Skholè

Le blog de Titem, entre Europe et Canada.
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De retour du marché aux livres à Montréal

Titem | 6 juin 2011

Je ne sais pas vous, mais j’ai énormément de plaisir à rentrer dans les bouquineries, peut-être même plus encore que d’entrer dans une librairie, où tous les livres sont rangés par thème, collection, auteur. Dans une bouquinerie, on ne sait jamais sur quoi l’on va tomber ; cela ne veut pas dire qu’il faut que tout soit en désordre. Mais l’idée de peut-être tomber sur une édition originale d’un auteur que j’apprécie beaucoup, des beaux livres reliés, des ouvrages spécialisés sur des thèmes qui m’intéressent a de quoi exciter mon intérêt. Surtout si c’est moins cher ! Et ces livres-là ont une odeur différente des neufs, une précédente vie avec d’autres propriétaires qui les ont parcourus, de leurs yeux et de leurs doigts, qu’ils soient jeunes ou vieux.

Il m’arrive ainsi régulièrement de partir à la chasse aux trésors, et ce depuis que j’ai découvert l’existence de ces magasins dans mon sud-Finistère. J’y ai ainsi découvert par exemple la volumineuse chronologie de Larousse « 2000 ans d’histoire du Monde », alors que mes grands-parents m’avaient offerte l’édition « 2000 ans d’histoire de France ». Sur les quais de Seine à Paris, je suis tombé par hasard un ancien numéro d’une revue de cinéma où il était question d’un film que j’avais récemment vu avec un ami et dans lequel jouait son acteur préféré : je la lui ai offerte.

Je suis arrivé à Montréal avec peu de livres, question de poids… Pourtant une maison sans livres, c’est comme un jardin sans fleurs, une cuisine sans épices, c’est aussi ce qui donne de la personnalité à la pièce, du charme à l’habitat. Aussi, comme je vous en avais fait part lors d’une précédente édition de la Photo du Mois, j’avais commencé progressivement à me constituer une bibliothèque, aidé en cela par l’existence de nombreuses bouquineries à Montréal. Mes préférées :

  • L’Echange (713 Avenue du Mont-Royal E.). Grande et très complète, on y trouve aussi des CDs, et des DVDs. Je trouve leur slogan amusant et vrai « Les livres qui ne circulent pas meurent », même si en ce moment, je suis plutôt dans une phase d’acquisition !

  • La Bouquinerie du Plateau (799 Avenue du Mont-Royal E.). J’y reste bien plus longtemps quand ils ne diffusent pas de la musique psychédélique ! Ils ont néanmoins une sélection musicale très intéressante. Plus petite que l’Echange, on trouve toujours des références intéressantes (en histoire et sciences humaines).
  • La Librairie Bonheur d’Occasion (4487, rue de la Roche, au coin de l’Avenue Mont-Royal). C’est la dernière que j’ai découverte, les livres y sont un peu plus chers je trouve, mais très intéressants et la personne qui le tient est toujours de bon conseil.
  • Odyssey Books (1439 Rue Stanley, près du métro Peel). La plupart des livres y sont en anglais et c’est pour le moment là où j’ai fait les meilleures trouvailles, dont les éditions originales des Chroniques de San Francisco, de Armistead Maupin ! Mais les autres rayons (Histoire, Sciences Humaines, Philosophie…) ont également d’excellentes références.

Mais cette fin de semaine, ma collection s’est fortement agrandie ! Les Amis de la Grande Bibliothèque de Montréal organisait en effet un Marché aux Livres, vendus pour la plupart… 2$ (soit environ 1,5 €) ! Romans que l’on trouve normalement en librairie à plus de 15 €, livres de voyages, documentaires… De quoi faire des affaires ! D’ailleurs, victimes de leur succès, l’opération s’est terminée un jour plus tôt que prévu. Ajoutez à cela le marché des bouquinistes qui se tient tout l’été le long de cette même Grande Bibliothèque (les prix des livres y varient davantage). Et par un heureux hasard, me promenant sur le Mont-Royal, l’une des bouquineries offrait des livres aux passants.

Voilà donc ce qu’il y avait dans mon panier, de retour de mon marché aux livres, achetés avec mon ami pour… moins de 30 $ le tout !

  • Trois romans historiques, un roman qui parle d’immigration.
  • Deux livres de cuisine bio pour garder la ligne et la santé.
  • Une biographie bien reliée presque neuve, une autobiographie reliée plus ancienne !
  • Plusieurs livres universitaires sur des thèmes divers.
  • Un livre sur Elizabeth I : ma mère possédait enfant plusieurs livres de cette collection… Mais pas celui-là !
  • Un livre de littérature française que je possède déjà, sauf que j’ai trouvé celui-ci en parfait état, ce qui n’est pas le cas de mon exemplaire.
  • Une Bible illustrée centenaire pour les enfants – cela me faisait de la peine de voir un livre si ancien dans la rue.

… Ce n’est pas tout ça, mais maintenant il va falloir trouver du temps pour les lire (et de la place pour les ranger…) !

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La fête de l’Europe, même ici à Montréal !

Titem | 8 mai 2011

Alors que les médias consacrent un grand nombre d’articles à l’ancien Président de la République François Mitterrand, dont on fêtera le 10 mai les 30 ans de sa première élection, il est une date qui, j’espère, ne passera pas inaperçue dans les médias, c’est la Fête de l’Europe le 9 mai ! Je vous avais déjà parlé (ici et ici) de ce jour qui vient rappeler la Déclaration Schuman. C’est un jour qui, pour moi, en tant que citoyen mais également en temps que militant, compte beaucoup, car c’est l’occasion d’exprimer notre appartenance à un même ensemble commun et notre attachement à ce projet ambitieux qu’est la construction européenne.

Le fait que j’habite dorénavant à Montréal ne change rien mon état d’esprit. Ici aussi, on s’intéresse à l’Europe. L’Université de Montréal et l’Université McGill disposent d’un centre d’excellence sur l’Union européenne et ont dernièrement invité Jean Quatremer, le correspondant de Libération à Bruxelles et auteur du blog les Coulisses de Bruxelles (que je vous conseille vraiment de suivre si ce n’est pas déjà le cas !), que j’ai eu le plaisir de rencontrer. L’un de mes professeurs a obtenu une chaire Jean Monnet ad personam, remise par la Commission européenne pour la qualité de ses recherches sur l’Union européenne. J’ai eu à cœur de défendre mes convictions européennes lors de plusieurs de mes cours à l’Université de Montréal, et le plaisir d’en parler à mes camarades de promotion.

Mais j’ai eu beau chercher sur Internet, hormis une soirée européenne à Québec, je n’ai rien pas trouvé chose semblable à Montréal. C’est dommage, car ce ne sont pas les Européens qui manquent ici. En guise de consolation, comme je ne songe pas à courir jusqu’au Mont-Royal avec le drapeau européen autour des épaules, je me dis que la soirée Eurovision que je vais suivre avec des amis sera une autre façon de fêter l’Europe, en musique !

Peut-on pour autant dire que le cœur est à la fête ? Quand je vois des articles de journaux où s’exprime la lassitude face à une Union européenne perçue comme intrusive et éloignée, je trouve cela exagéré car je crois que les députés européens, qui ont gagné des pouvoirs avec le Traité de Lisbonne, s’expriment bien plus dans les médias et leurs directives ont des impacts importants sur notre quotidien. Le sentiment laissé dans les médias que l’Europe (et le FMI) sont tenus responsables des politiques d’austérité menées en Europe et dernièrement, la polémique sur les accords de Schengen m’agacent profondément. L’affirmation des eurosceptiques qu’il vaudrait mieux quitter l’euro m’amuserait (comme ce clip pitoyable de démagogie de Nicolas Dupont-Aignan) s’il n’y avait pas une réelle suspicion à l’égard de la monnaie unique.

Car qui prennent ces décisions, sinon les chefs d’Etats, face à une Commission européenne devenue impuissante ? C’est la solidarité de l’Union et la pertinence de ses valeurs qui sont en jeu, et que le jeu personnel et égoïste des chefs d’Etats met en péril.

Mais quand je vois les photos de citoyens rassemblés à Bruxelles , à proximité des institutions européennes, ou ailleurs en Europe, que des amis, et pas seulement des militants de la cause européenne, affichent un drapeau dans leur profil Facebook, je me dis que ce sentiment européen demeure néanmoins, même si l’espace public reste encore très national. Il ne manque plus que ce sentiment se transforme en un intérêt politique, renforcé par l’investissement des médias et l’émergence de partis politiques européens, voire de personnalités aussi courageuses que le furent François Mitterrand et Helmut Kohl lorsqu’ils décidèrent de la monnaie unique.

Ailleurs sur la toile :

  • Europe Day apology and analysis, de J. Clive-Matthews.
  • Il faut transformer le 9 mai en jour férié, de Fabien Cazenave.
  • Journée de l’Europe 2011, sur le site du Taurillon.
  • Pour le 9 mai, l’Europe bat la pavé, le métro… et les réseaux sociaux ? Du blog eToile de Toutel’Europe.

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Canada, Construction européenne, Etat d'esprit, Europe, François Mitterrand, Identité européenne, Montréal, Union européenne
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Récit d’une journée de grève au soleil à Rennes vécue par un passant

Titem | 19 mars 2009

IEP de Rennes bloquéCe matin, je reçois un courriel : une amie me propose d’aller manger avec une autre amie au restaurant universitaire de la fac de Droit. Ça tombe bien, il avait été une nouvelle fois décidé hier en assemblée générale que notre école, l’IEP de Rennes, serait bloquée. Les professeurs en grève ce jour-là n’assurent pas leurs cours. Qu’à cela ne tienne, il fait beau, c’est l’occasion de prendre l’air et de sortir la tête de ses bouquins et son ordi ! Avant de partir, je télécharge les podcasts du jour. Ceux de France Inter, d’habitude rarement en retard, ne se mettent pas à jour. Et pour cause : la programmation régulière est suspendue en raison de la grève.

Je m’y rends à pied : les transports en commun sont fortement perturbés de 10h à 15h30 environ. J’arrive devant le restaurant universitaire de la Fac de Droit : celui-ci est fermé en raison de la grève. Si l’on veut manger, il faudra trouver autre chose. Les boulangeries et les petites supérettes sont prises d’assaut.

Place Sainte Anne. Quand elle n’est pas squattée par des marginaux alcoolisés et entourés de leurs chiens, quand le ciel d’étain s’ouvre, il est fort agréable de se poser pour manger une crêpe ou prendre un verre. Les terrasses en soleil sont toutes occupées, celles à l’ombre sont délaissées. A la sortie de cet hiver gris et froid, voilà que les corps commencent à se dénuder, la peau recherche les rayons du soleil.

Faute de place, nous choisissons finalement un petit bistrot sur la place des Lices. A côté de nous passent régulièrement des petits groupes qui portent fanion, badges et autocollants. Sans doute qu’en cette journée de grève, où l’activité économique marche au ralenti, les gens profitent de cette journée plus calme pour manger à l’extérieur. Le temps clément aidant, ce sont finalement les restaurateurs qui en profitent. Une amie me répète ce qu’elle a entendu : à Paris, des salons de beauté ont même prévu de faire des tarifs spéciaux pour cette journée de grève !

Je décide ensuite de passer aux Champs Libres. Je prends le métro. Avantage : il est automatique, le trafic est donc normal. Lorsque je sors à l’arrêt Charles de Gaulle, je vois devant le nouveau Gaumont un rassemblement assez important de militants : les banderoles sont déployées, slogans revendicatifs ou couleurs syndicales. Des poteaux portent des cartons où l’on incite à prolonger le mouvement au-delà de la grève.

Les Champs Libres sont fermés. A l’intérieur, les hôtesses d’accueil attendent sagement à leur poste. J’appelle. On me répond que le bâtiment est fermé : c’est une précaution pour éviter des débordements. Ils réouvriront normalement une fois le mouvement dispersé. Ils auraient pu mettre une affiche…

Un groupe défile derrière une grande banderole des travailleurs syndicaux. Un jeune homme chante – faux – une chanson où il dénonce notamment « les bourgeois ». A croire qu’il ne ferait pas bon réussir sa vie (et pas besoin d’avoir une Rolex pour ça). Une fillette, à qui je ne donne pas 5 ans, porte une lourde pancarte anti-sarkozyste. Elle a un autocollant promouvant un parti écologiste sur le bras droit. Elle suit le pas vif de ses parents et la poussette de leur enfant sur lequel des autocollants syndicaux ont été posés. A peine un an, et déjà une voiture tunée. Je me méfie de ces parents qui utilisent leurs enfants dans des contestations, mais quand on a personne pour les garder…

Plus loin, FO se tient serrée et cantonne l’Internationale avec conviction : « du passé, faisons table rase… ». Cela ne me surprend plus, même si aujourd’hui, j’ai, comme beaucoup, le sentiment que le dysfonctionnement est réel, et qu’il appelle à des changements profonds, mais pas forcément à une « révolution ».

La révolte, elle, est pourtant bien là. Sur le Boulevard de la Liberté, les manifestants sont nombreux, la circulation est bloquée. Les voitures n’essaient même pas de passer, je les comprends. Lorsqu’il y a une semaine, un petit groupe d’une centaine de lycéens bloquaient les quais et que j’ai voulu passer, l’un d’entre eux s’est positionné devant ma voiture et, voyant que je n’avais pas l’intention de rebrousser chemin (il est suffisamment compliqué de circuler dans Rennes comme cela), il avait tenté de briser mon rétroviseur.

Là, c’est le Crédit Agricole qui a été pris pour cible : une vitre est partie en éclat, de la peinture a été jetée sur le fronton. « Des casseurs » me répond le directeur deHSBC après manif.jpg la banque qui vient constater les dégâts. Je reprends l’écoute de mes podcasts. « Dois-je vous rappeler que cette année, le Crédit Agricole a distribué plus de 95 % de ces bénéfices à ses actionnaires ! Cela représente 1 milliard d’euros !« . Ceux qui ont fait ça le savaient-ils, exprimant ainsi leur colère, ou se sont-ils attaqués au symbole de la banque ? L’une ou l’autre raison ne justifie pas l’acte. Plus loin, c’est HSBC qui a, à son tour, été victime de dégradations.

Sans doute, la colère est légitime. Ce n’est pas seulement une manifestation contre la crise, mais aussi contre un système où l’on craint pour son avenir. Depuis que nous sommes petits, on nous dit qu’il nous faut faire de bonnes études pour pouvoir jouir d’un emploi stable et d’une bonne situation. Aujourd’hui, certains diplômés ne trouvent même pas d’emplois. Nos parents doivent surveiller leurs comptes, ils ont fait des efforts et doivent encore subir les conséquences de la mauvaise gestion de dirigeants qui ont déstabilisé durablement l’économie, mais continuent de recevoir des primes. Ce constat doit sans doute être nuancé, mais ne retire rien sur le fond : le malaise est palpable. Heureusement, il paraît que se retrouver entre amis ou avec son/sa conjoint(e) est un moyen de s’échapper de la crise. Les médias ne peuvent occulter l’actualité, mais un peu de soleil et de bonnes nouvelles serait bienvenus !

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Déjà deux mois à Chypre…

Titem | 4 juin 2008

Deux mois. Cela va déjà faire deux mois que je suis à Nicosie, capitale de Chypre. Au début de cette année à l’étranger, je voyais le temps passer, je n’avais pas le temps de me retourner que je devais aller de l’avant ; et c’est tant mieux. Je quitte Montréal la dynamique, la culturelle et toutes les personnes que j’avais pu y rencontrer ? Me voilà à Nicosie aux carrefours des civilisations, pour une expérience professionnelle nouvelle pour moi.

Autour du mondeMais là, c’est plus fort que moi. Je regarde derrière moi. Et qu’est-ce que j’y revois ? Ma classe préparatoire où l’on discutait déjà de l’année d’études que nous allions faire une fois entrés à Sciences Po. Et la diffusion du film de Cédric Klapich, L’Auberge Espagnole, nous avait mis en émoi, l’eau à la bouche : ce concours, on allait l’avoir, ne serait-ce que pour avoir la chance de vivre ça !

Je me revois à la journée sportive d’intégration de mon école. Je discute avec une élève de 4ème année, elle vient de passer son année à l’étranger en Amérique Latine. Elle a l’air désabusée. En fait, elle est mélancolique de la merveilleuse et dépaysante année qu’elle a passée là-bas. Le retour sera dur, me dit-elle. Et en 2ème année, quand j’interrogeais les élèves fraîchement retournés de leur expérience à l’étranger. J’avais du mal à imaginer comment se déroulerait la mienne. Au départ, je pensais aller en année Erasmus. Finalement, j’ai fait deux stages, dont un de l’autre côté de l’Atlantique. Et je ne suis pas déçu, au contraire ! Mes expériences sont loin de l’image « samba » d’une année à l’étranger en Espagne ou en Australie. De toute manière, ce n’est pas mon tempérament. Mais les rencontres que j’ai pu y faire, les paysages et les lieux que j’ai découvert vont durablement me marquer.

Et pourtant j’ai envie aussi de retrouver Rennes, de retrouver mes amis. Mais je sais que le retour sera difficile, comme si je me réveillais d’un rêve au cours duquel j’aurai voyagé, visité, rencontré, appris…

Et bientôt, ça sera à mon tour de raconter mes expériences à des élèves de seconde année. Je leur répondrai aux mêmes questions que je me suis moi-même posé, et je leur raconterai, le sourire aux lèvres, le rêve vécu d’un voyage à l’étranger, nourrissant leur envie de partir à leur tour que je tempérerai d’un « Profitez-en ».

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Une soirée chez les Chypriotes

Titem | 28 avril 2008

Je n’avais pas encore vraiment eu l’occasion de fréquenter des chypriotes. C’est cela l’inconvénient ; on a beau voyager à l’étranger, à imaginer une colocation à l’auberge espagnole… Au final, je suis parti à Montréal avec des Français, pour vivre avec des colocataires françaises et travailler avec des Français (et un québécois). A Nicosie, je travaille surtout avec deux Français (même s’il y a un chypriote francophone) et je vis en colocation avec un Français. Ils connaissent très bien Chypre qu’ils me font visiter, ils me font rencontrer du monde… et pas seulement des Français. Mais je n’ai pas vécu au quotidien avec des québécois ou aujourd’hui avec des chypriotes. L’aurais-je supporté d’ailleurs ? On s’attache à eux, mais notre façon de penser est tout de même différente…

FlaounesCela étant, j’ai donc été introduit au sein d’une famille chypriote. Et bien accueilli : on loue l’accueil des Chypriotes, ce n’est pas une réputation volée. Mais rencontre-t-on vraiment beaucoup de peuples qui ne font pas preuve de bienveillance à l’égard d’un hôte ? Tradition de Pâques oblige, ils me servent des morceaux de flaounes, ce gâteau au fromage, raisin, menthe et épices (si j’en crois mes papilles… et cette recette). Et je dois également me plier à la tradition de l’œuf de Pâques à choquer contre celui de mon voisin. Je perds encore une fois…

La télévision diffuse des feuilletons TV typiques et vieillots. Plus tard, j’aurais même le droit à la version grecque de ce célèbre jeu, dont M6 aura présenté une éphémère version : « Êtes-vous meilleur qu’un enfant de 10 ans ? ».

Ce qui me frappe, c’est le tatouage du garçon de la famille sur son bras. On m’explique alors qu’à Chypre, on soutient une équipe en fonction de sa couleur politique : gauche ou droite, et qu’il s’agit ici d’un tatouage en faveur de l’équipe de droite. Que certains clubs de supporters aient des penchants politiques, des revendications régionales parfois… rien d’étonnant. Mais qu’il soit fait une association avec un parti politique ! Finalement, on n’est pas trop loin de cette vieille tradition romaine où un conducteur de char conduisait pour une couleur qui représentait une couche de la population. O tempora, O mores !

En face de moi, il y a de vieilles photos sépia accrochées au mur. Il s’agit en fait de leur maison. Du moins telle qu’elle était avant qu’ils ne doivent la quitter en 1974, sous la pression de l’armée turque fraîchement débarqué. C’était il y a 34 ans donc, Paris n’avait que 14 ans à l’époque. Ses parents possédaient des terres dans le Nord de l’île. Près de Kyrenia. Près de la Turtle Beach. Sur cette plage paisible, j’avais presque oublié les malheurs de deux qui furent expropriés de leur maison. On dit que certains Chypriotes en ont conservé de la rancœur – on peut les comprendre après cette expérience traumatisante – , et nourrissent ainsi un certain patriotisme plus ou moins exacerbé. Cela ne me paraît pas être le cas de Paris qui s’est relevé de cette épreuve, et possède aujourd’hui une très belle maison en banlieue nicosienne, un pavillon qu’il a construit de ses mains.

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1er jour à Nicosie

Titem | 4 avril 2008

Me voilà donc arrivé à destination : Nicosie, capitale de Chypre ! Ciel bleu, 23° : voilà qui me change radicalement du Québec et même de la France ! Mais revers de la médaille, il n’a pas plu depuis des mois et certains quartiers connaissent déjà des restrictions d’eau.

Pour arriver, j’ai choisi d’arriver la veille à Bruxelles. Mais il m’a fallu se réveiller à 4h45… Un taxi me conduit jusque l’aéroport. A l’enregistrement des bagages : gros soulagement, je n’ai « que » 29 kilos et on ne me fait même pas payer de supplément pour les 6 kilos de trop ! A Montréal, on me réclamait 30$ pour 3 kilos de dépassement… Cela dépend vraiment de l’humeur des bagagistes.

L’avion décolle avec 20 minutes de retard. On peut suivre son trajet sur un écran : arrivé à Londres, on se demande pourquoi il fait une boucle sur lui-même ! A l’atterrissage, les portes ne s’ouvrent plus. Il faut attendre 8h15, soit 10 minutes après l’heure prévue de la fin de l’embarquement pour que cela marche ! Heureusement l’embarquement pour Larnaca n’avait pas encore commencé. Larnaca, et pas Nicosie : l’aéroport de la capitale ne fonctionne plus depuis l’annexion du Nord de l’île par l’armée turque.

Une heure de retard au départ, 30 minutes de retard à l’arrivée ! Quand le paysage se dessine, c’est totalement différent du gris des bâtiments du Québec, du blanc de la neige et des rues perpendiculaires. Ci et là, quelques arbres. Des petits villages de campagnes disséminés sur un territoire vallonné et sec où la couleur chaude de la pierre domine.

Une fois n’est pas coutume : je suis quasiment le premier à récupérer mes bagages et sortir de l’aéroport où je retrouve le collaborateur local de la Mission Economique de Nicosie qui me conduit là où je vais loger.

Quand on se promène dans les rues de Nicosie, ce qui frappe très vite, c’est l’odeur très forte des fleurs : comme si du linge frais séché à tous les balcons des maisons. Et les cèdres, les dattiers, les orangers tout le long des rues… Les chats errants aussi ! Par contre il faut faire très attention : non seulement les chypriotes roulent à gauche (il faut donc se trouver et regarder du bon côté) mais en plus, ils roulent très vite ! Pire qu’à Montréal (si, si, c’est possible ! Et ils klaxonnent aussi tous les 50 mètres !) Ajoutons que les trottoirs n’existent pas partout, et quand ils existent, ils sont très étroits !

Rue Evanthous

Pour autant, me voilà bien installé pour une aventure qui devrait durer quelques 4 mois, et que je compte vous faire partager.

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J-2 avant Nicosie et Chypre

Titem | 1 avril 2008

Une chose est sûre : je n’étais pas dans cet état avant de partir pour Montréal. Je ne me rends toujours pas compte que dans quelques heures, je serai dans un pays étranger loin de chez moi. La différence, c’est que je sens cette fois une sorte de stress, d’appréhension… Je pars moins loin, mais le pays est totalement différent. Je voulais voir Montréal la dynamique, la culturelle. Voir le Québec et ses paysages, rencontrer ses habitants, me confronter avec une pensée occidentale mais plus américaine.

Chypre, les images sont différentes. C’est son histoire, antique ou plus contemporaine ; l’histoire, c’est ma passion. Sa culture : l’île a été envahie par différents peuples qui chacun à leur tour ont marqué l’île de leur empreinte. Ce sont ses habitants, sa gastronomie… Et puis c’est le stage que je vais y réaliser, à la Mission Economique de Nicosie. Quand je parle à d’autres personnes passées par ce genre d’administration, je me sens à la fois excité à la perspective de faire des rencontres passionnantes, de participer à la promotion de certains projets… Mais un peu inquiet quand même. Une petite appréhension liée à l’envie de bien faire.

Me voilà dans un petit hôtel à proximité de l’aéroport de Bruxelles. Départ demain très tôt pour… Londres Heathrow ! Mon escale avant de partir pour l’aéroport de Larnaca, où l’on m’attend là-bas. Et oui, car depuis la partition de l’île de Chypre en 1974, l’aéroport de Nicosie ne fonctionne plus.

Chypre

Demain, les portes du monde hellène et oriental s’ouvrent à moi…

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Adieu Montréal… et à bientôt !

Titem | 21 mars 2008

Au revoir Montréal Villeray Saint-Michel Parc Extension

C’est sûrement lorsque l’on décroche les posters, les cartes postales, les photos du mur que l’on se rend compte que c’est véritablement la fin. Mon aventure montréalaise a pris fin ce jeudi 20 mars 2008. Une date qui me semblait tellement lointaine en septembre dernier, au moment de partir. Et voilà, j’y suis finalement arrivé. J’ai eu beaucoup de mal à réaliser, le temps m’emporte et je ne saurai dire comment je me sens vraiment. Les adieux n’étaient que des au revoir. Et en partant, j’ai une pensée pour chacune des personnes que j’ai rencontrées.

Alors bien sûr j’ai quelques regrets. J’aurais fait quelques restaurants québécois, mais je n’aurais pas eu l’occasion de me rendre dans une cabane à sucre. Je ne suis pas entré à l’Oratoire Saint-Joseph. Je n’ai pas visité le Musée Ramezay ou Stewart. Je n’aurais pas l’occasion de voir les festivités d’été du 400ème anniversaire de Québec, même si j’ai eu l’occasion de m’y rendre à deux reprises.

Plus loin, il me restera à (re)voir Toronto et Ottawa. Apprendre le Canada par ses paysages en empruntant la Transcanadienne, de part en part. Observer l’étendue des blanches banquises au Nord du Québec. Quant à l’hiver québécois, j’en aurais profité pleinement ! Près de 4 mètres de neige, même sans avoir vécu de températures de -30°C (au minimum : -18°C), c’est déjà suffisant comme expérience !

Il faut faire le deuil du temps qui passe. S’il fallait le dire en chanson, je chantonnerai « Je n’aurais pas le temps » de Fugain. Et je ne vous refais pas le coup du « Je reviendrai à Montréal », de Robert Charlebois, même si j’espère bien que ce ne seront pas que des paroles en l’air. Oui, j’espère bien revoir Montréal, retrouver son dynamisme estival.

J’avais une énorme crainte au moment de partir : les valises ! Allais-je arriver à reprendre toutes mes affaires ? Heureusement qu’à Noël, j’avais pu reprendre avec moi quelques affaires. Au moment de la pesée : 40 kilos pile. Bon à savoir : avec Air Transat, les patins ne sont pas considérés comme équipement sportif. Plutôt que de payer 30$ – pour le sac de 3 kilos – une jeune québécoise qui n’avait qu’un bagage a accepté d’enregistrer mon sac. Merci encore ! Une jeune fille de l’OFQJ en partance pour la France d’ailleurs, comme une dizaine de ses compatriotes… la relève est assurée !

Si, en ce qui me concerne, mon aventure québécoise OFQJ s’arrête ici, j’ai encore pas mal de souvenirs, d’expériences… à partager avec vous pour les prochains jours. Et d’autres voyages également !

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J’ai testé pour vous : les Urgences au Québec !

Titem | 2 mars 2008

Je tiens tout d’abord à vous rassurer : je vais bien ! Et je ne les ai pas vraiment testées de gaieté de cœur, croyez-moi. J’aurais ainsi pu disposer d’une précieuse heure en plus pour célébrer la Nuit Blanche à Montréal.

Parmesan - smh.com.auAlors voilà… Je découvre l’exposition H20 au Centre du Design UQAM. A la sortie, l’Institut culturel italien et de la Délégation commerciale d’Italie offre la possibilité de déguster des vins italiens accompagné de parmesan. J’opte pour un chianti Sant’Alfredo. Et au moment de déguster le dit-fromage… je brise mon appareil dentaire (en fait une barre de rétention à l’arrière) ! Ce n’est pas une sensation agréable, et cela m’empêche de boire correctement et surtout de manger ! Heureusement qu’un ami dispose d’un téléphone portable. Un CLSC dans le coin ? Oui, mais fermé à 20h. Des dentistes, des orthodontistes de garde ? Pas trouvés. Reste les urgences…

Ça me gêne d’y aller pour cela alors que d’autres auront peut-être des problèmes beaucoup plus graves, mais je ne vois pas d’autres solutions puisque je ne peux pas l’arracher et je ne me vois pas utiliser une pince coupante de bricolage !

J’arrive donc à l’Hôpital Saint-Luc de Montréal. Les urgences sont vides. 5 minutes d’attente, j’expose rapidement mon cas à l’infirmière. Je m’excuse par avance de la légèreté de mon cas. Mais je ne peux rien avaler et il s’agit surtout d’éviter de me blesser. Auriez-vous tout simplement une pince coupante stérile ?

Hôpital Saint-Luc Montréal

L’infirmière enregistre un dossier médical sommaire. Une autre prend ma tension et ma température. C’est dans les procédures explique-t-elle ; je me laisse faire. Ils vont rechercher un dentiste ou orthodontiste de garde, ou trouver une pince coupante stérile. Puis je dois de nouveau m’enregistrer à un comptoir pour mes informations administratives. Finalement, après 10 minutes, une infirmière s’improvise orthodontiste et me libère d’un coup de pince.

Ce fut finalement très rapide. Je regrette d’être venu pour si peu : on dit souvent que les urgences sont encombrées par des cas qui n’en valent pas la peine. Mais dans mon cas : pas de cabinet médical ou de dentiste, pas de pharmacie ouverte… Et dans un pays étranger, il faut bien se rendre dans un lieu facilement reconnaissable pour les services qu’on y rend : l’hôpital.

Je parle aussi de mon expérience car j’ai pu entendre de nombreuses critiques sur les services de santé au Québec. C’est sûr qu’en France, on est très fier de notre système de santé, malgré le déficit récurrent de la Sécurité Sociale. Il est vrai qu’il peut être déstabilisant au Canada de ne pas voir de plaques de cabinets médicaux comme en France. Mais il y a les CLSC. En outre, je n’ai pas testé les urgences françaises, je ne peux donc pas comparer.

Carte Soleil RAMQ - ofqj.orgTout ce que je peux vous dire, c’est que compte tenu du coup de la médecine au Canada, il est très important d’avoir une assurance maladie qui couvre l’ensemble des frais, et qu’à l’arrivée au Québec, vous vous rendiez à la RAMQ (Régie de l’Assurance Maladie du Québec) pour disposer demander la carte soleil. Ainsi vous pourrez accéder gratuitement aux services médicaux (à lire : cette fiche pratique sur le site de l’OFQJ). Un bon conseil : rendez-vous-y très tôt, avant l’ouverture. Il vaut mieux attendre très tôt 45 minutes que 2h dans la journée…

Si quelqu’un a eu une expérience plus sérieuse du service médical québécois, qu’il en témoigne :)

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Plus qu’un mois en belle Province…

Titem | 25 février 2008

Tout est dit dans le titre.

Et encore, un mois… Moins d’un mois ! Non pas que je sois en train de faire le compte à rebours, à vrai dire, je ne me rends pas compte que ce séjour touche à sa fin, pas plus que je ne me rendais compte fin août que j’étais bientôt sur le départ pour Montréal !

Peut-être parce que je ne crains pas le départ de ce lieu où j’aurais vécu de formidables moments, et qui n’est qu’une étape dans mon chemin personnel. Mais… quelle étape ! Marquante, inoubliable, florissante. Pleine de souvenirs, de rencontres. Certains sont déjà repartis, d’autres sont sur le point de revenir sur le Vieux Continent, et ils ont le cœur lourd. Je ne suis pas encore dans cet esprit là. J’ai tant d’autres choses à voir. Mais je voudrais les partager avec tous ceux que j’ai rencontrés, dans le Nord, à Rennes, à Montréal… Là où j’ai posé mes valises.

A nous le monde - vigile.net

Je n’aurais pas le temps de me retourner que je serai parti vers d’autres contrées plus orientales. J’effectuerai mon prochain stage à la Mission Economique de Nicosie, la capitale de Chypre. J’en rigole presque aujourd’hui : convaincre les industriels français de s’installer et ou d’investir dans une île où le Président nouvellement élu est communiste, en voilà un beau challenge non ?

Plus qu’un mois et encore plein de choses à faire. Bon, déjà un stage à finir et un rapport à rédiger. Encore des regards sur le Québec, sur le Montréal à (faire) découvrir. J’aurais aimé parcourir le pays en entier, mais il me faut rester raisonnable, tant en matière de timing que de finances. Aussi j’espère revoir Québec avant de partir.

Je rattrape petit à petit le temps perdu, même si je regrette tout de même de ne pas avoir fait plus de choses. Comme de jouer le jeu de la proximité avec la population en m’engageant auprès d’une association (mais quelle association ?). D’aller plus régulièrement faire du sport, lire davantage de livres et de revues sur le Québec, m’inscrire au vidéoclub pour voir des films québécois…

Alors oui on ne peut pas tout faire. Mais le temps passe si vite que l’on ne s’en rend pas compte, ou bien si : on se rend compte que le temps s’écoule trop vite, mais l’on croit encore pouvoir courir après. J’en aurais fait une nouvelle fois l’amère expérience, mais cette fois à près de 6000 kilomètres de chez moi. Cela me donnera peut-être des raisons pour en profiter pleinement, de toutes les rencontres, de toutes les expériences, de tous les voyages, de toutes les connaissances… Et oublier le temps pour ne rien gâcher.

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