A Québec, François Fillon se prend “les pieds dans les lys du tapis”
Titem | 7 juillet 2008Que n’a-t-on pas entendu lorsque Ségolène Royal a “gaffé” au Québec. Souvenez-vous : en janvier 2007, lors d’une rencontre avec André Boisclair, alors chef du Parti Québécois (PQ), favorable à l’indépendance de la province, la Présidente de la région Poitou-Charentes, répondant à une question sur la souveraineté du Québec, affirmait que sa position “reflétait des valeurs communes, c’est -à-dire la liberté et la souveraineté du Québec“.
Elle avait beau expliquer que cela signifiait qu’il incombait au Québec de se prononcer de façon libre et souveraine sur son appartenance à la Confédération canadienne, la polémique a tenu en haleine les médias de part et d’autre de l’Atlantique. Souveraineté politique (autrement dit, indépendance) ou souveraineté dans son choix ? Cette dernière interprétation était également possible… Il n’empêche. En période de campagne électorale, on s’est empressé de critiquer l’incompétence de la candidate socialiste.
Visiblement, le Québec ne réussit pas à nos hommes politiques. A l’occasion du 400ème anniversaire de Québec, le Premier Ministre, François Fillon, a évoqué à deux reprises les relations entre “deux pays” en parlant de la France et du Québec. Il n’échappe à personne que le Québec, si elle est une nation, n’est pas un pays. D’autant plus regrettable que l’on sait très bien que le sujet est sensible et que les Français se laissent souvent aller à des élans d’amour un peu maladroit pour la Belle Province.
C’est ainsi qu’il a reconnu son “écart de langage” et fait amende honorable : “J’aurais dû dire : entre deux nations”. L’incident aurait pu en rester là s’il n’avait pas ajouté : “Pour moi, pays est un mot qui a plusieurs sens et chez moi, c’est un endroit où il y a des paysans”… C’est marrant, mais au Québec aussi ! Ils ont beau avoir un accent (ou ne serait-ce pas nous qui avons un accent
) et ne pas toujours avoir le même vocabulaire, il arrive que l’on se comprenne ! Et là pour le coup, l’explication n’a pas non plus convaincu grand monde.
Pour reprendre les propos d’un commentateur sur le site du Monde : “Il tente de se raccrocher au branche (sic), mais il déracine l’arbre qui lui tombe dessus…”
Mais pour ne pas en rester sur cette mini-polémique qui certes froisse nos amis canadiens mais ne constitue pas un incident diplomatique – et puisque dorénavant dans certains pays il faut parler des bonnes nouvelles ! – rappelons que cette visite du Premier Ministre a été l’occasion de signer des partenariats entre la France et le Québec, notamment dans le domaine médical et universitaire !







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