La passion selon Juette, de Clara Dupont-Monod (2007)
Titem | 23 mai 2008Juette est née en 1158 à Huy, une petite ville de l’actuelle Belgique. Cette enfant solitaire et rêveuse se marie à treize ans dans la demeure de ses riches parents. Elle est veuve cinq ans plus tard. Juette est une femme qui dit non. Non au mariage. Non aux hommes avides. Non au clergé corrompu. Violente et lucide sur la société de son temps, elle défend la liberté de croire, mais aussi celle de vivre à sa guise. Elle n’a qu’un ami et confident, Hugues de Floreffe, un prêtre : à quelles extrémités arrivera-t-elle pour se perdre et se sauver ? Car l’Eglise n’aime pas les âmes fortes…
De ce Moyen Age traversé de courants mystiques et d’anges guerriers, qui voit naître les premières hérésies cathares, Clara Dupont-Monod a gardé ici une figure singulière de sainte laïque. Elle fait entendre enfin la voix de Juette l’insoumise. Peut-être l’une des premières féministes.
La passion selon Juette, de Clara Dupont-Monod (2007). Editions Grasset.
Je connaissais surtout Clara Dupont-Monod en tant que journaliste à Marianne et chroniqueuse dans l’émission de RTL “On refait le Monde”, que j’écoute très régulièrement. Et puis c’est dans la médiathèque du service culturel de l’Ambassade de France à Chypre que je découvre Clara Dupont-Monod l’écrivain. Pourtant, La passion selon Juette est déjà son quatrième ouvrage.
Il ne s’agit pas exactement d’un roman historique, ni même d’une autobiographie. Clara Dupont-Monod préfère parler d’une “transcription romanesque” d’un manuscrit de Hugues de Floreffe, prêtre ami et confident de Juette. On la croit folle. Cette dernière, fille d’un créancier proche par intérêt des milieux religieux, préfère penser qu’elle se raconte des histoires. Mais ses rêves de petite fille où les chevaliers combattent les vignes se brisent sur la réalité de la condition de la femme au Moyen-Âge. Au temps de ce que l’Église a appelé “les hérésies”, Juette finit par consacrer sa vie à son salut, nourrissant un lien direct à Dieu, jetant aux gémonies le clergé, les croyants et une morale qu’elle juge hypocrite.
Un livre à deux voix qui se lit avec plaisir et curiosité aussitôt passée la surprise du caractère mystérieux de la jeune Juette.






Commentaires récents