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Le blog de Titem… à Paris : Europe, Environnement, Société, Culture et Voyages
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Un Prophète, de Jacques Audiard (2009)

Titem | 30 août 2009

Un prophète, de Jacques Audiard (2009)Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena ne sait ni lire, ni écrire. A son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 19 ans.
D’emblée, il tombe sous la coupe d’un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite. Au fil des “missions”, il s’endurcit et gagne la confiance des Corses.
Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer discrètement son propre réseau…

2009 / France / 2h35
Drame de Jacques Audiard
Avec Tahar Rahim (Malik El Djebena), Niels Arestrup (Cesar Luciani), Adel Bencherif (Ryad), Reda Kateb (Jordi le gitan)…

Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 2009

Encensé par la critique lors de sa projection au Festival de Cannes, Un Prophète est un film qui ne laisse pas indifférent et marquera l’histoire du cinéma français. Il y a une qualité indéniable de la mise en scène, intelligente, qui nous fait progressivement entrer dans la peau de cette petite frappe enfermée entre les quatre murs d’une cellule insalubre. En ce qui me concerne, le sentiment de malaise, de peur, de schizophrénie presque, m’a pris à la gorge pour ne plus me quitter, temporairement, que pendant les rares scènes tournées à l’extérieur où le personnage en profite pour faire fructifier ses affaires.

Il y a le jeu des acteurs. Niels Arestrup dans la peau d’un parrain corse, Cesar Luciani, qui dégage une aura de puissance sourde mais potentiellement explosive, un chef de gang qui justifie son statut de véritable maître de la prison. Mais surtout, il y a Tahar Rahim, acteur presque inconnu autour duquel évolue la caméra de Jacques Audiard et dont on suit la survie puis la progression pendant ces six années d’enfermement. Enfant d’un foyer très tôt déscolarisé, il doit sa survie en prison à la protection de Cesar Luciani dont il est à la fois le larbin, l’homme de main, les yeux et les oreilles. Arrivé, comme le dit si bien Audiard dans une interview “sans histoire”, il va lui même se construire sa propre histoire et, à force d’intelligence, d’alliances, créer son propre réseau et prendre la place du caïd à la place du caïd. Une issue “paradoxale” selon le mot du réalisateur, car Un prophète dépeint un individu qui n’aurait jamais atteint sa position s’il n’était pas passé par la case prison.

La prison comme “noviciat de la récidive” comme disait Tocqueville ? Oui, et même une école du crime, une zone de non-droit où la loi du plus fort est le seul maître à bord. Les matons sont les grands absents de ce film, on s’attend à ce qu’ils viennent mettre de l’ordre, il n’en est rien, ils subissent presque les conflits d’intérêts des criminels dont ils sont censés avoir la surveillance. Que le réalisateur l’ait souhaité ou non, ce film est également une expérience documentaire réquisitoire contre nos prisons : la surpopulation, l’insalubrité, la violence et les trafics en tout genre, l’absence ou la corruptibilité des gardiens, le porno dont on abreuve les prisonniers pour espérer les calmer…

Je ne reconnais qu’un défaut à ce film néanmoins : sa longueur. Parce que Un Prophète est effectivement trop long ? Parce que le film n’est pas qu’un film sur la prison, mais sur le parcours d’un détenu et qu’une fois les permissions accordées on a l’impression que le film est fini ? Parce qu’en raison du malaise ressenti, je souhaitais que le film se termine ? Parce que oui, six ans de prison, c’est long, et il faut tenir et accepter aussi le rythme du film, haletant dans ses scènes d’action, puis lent comme le silence, brisé aussi brusquement qu’un coup de poing fulgurant ou l’éclat d’une lame de rasoir ? Je vous en laisse juge.

Le film est-il “raciste” ? Joue-t-il sur les clichés des Corses mafieux et des Musulmans délinquants qui se radicalisent en prison, comme certains commentateurs l’ont avancé ? Je pense qu’il y a une part de réalité aussi bien que d’opportunité dans la description de Jacques Audiard : c’est montrer le jeu des alliances dans le crime (aux Etats-Unis, cela aurait pu se traduire par des tensions entre les afro-américains et les latinos) comme la dénonciation d’une forme de communautarisme.

Pour finir, écoutez ou réécoutez, si cela était déjà le cas, l’excellent webdocumentaire du Monde.fr sur Le corps incarcéré, dont les témoignages éclairent d’une lueur sombre les dysfonctionnements du système, la solitude et la déchéance des détenus.

Ailleurs sur la toile : Comment améliorer Un Prophète, par Luc Besson, article du Pédé du blog C’est La Gène !

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Bouquet final, de Michel Delgado (2008)

Titem | 17 novembre 2008

Par un divers concours de malchances, Gabriel est finalement recruté comme directeur commercial Paris d’une grande entreprise américaine… de pompes funèbres. Il part en stage sur le terrain aux côtés de Gervais Bron, vingt ans de métier. Il parvient à dissimuler son nouveau job à ses parents et à son amoureuse, Claire, qui voient en lui un grand musicien, jusqu’au jour où il vend des obsèques à prix d’or à un vieux monsieur qui n’est autre que le grand-père de Claire…

2008, France, 1h41
Comédie de Michel Delgado
Avec Didier Bourdon (Gervais Bron), Bérénice Bejo (Claire), Marc-André Grondin (Gabriel Loubovoï), Chantal Neuwirth (Evelyne), Gérard Depardieu (Hugo Loubovoï), Marthe Keller (Nickye Loubovoï), Michel Galabru (M. Froissart)

Une comédie sur les pompes funèbres, c’est a priori une idée saugrenue, surtout dans notre société où la mort, bien qu’omniprésente, est à ce point reléguée dans l’oubli. D’un sujet a priori grave, dont le film aborde par petites touches les points les plus délicats – la question du deuil, le milieu des pompes funèbres, les rites, le devenir après la vie etc. – Michel Delgado, pour son premier film, nous sert un film grinçant où l’humour, forcément noir, est de rigueur. Et tout au long du récit, porté par des acteurs vraiment drôles (Didier Bourdon en agent de pompes funèbres un peu retors est formidable !), la mort frappe… jusqu’à ce que le rire s’en suive ! La scène du fou rire entre l’ancien Inconnu et Marc-André Grondin – le jeune Zach dans le film québécois C.R.A.Z.Y., toujours aussi désarmant de naturel – dans la caravane des gitans est désopilante tant le rire est communicatif !

Bouquet final, loin de vous faire sortir de la salle avec une tête d’enterrement, est assurément l’une des comédies françaises les plus drôles de l’année.

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Le crime est notre affaire, de Pascal Thomas (2008)

Titem | 30 octobre 2008

Bélisaire et Prudence Beresford se reposent dans leur petit château qui domine le lac du Bourget. Bélisaire est heureux, mais Prudence s’ennuie. Elle rêve d’une bonne fée, qui les propulseraient dans des aventures truffées de mystères… Cette bonne fée lui apparaît sous les traits de sa tante belge Babette, qui assiste à un crime horrible de la fenêtre d’un train. Malgré le scepticisme de Bélisaire, Prudence part à la recherche du cadavre. Elle se fait engager comme cuisinière dans un inquiétant château, où est réunie une bien curieuse famille, composée d’un vieillard irascible et de ses quatre enfants, et où d’authentiques sarcophages recèlent de bien étranges surprises…

D’après la série de romans Tommy et Tuppence Beresford d’Agatha Christie
2008, France, 1h49
Comédie policière de Pascal Thomas
Avec Catherine Frot (Prudence Beresford), André Dussollier (Bélisaire Beresford), Claude Rich (Roderick Charpentier), Chiara Mastroianni (Emma Charpentier), Melvil Poupaud (Frédéric Charpentier), Annie Cordy (la tante Babette)…

J’étais revenu enchanté de “Mon petit doigt m’a dit”, premier épisode des aventures du couple Bélisaire et Prudence Beresford. Je suis revenu tout aussi enchanté de cette nouvelle séance cinéma pour admirer les aventures drôles et délicieusement surannées des détectives amateurs en quête d’un peu d’inattendu ; car le crime, c’est leur affaire ! L’épouse se fait passer pour une domestique pour mieux enquêter de l’intérieur et assouvir sa curiosité, au grand dam de son jaloux de mari qui décide d’épauler la police.

Mais dans cet épisode, le côté vieillot et sympathique est peut-être un peu moins présent,  malgré l’atmosphère sombre et pesante de l’inquiétant Manoir aux Loups. Dommage. Heureusement, l’humour, lui, est bien au rendez-vous ! Autre regret : le dénouement de l’enquête est vraiment précipité.

André Dussolier et Catherine Frot incarnent une nouvelle fois ce couple attachant, la symbiose entre ces deux acteurs est un véritable bonheur. Ils sont enrourés par une galerie de personnages non moins truculents ; citons notamment Claude Rich en vieillard irascible et hypocondriaque. Un vrai grand moment de rire et de plaisir pour vos soirées d’hiver !

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Le cinéma comme d’antan (Meliès et Keaton)

Titem | 21 juin 2008

Cela s’est déroulé jeudi soir, mais je n’ai pas encore pris le temps d’en parler. Le Centre Culturel Français de Nicosie organisait une activité vraiment originale, à laquelle j’avais vraiment envie d’assister, en tant qu’amateur de cinéma. Je dis amateur, car entouré de très grands cinéphiles comme Nicolas ou Erik, j’ai encore beaucoup de choses à apprendre, et surtout : à voir !

Mais revenons à l’île d’Aphrodite… Après une conférence sur les différents scénarii possibles d’une solution à la question chypriote, je m’apprête à assister à la projection de trois très vieux films, muets, accompagnés par un pianiste : Gilbert Sigrist. Comme le cinéma d’antan. Les deux premiers, de Georges Meliès, sont centenaires. L’autre, de et avec Buster Keaton, date de l’année du premier film parlant.

Le voyage dans la lune, de Georges Meliès (1902)Le Voyage dans la Lune est devenu mythique, avec sa fameuse (mais en fait très courte scène) de l’alunissage où la lune dégouline comme un camembert au soleil. Mes arrières-grands-parents étaient à peine nés quand ce film est sorti. Quel choc leurs parents, mes aïeux et tous les autres ont dû avoir en voyant cela : pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, on parvenait à “conserver la vie”. Ce n’était plus une image figée d’un tableau ou d’un daguerréotype, ni un automate, mais un film, une dynamique, du mouvement… Au-delà du scénario, simple, des scènes naïves, d’un plan fixe, on redonne la vie à des événements passés.

Puis un autre film de Meliès, l’homme à la tête de caoutchouc.  Quelques années seulement après la naissance du cinéma, c’est incroyable tout ce que l’on savait déjà faire ! Ce n’est pas Terminator 3, mais déjà on pense aux premiers effets spéciaux, dont Georges Meliès, feru de prestidigitation, fut l’un des précurseurs.

Le mécano de la générale, de Buster Keaton (1927)Le cheminot Johnnie Gray partage sa vie entre sa fiancée Annabelle Lee et sa locomotive, la General. En pleine Guerre de Sécession, il souhaite s’engager dans l’armée sudiste, mais celle-ci estime qu’il se montrera plus utile en restant mécanicien. Pour prouver à Annabelle qu’il n’est pas lâche, il se lance seul à la poursuite d’espions nordistes qui se sont emparés d’elle et de sa locomotive.

The General
Etats-Unis, 1927, 1h16
Comédie burlesque et romantique de Clyde Bruckman et Buster Keaton
Avec Buster Keaton (Johnnie Gray), Marion Mack (Annabelle Lee)…

Le plus ahurissant dans ce film, c’est qu’il est tiré d’une ancienne histoire vraie ! En avril 1862, en pleine guerre de Sécession, des espions nordistes s’emparèrent d’un convoi ferroviaire avant d’être capturés par des troupes sudistes. 80 ans après sa sortie, on s’amuse encore des facéties burlesques de Buster Keaton, qui, comme la légende qu’il a laissé derrière lui le dit, reste de marbre.

Pour l’anecdote, la scène de la chute du train est la plus chère réalisée pour un film muet : 42.000 dollars de l’époque !

Mais ce qui fait tout le charme du film, c’est la musique que le pianiste choisit pour accompagner l’image. Il s’agit de ne pas se tromper de thème entre les Nordistes et les Sudistes, de jouer avec le suspens ou au contraire les longueurs du film… et se faire oublier, laisser croire que l’on fait partie du film.

Une expérience vraiment inédite dont je me souviendrais longtemps !

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The Bubble, d’Eytan Fox (2007)

Titem | 14 mars 2008

The Bubble, d’Eytan Fox (2007)Trois jeunes Israéliens, Noam, disquaire, Yali, gérant de café, et Lulu, vendeuse dans une boutique de produits de beauté, partagent un appartement dans un quartier branché de Tel-Aviv, symbole de cette “bulle”, surnom donné à la ville. Dans ce cocon quasi déconnecté de la réalité des territoires et des conflits politiques qui agitent le pays, ils mènent une existence tout à fait ordinaire, préférant se concentrer sur leur vie amoureuse. Leur quotidien va pourtant être bouleversé par l’arrivée d’Ashraf, un Palestinien dont Noam tombe amoureux lors d’un incident au Check Point de Naplouse.

Drame franco-israélien d’Eytan Fox
Film de 1h57 sorti en 2007
Avec Ohad Knoller (Noam), Yousef Sweid (Ashraf), Yali (Alon Friedman), Daniela Wircer (Lulu)…
Titre original : Ha-Buah
Prix C.I.C.A.E. Panorama et prix du jury Siegessäule, lors du Festival de Berlin 2007.

Depuis le temps que j’avais envie de voir ce film ! Acte manqué en France, puis au Québec où il était présenté dans de nombreux festivals. Tu vois Marco, j’ai fini par le voir !

Rue Shenkin à Tel Aviv : une vie animée à l’auberge espagnole, version israélo-palestinienne. En fait, le réalisateur Eytan Fox et son scénariste Gal Uchovsky (qui est aussi son compagnon), se sont inspirés de Florentine une série télévisée israélienne qui ressemble à Friends. Mais le film est riche de sujets polémiques : on y parle de la réalité de ce conflit qui s’enlise depuis des décennies et qui marque profondément le quotidien de chaque côté de la frontière, l’humiliation des Palestiniens aux checks-points, les militants pacifiques stigmatisés… mais également l’intolérance des familles envers leurs proches homosexuels (d’ailleurs, deux acteurs arabes ont refusé pour cette raison de jouer le rôle du père d’Ashraf) en comparaison avec un quartier jeune, branché, où il fait bon vivre. Une bulle urbaine qui vole entre rêve d’une vie insouciante et le dur quotidien.

C’est aussi une belle histoire d’amour entre deux hommes que tout différencie et qui ne peuvent s’aimer. C’est la leur fragilité, elle leur saura fatale dans des conditions… comment dire : hollywoodiennes ? Dommage. La fin, surprenante, un peu trop “belle et tragique à la fois” pour sonner juste, est le gros défaut de ce film au scénario intéressant et aux acteurs brillants qui, jusqu’à 5 minutes avant la fin, charment par leur sincérité. Sans oublier l’excellente bande originale, avec notamment le rocker israélien Ivri Lider, dans son interprétation de “The Man I Love” de Billie Holliday.

 

On pourra critiquer le point de vue du réalisateur. Mais c’est son point de vue, et il suscite l’intérêt. Comme il est dit dans le film, cela donne matière à réfléchir.

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Ascenseur pour l’échafaud, de Louis Malle (1958)

Titem | 5 mars 2008

Ascenseur pour l’échafaud, de Louis Malle (1958)Un homme assassine son patron avec l’aide de sa femme dont il est l’amant. Voulant supprimer un indice compromettant, il se retrouve bloqué dans l’ascenseur qui l’emporte sur les lieux du crime.

Drame policier français de Louis Malle
1h28 ; film sorti en 1958
Avec Jeanne Moreau (Florence Carala), Maurice Ronet (Julien Tavernier), Georges Poujouly (Louis), Yori Bertin (Véronique), Lino Ventura (Commissaire Cherrier)…
Film récompensé par le prix Louis-Delluc 1957

Quel plaisir de pouvoir enrichir sa modeste connaissance cinématographique par un film considéré comme culte ! Et quand le film en question vous est présenté par Olivier Barrot, on se dit que l’on a encore pas mal d’œuvres à regarder, de connaissances à acquérir.

Il s’agit du premier film d’action du jeune Louis Malle, tout juste récompensé (en 1956) de la Palme d’Or à Cannes en tant que co-réalisateur du Monde du Silence. Du roman éponyme de Noël Calef, il tire ce film noir d’exception.

La beauté des images d’Henri Decae lorsque Jeanne Moreau traverse seule Paris la nuit. Une Jeanne Moreau dont on oublierait presque le talent et la beauté froide et troublante. La justesse des dialogues de Roger Nimier. La musique de Miles Davis aussi… Mais bien sûr, le scénario où, fait parfois rare dans ce genre de film policier, le suspens est présent jusqu’au bout, et la fin… chut ! Je n’en dis pas plus : surmontez vos répulsions tendancielles au noir et blanc pour regarder un des bijoux du cinéma français des années 1950, à la frontière entre une France à peine sortie de la guerre, et la France de Jean Fourastié, celle aux portes des Trente Glorieuses. Certains diront qu’il s’agit de la Nouvelle Vague, bien que Louis Malle n’ait jamais fait partie de la bande des Cahiers du Cinéma et ne se soit jamais reconnu dans ce mouvement.

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On pardonne aisément la naïveté avec laquelle sont dépeints les deux jeunes gens, ou ce coup du sort qui veut que les clés restent sur les voitures (était-ce courant à l’époque ? Bonne question !)

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Les Tontons Flingueurs, de Georges Lautner (1963)

Titem | 6 janvier 2008

Les Tontons Flingueurs, de Georges Lautner (1963)La vie de Fernand Naudin, ex-truand devenu depuis petit propriétaire d’une usine de tracteurs, est bouleversée quand son ami d’enfance Le Mexicain, un gangster notoire, l’appelle à son chevet. Avant de mourir, il lui confie la gestion de ses affaires, ainsi que de sa fille Patricia. Mais tout le monde ne voit pas cette transmission de pouvoir d’un très bon œil…

Comédie policière de Geoges Lautner
1963 : 1h45
Avec Lino Ventura (Fernand Naudin), Bernard Blier (Raoul Volfoni), Francis Blanche (Maître Folace), Jean Lefebvre (Paul Volfoni), Robert Dalban (Jean), Sabine Sinjen (Patricia), Claude Rich (Antoine Delafoy)…
D’après le roman d’Albert Simonin Grisbi or Not Grisbi.
Troisième volet des aventures de Max le Menteur (après Touchez pas au Grisbi et Le Cave se rebiffe)

Je n’avais encore jamais eu l’occasion de voir ce que l’on présente comme un film culte. La seule chose que je connaissais du film, hormis sa belle brochette d’acteurs et les dialogues de Michel Audiard, c’est une réplique. Un dessin représentant la scène de la cuisine (“J’ai connu une polonaise qui en prenait au petit-déjeûner !”), accroché dans l’escalier du BD Fugue, ce bar très sympa dans le Vieux Lille où l’on vend aussi… des bandes dessinées.

Les Tontons Flingueurs scène cuisine

“Encore une rediffusion”… Et oui, mais pour une fois, je ne vais m’en plaindre ! Car en effet, je ne fus pas du tout déçu du spectacle ! Un film culte qui n’a pas trop vieilli, excepté peut-être les scènes d’action. Les dialogues truculents de Michel Audiard (“les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît !), des scènes vraiment comiques (comme le gimmick banjo-bourre-pif) et des acteurs, piliers du cinéma français qu’on a plaisir à voir évoluer dans ce monde de truands. Ajoutez à cela un scénario classique mais plaisant, vous obtenez un succès à postérité du cinéma français. Car si en salles, le film n’a pas eu le succès escompté, il reste l’un des plus connus, indissociable des noms de Georges Lautner, Michel Audiard ou Lino Ventura.

N’hésitez pas à regarder la bande-annonce ! La voix rappelle vraiment une annonce radiophonique d’après-guerre ou une étape du tour de France avec Louison Bobet… mais l’ironie est tout à fait intemporelle !


Les Tontons flingueurs – La bande annonce
envoyé par jedall

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Cartouches gauloises, de Medhi Charet (2007)

Titem | 4 novembre 2007

Cartouches gauloises de Medhi Charet (2007)

Le dernier printemps de la Guerre d’Algérie. Le printemps d’avant l’été de l’Indépendance.

Ali/Mehdi Charef, 11 ans, et son meilleur copain Nico regardent leurs mondes changer… et font semblant de croire que Nico ne partira jamais. Jamais ?

Drame historique et autobiographie français de Medhi Charet
2007 ; 1h32
Avec Ali Hamada (Ali), Thomas Millet (Nico)…

Algérie, été 1962. Un été résolument pas comme les autres, qui marqua les consciences et les chronologies historiques.

C’est l’histoire d’un regard de braise, celui du jeune Ali, 11 ans, qui assiste aux derniers feux du colonialisme français en terre algérienne. Pendant que son père combat pour l’indépendance, lui travaille comme porteur pour subvenir aux besoins de la maison.

C’est ainsi qu’il voit les prostituées qui vendent leur corps aux soldats Français ou les harkis serviteurs de la Vème République, et qui tous craignent les représailles post-indépendance. Il voit ses amis et leurs parents partir par peur des attaques des fellaghas, quand il n’est pas trop tard pour certains. Il voit les meurtres sommaires, les fouilles au corps, les corps meurtris dans la chair et dans le coeur.

Le regard de l’enfant permet d’excuser les biais polémiques de cette douloureuse et complexe page de l’histoire de la France et de l’Algérie, cette guerre honteuse où chacune des parties fit couler le sang. Ils ont certes leur propre regard, mais peuvent parfois se comporter comme des adultes, rapportant ce qu’ils entendent à la maison sur les “terroristes” et se disputent pour s’approprier une cabane comme d’autres veulent conserver un territoire.

Un témoignage sans concession, cru, de Medhi Charet, qui fut Ali, cet enfant d’Algérie en 1962. Ça n’est pas toujours fluide, mais c’est un film qui va droit au cœur.

Notez que pour le réalisateur – je le précise car ce n’est pas forcément évident dans le film et c’est regrettable – les cartouches gauloises font à la fois référence à ses cigarettes que les soldats français grillaient continuellement pour faire passer leur stress et qu’ils achetaient par cartouches dans les magasins, mais référence également aux cartouches des balles qui sifflaient tous les jours dans l’air.

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Les Témoins, d’André Téchiné (2007)

Titem | 17 octobre 2007

Les Témoins, d\'André téchiné (2007)Paris, été 1984.
Manu débarque à Paris, où il partage la chambre de sa soeur Julie dans un hôtel modeste. Il fera la connaissance d’Adrien et nouera une amitié chaste et joyeuse avec ce médecin quinquagénaire, qui lui fera découvrir le style de vie de son milieu.
Au cours d’une balade en bateau, Adrien présentera à Manu Sarah et Mehdi, un couple de jeunes mariés qui vient d’avoir son premier enfant.
Une passion amoureuse imprévue et l’irruption de l’épidémie du sida, encore perçue dans les médias et l’imaginaire collectif comme une peste moderne et honteuse vont bouleverser le tranquille agencement de ces destins particuliers. Chacun va devenir acteur et témoin d’un drame contemporain, où ceux qui ne mourront pas ressortiront peut-être plus forts, mais en tout cas pas indemnes.

Drame français d’André Téchiné
2007 ; 1h52
Avec Michel Blanc (Adrien), Emmanuelle Béart (Sarah), Sami Bouajila (Mehdi), Julie Depardieu (Julie), Johan Libéreau (Manu)

Avoir 20 ans à l’été 1984. Derniers soubresauts d’une époque où depuis une révolution de mai, on jouissait sans entrave. Pas même celle de l’odieux amandement Mirguet (qualifiant l’homosexualité de “fléau social”, et établissant la majorité sexuelle en matière de rapports homosexuels à 21 ans), aboli en 1982 à l’initiative du garde des Sceaux Robert Badinter.

Quelques nuages noirs pointent à l’horizon, ceux d’une maladie énigmatique venue d’Amérique, et qui nourrit les fantasmes les plus fous, la méfiance, voire la haine ; car ce que l’on ne connaît pas suscite automatiquement de violentes réactions. Les Rita Mitsouko chante “Marcia Baïla”, hommage à cette danseuse argentine morte du cancer, une drôle de coïncidence à l’heure où une génération apprend cette abréviation : SIDA.

Avoir 20 ans à l’été 1984, comme Manu. Il connaîtra “les beaux jours” (1ère partie du film d’André Téchiné), les dernières lueurs d’une époque insouciante. L’amour avec des inconnus dans les lieux publics à l’heure où c’est encore le seul moyen de rencontrer ses “semblables”. Il rencontrera Adrien, médecin quinquagénaire, puis ses amis, Sarah et Medhi. Une rencontre, et une époque, qui changera leur vie. Mais il est déjà trop tard.

C’est “La Guerre” (2ème partie). La guerre contre une maladie dont on ignore tout ou presque, et qui nourrit les fantasmes de la presse, qui alerte sur le “cancer gay” ou la “nouvelle peste”. Toute guerre a ses combattants, et ses victimes. Les amis, indirectement touchés par la psychose de tout un pays, entretiennent rancœurs et méfiance.

Mourir à l’hiver 1984, se sentir honteux et sale, voir son corps autrefois vigoureux, désirable, dépérir, sous le regard de quelques amis qui ne vous jugent pas.

Puis vient “Le retour de l’été” (3ème et dernière courte partie). Parce que l’on a traversé les épreuves, et que la vie doit reprendre le dessus. Ceux qui restent sont les témoins d’un changement d’ère, les témoins du passage sur terre de leur ami, avatar d’une jeune génération sacrifiée.

Tout témoignage se doit d’être juste. Là est la principale qualité des Témoins de Téchiné. D’un drame social qui marquera toute une époque, le réalisateur tire une excellente œuvre, sobre et profondément juste, absolument pas misérabiliste. Michel Blanc tient là un de ses plus grands rôles, mais les autres acteurs ne sont pas en reste. Mentionnons Johan Libéreau, très émouvant tout au long de l’évolution de son personnage. Ce film n’est pas un documentaire : il témoigne crument mais justement de la réalité d’une atmosphère, celle de l’année 1984, au rythme de la voix douce d’Emmanuelle Béart.

… Même si je pensais plutôt que c’est l’été 1983 qui avait été celui de la prise du conscience du SIDA en France. Ainsi, Libération consacrera sa une à “L’épidémie du “cancer gay”" dans son édition du 19-20 mars 1983.

Allez lire également les témoignages de Robin Campillo et Laurent Gloaguen, autres témoins de cette époque, qui tous nous enseignent une chose : se protéger soi et les autres. Parce que ces gens qui sont morts ne le furent pas en vain.

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Le Goût des autres, d’Agnès Jaoui (2000)

Titem | 29 septembre 2007

Le Goût des autres, d\'Agnès Jaoui (2000)Castella est un chef d’entreprise peu porté sur la culture. Pourtant, un soir, en allant par obligation assister à une représentation de “Bérénice”, il tombe en adoration du texte et de l’actrice principale, Clara. Par une coïncidence, celle-ci va lui donner des cours d’anglais, nécessaires à son travail. Castella tente de s’intégrer à ce milieu artistique mais sans grand succès. On ne bouscule pas ainsi les cadres de références et les barrières culturelles sans faire d’histoires.

Comédie dramatique française d’Agnès Jaoui
2000 ; 1h52
Avec Jean-Pierre Bacri (Castella), Anne Alvaro (Clara), Gérard Lanvin (Franck Moreno), Alain Chabat (Bruno Deschamps), Agnès Jaoui (Manie)

Parmi les récompenses, 4 Césars en 2001 (Meilleur film, scénario, second rôle masculin (Gérard Lanvin) et féminin (Anne Alvaro)

J’avais bien sûr entendu parler de ce film, et pas seulement pour les récompenses qu’il a reçues. J’avais déjà pu voir la pièce écrite par Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui, Cuisines et Dépendances, que j’avais moyennement apprécié. Et chose importante, bien que reconnaissant le talent de Jean-Pierre Bacri, son humeur bougonne m’exaspère continuellement. Je n’allais donc pas voir ce film avec les meilleurs sentiments…

Et justement, voilà un film sur les préjugés et nos petits travers dans lesquels nous sommes susceptibles de nous reconnaître. Castella, chef d’entreprise toujours en train de râler et de dire des grossièretés (devinez qui est l’acteur…) se prend de passion pour le théâtre et la culture de manière générale, pour les beaux yeux d’une actrice qui est aussi sa professeur d’anglais.

Une idée très séduisante. Pour y parvenir, quelques autres personnages en perte de repères qui tous frôlent la dépression. On rit de leurs interrogations, de leur manque de tact comme de nos petits travers.

Après, on aime ou l’on aime pas. Le manque de tact des personnages, leur maladresse, leur humeur continuellement maussade est exaspérante !… Parce qu’il est gênant de pouvoir se reconnaître de ce film qui se veut un miroir sociologique de certains milieux, de leurs préjugés et de leur code ?

Toujours est-il que le film traîne par ailleurs en longueurs, et la galerie de portraits de personnages dépressifs n’engage vraiment pas à la joie tout au long de ce film qui peut vous plomber le moral. C’est agaçant, à moins d’en rire (mais ça n’est pas toujours drôle). Mais les acteurs sont excellents, et, une nouvelle fois, le scénario intéressant.

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2000, Agnès Jaoui, Alain Chabat, Anne Alvaro, Années 2000, Barrière sociale, Comédie, Film français, Film récompensé, Galerie de portraits, Gérard Lanvin, Jean-Pierre Bacri, Théâtre, Vie en société
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