Jouets de filles ou garçons : le sexisme sous le sapin de Noël
Titem | 23 décembre 2009Une vidéo parodique d’une célèbre console de jeux vidéos. J’ai pensé un moment publier cette vidéo sur mon Tumblr, mais je souhaitais ne pas en rester là et nourrir une réflexion susceptible d’être partagée et discutée.
Cela peut faire rire, mais ouvrez donc un catalogue de jouets, et vous verrez exactement la même chose (bon, hormis la dernière scène bien entendu).
Ah… Noël et ses cadeaux apportés aux enfants sages. C’est le moment d’apporter des poupées “Barbie fait le larbin à la maison” et un déguisement d’infirmière pour Léa*, un ballon de foot (qui peut aussi faire office de ballon de hand-ball) et des camions de pompiers et circuits de Formule 1 pour Théo*. [Oui, de nos jours, toutes les filles s'appellent Léa et les garçons Théo).
Et pourquoi pas l'inverse ? Mais parce que les filles en rose doivent comprendre quelle est leur place dans la société/le ménage, et vice-versa pour les garçons en bleu pardi ! L'Express effectuait la même observation au début du mois et les commentaires des internautes ne sont guère étonnants.
Dès leur plus jeune âge, les enfants sont confrontés à la réalité de leur future condition sociale : les métiers du care pour les filles, et pour les hommes les emplois intellectuels, les métiers à risque, le travail ouvrier ou artisan, conducteurs de camions, trains ou avions... Il est nécessaire que les enfants apprennent à reproduire le schéma de la division sexuelle imposé par la société. Et ne pas s'étonner que selon cette étude de l'INED, ce sont les femmes qui contribuent le plus aux tâches domestiques. Comme le remarque Agnès Giard sur son blog :
Cette éducation conformiste qui pousse les garçons à devenir machos et les filles des potiches programme [...] nos enfants à adopter le sexisme comme norme sociale.
Citons encore Sandrine Vincent dans son livre Le jouet et ses usages sociaux :
Garçons et filles reçoivent ainsi une image miniaturisée de leurs futurs possibles rôles professionnels (aussi bien manuels qu’intellectuels) et de leur future probable position dans les rapports domestiques [...] les messages publicitaires reproduisent et amplifient les stéréotypes de sexes, comme si les jouets “programmaient” garçons et filles à d’évidentes fonctions sociales sexuellement différenciées. Rien d’étonnant dans ces conditions à ce que filles et garçons demandent et reçoivent les jouets qui leur ont été symboliquement suggérés.
Elle est pas belle la vie en bicolore ? Joyeux Noël à tous quand même !









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