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L’initiative citoyenne européenne, un outil au service d’un espace public européen ?

Titem | 25 mars 2010

La nouvelle Commission européenne avait convié le 22 février 2010 les parties prenantes au « Livre vert sur une initiative citoyenne européenne », visant à réfléchir sur la mise en œuvre de l’initiative citoyenne européenne (ICE). J’ai eu le plaisir de m’y rendre au nom du Mouvement Européen Ille-et-Vilaine et des Jeunes Européens Rennes suite à la contribution envoyée à partir de nos discussions lors du Message à l’Europe du 27 janvier dernier.

Remarque : On dit souvent de la Commission européenne qu’elle est lointaine, qu’elle agit de façon obscure et qu’elle est aux mains des lobbies les plus divers. En réalité, je connais très peu d’organisations ou d’Etats qui soient aussi transparents que l’Union européenne, qui publie presque toutes les contributions extérieures et documents de travail. Depuis 2001 et le Livre Blanc sur la gouvernance européenne de 2001, cet impératif de transparence est un pilier de la pratique politique des institutions européennes.

Cet outil juridique permis par l’entrée en vigueur avec le Traité de Lisbonne est un outil de démocratie participative déjà utilisé dans certains des États-membres de l’Union européenne comme l’Italie, le Portugal ou la Hongrie. Il permet à 1 million de citoyens signataires d’un même texte d’inviter la Commission à se pencher sur le sujet de l’initiative.

Introduite par le nouveau Vice-président en charge des relations inter-institutionnelles et de l’Administration, Maroš Šefčovič, l’eurodéputé Gerald Häfner (Verts/ALE), rapporteur de l’ICE au Parlement ainsi que le secrétaire d’État espagnol aux affaires européennes, Diego López Garrido, cette audition fut l’occasion pour chaque acteur de présenter le tournant démocratique que représente l’ICE et la manière dont elle doit être mise en œuvre pour être pleinement efficace.

Plusieurs représentants des États-membres, ainsi que des promoteurs d’initiatives au niveau national, comme Daniel Schily, du mouvement Mehr Demokratie en Nord-Rhein-Westphalie ont présenté le déroulement des initiatives dans leur pays. Douche froide dans l’assemblée : dans chaque pays, on compte sur une main les initiatives parvenues à leur terme sur plusieurs dizaines de projets.

L’après-midi était consacré aux contributions des différentes parties prenantes au Livre vert. Un certain nombre de propositions des différentes associations européennes – europhiles, citoyennes, d’expatriés etc. – rejoignaient notre propre Message à l’Europe. En particulier, il a été reproché à la Commission européenne et au Conseil européen de s’être déjà accordés sur un certain nombre de points sur lesquels les citoyens souhaitaient débattre. Si à la fin de la journée, la Commission, représentée par le Directeur du Secrétariat Général de la Commission Européenne, Jens Nymand-Christensen, a semblé sensible aux arguments en faveur de l’utilisation d’Internet pour promouvoir les ICE, option écartée lors des premières discussions interinstitutionnelles, il a répondu sans grande conviction que la question de l’âge minimum pour participer (16 ans au lieu de 18 ans proposée par la Commission) serait étudiée.

Si plusieurs participants ont exprimé leur inquiétude vis-à-vis de la frilosité de la Commission européenne, cette dernière a tenu à rassurer sur l’effectivité de l’ICE. Car même si elle perd ainsi une petite partie de son rôle de législateur, l’Union gagnerait sans doute beaucoup à favoriser l’émergence de débats politiques transeuropéens. De ce point de vue, l’Espagne a fait savoir qu’elle tenait à ce que le règlement de mise en œuvre de l’initiative citoyenne européenne soit conclu sous sa Présidence. Affaire à suivre dans les semaines à venir.

A voir également : des reportages de EuroParlTV au sujet de l’initiative citoyenne européenne :

  • Une explication sur le fonctionnement de l’initiative citoyenne européenne.
  • L’interview de Daniel Schily par EuroparlTV
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Participation à la consultation publique sur l’initiative citoyenne européenne

Titem | 21 février 2010

Je participerai demain, en tant que Président des Jeunes Européens Rennes et membre du Mouvement Européen Ille-et-Vilaine, à la réunion organisée par le Secrétariat Général de la Commission européenne au sujet de la consultation publique sur l’initiative citoyenne européenne.

Instaurée par le traité de Lisbonne, l’initiative citoyenne est une nouvelle forme de participation à l’élaboration des politiques de l’Union européenne. Elle permet à des citoyens européens, au nombre d’un million au moins, et ressortissants d’un nombre significatif d’États membres, d’appeler directement la Commission à soumettre une proposition sur des questions présentant pour eux un intérêt et couvertes par les domaines de compétence de l’UE.

La Commission européenne a publié en novembre 2009 un livre vert auquel les citoyens, associations citoyennes ainsi que les autorités publiques (notons qu’aucune institution française n’a souhaité répondre à cette consultation) étaient invités à répondre. Le Mouvement européen Ille-et-Vilaine, associé aux Jeunes Européens Rennes, ont répondu à cette consultation et ont été sollicités, ainsi que les autres parties intéressées, à venir assister le lundi 22 février 2010 à l’audition et partager leur point de vue sur la question de l’initiative citoyenne européenne.

Je ne manquerai pas de vous informer du déroulement de cette audition ainsi que des discussions qui auront eu lieu. Pour ceux que cela intéresse, il sera possible de suivre l’audience en direct ici.

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Message à l’Europe sur la mise en oeuvre de l’initiative citoyenne

Titem | 26 janvier 2010

Le Mouvement européen Ille-et-Vilaine et les Jeunes européens de Rennes (au nom desquels j’interviendrai) organisent le mercredi 27 janvier 2010, 18h30, à la Maison Internationale de Rennes un “message à l’Europe”. Le format de ce message sera un peu particulier, puisqu’il s’agit cette fois de répondre au Livre vert de la Commission Européenne sur la mise en oeuvre de l’initiative citoyenne européenne : grâce à laquelle 1 million de citoyens pourront interpeller la Commission européenne sur un sujet (lire aussi l’article de PressEurop, 1 million de citoyens pour faire la loi à ce sujet).

Le livre vert vise à consulter la société civile et les autorités publiques : c’est un pas vers une démocratie supranationale, directe et la formation d’un espace public européen. L’ensemble des citoyens de la métropole rennaise intéressés par ce projet, qu’ils souhaitent comprendre en quoi cela consiste ou qu’ils aient un avis à émettre pour rendre ce droit effectif, sont invités.

L’article 11 §4 du Traité ur l’Union européenne dispose en effet que :

“Des citoyens de l’Union, au nombre d’un million au moins, ressortissants d’un nombre significatif d’États membres, peuvent prendre l’initiative d’inviter la Commission européenne, dans le cadre de ses attributions, à soumettre une proposition appropriée sur des questions pour lesquelles ces citoyens considèrent qu’un acte juridique de l’Union est nécessaire aux fins de l’application des traités.”

Comment faire en sorte que cet outil au service des citoyens soit efficace ? La réponse que nous établirons sera envoyée à la Commission européenne.

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Manque de charisme et d’ambition pour les grandes nominations européennes de 2009

Titem | 30 décembre 2009

Cet article a également été publié dans Le Taurillon, webzine citoyen des Jeunes Européens.

llustration : Herman Von Rompuy et Catherine Ashton

Source : www.flickr.com © InterMèdia GdC

S’il fallait rendre une appréciation sur les nominations aux hauts postes de l’Union européenne de cette année 2009, ce serait sûrement : “doit faire ses preuves”. Faible association des citoyens au processus de nomination, manque de publicité des débats – ou plutôt des tractations étatiques – l’Europe ne semble pas avoir encore trouvé son nouveau Jean Monnet.

La blogosphère europhile, Le Taurillon compris, a suivi avec autant d’enthousiasme et d’espoir ces nominations que les médias plus traditionnels ont brillé par leur manque d’investissement pour en expliquer les enjeux sous-jacents, qui ne se limitaient pas à une querelle de personnes. Les citoyens européens tenaient là une occasion majeure de pouvoir débattre de l’avenir de l’Union européenne, de son ambition et son caractère intergouvernemental ou plus fédéral. La forte abstention aux élections européennes n’a guère permis de faire profiter la seconde option, assurément plus démocratique.

Jerzy Buzek : une première personnalité issue de l’Europe de l’Est au Parlement européen

C’est sans surprise que le 14 juillet, l’ancien Premier Ministre conservateur polonais Jerzy Buzek est élu président du Parlement européen par 555 voix sur les 644 exprimées (et 713 présents sur 736). Sans surprise, car les trois plus importants groupes politiques du Parlement européen (PPE, S&D et ADLE, soit un potentiel de 449 voix) s’étaient accordés sur son nom. Cet accord technique, permettant à ceux qui le concluent, de garantir la présidence à tour de rôle du Parlement européen, peut susciter la méfiance auprès des citoyens européens, peu habitués à cette culture du consensus. A condition que ce consensus, comme dans le cas de la Présidence de la Commission européenne sur lequel nous reviendrons, ne se fasse pas au détriment du débat politique.

C’est la première fois qu’un ressortissant des anciennes démocraties populaires, cinq ans après leur adhésion à l’Union européenne, préside une institution communautaire, qui plus est l’unique assemblée démocratique multinationale législative au monde. Un signe encourageant montrant que l’Europe n’est pas que le club des pays d’Europe de l’Ouest.

Présents le jour de l’investiture, les Jeunes Européens-Fédéralistes (JEF) ont mené une action afin d’attirer l’attention de députés nouvellement élus sur la nécessité d’une Europe plus forte. Le rôle que devra assumer Jerzy Buzek et son successeur pour cette septième mandature 2009-2014 sera non seulement de présider et porter la parole de son assemblée devant les autres institutions mais également de faciliter les accords en son sein. Sa mission : rendre le Parlement plus attrayant.

José-Manuel Barroso, la confirmation du “Caméléon” à la Présidence de la Commission européenne.

Parce que la droite européenne était arrivée largement en tête des élections européennes du 4 au 7 juin 2009, tout portait à croire que la réélection de José-Manuel Barroso se ferait sans difficulté. C’était sans compter, tout du moins au départ, du manque de soutien franc des États membres, mais également de la mise en demeure des députés socialistes, libéraux et écologistes, de présenter un programme clair. Un exercice de pure forme pour l’ancien maoïste, dont le surnom, le Caméléon témoigne de sa capacité à se confondre avec les idées et programmes de ses interlocuteurs.

Le résultat est celui d’un immense gâchis. Au-delà de la personnalité peu enthousiasmante de l’ancien Premier Ministre portugais, dont le bilan politique fut médiocre, la nomination du Président de la Commission européenne aurait dû être l’occasion d’un grand débat démocratique, partisan et transnational, puisque celui-ci serait issu du parti majoritaire aux élections européennes.

Peine perdue. Les socialistes, en particulier, ne parvenant pas à s’accorder sur un candidat digne de ce nom à ce poste, en dépit des appels des Jeunes Européens les enjoignant vivement à rendre public leur candidat à ce poste communautaire majeur. Pire, l’Espagne, le Portugal et le Royaume-Uni soutenaient José-Manuel Barroso, pourtant du parti opposé !

Cela a pu se mesurer au moment du vote, le 16 septembre, où Barroso était réélu par 382 voix pour et 219 voix contre et 117 abstentions. Ce nombre élevé d’abstentions s’expliquait par la posture étrange de Martin Schulz, chef de file des socialistes et démocrates au Parlement européen, qui a demandé aux membres de son groupe parlementaire de s’abstenir de voter contre la candidature de José-Manuel, afin de présenter bonne figure et s’assurer de la place de prochain Président du Parlement européen.

Ce choix par défaut est d’autant plus inquiétant que l’Europe vit un moment décisif : l’Union est confrontée à la crise économique et financière, bientôt sociale, ainsi qu’à des défis tout aussi cruciaux en termes de changement climatique, de sécurité énergétique et de relations internationales. Mais la personnalité de Barroso séduit néanmoins les gouvernements européens, car celui-ci ne leur fait pas d’ombre.

Herman Van Rompuy, le premier président du Conseil européen n’a rien d’un George Washington.

[Lire aussi à ce sujet mon précédent article]

Le nom de Tony Blair, personnalité charismatique, a rapidement circulé. Puis ce fut au tour de Jean-Claude Juncker, le Premier Ministre luxembourgeois, d’annoncer sa candidature – chose étonnante dans ce milieu où officiellement, personne n’est candidat à un poste. Sitôt José-Manuel Barroso élu, les tractations parmi les chefs d’États européens ont débuté pour s’accorder sur les noms du président du Conseil européen ainsi que de la ministre des Affaires Étrangères de l’Union. Très vite, les associations militant en faveur de la construction d’une Europe démocratique se sont inquiétées du processus opaque de désignation : presque aucune personne citée ne s’exprimait en effet sur sa vision de l’Europe.

C’est finalement à l’issue d’une réunion du Conseil que le nom d’Herman Van Rompuy, Premier Ministre belge, était annoncé. Beaucoup de choses ont été dites sur ce personnage : sa grande capacité de négociation – il est parvenu à apaiser temporairement les tensions entre les communautés linguistiques de son pays – contrebalançant son manque de charisme. Mais d’aucuns connaissant un tant soit peu les institutions européennes savent que ce ne sont pas les plus silencieux qui sont les moins actifs ou efficaces, bien au contraire. Et si Herman Van Rompuy parvenait à faire parler le Conseil européen d’une seule voix, celui-ci pourrait bien supplanter une Commission européenne déjà au service de ce Conseil. Si tel n’était pas le cas, il pourrait bien alors s’allier avec le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, pour faire avancer l’Union européenne.

Seul l’avenir nous dira quel rôle tiendra Herman Van Rompuy. Une chose est certaine ; sa discrétion n’améliorera pas la visibilité de l’Union européenne dans les médias notamment – ce que l’on pouvait attendre d’une telle nomination – et n’augure rien de bon pour les prochaines échéances électorales.

Lady Catherine Ashton, une baronne à la tête de la diplomatie européenne

Annoncée en même temps que Herman Van Rompuy, voilà une nomination qui ne manque guère de piquant : le poste très convoité de ministre des Affaires Étrangères de l’Union européenne (car tel n’est pas l’intitulé du poste mais qu’il faut bien en faire usage puisqu’il en a les compétences) échoit à Catherine Ashton, ancienne commissaire au commerce, britannique, alors que son pays n’est traditionnellement guère favorable à ce que l’Union européenne soit dotée d’un service diplomatique ! Ajoutons à cela le manque d’expérience de la dame, le fait qu’elle n’est jamais été élue… Et vous obtenez une forte suspicion à son égard. D’autant que compte tenu des réticences des États membres à accorder à l’Union la compétence diplomatique, Lady Ashton devra sans doute faire preuve de beaucoup d’habileté pour parvenir à ce que l’Europe parle d’une seule voix. Néanmoins, l’échec cuisant de Copenhague nous démontre une fois encore que seule la voie communautaire, supranationale, et non intergouvernementale, reste l’unique moyen efficace pour l’Union d’avancer véritablement.

Et demain, des citoyens européens sensibilisés et responsables ?

A court terme, la prochaine échéance sera l’audition des futurs commissaires par les parlementaires européens, qui procéderont ensuite à un vote approuvant la composition de cette Commission européenne. Cette séance de rattrapage du Parlement européen, afin qu’il nous démontre sa capacité à montrer ses pouvoirs renforcés par le traité de Lisbonne, est prévue en janvier 2010. En effet comme il s’était opposé à la candidature de Rocco Buttiglione comme commissaire à la justice, liberté et sécurité en 2004, le Parlement pourrait cette fois faire entendre ses positions sur Lady Ashton, ce qui serait un véritable coup de semonce pour les États membres (on peut toujours rêver), ou bien encore Connie Hedegaard, proposée à la Commission en charge du climat, qui pourrait se voir rappeler l’échec du sommet climatique de Copenhague, qu’elle présidait.

4 ans : c’est le temps que nous avons devant nous pour sensibiliser les citoyens – et les médias – à s’intéresser à cette Europe qui agit pour eux au quotidien, afin qu’ils expriment leur soutien comme leur opposition, qu’ils participent pleinement au processus démocratique, et que la forte participation démontre leur volonté d’être entendus. Vaste défi, mais… Cap ou pas cap ?

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Des nouveaux députés européens de l’Ouest à la rencontre des citoyens

Titem | 10 octobre 2009

Une fois n’est pas coutume, les médias accordent actuellement un peu de leur temps à l’actualité européenne : la crise du lait, le processus de ratification du Traité de Lisbonne (ici ou ici)…

Pendant ce temps, les députés européens, élus au début du mois de juin de cette année, poursuivent leurs travaux. Dans le cadre de leur mandat, des semaines sont prévues dans leur agenda parlementaire pour rencontrer leurs électeurs dans leurs circonscriptions. Qui osera dire après cela que les députés européens sont éloignés sinon invisibles de leurs électeurs ? On pourra certes répondre que s’agissant de la France, il est difficile pour un député européen de revendiquer un mandat “local” lorsque la circonscription dont on est l’élu recouvre une dizaine de départements et plusieurs régions administratives.

Forum Citoyen Rennes 2Pourtant le 22 septembre, ils étaient là, 5 députés sur les 9 de la circonscription Ouest en France : Stéphane le Foll pour le groupe S&D, Yannick Jadot et Nicole Kiil-Nielsen pour Europe Ecologie, Sylvie Goulard pour l’ADLE et enfin Alain Cadec pour le PPE. Une rencontre organisée par le Bureau d’information pour la France du Parlement européen et animée par Alain Barreau, son chef, ainsi que Jeanne-Françoise Hutin, Présidente de la Maison de l’Europe de Rennes. Une première occasion pour eux de rendre compte à la centaine de citoyens venus remplir l’Espace Ouest-France de leurs premières impressions, des dossiers qu’ils veulent traiter, de leurs engagements (lire à ce sujet le compte-rendu du Bureau d’information pour la France du Parlement européen ; d’où les photos sont extraites).

Forum Citoyen RennesLa table ronde autour de laquelle s’installèrent les élus permit des échanges pertinents et parfois percutants, lorsque par exemple Stéphane Le Foll ou Sylvie Goulard débattirent de l’opportunité de l’élection de José-Manuel Barroso comme Président de la Commission européenne, cette dernière ne cachant pas son inquiétude face à l’affaiblissement de la Commission par rapport aux Grands États.

Frappés par la diversité qui règne au sein de l’Assemblée (27 peuples, 23 langues), ils soulignent que l’Europe est le lieu adéquat où se prennent les décisions pour relever les défis actuels en matière économique, écologique et sociale et que sans elle, précise Stéphane Le Foll, “les citoyens européens ont peu de chance de peser sur l’avenir du Monde”.

Parmi les propositions et remarques intéressantes, relevons par exemple celle de Yannick Jadot de faire d’Euronews une chaîne d’information gratuite avec son propre canal d’émission pour renforcer la connaissance de l’actualité européenne. Le député d’Europe Ecologie mit en garde contre les décisions politiques que les hommes politiques nationaux prennent à l’échelon européen et n’assument pas une fois revenus dans leur pays. Dans ce sens, Sylvie Goulard ajouta que le consensus n’est pas un échec mais une progression, et qu’il faut assumer ne pas être parvenu à obtenir tout ce que l’on a cherché à négocier. Par ailleurs, elle insista sur la nécessité, en particulier pour les Français, de comprendre l’autre, d’être conscient qu’il ne voit pas la même chose que nous. A ce sujet, Nicole Kiil-Nielsen fit par exemple part de sa surprise de se trouver face à des députés farouchement opposés à l’avortement.

Rappelant la polémique à propos de Parlorama, site recensant l’activité (ou l’inactivité le cas échéant) des députés européens, fermé une première fois sous la pression de certains d’entre-eux, je leur demandais s’ils s’engageaient à être actifs mais aussi transparents sur leurs travaux. Tous bien sûr ont répondu par l’affirmative, signalant qui la mise à jour régulière d’un site Internet ou d’un blog, de l’installation d’une permanence sur le territoire de la circonscription. Mais comme fit très justement remarquer Sylvie Goulard, rendre compte ne suffit pas, il faut également que les citoyens fassent l’effort de se renseigner et de comprendre et de se méfier des mauvais procès faits à l’Europe, comme au sujet de la “piscine européenne” : les députés les moins présents ne sont pas les moins critiques. Si l’on ne fait pas cet effort, on pourra toujours prétendre de mauvaise foi que l’Europe est trop éloignée et incompréhensible.

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Pourquoi voter aux élections européennes ?

Titem | 5 avril 2009

D’abord un constat : depuis que les citoyens européens ont la possibilité d’élire leurs représentants au Parlement européen, en 1979, le taux de participation aux élections européennes n’a cessé de baisser, comme le montre ce tableau. La première raison est simple : on vote pour les élections qui nous paraissent les plus déterminantes pour notre quotidien, pour les représentants politiques les plus proches, les territoires auxquels on s’identifie le plus. Ce qui explique pourquoi, en France, le taux de participation est toujours plus élevé aux élections présidentielles et municipales plutôt qu’aux régionales ou aux cantonales.

Vous élisez vos représentants au Parlement européen.

Logo Europe je voteLe 7 juin prochain, chacun d’entre nous sera amené à voter pour les 72 députés français qui nous représenteront au Parlement européen. Ces futurs parlementaires sont élus au suffrage universel par scrutin de liste, dans 8 circonscriptions. Chaque liste de chaque circonscription aura un nombre de députés proportionnel au suffrage qu’elle aura obtenu. Les partis ont déterminé les listes de leurs candidats font campagne sur un programme, pour certains commun à d’autres partis européens.

Vous déterminez la composition politique de la Commission européenne.

Le parti européen qui sortira gagnant de ces élections déterminera la couleur politique de la Commission européenne (voir cet article du Taurillon sur le rôle de la Commission européenne). Et il faut le souligner : l’Union européenne n’est pas “libérale” (ce qui n’est d’ailleurs pas un mal en soi, mais c’est là un avis tout à fait personnel). Les institutions européennes ne sont pas libérales, mais ceux qui les incarnent peuvent l’être. Les citoyens ont donc le pouvoir, par le bulletin de vote, de décider des futures politiques de l’Union européenne. Renseignez vous sur les programmes avant d’aller voter le 7 juin 2009, pour savoir quelle couleur politique vous souhaitez donner à l’Europe.

Les solutions ne peuvent être qu’européennes !

Les citoyens ont l’impression que l’Union européenne ne peut rien pour eux, qu’elle n’a aucun pouvoir et c’est pourquoi ils se désintéressent de ces élections. C’est d’autant plus regrettable que s’il y a bien un moment dans l’histoire contemporaine où l’Union européenne peut et doit jouer un rôle, c’est bien celui-là ! En effet, dans cette période de défis multiples que nous affrontons (crise financière et économique, malaise social, questions environnementales et énergétiques), les solutions dépassent les frontières nationales, elles doivent être prises à l’échelle de l’ensemble des États Membres de l’Union européenne. Ce que fait le Parlement européen, en concertation avec la Commission européenne.

La majorité des décisions sont aujourd’hui prises par le Parlement européen.

Près de 80 % des lois votées aujourd’hui à l’Assemblée Nationale (et au Sénat) sont en réalité des transcriptions juridiques des directives votées au sein du Parlement européen. Cela prouve bien l’importance de ces élections européennes : nous votons pour des représentants dont les décisions auront des conséquences directes sur notre quotidien !

[Mise à jour du 22 mai 2009 : en réalité, je suis moi-même tombé dans le piège de ce chiffre, repris abusivement, en particulier par les eurosceptiques qui y voient le signe d'une perte de souveraineté. Comme Jean Quatremer le décrypte dans sa note, ce pourcentage est généralement plus faible. En fonction du sujet, ce pourcentage est compris entre 0 pour les compétences exclusivement nationales et... 100 % pour certaines compétences communautaires !]

Établir les règles qui garantissent la qualité de nos aliments et la sécurité des jouets de nos enfants, œuvrer en faveur d’un environnement plus sain, accorder des financements à nos régions, défendre l’égalité des chances et les droits de l’homme… Ce sont quelques unes des fonctions du Parlement européen.

Cela mérite donc un plus grand intérêt et une participation massive !

Alors vous savez ce qui vous reste à faire le 7 juin prochain : votez en connaissance de cause !

Affiche Jeunes Européens Elections européennes 09.jpg

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Revue d’Internet : sites, blogs (1) 15/03/09 au 21/03/09

Titem | 22 mars 2009

Cela faisait quelques temps que je pensais à partager les articles et podcasts qui m’ont paru les plus intéressants. Voilà qui est chose faite :

  • Bientôt des bombes atomiques russes à Cuba ? Article de Vincent Vauvert sur son blog Affaires étrangères. La Russie songe à un remake de l’affaire des missiles de Cuba, pour arriver en position de force dans leurs négociations avec les États-Unis d’Obama (le nouveau Kennedy ?). Sur le même sujet, lire également Le coup de bluff militaire de Medvedev, article de Pierre Rousselin sur son blog Géopolitique.

  • Pour Londres, c’est Barroso for ever ; Article de Jean Quatremer sur son blog Coulisses de Bruxelles. L’actuel Président de la Commission Européenne a toutes les qualités requises d’après Londres, pour renouveler son mandat.

  • L’affaire AIG ; Article de Guillaume Klossa sur son Blog d’un Européen. Les Etats-Unis critiquent aussi le fait qu’AIG est honoré ses engagements auprès des banques européennes… Sans quoi on aurait pu pourtant assister à une crise systémique. Et d’appeller à davantage de coopération.

  • CIA: le rapport secret de la Croix-Rouge sur la torture ; Article de Vincent Vauvert sur son blog Affaires étrangères. Pour la Croix Rouge, aucun doute possible : la CIA pratiquait la torture. Or la loi internationale punit ces actes… donc ses auteurs ?

  • Les trans sont-ils des malades ? Article d’Agnès Giard sur son blog Les 400 culs. Comment la France gère-t-elle médicalement et juridiquement les transsexuels (1 naissance sur 10000) ? Dans les commentaires de cette note qui dévoile une réalité gênante (on ne sait pas “qui” sont ces gens, donc ce sont des malades), la bêtise le dispute à la haine…

  • Le PSE renonce à s’opposer à Barroso ; Article de Jean Quatremer sur son blog Coulisses de Bruxelles. Divisé, le PSE laisse la voie libre à l’ancien premier ministre portugais, qui “l’emporter(a) par accumulation de lâchetés”.

  • Pas de préservatifs pour l’Afrique ? ; Article de Eurotopics sur le Webzine CaféBabel. Revue de presse européenne des propos choquants et mensongers du Pape sur le préservatif qui aggraverait la propagation du SIDA.

  • Comment on a réécrit «la Chanson de Roland»… Article de Louis-George Tin sur son blog Observatoire de l’hétérosexualité. Ou comment (et surtout pourquoi !) pendant des années, les lettrés se sont focalisés sur la relation entre Roland et Aude, oubliant celle qui liait le neveu de Charlemagne à Olivier.

  • Les féministes, pionnières de la critique de l’hétérosexualité ; Article de Louis-George Tin sur son blog Observatoire de l’hétérosexualité. Revue de quelques livres de penseurs féminines de l’hétérocentrisme (dit encore hétéronormativité ou hétérosexualité obligatoire) et de sa critique.

  • Assez de “compassionnel” en politique étrangère. Article de Pierre Rousselin sur son blog Géopolitique. Coup du gueule de l’éditorialiste du Figaro contre cette politique de l’émotion. Il conclue ainsi : “Une vraie diplomatie, discrète et patiente, peut parfois obtenir d’avantage qu’une réaction instinctive, même pavée des meilleures intentions du monde.“

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