bénéfices de cette expérience par la suite.

En vacances à partir d’aujourd’hui, je prendrais le temps de visiter encore Chypre, avant de rentrer auprès des miens me reposer. Comme je ne pense pas récupérer Internet de si tôt, l’activité de ce blog sera très fortement réduite, et ce au moins jusqu’au 15 août.

Au plaisir de vous retrouver en pleine forme à la rentrée !

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Chypre : le bon départ vers la réunification ?

Titem | 25 juillet 2008

Mes précédents articles sur Chypre :

Un nouvel espoir pour la réunification de Chypre ? [CaféBabel]
Le long chemin vers la réunification
Nicosie, capitale coupée en deux d’un pays divisé

La réunion d’aujourd’hui entre les leaders des deux communautés chypriotes a tenu ses promesses. Comme prévu, les dirigeants ont convenu ce vendredi d’une date pour le début des pourparlers officiels en vue d’une solution globale à la question de Chypre : le 3 septembre.

Le dirigeant chypriote-turc Mehmet Ali Talat, le président de la République de Chypre Dimitris Christofias, ainsi que le chef de la mission de l’ONU à Chypre, Taye-Brook Zerihoun, s’étaient retrouvés une nouvelle fois à l’aéroport désaffecté de Nicosie, située à l’intérieur de la Ligne Verte, dans la zone contrôlée par l’ONU.

Ni les polémiques sur l’avancée réelle ou supposée des discussions au sein des comités techniques et groupes de travail, supposés préparer les pourparlers officiels entre les deux leaders, ni la colère de Mehmet Ali Talat contre la signature d’un mémorandum entre la République de Chypre et le Royaume-Uni n’ont eu raison des discussions entamées au lendemain de l’élection de Demetris Christofias, le Président néocommuniste de la République de Chypre, jugé plus souple que son prédécesseur Tassos Papadopoulos. Pas plus que la venue du Premier Ministre turc Erdogan à Chypre Nord le jour anniversaire de l’invasion de Chypre par l’armée turque, lors duquel il réclamait de prendre en compte que « la solution passera par la création d’un partenariat fondé sur l’égalité entre les deux peuples et deux Etats séparés. » Un commentaire qui avait suscité les foudres de la République de Chypre qui, comme l’ensemble de la communauté internationale hormis Ankara, ne reconnaît pas la « République Turque de Chypre Nord ».

Cette réunion fut l’occasion pour les deux hommes de se mettre d’accord sur un certain nombre de points, importants pour la suite des événements (voir le communiqué officiel commun)

  • Deux référendums, séparés et simultanés, portant sur la solution d’accord global, seront organisés.
  • Les leaders ont approuvé seize nouvelles propositions d’accord des comités techniques et ont demandé à ce qu’elles soient mises en oeuvre immédiatement. Ces propositions ont trait à l’héritage culture, la maîtrise des crises, les questions judiciaires.
  • Une ligne directe (autrement dit, un « téléphone rouge ») sera installée entre les deux hommes.
  • Ils ont également demandé à leurs représentants de discuter l’ouverture de nouveaux check-point, en particulier à Limnitis, ville située à l’ouest de Nicosie.
  • Ils ont enfin salué la nomination d’un envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies, Alexander Downer, auparavant Ministre des Affaires Etrangères d’Australie.

Rue Ledra

Rue Ledra (7), [Flickr : Titem]

Pourquoi alors « le bon départ ? »

Pourquoi cette hésitation ? En 34 ans de division, ce n’est pas la première fois que des discussions ont lieu en vue d’une résolution de la question de Chypre. Certains Chypriotes se montrent assez pessimistes, alors même que sans doute, on n’a jamais été aussi prêt d’une solution.

Plusieurs défis doivent impérativement être relevés si l’on veut aboutir à une solution. Il s’agit de résoudre les très sensibles questions de l’expropriation et du sort des Turcs d’Anatolie, considérés par beaucoup comme des « colons » venus modifier la démographie de Chypre. Deux questions laissées en suspens dans le Plan Annan, rejeté pour ces raisons par les Chypriotes grecs. Il faudra également que l’accord global soit économiquement viable. Et enfin, si référendum il doit y avoir, savoir qui pourra y prendre part dans la Partie Nord, car nulle doute que les Turcs installés à Chypre ne verront pas d’un bon oeil un texte qui leur demanderait de quitter l’île d’Aphrodite.

Enfin, comme je l’indiquais dans mon article sur CaféBabel : le temps jouera contre les deux leaders. Dix mois : c’est le temps dont ils disposent, avant que ne débute la campagne électorale au Nord. Mehmet Ali Talat, critiqué dans son propre camp, risque en effet de ne pas être réélu. Que ce départ soit donc le bon, sinon la perspective d’une résolution pourrait s’éoigner encore davantage.

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Mon premier article sur CaféBabel.com (Réunification de Chypre)

Titem | 19 juillet 2008

Réveil très matinal ce matin, et une autre bonne nouvelle pour bien démarrer la journée. Je découvrais que mon article sur Chypre, envoyé la semaine dernière, était publié depuis deux jours sur le web-magazine européen CaféBabel.

Capture écran Article Chypre CaféBabel

Intitulé en version originale « Un nouvel espoir pour la réunification de Chypre ? », vous pouvez le retrouver ici. Mais si l’envie vous en prend, vous pouvez également le lire en italien (n’est-ce pas Axel ;-) en anglais, en espagnol… et même en polonais (n’est-ce pas Iga ;-) ). Ce n’est pas comme si après trois articles sur Agoravox et un stage de journalisme, j’avais perdu l’habitude de voir mon nom en face d’un article. Mais là, ça fait une impression particulière de le voir traduit dans d’autres langues !

C’est en écoutant « Transeuropéenne », l’émission sur l’Europe de France Inter, que j’ai fait la connaissance de CaféBabel.com. M’y connectant, je découvrais des articles écrits par des internautes, européens pour la plupart, dans leur langue maternelle et traduits dans six autres langues. Des informations pour aider à la connaissance de l’Europe, de sa société. Les articles les plus récents sur Chypre étaient ceux liés à l’entrée du pays dans la zone euro en début d’année ce qui me donna l’envie de parler de ce qui s’y passait plus récemment, en particulier la reprise des négociations pour une solution à la question chypriote.

Certains savent que j’ai longtemps nourri l’envie d’embrasser la carrière de journalisme. Ecrire me passionne toujours autant. Mais j’éprouve maintenant tout autant de plaisir de donner mon opinion, partager mes quelques connaissances sur mon blog, bien sûr, mais aussi sur de ce genre d’espace communautaire où j’espère avoir encore plus l’occasion de m’investir.

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Fêter le 14 juillet chez un ambassadeur

Titem | 17 juillet 2008

« J’ai fait une garden party chez tel ministre » « j’ai été à la garden party présidentielle » m’ont dit quelques amis. Et bien à chacun son moment d’orgueil : j’ai fêté le 14 juillet à l’étranger, à Chypre, à la résidence de l’ambassadeur.

Pas de rillettes Bordeau-Chesnel ou de chocolats Ferrero Rocher… Mais des petits fours, des amuses-bouches, de la charcuterie et du fromage venus tout droit de France. De quoi rappeler quelques bons souvenirs à certains des Français présents et qui n’ont que peu l’occasion de manger des produits de chez eux – même s’il leur arrive aussi de retourner en France pour en profiter !

Ce genre de réception est l’occasion de rencontrer du monde. Les habitués diront « toujours les mêmes » et c’est vrai que l’on rencontre souvent les mêmes visages. Mais quand ce sont des visages sympathiques, cela n’a rien de gênant, au contraire ! C’est l’occasion de vous présenter tel responsable politique ou économique. L’occasion aussi de partager son expérience avec d’autres stagiaires ; j’ai ainsi passé une grande partie de ma soirée avec une stagiaire allemande, à parler de nos expériences, de nos voyages, de nos études.

On dit souvent que ce genre de réceptions mondaines est le royaume des hypocrites, on se salue, on se congratule, mais ce n’est qu’une façade. Qu’il ne reste rien une fois que la soirée s’achève, que l’on quitte un pays, un poste… Peut-être. Mais il en va ainsi de beaucoup de relations professionnelles. On n’y pense pas, on profite de passer une soirée agréable, à discuter de tout et de rien, avec des gens que l’on ne reverra sûrement plus mais qui participent d’une expérience, partagent une leçon de vie. C’est cela aussi , les séjours à l’étranger.

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Le soir où je me suis improvisé DJ

Titem | 15 juillet 2008

Je ne prétends pas avoir des goûts musicaux très originaux (voir mon profil lastfm) ou être à la pointe des dernières sorties musicales. Mais j’ai de quoi animer les soirées des nostalgiques des années disco et des années 80.

C’est ainsi qu’à l’annonce d’une soirée de l’association « Vivre à Chypre » où était précisé sur l’invitation, « n’hésitez pas à apporter votre musique », je me suis proposé de leur fournir ce que j’avais en ma possession. La soirée avait lieu dans une boîte de Nicosie et le DJ, sentant visiblement que cette musique ne plaisaient vraiment qu’aux Français (comment peut-on danser sur des trucs aussi « ringards » je vous le demande ;-) ) essayait tant bien que mal de passer du RnB ou du rap… Essayez de faire danser un groupe de personnes qui n’apprécie pas ce type de musique, et vous obtiendrez le même résultat qu’après un « je coupe le son » de Katerine. Tout ce qu’il obtint, c’est de faire fuir les Français du dance-floor et de la boîte, tandis que les Chypriotes ne nous remplacèrent pas…

Deuxième épisode : soirée du Centre Culturel Français ce dimanche soir, veille du 14 juillet. Ma musique est une nouvelle fois mise à contribution, mais cette fois, charge à moi de faire la playlist et de la passer. J’apporte avec moi mon fidèle ordinateur, des playlists toutes prêtes. Au programme : de la musique française. D’abord des standards « positifs » sans être trop dansants pour accueillir. Puis du zouk, de la disco, et pour finir les standards dansants des années 1980.

La soirée est entrecoupée de passages où une chanteuse et un accordéoniste animent eux aussi la soirée, respectivement de chansons françaises et de polkas dansantes. Ça coupe un peu le rythme de la soirée dira-t-on.

Contrairement à ce qu’affirme Daniel Morin dans ses chroniques sur Ouï FM (non pas possible, c’était sa dernière vendredi dernier ???), le zouk, ça ne fait pas bouger les foules. Ou alors les très jeunes. Dommage, j’aurais cru que… Heureusement, les standards des années 80 font un effet quasi direct ! Je déroge au caractère uniquement français de l’événement pour ajouter quelques standards disco internationaux.

Pour le logiciel : je ne me suis pas cassé la tête. Toute ma musique est sur iTunes, des playlists étaient déjà prêtes à l’usage. Le seul problème, ce sont les transitions. Quand vous passez d’une chanson à une autre sur une même playlist, aucun problème, vous pouvez prévoir une transition en douceur. Mais lorsque la chanson n’est pas sur la même playlist, les transitions s’entendent… Moralité, pour la prochaine fois (si tant est qu’il y en ait une) : trouver un logiciel vraiment performant pour jouer les DJ d’un soir.

Car accessibilité du DJ en herbe oblige, on me suggérait tel ou tel morceau (« j’adore cette chanson ») auquel je n’aurais pas nécessairement pensé. Heureusement pour moi, j’avais tout de même prévu l’artillerie lourde, avec la totalité de la musique de mon disque dur externe. Et guidé par mon intuition, j’enchaîne quelques morceaux classiques du rock français des années 80 (Niagara, Rita Mitsouko, Téléphone, Indochine…) je passe même du Beach Boys, de la musique raï… Et ça plaît !

C’étaient certainement des choix beaucoup moins originaux et rythmés que ce que l’on peut écouter dans les discothèques. Mais ça m’a, moi aussi, amusé de « regarder danser les gens ».

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Enthousiasme douché des Chypriotes pour l’eau de Grèce

Titem | 9 juillet 2008

C’est LE feuilleton de cet été à Chypre ! Alors que les regards sont tournés vers la péninsule ibérique et qu’un salon sur l’eau se tient actuellement à Saragosse, le pays le plus excentré de l’Union européenne fait face à l’une des pires sécheresses de son histoire. Ces dernières années, il est tombé en moyenne moins de 500 mm de pluie. La tempête de grêle et les inondations qui ont frappé le centre de l’île au mois de mai n’étaient qu’exceptionnelles et brusques. A mon arrivée à Larnaca, les vertes plaines de la Mesaoria avaient laissé la place à des champs de terre jaune ocre et d’herbe brûlée. Le fleuve Pidieios n’est plus qu’un filet d’eau stagnante.

Réserve eau Athalassa

Conséquence directe de cette sécheresse : les nappes phréatiques et réserves d’eau du pays sont au plus bas, à moins de 10 % de leur capacité. Conséquence pour les habitants : l’eau est  régulièrement coupée, il faut alors compter sur les réserves des citernes que l’on trouve sur chaque toit des maisons et bâtiments chypriotes. J’ai dû subir ce petit désagrément le premier jour de mon stage à Chypre, et ce n’est vraiment pas drôle. J’imagine le désarroi des habitants qui souhaitent prendre une douche alors qu’il fait 40° dehors… Le Cyprus Mail a même fait le portrait du « Monsieur Tuyau » de Chypre, le responsable du Water Development Department : l’homme révélait que des gens l’appelaient même la nuit pour l’insulter parce qu’ils n’avaient pas d’eau !

Robinet eau coupée

C’est parce que les barrages et les deux usines de désalinisation sont insuffisantes que cet organisme a dû se résoudre à ces coupures d’eau. Et pour pallier l’urgence, le gouvernement a demandé à la Grèce de lui fournir 8 millions de cubes d’eau. Une opération qui coûtera de 35 millions d’euros, dont cinq pour la construction des infrastructures terminales. C’est là que cela devient amusant…

Attendue comme la mousson en Inde, un premier tanker de 200 mètres de long et contenant 50 000 mètres cubes d’eau a débarqué lundi dernier. Le temps de faire des analyses, l’eau aurait dû être distribuée en début de semaine. Seulement voilà : la compagnie chargée du contrat a mal calculé le pipeline du bateau vers le centre de distribution : il manque 3 mètres 50 de tuyaux. Elle se défend en disant que son contrat court jusqu’au 22 août. Ben voyons. Et pendant ce temps, des gens attendent l’eau pour prendre leur douche…

… A moins que ça ne soit pour arroser leurs pelouses et leurs trottoirs, laver leurs voitures en plein soleil, (!) scènes que l’on voit trop souvent dans un pays où l’eau est précieuse. Construire des usines de désalinisation pour devenir indépendant, d’accord. Prévoir un retraitement des eaux usées, il serait peut-être temps. Mais la responsabilisation des habitants aussi doit être menée, ou l’écologie n’est qu’un vain mot.

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Chypre, Eau, Ecologie, Grèce, Sécheresse
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