Quel avenir pour le MoDem ?
Titem | 16 mars 2008Dans le flot des discussions et des débats qui suivront ces élections municipales, il en est un qui m’intéresse plus particulièrement. Et dans mon planning plutôt serré, à quelques jours de mon retour en France, je n’ai pas l’intention de vous faire une dissertation, juste vous partager quelques idées.
Hors le MoDem, en deux mots. Il est assez surprenant de constater la victoire par défaut qui n’a ni projet clair, ni idéologie définie, ni exécutif incontesté. Surprenant aussi de voir l’aveuglement de certains membres du parti au pouvoir : “non, il ne s’agit pas d’une élection sanction”. Tout va très bien madame la marquise ! Ce sont pourtant moins les projets que la pratique personnelle du pouvoir par Nicolas Sarkozy qui est ici remise en cause. Il aurait été nécessaire de donner des réponses beaucoup plus concrètes sur le pouvoir d’achat, et expliquer que pour les autres mesures, il faut laisser le temps au temps.
François Bayrou avait déclaré que l’on verrait les premières victoires de son nouveau parti, le MoDem, lors de ces élections municipales, que la renaissance se ferait à l’échelon local. Force est de constater qu’à part des villes comme Mont-de-Marsan, Saint-Brieuc, Arras, Saint-André-lez-Lille, les succès se comptent sur les doigts de la main. Pire : François Bayrou perd à Pau. De 400 voix, certes, mais il perd. Et c’est une défaite hautement symbolique qui, si elle ne signe par la mort du MoDem, lui porte une nouvelle fois un très sérieux coup. Cela invite nécessairement à repenser le parti lui-même, son avenir.
On ne peut pas se contenter de présenter comme seul programme des alliances au cas par cas. Les médias ne font qu’empirer les choses, en répétant à longueur d’antenne que “la stratégie du MoDem n’est pas claire”. Tellement plus simple à affirmer qu’à remettre en cause sa vision bipolaire du monde politique français…
Pourtant, le MoDem n’a rien inventé. A l’échelle locale, les hommes politiques de tout bord, loin du sectarisme de certaines élites, cherchent à trouver des compromis politiques avec leurs adversaires. Cela signifie-t-il que le MoDem a réussi à faire triompher son idée d’ouverture aux autres ? Pas vraiment. Engager les bonnes personnes de bord différent oui, mais il faut également laisser la place aux idées, aux débats !
La France ne peut décidément pas se contenter de ne vivre qu’au rythme des débats antagonistes de deux partis opposés. Mais elle ne peut pas non plus se voir proposée une force tiède qui, comme les radicaux de la IIIè République, s’allient à la gauche ou à la droite au gré des situations, donnant le sentiment de ne s’intéresser qu’à au pouvoir. C’est la désagréable impression que donne François Bayrou dont on sait l’objectif personnel d’une victoire en 2012.
Chaque chose en son temps ! Avant de penser au pouvoir :
- Construire un programme clair et s’imposer comme une force de proposition.
- Imposer des personnalités différentes, pas seulement François Bayrou et Marielle de Sarnez.
C’est seulement à ce moment-là que le centre pourra devenir un parti de gouvernement crédible, dont les résultats montreront que les idées pèsent réellement dans la politique française.
Le centre doit-il nécessairement passer par un MoDem qui penche de plus en plus à gauche (c’est en tout cas la tendance de ses militants) ? Mais inversement on ne peut pas imaginer revenir en arrière, avec un centre réserve de voix de la droite. Situation inacceptable vers laquelle certains voudraient revenir. Pour ma part, je ne me sens ni proche d’une gauche sans programme, ni d’une droite capable de réunir le bon grain comme l’ivraie au programme encore trop idéologique pour être véritablement efficace. J’avais voté MoDem, mais je ne suis plus convaincu par le chemin qu’il prend.














Commentaires récents