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Le blog de Titem, entre Europe et Canada.
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Le concours Eurovision pour les nuls… et les extra européens !

Titem | 17 mai 2013

Le 58e Concours Eurovision de la Chanson se tiendra ce samedi, à 21h GMT à Malmö, en Suède. L’émission est retransmise sur Internet ici.

J’avais déjà parlé des enjeux, notamment géopolitiques et identitaires, de cet événement dans un article publié par le webzine Le Taurillon. Voici un guide à l’usage des canadiens, des autres extra-européens ou même des curieux qui aimeraient en savoir plus sur le fonctionnement sur ce grand rendez-vous musical.

À noter, le Goethe-Institut de Montréal diffusera le concours dans ses locaux. Vous êtes prêts ? Que le spectacle commence !

Qu’est-ce que l’Eurovision ?

Vous connaissez (et regardez) la Star Académie ou La Voix ? Vous aimez les concerts avec des effets pyrotechniques, les vidéos, les chorégraphies et les costumes sophistiqués ? Alors ajoutez un zeste de diversité culturelle et géographique, et vous obtenez l’Eurovision !

Eurovision_Song_Contest_2013_logoCette émission de télévision est l’un des plus grands événements télédiffusés dans le monde, réunissant des dizaines de millions de téléspectateurs originaires de plusieurs dizaines de pays : de l’Europe bien sûr, du Maghreb et Moyen-Orient, mais également… d’Australie, qui s’enthousiasme aussi pour l’Eurovision ! Et comme chaque événement diffusé en eurovision, il est ponctué par un indicatif musical : quelques notes du Te Deum de Marc-Antoine Charpentier.

Il s’agit d’un concours de chant paneuropéen organisé depuis 1956 ; la Suisse l’avait alors emporté grâce à sa chanteuse Lys Assia.

Dépendamment des pays, le concours est plus ou moins populaire. En France, il est de bon ton de décrier le Concours – on est mauvais perdants – alors qu’ailleurs, notamment en Europe du Nord, c’est une véritable institution qui réunit familles et amis autour du petit écran.

J’ai créé sur Spotify une liste regroupant l’ensemble des gagnants du Concours Eurovision depuis ces débuts.

On peut également retrouver leurs prestations dans cette vidéo Youtube ci-dessous.

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Combien de pays y participent ? Est-ce limité à l’Union européenne ?

Cette année, 39 pays participent au concours, c’est donc bien plus que l’Union européenne et ses 28 membres (au 1er juillet avec l’entrée de la Croatie). Tout pays ayant au moins un organisme actif au sein de l’Union européenne de radio-télévision a la possibilité de se présenter au concours. En théorie, il pourrait y avoir 56 pays, même si pour des raisons parfois économiques, géopolitiques (retrait de l’Arménie en 2012) ou en protestation contre les règles (la Turquie cette année).

Malgré la distance, les pays du Caucase, du Maghreb et du Proche-Orient étant membres actifs de l’UER, ils sont donc autorisés à concourir. Israël est ainsi un participant régulier, déjà vainqueur à trois reprises (1978. 1979, 1999).

Quel type de musique y entend-t-on ?

L’Eurovision est un miroir des tendances musicales du moment ! Par conséquent, il est régulièrement critiqué pour être une vitrine de la musique commerciale. On y entend surtout des ballades folk ou pop, du rock, ponctuellement des musiques plus traditionnelles ou lyriques. Depuis quelques années, le rap, le dubstep, les musiques électroniques ont fait leur apparition. L’Italie s’est aussi risquée en 2011 à proposer du jazz, avec une certaine réussite : Raphael Gualazzi est arrivé second !

Mais la plus grosse et décoiffante sensation eut lieu en 2006 avec la (première) victoire de la Finlande qui avait envoyé cette année-là un groupe de monster metal, Lordi !

Comment fonctionne le concours ?

Depuis 2005 et en raison du nombre croissant de pays participants, des demi-finales ont été ajoutées, organisées le mardi et le jeudi précédent le concours, pour désigner les 25/26 pays admis à concourir lors de la grande finale du concours de l’Eurovision.

Certains pays sont exemptés des demi-finales : les cinq pays contribuant le plus financièrement à l’Union européenne de radiodiffusion (Allemagne, Espagne, France, Italie, Royaume-Uni) ainsi que le pays ayant remporté la précédente édition, qui est également le pays organisateur. Cette année, il s’agit de la Suède (victoire de Loreen).

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Lorsque chacun des participants a assuré sa performance, une fenêtre de vote quinze minutes s’ouvre, pendant laquelle les spectateurs sont invités à téléphoner ou envoyer des sms pour soutenir leur artiste préféré. Depuis cette année, le vote est possible via une application iPhone. Un téléspectateur ne peut (évidemment) pas voter pour son propre pays.

Comment sont comptabilisés les points ?

Chaque pays participant attribue des points à ses dix artistes/pays préférés, par ordre croissant : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 puis 8, 10 et enfin les fameux « douze points / twelve points » au pays plébiscité.

Le vote du public est pondéré de moitié par un vote réalisé par un jury national professionnel, ce qui a tendance à minimiser les effets géographiques et culturels… au grand dam des pays avec une forte diaspora ! La révélation du partage des votes entre jury et public est d’ailleurs souvent l’occasion de constater combien les goûts peuvent être différents entre les deux corps électeurs : la France, classée dernière du public avec un zéro pointé, avait reçu 85 points et la 13e place du jury. Pour autant, ils s’accordent le plus souvent sur le nom du gagnant.

Mais alors, le pays qui a le plus de connexion avec ses voisins gagne forcément !

C’est une critique couramment avancée, celle de l’émergence d’une « Eurovision des pays de l’Est ». L’alliance stratégique réciproque entre Chypre et la Grèce, ou le Danemark et la Suède est une constante des concours Eurovision.

À bien regarder les derniers vainqueurs, il faudrait plutôt faire partie de l’Europe du Nord pour avoir de meilleures chances de l’emporter. Par ailleurs, le tableau des scores montre que pour remporter le concours Eurovision, un pays peut rarement se contenter de ne récolter que les 12 points de sa diaspora ou de ses voisins : il lui faut le plus souvent recueillir un maximum de points de l’ensemble des pays participants ! Tous les pays, sauf l’Italie, avait donné au moins trois points à la gagnante de l’année dernière.

Les artistes qui y participent sont-ils connus ?

La plupart le sont d’abord et avant tout dans leur propre pays. Ces dernières années, beaucoup des candidats sélectionnés ont d’abord participé à une émission nationale de télé-crochet comme la Star Académie ou la Voix (c’est le cas de la candidate française de 2013, Amandine Bourgeois, gagnante de la Nouvelle Star) ou au cours d’une émission spéciale.

Mais il arrive aussi que des pays envoient des stars : cette année, les artistes les plus connus sont Cascada, pour l’Allemagne, et Bonnie Tyler, pour le Royaume-Uni.

Notons que l’artiste sélectionné n’a pas besoin d’être de la nationalité du pays qu’il représente. Ainsi – et cela peut intéresser nos amis canadiens – Natasha Saint-Pier a représenté la France en 2001 et Céline Dion a remporté l’Eurovision en 1988 pour… la Suisse ! Parmi les autres « grands » gagnants, on peut citer ABBA (1974), Johnny Logan, dit Mr Eurovision (1980, 1987 et 1992 comme compositeur) ou Toto Cutugno (1990).

En quelle langue chantent les artistes ?

Cette règle a changé à plusieurs reprises au fil des éditions et est l’une des plus discutées. Actuellement, un artiste peut chanter dans n’importe quelle langue, y compris régionale voire purement imaginaire, plusieurs pays se sentant désavantagés en raison de la « complexité » de leur langue. De fait, la plupart des artistes chantent en anglais.  certains introduisent un couplet en anglais dans leur chanson interprétée dans leur langue natale, d’autres (comme l’Espagne, la France, l’Italie, la Serbie…) se font presque un devoir de chanter dans leur(s) langue(s).

L’anglais est la langue qui a le plus apporté de victoires (25) devant le Français (14). Il faut remonter à 2007 pour trouver la victoire d’une chanson non-anglophone : Molitva, chantée par Marija Šerifović. Il s’agissait alors de la première participation du pays.

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Une règle ? Il y a d’autres règles ?

Oui, parmi lesquelles :

  • La chanson ne peut dépasser trois minutes.
  • Il ne peut y avoir plus de six personnes (choristes ou danseurs) sur scène.
  • Les artistes ne peuvent être âgés de moins de 16 ans, et ce quelques années après que la victoire de la jeune Belge Sandra Kim ait provoqué une affluence d’ados chanteurs. Il existe néanmoins un concours Eurovision de la chanson junior, nettement moins suivi et auquel participent moins de pays, mais fonctionnement sur un principe similaire.

Quels sont les candidats à suivre pour cette année ?

Outre les performances des stars Bonnie Tyler (Royaume-Uni) et Cascada (Allemagne), il faudra suivre la candidate danoise, Emmelie de Forest, grande favorite des bookmakers et des fans cette année : sa chanson, Only Teardrops.

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Autre moment attendu : le passage de la candidate finlandaise Krista Siegfrieds qui termine sa chanson Marry me en embrassant sa choriste ; il s’agit du premier baiser « lesbien » présenté à l’Eurovision et ce n’est pas sans susciter des réactions négatives dans certains pays d’Europe où les droits des personnes LGBT sont peu respectés.

Votre serviteur étant particulièrement déçu de l’élimination en demi-finale d’Israël et de Saint-Marin (écoutez-les tout de même !), il encouragera malgré tout cette année encore un « petit » pays, en l’occurrence Malte, représenté par Gianluca Bezzina, qui chantera Tomorrow.

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Au rayon des performances des performances improbables, on peut compter sur un vampire contre-ténor roumain ou un géant portant la chanteuse ukrainienne. Un extrait de chacune des 39 chansons présentées pour cette 58e édition est visible dans cette vidéo :

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Ailleurs sur la toile : deux articles du Point : L’Eurovision, ce grand soap opera et l’Eurovision, une affaire de mauvais goûts ; un article de Stephen Spillane (en anglais).

Écouter sur Spotify toutes les chansons gagnantes de l’Eurovision.

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Le kabbaliste de Prague, de Marek Halter

Titem | 19 août 2011

La Kabbale affirme qu’un homme pur peut, ainsi que Dieu, engendrer la vie par la seule grâce du verbe… A la fin du XVIe siècle, dans le ghetto de Prague, le rabbin MaHaRal, le plus grand kabbaliste de tous les temps, façonne un être de boue à la force illimitée qui doit apporter la sécurité à son peuple : le Golem.

Alors que je ne le connaissais que de nom, j’ai découvert les talents de conteur de Marek Halter lors d’une émission de 2000 ans d’histoire (maintenant remplacée par La marche de l’histoire) où il évoquait les fêtes juives. Ce passeur de mémoire tente d’entretenir ce qu’il reste de la culture juive, ses mythes, ses figures et que deux millénaires d’antisémitisme, dont la Shoah constitue unsummum dans l’horreur, n’auront pas totalement détruit.

L’histoire se déroule au siècle des étoiles et des mandragores, des grandes découvertes et des guerres de religion, le XVIe siècle, que je crois être l’un des plus déterminants dans l’histoire de l’humanité. On suit les aventures plus ou moins imaginaires d’un personnage ayant réellement existé, David Gans, « une oie parmi les aigles », un homme rempli de sagesse et à la soif insatiable de connaissances, qui fréquente et admire les esprits les plus éclairés de son temps. Parmi ces savants, le rabbin MaHaRal, son maître, adepte de la Kabbale, dont la puissance de l’esprit va se manifester de manière prodigieuse, par la création d’un Golem, destiné à protéger les Juifs du ghetto de Prague. Car malheureusement à cette époque troublée, Chrétiens et Réformés s’entendaient sur une chose : les Juifs étaient la cause de leurs malheurs.

Avec le Golem, le MaHaRal se fait démiurge et comme Dieu avec Adam, il façonne une créature à partir de boue (celle de la Vlatva, plus connue sous le nom de Moldau) qu’il anime grâce à la force du Verbe. Puisque l’astronomie bouleverse les croyances, notamment religieuses, en faisant du Ciel la demeure, non plus de Dieu, mais des étoiles et des planètes, c’est que la demeure de Dieu est ailleurs : dans le Verbe, car « Au commencement était le Verbe ». C’est l’un des rares mystères que l’on peut aisément comprendre de la Kabbale et de son livre phare le Zohar (ou « Livre de la Splendeur »). Mais cette connaissance laisse place à des centaines d’autres questions, car, dit le narrateur, la Kabbale est un jardin où l’on se perd aisément.

Je ne veux pas vous gâcher le plaisir d’une éventuelle lecture que je ne saurais que trop vous conseiller. Comme Amin Maalouf que j’apprécie également, Marek Halter nous raconte de passionnantes histoires, de son style fluide et poétique à la fois, et nous plonge dans sa culture, celle des Juifs d’Europe centrale. Dès les premières pages, avec de très beaux passages sur l’éternité du Verbe, la clef du récit, on est entraîné dans la Prague de Rodolphe II. Mais comme toutes les légendes, celle du Golem révèle des enseignements moraux sur l’homme, la folie qu’il y a à vouloir prétendre être l’égal de Dieu, la technique qui sert et asservit l’homme…

Je vous laisse sur cette citation tirée du Kabbaliste de Prague et cette interview de Marek Halter sur France Info, dans laquelle il évoque, très rapidement, le fait que l’étranger est peut-être aujourd’hui notre Golem : on l’aime tant qu’il nous est utile, il encaisse les brimades sans s’exprimer (ou sans qu’on prenne la peine de l’écouter ?) mais le jour où il se révolte contre l’asservissement dont il est victime, on ne veut plus de lui.

Il me semblait être au coeur d’un continuel tumulte, soumis à l’incertitude et aux caprices de ceux qui avaient fait le siècle. Mais je sais depuis que j’ai goûté l’un des plus grands bonheurs qui soient donnés aux hommes : la liberté et la jouissance de l’intelligence ; l’usage sans limites de leur esprit dans la quête de la compréhension du monde.

http://www.dailymotion.com/video/xd1uqj

 

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Mon Festival International de Jazz de Montréal 2011 (2)

Titem | 7 juillet 2011

Suite de ma série de billets sur les concerts auxquels j’ai assistés et que j’ai apprécié au Festival International de jazz de Montréal.

Si je vous disais « ils sont jeunes et pleins de talents », cela ne serait pas original, mais ça n’en demeure pas moins vrai avec The Alex Goodman Quartet. La vingtaine à peine, et déjà 3 albums à leur actif, ils proposent un jazz entraînant et mature, porté par la dextérité de leur leader guitariste. Le mieux c’est encore de les écouter !

Si vous pensiez que le banjo est un instrument réservé à la country américaine et qu’on en fait vite le tour, n’hésitez pas à réviser votre jugement on vous laisser bercer par l’instrument du canadien Jayme Stone (lequel possède un site super sympa que je vous invite vivement à consulter !). L’artiste a voyagé en Afrique, continent d’origine du banjo (et oui !) et il y a notamment travaillé avec le koraïste Vincent Sissoko. Son dernier album, Room of Wonders est nommé aux Juno dans la catégorie meilleur album instrumental.

Comme pour Bomata dont je vous ai parlé hier, son instrument sait se faire polyglotte et parler la langue musicale de divers pays, de l’Italie, des Balkans, de la Méditerranée ou de l’Amérique. Et vous l’aurez compris, la musique qui vous fait vous évader, j’aime cela !

Les membres du groupe Koptor viennent pour la plupart du Danemark, hormis le batteur. Même s’ils se sont montrés relativement peu expansifs et chaleureux durant leur concert, tel n’était pas le cas de leur musique, complexe et envoûtante, qui nous fait passer par toute une palette de sentiments divers. Si d’aventure je retrouve sur la toile une de leur pièce, je n’hésiterais pas à la partager.

Je vous parle volontiers de La Excelencia même si je ne suis pas un grand amateur de salsa car j’ai l’impression que ce style musical est particulièrement apprécié au Québec. Nombre de personnes que je connais, canadiennes ou immigrés, pratiquent ici cette danse en école ou lors des soirées spéciales dans les nombreux bars-boîtes de la ville. La proximité de Cuba y est peut-être pour quelque chose.

Les nombreux cuivres de cette formation américaine ont donné une tonalité particulièrement chaude à leur salsa sur laquelle la foule n’a pas hésité à danser.

Sans doute l’un de mes coups de coeur du festival, avec Jayme Stone ou Laila Biala dont je vous ai parlé hier, j’ai nommé Misses Satchmo. Satchmo, pour ceux qui ne le sauraient pas, est le surnom de la légende de la trompette Louis Armstrong. Les deux jeunes filles (une trompettiste et une pianiste) et leaders de la formation, accompagnées d’un contrebassiste et d’un batteur, ont choisi de réinterpréter le répertoire classique du maître et d’autres musiciens jazz de l’immédiat après-guerre avec ce petit grain de folie et de charme qui ont immédiatement emballé le cœur du public. Leur album est sorti juste à temps pour le Festival de Jazz de Montréal.

Elles seront présentes dans un grand nombre de festivals au Québec, cela vaut vraiment le déplacement. Parmi leurs reprises, You Rascal You (version originale du Vieille Canaille de Serge Gainsbourg) ou de l’incontournable The Man I Love des frères Gershwin, Georges et Ira.

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Mon Festival International de Jazz de Montréal 2011 (1)

Titem | 6 juillet 2011

Résultats du baccalauréat, Tour de France, Festivals de musique… Ceux restés dans l’Hexagone ont sans doute remarqué ce petit goût de vacances : l’ambiance se détend, la chaleur invite à profiter du soleil pour prendre un verre en terrasse ou pique-niquer. Et bien à Montréal, c’est la même chose ! Après les Francopholies où j’avais fait un petit tour, j’attendais avec beaucoup d’impatience de pouvoir profiter du Festival International de Jazz de Montréal, autre facette du Montréal estival. Moqueur Poli m’avait tellement parlé de l’atmosphère chaleureuse de ce festival où la ville vibre au rythme de la musique d’artistes venus du monde entier. Montréal est décidément la ville de toutes les cultures qui rendent néanmoins cette ville unique.

L’émission de France 2 Télématin y consacrait un reportage. Le Festival passe effectivement pour l’un des plus célèbres et fréquentés du Monde. Un inconvénient diront certains (mais en est-ce vraiment un ?) lors de ce Festival de Jazz, on ne joue justement pas que du jazz… Mais également du blues, du swing et d’autres musiques du monde.

Cette année, c’était le 32e Festival et plusieurs centaines de concerts étaient organisés, dont deux tiers de gratuits proposés sur des scènes extérieures. Je ne les ai bien sûr pas tous vus, mais avec la quinzaine de concerts à laquelle j’ai assisté, j’ai tout de même découvert ainsi de nombreux artistes que je vous propose de mieux connaître également : cela vous permettra peut-être d’alimenter votre lecteur MP3 de nouveaux sons à savourer sans modération sur la plage.

J’ai d’abord fait le tour des installations du Festival, pour me rendre compte qu’étaient présents les radios Espace Musique et FIP, avec respectivement les animateurs Stanley Péan (également écrivain et blogueur) et Luc Frelon (en photo, qui entourent le patron de FIP, Julien Delli Fiori), pour une émission commune, Quand le Jazz est là.

Des artistes venaient s’y produire en direct, accompagnés de musiciens locaux – là, c’est le contrebassiste montréalais Michel Donato qui était invité.

Règle n°1 dans un Festival : si ce que vous écoutez vous plait moyennement, promenez-vous ailleurs, on ne sait jamais, vous pourriez faire d’heureuses découvertes. Résultat : je suis tombé sur Group Doueh, un groupe de musique sarahouie. Doueh est le surnom du leader du groupe, le guitariste Bamaar Salmou dont la virtuosité l’ont fait comparer à Jimi Hendrix, duquel il s’inspirait durant sa jeunesse. Il joue également du tinidit, instrument traditionnel à quatre cordes et cela en famille, puisque sont également présents sur scène son épouse au chant et son fils au clavier ! Leur musique est au carrefour des chants traditionnels et de sonorités rocks. Si peu de personnes devaient connaître ce groupe avant de les voir, ils ont en tout cas eu franc succès en faisant danser le public présent en nombre sur leur musique hypnotique.

A écouter : Zayna Jumma, extrait de l’album éponyme.

Un peu plus classique (quoique) : le musicien montréalais Richard Gagnon choisissait de se présenter au Festival de Jazz avec sa formation de 5 autres trombones : Trombone Actions, après avoir joué pour les plus grands noms du jazz montrélais. Et loin d’être une fanfare cacophonique, cet ensemble fait une place d’honneur à cet instrument mythique des jazz band pour en révéler toutes ces subtilités. Le résultat était une musique enlevante, un swing des plus entraînants et un vrai plaisir d’écoute.

Plusieurs morceaux sont à l’écoute sur cette page du site de l’artiste.

Le groupe Bomata est lui aussi une incitation au voyage ; leur jazz est au carrefour du Monde comme si leurs instruments se mettaient à parler en langues étrangères et où chacun parviendrait à se comprendre. On retrouve ainsi des tonalités méditerranéennes grâce notamment à la panoplie d’instruments de leur percussionniste Ziya Tabassian, des accents klemzer de leur contrebassiste Jean-Félix Mailloux (également compositeur) d’un tour des Balkans avec le clarinette Guillaume Bourque.

Plusieurs extraits de leur album sont écoutables et téléchargeables ici.

Finissons avec la jolie pianiste Laila Biali. Certains lui prêtent un petit air de ressemblance avec Céline Dion, mais elle fait bien partie de cette génération de pianistes nord-américaines pleines de talents et de charme. Venue de Vancouver, elle a notamment été remarquée par Sting et Suzanne Vega et son album est nominé aux Juno dans la catégorie Album jazz vocal de l’année. Un vrai moment de plaisir, avec notamment une belle reprise de la chanson Let Go de Frou Frou.

N’hésitez pas à faire un tour sur son Myspace pour mieux connaître sa musique et apprécier également sa voix claire et chaleureuse.

Et vous, avez-vous aimé ces concerts ou en avez-vous vu d’autres ?

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La Fête du Canada à Montréal

Titem | 5 juillet 2011

Après avoir vécu la Fête Nationale du Québec, il ne fallait pas manquer, une semaine plus tard, la Fête du Canada ! Elle a lieu le 1er juillet et je l’ai passée à Montréal. Et ce n’est pas une idée reçue que de dire que c’est aussi le jour du déménagement au Québec, la plupart des baux se finissant ce jour-là. Les mauvaises langues disent que c’est pour que certains n’aient pas à avoir à la fêter. Pourtant, cette décision provient d’un gouvernement libéral et fédéraliste qui estimait que faire finir les baux le 1er juillet plutôt que le 1er mai perturberait moins la scolarité des élèves.

Il paraît que les Français sont réputés pour toujours faire des comparaisons, c’est le moment de ne pas faillir à la réputation. La météo y était sans doute pour beaucoup : il y avait nettement plus de monde pour la parade de la Fête du Canada que pour la Fête Nationale du Québec : pas un seul trou le long des trottoirs, 2 à 4 rangées de personnes alignées le long du cortège agitant des petits drapeaux canadiens. Il faut dire que le Gouvernement du Canada n’hésite pas à mettre les moyens, en distribuant ses petits unifoliés à tour de drapeau, de même que des pin’s ou des marque-pages avec les paroles de l’hymne canadien.

Autre différence avec la Fête Nationale du Québec qui frappe immédiatement : la Fête du Canada est nettement plus commerciale et moins culturelle. Nintendo et Ronald McDonald se sont invités à la fête, de même que des concessionnaires automobiles, des assureurs…

Il y était assez peu question de l’histoire du Canada, que je vous épargne bien volontiers, même si j’ai été ravi d’en apprendre beaucoup grâce à mes cours à l’Université de Montréal. Précisons que le choix de ce jour est tout simple : il commémore la création de la Confédération Canadienne par l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, le 1er juillet 1867.

Oh tiens, une petite locomotive dans le défilé !

En revanche, le défilé a laissé une très grande place aux différentes communautés ethno-culturelles de Montréal : Italiens, Ukrainiens, Chinois, Indonésiens, Salvadoriens… habillés de costumes traditionnels, jouant de la musique ou dansant, brandissant le drapeau de leur pays comme celui du Canada. L’idée, affirmée par un représentant d’une de ces communautés, est de montrer la richesse de la diversité de la Ville de Montréal et de fêter ensemble leur attachement envers le Canada, ce pays qui les a accueilli à bras ouverts. Fichtre, imagine-t-on un tel discours en France ? Ces derniers mois, j’ai été très déçu de voir que des voix plus nombreuses et plus virulentes exprimant le fait que l’étranger est une menace et un fardeau, mais sans voir ce qu’il peut apporter à notre société. J’ose espérer qu’il n’est pas besoin d’avoir voyagé et vécu à l’étranger pour s’en rendre compte.

La fête s’est ensuite poursuivie à la bien-nommée Place du Canada et dans le Vieux-Port où de nombreuses activités étaient proposées, pour les grands comme pour les petits. Le feu d’artifice du soir n’a en revanche duré que dix minutes : une grosse déception. Mais l’été, ce ne sont pas les feux d’artifice qui manquent : tous les samedis, on en tire depuis le Parc Jean-Drapeau à l’occasion de l’International des Feux Loto-Québec. De mon côté, j’ai poursuivi la journée au Festival de Jazz International de Montréal, dont je vais vous parler les prochains jours !

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A Montréal, la fête de la musique dure tout l’été !

Titem | 22 juin 2011

Vous l’avez peut-être vécue (ou supportée) en vous promenant dans votre quartier ou en regardant la télé : hier avait lieu la Fête de la Musique ! J’en ai profité pour parler de deux artistes que j’ai découverts cette année et que j’écoute beaucoup en ce moment : le pianiste italien de jazz  Raphaël Gualazzi et la chanteuse folk lituanienne Alina Orlova.

J’ai néanmoins été surpris de voir l’absence de cet évènement populaire à Montréal, alors qu’il semble fréquent dans les pays/régions francophones. Bien sûr, ci et là des musiciens se produisaient dans des bars, mais aucun événement majeur ne semblait prévu et aucun site Internet visible ne regroupait l’ensemble des manifestations prévues.

Cela ne veut pas dire qu’à Montréal, on ne fête pas la musique, au contraire. Le retour du soleil et les nombreux festivals ou activités communautaires sont autant d’occasion pour les artistes en herbe, amateurs ou confirmés, de se produire. L’un des plus importants festivals de musique de la ville s’est ainsi terminé le week-end dernier : les Francopholies de Montréal, organisés dans le nouveau quartier des spectacles. Entre les buildings, des esplanades plus ou moins grandes, avec quelques espaces verts, permettent de monter une scène. Je n’ai pu m’y rendre que les trois derniers jours mais j’ai tout de même eu le temps de faire quelques découvertes musicales que je vous partage.

Peut-être lui avez-vous trouvé un air de ressemblance avec un autre chanteur, ce qui ne serait pas fortuit, puisqu’il s’agit de Pierre Souchon, fils de et frère de, qui achève la tournée de son album Piteur’s Friends. Des mélodies tendres sur la vie quotidienne, l’amour… et une communication établie avec le public. A écouter : L.A.O.T.

Avant le concert, j’avais croisé par hasard Christopher qui partait retrouver des amis pour voir le concert de Bernard Adamus, qui avait eu lieu juste après celui de Pierre Souchon. C’est apparemment l’une des coqueluches des Francopholies de Montréal, mais je n’ai pas du tout été séduit par sa musique folk-country et sa voix eraillée, pas toujours juste.

Ce qu’il y a de bien avec un festival, c’est que si l’artiste ne nous plaît pas, on peut partir à la découverte d’autres talents sur d’autres scènes. J’ai également fait chou blanc avec Atomique Deluxe, un groupe de rock belgo-français, dont le leader m’a rapidement agacé avec ses leçons de morale un peu faciles ; je n’ai pas non plus accroché sur la musique. En rock belge, ce ne sont pas les talents qui manquent : ma dernière découverte : The Tellers.

Du coup j’ai découvert la jeune (19 ans !) et jolie Ariane Brunet, dont j’ai apprécié la voix, proche de celle de Coeur de Pirate et les mélodies sucrées. Un vrai moment de fraîcheur. Elle a offert au public une version jazzy de « La vie en rose » très applaudie ! A écouter : Dimanche, extrait de son album Le pied dans ma bulle.

Le lendemain, une autre jeune chanteuse : Alecka. Grâce à sa voix, cette jeune fille peut se permettre tous les styles : folk, pop, rock, rap… Elle nous parle de son quotidien, de sa double identité (québéco-libanaise), avec des textes très personnels, co-écrits avec sa mère, écrivaine. A écouter : Choukran, extrait de l’album Alecka.

L’artiste suivant, j’attendais vraiment de pouvoir le découvrir suite à la présentation qu’en faisait les Francopholies de Montréal. Mais s’il n’y a aucun doute sur le fait qu’il respire le Brésil, Isaac Neto tire davantage son inspiration de Caetano Veloso (ils ont d’ailleurs la même guitare électrique !) que de João Gilberto. Sa musique a plus des accents de samba, de MPB, que de bossa nova. A écouter : Fazendo magica.

J’ai évité la foule qui se ruait pour voir le concert de la star Damien Robitaille et de ses invités (dont Ariane Moffatt, que j’aime bien) pour me laisser tenter par un spectacle plus intime, celui du groupe franco-manitobain, Les Surveillantes. Et j’ai eu raison ! Le public a immédiatement été séduit par leurs mélodies drôles et touchantes et la personnalité sympathique de ces jeunes gens. Pour un peu, on se serait cru dans une salle pour un concert acoustique, tant ils sont su plonger les spectateurs dans leur univers. A écouter : La force de la gravité, extrait de l’album La racine carrée du coeur.

J’ai terminé le festival par le concert de Kaliroots, groupe québécois de reggae, lequel rendait hommage à un artiste que j’aime beaucoup, Serge Gainsbourg, en interprétant quelques uns des morceaux de sa période reggae.

Avec en guest star, le rockeur Stefie Shock – si je n’avais pas accroché aux précédents albums de celui-ci, son dernier, La mécanique de l’amour, est vraiment à écouter, avec notamment une reprise de Zobi la mouche des Négresses Vertes.

Un seul regret : que la plupart des concerts ne durent qu’une heure, même si cela permet de voir de nombreux artistes. Et en attendant l’année prochaine, la musique continue à Montréal puisqu’il y aura des concerts pour la Fête du Québec (la Saint Jean-Baptiste), puis le Festival International de Jazz…. A Montréal, la fête de la musique dure tout l’été et vu le nombre de festivals, de musées et la diversité de la vie urbaine nocturne, la fête de la culture dure toute l’année.

Et vous, quels artistes avez-vous vu (et apprécié) lors de ces Francopholies ?

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Photo du mois – Décembre 2010. Colorés – Lanternes chinoises sur l’eau

Titem | 15 décembre 2010

Déjà dix jours avant Noël, mais également, le jour de la Photo du Mois ! Et pour cette dernière édition de l’année 2010, c’est Damien qui nous propose de mettre de la joie dans les foyers avec son thème : « Colorés » !

En ce moment à Montréal, c’est le blanc qui domine. Il neige très régulièrement depuis deux semaines et les températures se sont franchement refroidies. Mais je ne me plains pas car cela fait aussi partie du package obligatoire lorsqu’on décide de s’installer ici, et voir les flocons se balancer au grain du vent avant de se poser sur le sol à quelque chose d’assez féérique. Peut-être aurais-je la chance d’enfin vivre mon premier Noël sous la neige – l’année dernière, il s’en était fallu d’un à deux jours près ? L’autre couleur qui domine c’est… le jaune (comme sur cette photo) des lampadaires la nuit. J’ai l’impression qu’il se reflète dans le ciel en frappant le miroir neigeux au sol.

Heureusement, pour égayer le tout, il y a les décorations de Noël. Du rouge, bien sûr, mais également du vert, du bleu, du jaune… Mais pour cette Photo du Mois, j’ai plutôt choisi une autre fête, une autre tradition que Noël, une fête qui a néanmoins vocation à l’universel : il s’agit des lanternes chinoises. J’avais manqué l’illumination la nuit des lanternes du jardin chinois de Montréal, situé à deux pas du Biodôme. Un événement annuel qui souligne les liens particuliers qui unissent le Québec à la Chine (et par là je ne pense pas au pâté chinois). En tout cas, je n’ai pas du tout regretté d’être allé à celle de cette année, voyez plutôt :

J’ai particulièrement aimé le contraste entre la nuit et l’illumination des lanternes et leur placement parmi les éléments traditionnels des jardins chinois : l’eau, la pierre, l’architecture (les temples et pavillons propres à la méditation) et la végétation, comme l’explique par ailleurs un article instructif du journal étudiant de l’Université de Montréal, Quartier Libre. Il ne s’agit là que l’un des très nombreux clichés que j’ai pris lors de cette promenade dépaysante en terre montréalaise. Ce mélange des cultures que l’on retrouve à Montréal n’est d’ailleurs pas pour me déplaire, loin de là ! Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les couleurs.

Et pour poursuivre cette promenade colorée, n’hésitez pas à faire un tour chez les autres participants : Olivier, Anne, Véronique, Virginie, Shandara, Jo Ann, Sandrine, Fabienne, Damien, Marie, Nolwenn, Céline in Paris, Anne fra Sveits, Célia, Caro, Guillaume, Mandy, Titem, Caroline, Doremi, Sophie, Tambour Major, Nathalie, François, Mélanie, Célia, Chris, Godnat, Clara, Viviane, Tania, Chouchou, Thib, Genki, 100driiine, Gouli, Danièle, Ludo, Carole, Alice, Céline, Carolette, Claude, Pépinette, Sébastien, DelphineEtJulie, Yadie, Dorydee, L’azimutée, Marion, blogoth67 et Cynthia.

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15 livres qui m’ont marqué

Titem | 6 décembre 2010

L’initiative a fleuri sur les blogs : dresser une liste de 15 livres qui nous ont marqué. Les conseils de lecture d’autres blogueurs (comme Virgile ou Embruns) m’ont permis de faire quelques (re)découvertes intéressantes que j’ai notées sur ma déjà trop longue liste d’attente de livres à lire. Alors à mon tour de vous inviter, enfants, adolescents et adultes, à la lecture, avec ce choix purement subjectif, qui sera sûrement différent dans 10 ans. Beaucoup de romans qui nourrissent l’imagination ainsi que deux pièces de théâtre. Enfin je profite de ce billet pour vous inciter à relire ce petit texte où l’auteur G. K. Chesterton défend les romans populaires.

  • Au nom de tous les miens, de Martin Gray. Au collège et au lycée, j’ai lu beaucoup de livres mettant en scène des jeunes garçons et filles jetés dans le tourbillon d’une guerre folle. Mais ce témoignage est celui qui m’a le plus marqué, parce que l’auteur, après avoir tant côtoyé la mort (la sienne et celle des siens) et l’horreur, a encore soif de vie.

  • N’oubliez pas de vivre, de Thibaut de Saint-Pol. J’ai déjà dit l’importance qu’a eu pour moi ce livre au moment où je passais mes concours pour entrer à Sciences Po. Une déclaration d’amour à la littérature d’un jeune homme plongé dans « l’enfer des prépas » où les étudiants doivent se gaver de connaissance.

  • Les chroniques de San Francisco, de Armistead Maupin. En particulier les trois premiers tomes qui se déroulent durant les insouciantes années 1970. Une délicieuse peinture de la société américaine, des personnages hauts en couleur, beaucoup d’humour et de retournements de situation. Ne pas oublier les deux derniers tomes, Michael Tolliver est vivant, publié en 2007 et Mary Ann in Autumn, qui vient de paraître. Ou encore son roman Maybe the Moon, qui dépeint les illusions et les faux semblants d’Hollywood.

  • Sans Famille, de Hector Malot. Le Oliver Twist français : une représentation naturaliste d’une jeunesse française jetée sur les routes d’une France encore rurale des débuts de la IIIe République.

  • Le passeur, de Loïs Lowry. Un roman pour adolescents sur l’utopie des sociétés totalitaires qui veulent diriger nos vies pour notre bien.

  • La nuit des temps, de René Barjavel. Un autre avatar des sociétés utopiques, mais dans une perspective réflexive sur la folie des civilisations humaines et les évolutions technologiques.

  • Le dernier jour d’un condamné, de Victor Hugo. Un réquisitoire contre la peine de mort que j’ai lu très jeune mais dont je conserve la lecture en mémoire.

  • Cannibale, de Didier Daeninckx. Le livre qui m’a permis de découvrir les travers de la colonisation et de ces soit-disant bienfaits et qui narre l’histoire des kanaks venus à l’Exposition Universelle de Paris de 1931 et parqués dans des zoos humains.

  • Phèdre, de Jean Racine. La tragédie dans toute sa splendeur, avec un personnage victime de ses pulsions, seule face à ses souffrances.

  • Montserrat, d’Emmanuel Roblès. J’ai non seulement lu cette pièce, mais je l’ai jouée. Albert Camus disait d’elle que : « Elle ne doit rien à aucune école ou à aucune mode et pourtant elle s’accorde à la terrible cruauté du temps sans cesser de se référer à une pitié vieille comme le coeur humain ». Une histoire tragique, intense et une question posée à ces gens confrontés à leur propre mort : jusqu’où aller pour défendre un idéal commun ?

  • Vendredi ou les Limbes du Pacifique, de Michel Tournier. Un déjà classique de la littérature française revisite un autre classique, le mythe de Robinson Crusoé, et interroge sur la condition de l’homme face à la nature.

  • Origines, de Amin Maalouf. Un écrivain lui-même partagé entre deux cultures part à la recherche de ces origines, déjà plurielles. Une histoire où les ambitions personnelles se mêlent aux luttes internes pour la reconstruction de leur pays (le Liban). Mais ce n’est pas le seul livre de cet auteur que je conseillerai : j’ai également beaucoup aimé Samarcande et Les échelles du Levant.

  • Alexis : le traité du vain combat, de Marguerite Yourcenar. Publié en 1929, mais cette longue lettre pudique d’un homme à sa femme, qui lui confie ses penchants intimes est d’une grande actualité et d’une richesse psychologique, en dépit du style un peu suranné.

  • Le joueur d’échecs, de Stefan Zweig. Une nouvelle, mais une vraie curiosité littéraire sur le passé d’un homme qui défie un champion d’échecs.

  • (Nouvelles) Histoires extraordinaires de Edgar Allan Poe. La quintessence du fantastique. Des atmosphères inquiétantes, des personnages en proie à leurs angoisses, un délice de lecture traduit par nul autre que Charles Baudelaire.

N’hésitez pas à partager vous aussi votre plaisir de la lecture !

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Le jugement de Cambyse, tableau de Gérard David

Titem | 24 juillet 2009

Je pense que c’est l’année dernière, suite à une excursion menée à Famagouste, recherchant sur Internet des informations sur le martyre de Marco-Antonio Bragadin, dernier gouverneur vénitien de Chypre que je suis tombé par hasard sur ce tableau. Retranchée dans les murailles de Famagouste, son armée de 6000 hommes résista pendant plus d’un an aux troupes de sultan ottoman composés de 200.000 hommes avant de plier sous les bombardements et le manque de ravitaillement consécutif au blocus exercé par la puissance ottomane. Marco-Antonio Bragadino fut torturé pendant des jours avant d’expirer écorché entre deux colonnes aujourd’hui encore visibles près de la cathédrale de Famagouste, devenue mosquée – comme Sainte-Sophie d’Istanbul, cela semble une habitude ottomane de s’approprier les édifices religieux chrétiens.

Cathédrale Saint-Nicolas - Mosquée Lala Mustafa Pacha de Famagouste

Cathédrale Saint-Nicolas / Mosquée Mustafa Lala Pacha de Famagouste [Flickr: Titem]

La peau de Marco-Antonio Bragadino fut remplie de paille, le sinistre trophée porté en triomphe dans la ville. Elle sera volée en 1580 de l’arsenal de Constantinople par un esclave vénitien, Gerolamo Polidori, et rapportée à Venise où elle est d’abord conservée dans l’église Saint-Grégoire, puis à San Giovanni e Paolo où elle se trouve encore aujourd’hui. Auparavant, la résistance héroïque de Bragadin incita la Sainte-Ligue à s’organiser contre l’Empire ottoman, qu’elle vainquit lors de la bataille navale de Lepante, en 1571.

J’en reviens à ce tableau… L’historien grec Hérodote rapporte qu’au VIe siècle avant J-C, le roi perse Cambyse II, qui fut également Pharaon d’Egypte, souverain particulièrement cruel et assez imaginatif en matière de supplice, condamna le juge Sisamnès à être écorché vif pour prévarication – à savoir qu’il avait accepté une somme d’argent pour rendre une sentence inique. Après quoi, le roi fit découper des lambeaux de la peau du supplicié qui servirent à recouvrir le siège sur lequel devrait s’installer le nouveau juge, Otanès, le propre fils de Sisamnès, lui rappelant ainsi sur quoi il était assis lorsqu’il devrait rendre justice.

Le jugement de Cambyse

Le peintre flamand Gérard David peint à la toute fin du XVe siècle un diptyque illustrant cette histoire, commandé pour être suspendu dans la salle des échevins de l’hôtel de ville de Bruges, comme pour rappeler aux magistrats la probité avec laquelle ils doivent accomplir leur tâche. Le volet droit, la scène de l’écorchement du juge Sisamnès, est particulièrement réaliste et terrible, elle serait insoutenable autrement que sur la toile. Le tableau est pour autant sobre, qu’il s’agisse du filet de sang qui s’échappe des plaies ouvertes, du visage des passants qui observent la scène d’un air curieux comme le feraient les disciples de La leçon d’anatomie du Docteur Tulp peinte par Rembrandt, ou celui crispé mais digne du condamné. Jean-Claude Bourdais, sur son site, décrit assez bien le tableau et les impressions qu’il a ressenti en le contemplant de ses propres yeux.

Aussi belles soient les merveilles de l’homme, je serai toujours prodigieusement effrayé par l’imagination et la propension qu’il a à faire (le) mal.

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Garçon d’honneur, de Ang Lee (1993)

Titem | 6 avril 2009

Garçon d'honneur de Ang Lee (1993)Taïwanais installé aux États-Unis, Wai-Tong vit à New-York avec son compagnon Simon. Ces parents attendent impatiemment qu’il se marie et perpétue la lignée. Or, il n’a jamais osé révéler son homosexualité à ses parents. C’est alors que Simon conseille à Wai-Tong d’épouser sa locataire, Wei-Wei, jeune peintre sans le sou, qui cherche à obtenir une carte verte. La bonne idée se transforme en cauchemar lorsque les parents de Wai-Tong annoncent leur arrivée immédiate et qu’un ami du père transforme ce qui devait être un mariage discret en somptueuses noces…

1993, États-Unis/Taïwan, 1h46
Comédie dramatique de Ang Lee
Ours d’or au Festival du film de Berlin 1993.

Avec Winston Chao (Wai-Tong), May Chin (Wei-Wei), Mitchell Lichtenstein (Simon)…

Titre original : Hsi yen / The Wedding Banquet

12 ans avant Le secret de Brokeback Mountain, le film qui vaudra à Ang Lee de multiples récompenses, le réalisateur taïwanais tournait Garçon d’honneur. Le titre en français est sans doute meilleur, car plus significatif, que le titre anglais. Garçon d’honneur, ce n’est pas seulement la triste position de Simon, témoin bien malgré lui du mariage blanc de son compagnon. C’est aussi la difficile situation de Wai-Tong, qui doit, pour l’honneur de sa famille, se marier et donner un petit-fils, et combler ses parents.

A la folie de la nuit de noces lors de laquelle il aura fallu céder aux traditions ancestrales (ce qui nous donne un aperçu de la cérémonie du mariage en Chine) succède la tragédie des couples qui se déchirent devant des parents dépassés. Garçon d’honneur est un film plaisant sur la tolérance, la diversité culturelle, les traditions et le sens de la famille.

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