La censure dans l’air du temps
Titem | 27 février 2008Censure : Limitation arbitraire et/ou doctrinale de la liberté d’expression. Elle n’est pas seulement le fait des régimes autoritaires, on peut la constater tous les jours autour de nous. Et ces derniers jours, la censure est vraiment dans l’air du temps. Il faudrait maintenant qu’un souffle de refus de cette pratique s’étende dans la population.
Il y eut la censure à l’encontre de Mathieu Amalric. Le récipiendaire 2008 du César du Meilleur acteur pour son rôle d’un malade atteint du lock-in syndrom dans Le Scaphandre et le Papillon n’avait pas pu être présent au moment de la remise de son prix. Actuellement en tournage pour le prochain James Bond, il avait néanmoins tenu à adresser un message, lu par l’animateur de cette soirée, Antoine de Caunes. Une simple lettre de remerciements.
Ce n’est que 2 jours plus tard que le site des Cahiers du cinéma publiait le contenu entier de cette lettre, où l’acteur y critiquait notamment les grands ciné-complexes qui tuent le petit cinéma de quartier, poumon culturel de la France. Censure ? Sans aucun doute. De la part de qui ? D’Antoine de Caunes lui-même ? Des organisateurs de la soirée ? Qui sait… Mais le fait est là : difficile de s’attaquer aux puissants, même quand on est un acteur connu.
Affaire du Courrier International. Cet hebdomadaire publie chaque semaine les meilleurs articles de la presse du monde entier. En couverture cette semaine, Barack Obama.. En haut de la une, ce titre : “Vu de Madrid: Sarkozy, ce grand malade”. Une référence à l’une des idées-fortes d’un article d’El Pais où le journaliste espagnol juge le Président de la République malade de son égo.
La RATP refuse de faire de la publicité pour Courrier International, arguant de son obligation de neutralité pour ne pas choquer ses clients. De même, la société Relay a plié les exemplaires de cette édition de Courrier International de telle façon que le titre polémique n’apparaisse pas.
La censure est ici plus subtile, on ne censure pas l’article, mais la publicité qui pourrait en être faite, comme si l’on avait peur de relayer une opinion susceptible de déplaire. De déplaire à qui ? Aux Français ? Il y aura toujours des gens pour trouver cela choquant, mais il ne s’agit que de relayer une opinion étrangère pour susciter le débat. Déplaire aux politiques ?
Pas facile de critiquer les puissants dans ce pays. Mais si l’on compare la sévérité avec laquelle les médias internationaux jugent la politique de notre pays, et ceux qui la mènent – peut-être ressentent-ils moins de pression sur leur poste en cas de déviance d’opinion ? – la pire censure n’est-elle pas celle que l’on exerce sur soi-même ?
P.S. : Au moment de publier cet article, j’apprends que l’un de mes contacts sur la blogosphère, Luc Mandret, a été mis en demeure pour deux articles concernant Sylvie Noachovitch par l’intéressée elle-même, et qu’il a décidé de supprimer les dits-articles. Je n’ai pas envie de lui jeter la pierre même si j’aurais conservé ces articles qui ne faisaient, selon moi, que rapporter des faits avérés. Qu’il reçoive tout de même toute ma sympathie.
Censure, quand tu nous menaces…













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