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Le blog de Titem… à Paris : Europe, Environnement, Société, Culture et Voyages
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Un Prophète, de Jacques Audiard (2009)

Titem | 30 août 2009

Un prophète, de Jacques Audiard (2009)Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena ne sait ni lire, ni écrire. A son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 19 ans.
D’emblée, il tombe sous la coupe d’un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite. Au fil des “missions”, il s’endurcit et gagne la confiance des Corses.
Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer discrètement son propre réseau…

2009 / France / 2h35
Drame de Jacques Audiard
Avec Tahar Rahim (Malik El Djebena), Niels Arestrup (Cesar Luciani), Adel Bencherif (Ryad), Reda Kateb (Jordi le gitan)…

Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 2009

Encensé par la critique lors de sa projection au Festival de Cannes, Un Prophète est un film qui ne laisse pas indifférent et marquera l’histoire du cinéma français. Il y a une qualité indéniable de la mise en scène, intelligente, qui nous fait progressivement entrer dans la peau de cette petite frappe enfermée entre les quatre murs d’une cellule insalubre. En ce qui me concerne, le sentiment de malaise, de peur, de schizophrénie presque, m’a pris à la gorge pour ne plus me quitter, temporairement, que pendant les rares scènes tournées à l’extérieur où le personnage en profite pour faire fructifier ses affaires.

Il y a le jeu des acteurs. Niels Arestrup dans la peau d’un parrain corse, Cesar Luciani, qui dégage une aura de puissance sourde mais potentiellement explosive, un chef de gang qui justifie son statut de véritable maître de la prison. Mais surtout, il y a Tahar Rahim, acteur presque inconnu autour duquel évolue la caméra de Jacques Audiard et dont on suit la survie puis la progression pendant ces six années d’enfermement. Enfant d’un foyer très tôt déscolarisé, il doit sa survie en prison à la protection de Cesar Luciani dont il est à la fois le larbin, l’homme de main, les yeux et les oreilles. Arrivé, comme le dit si bien Audiard dans une interview “sans histoire”, il va lui même se construire sa propre histoire et, à force d’intelligence, d’alliances, créer son propre réseau et prendre la place du caïd à la place du caïd. Une issue “paradoxale” selon le mot du réalisateur, car Un prophète dépeint un individu qui n’aurait jamais atteint sa position s’il n’était pas passé par la case prison.

La prison comme “noviciat de la récidive” comme disait Tocqueville ? Oui, et même une école du crime, une zone de non-droit où la loi du plus fort est le seul maître à bord. Les matons sont les grands absents de ce film, on s’attend à ce qu’ils viennent mettre de l’ordre, il n’en est rien, ils subissent presque les conflits d’intérêts des criminels dont ils sont censés avoir la surveillance. Que le réalisateur l’ait souhaité ou non, ce film est également une expérience documentaire réquisitoire contre nos prisons : la surpopulation, l’insalubrité, la violence et les trafics en tout genre, l’absence ou la corruptibilité des gardiens, le porno dont on abreuve les prisonniers pour espérer les calmer…

Je ne reconnais qu’un défaut à ce film néanmoins : sa longueur. Parce que Un Prophète est effectivement trop long ? Parce que le film n’est pas qu’un film sur la prison, mais sur le parcours d’un détenu et qu’une fois les permissions accordées on a l’impression que le film est fini ? Parce qu’en raison du malaise ressenti, je souhaitais que le film se termine ? Parce que oui, six ans de prison, c’est long, et il faut tenir et accepter aussi le rythme du film, haletant dans ses scènes d’action, puis lent comme le silence, brisé aussi brusquement qu’un coup de poing fulgurant ou l’éclat d’une lame de rasoir ? Je vous en laisse juge.

Le film est-il “raciste” ? Joue-t-il sur les clichés des Corses mafieux et des Musulmans délinquants qui se radicalisent en prison, comme certains commentateurs l’ont avancé ? Je pense qu’il y a une part de réalité aussi bien que d’opportunité dans la description de Jacques Audiard : c’est montrer le jeu des alliances dans le crime (aux Etats-Unis, cela aurait pu se traduire par des tensions entre les afro-américains et les latinos) comme la dénonciation d’une forme de communautarisme.

Pour finir, écoutez ou réécoutez, si cela était déjà le cas, l’excellent webdocumentaire du Monde.fr sur Le corps incarcéré, dont les témoignages éclairent d’une lueur sombre les dysfonctionnements du système, la solitude et la déchéance des détenus.

Ailleurs sur la toile : Comment améliorer Un Prophète, par Luc Besson, article du Pédé du blog C’est La Gène !

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2009, Adel Bencherif, Alexis de Tocqueville, Années 2000, Corse, Criminalité, film dramatique, Film français, Film récompensé, France, Grand Prix du Jury à Cannes, Islam, Jacques Audiard, Niels Arestrup, Prison, Récompense, Reda Kateb, Tahar Rahim, Webdocumentaire
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Le secret de Brokeback Mountain, de Ang Lee (2005)

Titem | 2 avril 2009

Le secret de Brokeback Mountain de Ang Lee (2005).jpgEté 1963, Wyoming. Deux jeunes cow-boys, Jack et Ennis, sont engagés pour garder ensemble un troupeau de moutons à Brokeback Mountain. Isolés au milieu d’une nature sauvage, leur complicité se transforme lentement en une attirance aussi irrésistible qu’innatendue. A la fin de la saison de transhumance, les deux hommes doivent se séparer. Ennis se marie avec sa fiancée, Alma, tandis que jack épouse Lureen. Quand ils se revoient quatre ans plus tard, un seul regard suffit pour raviver l’amour né à Brokeback Mountain.

2008, Etats-Unis, 2h14
Drame de Ang Lee
Avec Heath Ledger (Ennis Del Mar), Jake Gyllenhaal (Jack Twist), Michelle Williams (Alma Beers Del Mar), Anna Hathaway (Lureen Twist).
D’après une nouvelle d’Annie Proulx.

Lion d’or de la 62ème Mostra de Venise (2005).
4 Golden Globes, 4 BAFTA.
Oscar 2006 du meilleur réalisateur pour Ang Lee.

Les médias ont jugé ce film, basé sur une histoire d’amour, “magnifique” et “briseur de tabous“. Briseur de tabous, il l’est sans conteste. Cette histoire d’amour impossible entre deux jeunes cow-boys dans une Amérique puritaine où l’homosexualité était encore considérée comme une maladie mentale et les relations entre personnes du même sexe un délit, est absolument poignante.

Mais inversement, je pense que l’on a beaucoup trop insisté, et à tort, sur le côté “magnifique” de l’histoire d’amour. L’histoire est puissante, mais elle n’est pas magnifique : elle est absolument tragique, et d’autant plus qu’elle se déroule sous le sceau du secret, de la peur du regard de l’autre. On retiendra également du film les paysages absolument somptueux (tournés… au Canada !) et la  bande originale ; cadre dans lequel évolue le jeu sincère de ces deux jeunes acteurs… Ce film mérite amplement les récompenses qui lui ont été accordées.

En outre, parler de “western gay” me semble particulièrement exagéré : ce n’est pas le plus important, car comme le précise Ang Lee, “c’est d’abord une histoire d’amour“. Ceux des associations américaines et religieuses qui prônent “la sauvegarde des valeurs morales” et jugèrent à sa sortie ce film “pornographique”, se sont sans doute trompés de salle et en sont pour leurs frais.

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Harvey Milk, de Gus Van Sant (2008)

Titem | 15 mars 2009

Harvey Milk, de Gus Van Sant (2008)Le film retrace les huit dernières années de la vie de Harvey Milk. Dans les années 70, il fut le premier homme politique américain ouvertement gay à être élu à des fonctions officielles, à San Francisco en Californie. Son combat pour la tolérance et l’intégration des communautés homosexuelles lui coûta la vie. Son action a changé les mentalités, et son engagement a changé l’histoire.

2008, Etats-Unis, 2h07
Biopic dramatique de Gus Van Sant
D’après la véritable histoire de Harvey Milk

Film récompensé par l’Oscar 2008 du meilleur acteur pour Sean Penn, et celui du meilleur scénario pour Dustin Lance Black.

Avec Sean Penn (Harvey Milk), Josh Brolin (Dan White), Emile Hirsch (Cleve Jones), James Franco (Scott Smith), Victor Garber (George Moscone)…

Au début des années 1970, Harvey Milk a déjà quarante ans. Pourtant il a le sentiment qu’il n’a rien fait de marquant de sa vie. Il part avec son amant, Scott Smith, pour San Francisco. La cité californienne, en particulier le quartier de Castro, est devenue un havre de paix pour les jeunes homosexuels rejetés par leurs familles, en mal de liberté… quand les policiers ne les pourchassent pas dans leurs lieux de rencontre.

Harvey Milk tentera à plusieurs reprises de s’imposer en politique, avant d’y parvenir grâce à un redécoupage électoral. Élu conseiller municipal, il est perçu comme la “maire de Castro”. Mais déjà, un autre combat s’annonce à lui : celui contre la proposition 6 – qui permettrait de licencier les gay et les lesbiennes travaillant dans des écoles publiques – et ses promoteurs, le sénateur conservateur John Briggs et une chanteuse homophobe, Anita Bryant. Ses relations politiques tendues avec le conseiller municipal Dan White lui causeront sa perte.

Ce n’est pas le premier film consacré au conseiller municipal de San Francisco, figure de proue du mouvement LGBT américain. En 1984, l’œuvre de Rob Epstein, The Times of Harvey Milk, avait même reçu l’Oscar du meilleur documentaire. Le dernier Gus Van Sant sort également à un moment où le sujet est plus que jamais d’actualité : 30 ans après la mort de Harvey Milk, un autre référendum en Californie est venu rejeter la possibilité pour les couples de même sexe de pouvoir se marier. La figure du militant des droits LGBT est toujours présente, au point qu’un des ses discours les plus marquants a été repris pour la campagne contre la Proposition 8.


Harvey Milk contre la proposition 8
envoyé par GayClic

C’est un film par conséquent politique, ce que l’interprète principal, Sean Penn, récompensé par l’oscar du meilleur acteur, reconnaîtra volontiers lorsque lui fut remis son trophée.

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Harvey Milk est une œuvre touchante sur la vie d’un homme prêt à se sacrifier pour un idéal, celui d’un monde où les hommes pourraient vivre leur amour en toute liberté. C’est aussi celui d’un combat pour les sans-voix, ceux qui, du fin fond de l’Amérique, garde le silence sur ce qu’ils vivent au fond d’eux. Une incitation à sortir de l’hypocrisie, le combat d’une vie, le combat pour la vie.

Pourtant, aussi intéressant que soit le film, et malgré l’habileté du réalisateur à recréer le Castro des années 1970 (en utilisant également des images d’archives), le film ne parvient pas à transcender des émissions fortes, bouleversantes. Est-ce le jeu un peu trop forcé pour être naturel de Sean Penn ? Sont-ce les sous-titres qui m’ont déconcentré ?

Harvey Milk est sans doute un film historique quant au sujet traité et les récompenses qu’il a obtenu, mais pas dans son traitement artistique.


Ciné Gay : “Milk”
envoyé par GayClic
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There Will Be Blood, de Paul Thomas Anderson (2007)

Titem | 1 juin 2008

There Will Be Blood, de Paul Thomas Anderson (2007)Lorsque Daniel Plainview entend parler d’une petite ville de Californie où l’on dit qu’un océan de pétrole coulerait littéralement du sol, il décide d’aller tenter sa chance et part avec son fils H.W. à Little Boston. Dans cet endroit perdu où chacun lutte pour survivre et où l’unique distraction est l’église animée par le charismatique prêtre Eli Sunday, Plainview et son fils voient le sort leur sourire.
Même si le pétrole comble leurs attentes et fait leur fortune, plus rien ne sera comme avant : les tensions s’intensifient, les conflits éclatent et les valeurs humaines comme l’amour, l’espoir, le sens de la communauté, les croyances, l’ambition et même les liens entre père et fils sont mis en péril par la corruption, la trahison… Et le pétrole.

There Will Be Blood
Etats-Unis, 2007, 2h38
Drame de Paul Thomas Anderson
Avec Daniel Day-Lewis (Daniel plainview), Paul Dano (Eli Sunday), Dillon Freasier (H. W. Plainview)…
Oscar et Golden Globe du meilleur acteur pour Daniel Day-Lewis
Adaptation du roman Pétrole ! de Upton Sinclair (1927)

Considéré par beaucoup de critiques, en particulier anglo-saxons, comme l’un des meilleurs films de l’année 2007, There Will Be Blood raconte l’histoire de la quête insatiable de pétrole par un homme cynique, Daniel Plainview, campé par Daniel Day-Lewis.

La mise en scène intelligente du réalisateur et la musique inquiétante de Jonny Greenwood, le guitariste de Radiohead donnent au film une ambiance oppressive, reflet pictural de la sombre histoire de cet homme cupide, dont les ambitions ne sont perturbées que par les seuls sermons d’un jeune pasteur évangélique enflammé. Du premier quart d’heure silencieux à la dernière demie-heure où l’on bascule dans la folie, le film nous plonge au coeur de la ruée vers l’or noir et de la place de la religion dont l’Amérique rurale du début du XXè siècle.

Si le personnage de Daniel Day-Lewis dérange, sa récompense n’en est pas moins méritée – au contraire ! – et There Will Be Blood, l’un des films incontournables de cette décennie.

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Il était une fois en Amérique, de Sergio Leone (1984)

Titem | 11 mai 2008

Il était une fois en Amérique, de Sergio Leone (1984)35 ans ont passé depuis son départ de New York en 1933. Un ancien gangster de la Prohibition revient en ville et se confronte aux fantômes de son passé, ses succès et ses échecs.

Once Upon a Time in America
Etats-Unis, Italie, 1984, 3h40
Drame policier de Sergio Leone
Avec Robert de Niro (Noodles/David Aaronson), James Woods (Max), Elizabeth McGovern (Deborah)…

Dernier film de la trilogie de l’histoire de l’Amérique et dernière réalisation du talentueux Sergio Leone, Il était une fois en Amérique dépeint avec un réalisme éclatant la grandeur et la décadence d’une bande d’amis gangsters élevés dans le quartier juif de New York ainsi que l’évocation mélancolique de l’amitié et de la confiance. C’est une fresque intense sur cette période passionnante de l’histoire des Etats-Unis. Le scénario et le montage sont riches, complexes ; la fin ouverte. Les images très travaillées et le talent des acteurs n’est plus à démontrer. Un film qu’il ne faut pas seulement voir, mais revoir.

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Tu marcheras sur l’eau, d’Ethan Fox (2004)

Titem | 18 avril 2008

Tu marcheras sur l\'eau, d\'Eytan Fox (2004)Déboussolé après le suicide de sa compagne, Eyal, un agent du Mossad se voit confier une mission inhabituelle : retrouver la trace d’un ancien officier nazi, Alfred Himmelman. Pour mener son enquête, il va servir de guide touristique au petit-fils d’Himmelman, Axel, venu en Israël rendre visite à Pia, sa sœur. Celle-ci vit en effet dans un kibboutz depuis qu’elle s’est brouillée avec sa famille. Axel veut essayer de la convaincre de revenir avec lui en Allemagne pour l’anniversaire de leur père.
Malgré leurs personnalités contrastées, Eyal finit par sympathiser avec Axel.

Tu marcheras sur l’eau
Israël/Allemagne/Grande-Bretagne, 2004, 104 min.
Film dramatique, policier d’Eytan Fox
Avec : Lior Ashkenazi (Eyal), Knut Berger (Axel), Caroline Peters (Pia)

Quel plaisir de pouvoir profiter, même à l’étranger, des excellents programmes de Arte ! La chaîne franco-allemande diffusait dernièrement ce film de l’israélien Eytan Fox, que l’on connaît peut-être davantage pour The Bubble. Pourtant, “Tu marcheras sur l’eau” est certainement plus réussi.

Le réalisateur s’intéresse encore une fois à la société israélienne, confrontée au poids d’un passé qui rejaillit dans sa manière d’appréhender son présent, en particulier avec les Palestiniens. Mais Tu marcheras sur l’eau est bien plus dense, plus humain, plus complexe, plus en nuance. Des kibboutzim à Wannsee en passant par le mer Morte, Tel Aviv ou Jérusalem, ce road-movie est aussi une course vers la renaissance de soi. On s’affronte, allemand contre juif, israélien contre palestinien, macho contre homo, parents et enfants, présent et passé… Au-delà des dissensions, le film explore le trouble généré par ces rapports sur le fil du rasoir : gêne, culpabilité, curiosité, auto-dérision salvatrice. Et la vie qui doit renaître.

Un film très juste sur des sujets sensibles, accompagnée d’une bande musicale plaisante, où les acteurs brillent par leur justesse.

Eytan Fox

Voici comment le réalisateur donnait son point de vue sur les thèmes de ses films :

“Je suis persuadé que le fait que les Israéliens soient toujours aussi obsédés par l’Holocauste et leur statut de victimes les empêche de voir qu’ils sont devenus des agresseurs, infligeant larmes et souffrances aux Palestiniens. Je suis persuadé que la première étape pour aider les Israéliens à comprendre à quel point ils sont devenus cruels consiste à ce qu’eux-mêmes arrivent à faire cette paix avec leur passé traumatisant [...] Comme par ailleurs je m’intéresse à la masculinité, et qu’Israël est une société très masculine, j’ai décidé de raconter une histoire dans laquelle un homme va se confronter à ses sentiments les plus intimes et réussir à changer, en affrontant les événements les plus effroyables du passé. Je sais que c’est assez ambitieux”.

Une chose est sûre : rien ne vaut un film en version originale ! Et dans certains cas, ça permet de mieux comprendre le film. Ainsi, quand Eyal se met à parler dans la version doublée en allemand, c’est seulement à ce moment-là qu’on comprend que les acteurs principaux parlaient anglais entre eux, Eyal et son chef en hébreu, Axel et Pia en allemand !

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August Rush, de Kristen Sheridan (2007)

Titem | 20 mars 2008

August Rush, de Kristen Sheridan (2007)Peu importe qu’il ait grandi dans un orphelinat : August Rush est persuadé que ses parents n’ont jamais voulu l’abandonner. Il semble même interpréter dans les sons auxquels il est sensible le signe de leur présence. Le jour où il découvre son talent inné pour la musique, August y voit même le moyen de retrouver ceux qui l’ont mis au monde.

Drame américain de Kristen Sheridan
1h53, sorti en 2007
Avec Freddie Highmore (Evan Taylor/August Rush), Keri Russell (Lyla Novacek), Jonathan Rhys-Meyers (Louis Connelly), Robin Williams (Maxwell “Wizard” Wallace)

Avis aux amateurs de films d’horreur, tous ceux que les films remplis de bons sentiments sont comme un collier d’ail devant un vampire : passez votre chemin !

Le petit Evan Taylor, surnommé August Rush pendant le film, est une sorte d’ovni aux yeux des autres. Un garçon étrange persuadé que ses parents sont toujours vivants et capable de percevoir de la musicalité dans le tintamarre de la jungle urbaine.

Pour cet Oliver Twist moderne, la musique est communication. Sa sensibilité auditive est telle qu’il est capable de jouer et de composer avec une précoce virtuosité. Un talent qui lui vient de son envie de retrouver ses parents, persuadé que c’est grâce à la musique qu’il parviendra à les retrouver.

C’est un conte original sur le thème du caractère rassembleur de la musique. Une histoire plaisante et pleine de bons sentiments – ce qui n’est pas un défaut en soi. “La réalisation est assez inspirée, New York étant filmé de façon fort expressive, tandis que les bruits ambiants des rues donnent naissance à des pièces musicales aussi insolites qu’entraînantes. Par ailleurs, le montage, fort efficace, entremêle avec fluidité les périples respectifs du garçon, de sa mère et de son père, tout en parvenant à créer l’illusion d’une communion musicale à distance entre eux.” (Louis-Paul Rioux, de Mediafilm). On peut regretter, malgré la candeur du jeune Freddie Highmore (Charlie et la Chocolaterie, Neverland…), l’excès de naïveté et les personnages plutôt caricaturaux.

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The Bubble, d’Eytan Fox (2007)

Titem | 14 mars 2008

The Bubble, d’Eytan Fox (2007)Trois jeunes Israéliens, Noam, disquaire, Yali, gérant de café, et Lulu, vendeuse dans une boutique de produits de beauté, partagent un appartement dans un quartier branché de Tel-Aviv, symbole de cette “bulle”, surnom donné à la ville. Dans ce cocon quasi déconnecté de la réalité des territoires et des conflits politiques qui agitent le pays, ils mènent une existence tout à fait ordinaire, préférant se concentrer sur leur vie amoureuse. Leur quotidien va pourtant être bouleversé par l’arrivée d’Ashraf, un Palestinien dont Noam tombe amoureux lors d’un incident au Check Point de Naplouse.

Drame franco-israélien d’Eytan Fox
Film de 1h57 sorti en 2007
Avec Ohad Knoller (Noam), Yousef Sweid (Ashraf), Yali (Alon Friedman), Daniela Wircer (Lulu)…
Titre original : Ha-Buah
Prix C.I.C.A.E. Panorama et prix du jury Siegessäule, lors du Festival de Berlin 2007.

Depuis le temps que j’avais envie de voir ce film ! Acte manqué en France, puis au Québec où il était présenté dans de nombreux festivals. Tu vois Marco, j’ai fini par le voir !

Rue Shenkin à Tel Aviv : une vie animée à l’auberge espagnole, version israélo-palestinienne. En fait, le réalisateur Eytan Fox et son scénariste Gal Uchovsky (qui est aussi son compagnon), se sont inspirés de Florentine une série télévisée israélienne qui ressemble à Friends. Mais le film est riche de sujets polémiques : on y parle de la réalité de ce conflit qui s’enlise depuis des décennies et qui marque profondément le quotidien de chaque côté de la frontière, l’humiliation des Palestiniens aux checks-points, les militants pacifiques stigmatisés… mais également l’intolérance des familles envers leurs proches homosexuels (d’ailleurs, deux acteurs arabes ont refusé pour cette raison de jouer le rôle du père d’Ashraf) en comparaison avec un quartier jeune, branché, où il fait bon vivre. Une bulle urbaine qui vole entre rêve d’une vie insouciante et le dur quotidien.

C’est aussi une belle histoire d’amour entre deux hommes que tout différencie et qui ne peuvent s’aimer. C’est la leur fragilité, elle leur saura fatale dans des conditions… comment dire : hollywoodiennes ? Dommage. La fin, surprenante, un peu trop “belle et tragique à la fois” pour sonner juste, est le gros défaut de ce film au scénario intéressant et aux acteurs brillants qui, jusqu’à 5 minutes avant la fin, charment par leur sincérité. Sans oublier l’excellente bande originale, avec notamment le rocker israélien Ivri Lider, dans son interprétation de “The Man I Love” de Billie Holliday.

 

On pourra critiquer le point de vue du réalisateur. Mais c’est son point de vue, et il suscite l’intérêt. Comme il est dit dans le film, cela donne matière à réfléchir.

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Ascenseur pour l’échafaud, de Louis Malle (1958)

Titem | 5 mars 2008

Ascenseur pour l’échafaud, de Louis Malle (1958)Un homme assassine son patron avec l’aide de sa femme dont il est l’amant. Voulant supprimer un indice compromettant, il se retrouve bloqué dans l’ascenseur qui l’emporte sur les lieux du crime.

Drame policier français de Louis Malle
1h28 ; film sorti en 1958
Avec Jeanne Moreau (Florence Carala), Maurice Ronet (Julien Tavernier), Georges Poujouly (Louis), Yori Bertin (Véronique), Lino Ventura (Commissaire Cherrier)…
Film récompensé par le prix Louis-Delluc 1957

Quel plaisir de pouvoir enrichir sa modeste connaissance cinématographique par un film considéré comme culte ! Et quand le film en question vous est présenté par Olivier Barrot, on se dit que l’on a encore pas mal d’œuvres à regarder, de connaissances à acquérir.

Il s’agit du premier film d’action du jeune Louis Malle, tout juste récompensé (en 1956) de la Palme d’Or à Cannes en tant que co-réalisateur du Monde du Silence. Du roman éponyme de Noël Calef, il tire ce film noir d’exception.

La beauté des images d’Henri Decae lorsque Jeanne Moreau traverse seule Paris la nuit. Une Jeanne Moreau dont on oublierait presque le talent et la beauté froide et troublante. La justesse des dialogues de Roger Nimier. La musique de Miles Davis aussi… Mais bien sûr, le scénario où, fait parfois rare dans ce genre de film policier, le suspens est présent jusqu’au bout, et la fin… chut ! Je n’en dis pas plus : surmontez vos répulsions tendancielles au noir et blanc pour regarder un des bijoux du cinéma français des années 1950, à la frontière entre une France à peine sortie de la guerre, et la France de Jean Fourastié, celle aux portes des Trente Glorieuses. Certains diront qu’il s’agit de la Nouvelle Vague, bien que Louis Malle n’ait jamais fait partie de la bande des Cahiers du Cinéma et ne se soit jamais reconnu dans ce mouvement.

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On pardonne aisément la naïveté avec laquelle sont dépeints les deux jeunes gens, ou ce coup du sort qui veut que les clés restent sur les voitures (était-ce courant à l’époque ? Bonne question !)

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Cartouches gauloises, de Medhi Charet (2007)

Titem | 4 novembre 2007

Cartouches gauloises de Medhi Charet (2007)

Le dernier printemps de la Guerre d’Algérie. Le printemps d’avant l’été de l’Indépendance.

Ali/Mehdi Charef, 11 ans, et son meilleur copain Nico regardent leurs mondes changer… et font semblant de croire que Nico ne partira jamais. Jamais ?

Drame historique et autobiographie français de Medhi Charet
2007 ; 1h32
Avec Ali Hamada (Ali), Thomas Millet (Nico)…

Algérie, été 1962. Un été résolument pas comme les autres, qui marqua les consciences et les chronologies historiques.

C’est l’histoire d’un regard de braise, celui du jeune Ali, 11 ans, qui assiste aux derniers feux du colonialisme français en terre algérienne. Pendant que son père combat pour l’indépendance, lui travaille comme porteur pour subvenir aux besoins de la maison.

C’est ainsi qu’il voit les prostituées qui vendent leur corps aux soldats Français ou les harkis serviteurs de la Vème République, et qui tous craignent les représailles post-indépendance. Il voit ses amis et leurs parents partir par peur des attaques des fellaghas, quand il n’est pas trop tard pour certains. Il voit les meurtres sommaires, les fouilles au corps, les corps meurtris dans la chair et dans le coeur.

Le regard de l’enfant permet d’excuser les biais polémiques de cette douloureuse et complexe page de l’histoire de la France et de l’Algérie, cette guerre honteuse où chacune des parties fit couler le sang. Ils ont certes leur propre regard, mais peuvent parfois se comporter comme des adultes, rapportant ce qu’ils entendent à la maison sur les “terroristes” et se disputent pour s’approprier une cabane comme d’autres veulent conserver un territoire.

Un témoignage sans concession, cru, de Medhi Charet, qui fut Ali, cet enfant d’Algérie en 1962. Ça n’est pas toujours fluide, mais c’est un film qui va droit au cœur.

Notez que pour le réalisateur – je le précise car ce n’est pas forcément évident dans le film et c’est regrettable – les cartouches gauloises font à la fois référence à ses cigarettes que les soldats français grillaient continuellement pour faire passer leur stress et qu’ils achetaient par cartouches dans les magasins, mais référence également aux cartouches des balles qui sifflaient tous les jours dans l’air.

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