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Le blog de Titem… à Paris : Europe, Environnement, Société, Culture et Voyages
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Le crime est notre affaire, de Pascal Thomas (2008)

Titem | 30 octobre 2008

Bélisaire et Prudence Beresford se reposent dans leur petit château qui domine le lac du Bourget. Bélisaire est heureux, mais Prudence s’ennuie. Elle rêve d’une bonne fée, qui les propulseraient dans des aventures truffées de mystères… Cette bonne fée lui apparaît sous les traits de sa tante belge Babette, qui assiste à un crime horrible de la fenêtre d’un train. Malgré le scepticisme de Bélisaire, Prudence part à la recherche du cadavre. Elle se fait engager comme cuisinière dans un inquiétant château, où est réunie une bien curieuse famille, composée d’un vieillard irascible et de ses quatre enfants, et où d’authentiques sarcophages recèlent de bien étranges surprises…

D’après la série de romans Tommy et Tuppence Beresford d’Agatha Christie
2008, France, 1h49
Comédie policière de Pascal Thomas
Avec Catherine Frot (Prudence Beresford), André Dussollier (Bélisaire Beresford), Claude Rich (Roderick Charpentier), Chiara Mastroianni (Emma Charpentier), Melvil Poupaud (Frédéric Charpentier), Annie Cordy (la tante Babette)…

J’étais revenu enchanté de “Mon petit doigt m’a dit”, premier épisode des aventures du couple Bélisaire et Prudence Beresford. Je suis revenu tout aussi enchanté de cette nouvelle séance cinéma pour admirer les aventures drôles et délicieusement surannées des détectives amateurs en quête d’un peu d’inattendu ; car le crime, c’est leur affaire ! L’épouse se fait passer pour une domestique pour mieux enquêter de l’intérieur et assouvir sa curiosité, au grand dam de son jaloux de mari qui décide d’épauler la police.

Mais dans cet épisode, le côté vieillot et sympathique est peut-être un peu moins présent,  malgré l’atmosphère sombre et pesante de l’inquiétant Manoir aux Loups. Dommage. Heureusement, l’humour, lui, est bien au rendez-vous ! Autre regret : le dénouement de l’enquête est vraiment précipité.

André Dussolier et Catherine Frot incarnent une nouvelle fois ce couple attachant, la symbiose entre ces deux acteurs est un véritable bonheur. Ils sont enrourés par une galerie de personnages non moins truculents ; citons notamment Claude Rich en vieillard irascible et hypocondriaque. Un vrai grand moment de rire et de plaisir pour vos soirées d’hiver !

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Il était une fois en Amérique, de Sergio Leone (1984)

Titem | 11 mai 2008

Il était une fois en Amérique, de Sergio Leone (1984)35 ans ont passé depuis son départ de New York en 1933. Un ancien gangster de la Prohibition revient en ville et se confronte aux fantômes de son passé, ses succès et ses échecs.

Once Upon a Time in America
Etats-Unis, Italie, 1984, 3h40
Drame policier de Sergio Leone
Avec Robert de Niro (Noodles/David Aaronson), James Woods (Max), Elizabeth McGovern (Deborah)…

Dernier film de la trilogie de l’histoire de l’Amérique et dernière réalisation du talentueux Sergio Leone, Il était une fois en Amérique dépeint avec un réalisme éclatant la grandeur et la décadence d’une bande d’amis gangsters élevés dans le quartier juif de New York ainsi que l’évocation mélancolique de l’amitié et de la confiance. C’est une fresque intense sur cette période passionnante de l’histoire des Etats-Unis. Le scénario et le montage sont riches, complexes ; la fin ouverte. Les images très travaillées et le talent des acteurs n’est plus à démontrer. Un film qu’il ne faut pas seulement voir, mais revoir.

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Tu marcheras sur l’eau, d’Ethan Fox (2004)

Titem | 18 avril 2008

Tu marcheras sur l\'eau, d\'Eytan Fox (2004)Déboussolé après le suicide de sa compagne, Eyal, un agent du Mossad se voit confier une mission inhabituelle : retrouver la trace d’un ancien officier nazi, Alfred Himmelman. Pour mener son enquête, il va servir de guide touristique au petit-fils d’Himmelman, Axel, venu en Israël rendre visite à Pia, sa sœur. Celle-ci vit en effet dans un kibboutz depuis qu’elle s’est brouillée avec sa famille. Axel veut essayer de la convaincre de revenir avec lui en Allemagne pour l’anniversaire de leur père.
Malgré leurs personnalités contrastées, Eyal finit par sympathiser avec Axel.

Tu marcheras sur l’eau
Israël/Allemagne/Grande-Bretagne, 2004, 104 min.
Film dramatique, policier d’Eytan Fox
Avec : Lior Ashkenazi (Eyal), Knut Berger (Axel), Caroline Peters (Pia)

Quel plaisir de pouvoir profiter, même à l’étranger, des excellents programmes de Arte ! La chaîne franco-allemande diffusait dernièrement ce film de l’israélien Eytan Fox, que l’on connaît peut-être davantage pour The Bubble. Pourtant, “Tu marcheras sur l’eau” est certainement plus réussi.

Le réalisateur s’intéresse encore une fois à la société israélienne, confrontée au poids d’un passé qui rejaillit dans sa manière d’appréhender son présent, en particulier avec les Palestiniens. Mais Tu marcheras sur l’eau est bien plus dense, plus humain, plus complexe, plus en nuance. Des kibboutzim à Wannsee en passant par le mer Morte, Tel Aviv ou Jérusalem, ce road-movie est aussi une course vers la renaissance de soi. On s’affronte, allemand contre juif, israélien contre palestinien, macho contre homo, parents et enfants, présent et passé… Au-delà des dissensions, le film explore le trouble généré par ces rapports sur le fil du rasoir : gêne, culpabilité, curiosité, auto-dérision salvatrice. Et la vie qui doit renaître.

Un film très juste sur des sujets sensibles, accompagnée d’une bande musicale plaisante, où les acteurs brillent par leur justesse.

Eytan Fox

Voici comment le réalisateur donnait son point de vue sur les thèmes de ses films :

“Je suis persuadé que le fait que les Israéliens soient toujours aussi obsédés par l’Holocauste et leur statut de victimes les empêche de voir qu’ils sont devenus des agresseurs, infligeant larmes et souffrances aux Palestiniens. Je suis persuadé que la première étape pour aider les Israéliens à comprendre à quel point ils sont devenus cruels consiste à ce qu’eux-mêmes arrivent à faire cette paix avec leur passé traumatisant [...] Comme par ailleurs je m’intéresse à la masculinité, et qu’Israël est une société très masculine, j’ai décidé de raconter une histoire dans laquelle un homme va se confronter à ses sentiments les plus intimes et réussir à changer, en affrontant les événements les plus effroyables du passé. Je sais que c’est assez ambitieux”.

Une chose est sûre : rien ne vaut un film en version originale ! Et dans certains cas, ça permet de mieux comprendre le film. Ainsi, quand Eyal se met à parler dans la version doublée en allemand, c’est seulement à ce moment-là qu’on comprend que les acteurs principaux parlaient anglais entre eux, Eyal et son chef en hébreu, Axel et Pia en allemand !

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2004, Allemagne, Années 2000, Caroline Peters, Conflit israélo-palestinien, Culture et Histoire, Doublage, Eytan Fox, Film Allemand, Film britannique, film dramatique, Film israélien, Film policier, Homosexualité, Israël, Knut Berger, Lior Ashkenazi, Shoah
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Ascenseur pour l’échafaud, de Louis Malle (1958)

Titem | 5 mars 2008

Ascenseur pour l’échafaud, de Louis Malle (1958)Un homme assassine son patron avec l’aide de sa femme dont il est l’amant. Voulant supprimer un indice compromettant, il se retrouve bloqué dans l’ascenseur qui l’emporte sur les lieux du crime.

Drame policier français de Louis Malle
1h28 ; film sorti en 1958
Avec Jeanne Moreau (Florence Carala), Maurice Ronet (Julien Tavernier), Georges Poujouly (Louis), Yori Bertin (Véronique), Lino Ventura (Commissaire Cherrier)…
Film récompensé par le prix Louis-Delluc 1957

Quel plaisir de pouvoir enrichir sa modeste connaissance cinématographique par un film considéré comme culte ! Et quand le film en question vous est présenté par Olivier Barrot, on se dit que l’on a encore pas mal d’œuvres à regarder, de connaissances à acquérir.

Il s’agit du premier film d’action du jeune Louis Malle, tout juste récompensé (en 1956) de la Palme d’Or à Cannes en tant que co-réalisateur du Monde du Silence. Du roman éponyme de Noël Calef, il tire ce film noir d’exception.

La beauté des images d’Henri Decae lorsque Jeanne Moreau traverse seule Paris la nuit. Une Jeanne Moreau dont on oublierait presque le talent et la beauté froide et troublante. La justesse des dialogues de Roger Nimier. La musique de Miles Davis aussi… Mais bien sûr, le scénario où, fait parfois rare dans ce genre de film policier, le suspens est présent jusqu’au bout, et la fin… chut ! Je n’en dis pas plus : surmontez vos répulsions tendancielles au noir et blanc pour regarder un des bijoux du cinéma français des années 1950, à la frontière entre une France à peine sortie de la guerre, et la France de Jean Fourastié, celle aux portes des Trente Glorieuses. Certains diront qu’il s’agit de la Nouvelle Vague, bien que Louis Malle n’ait jamais fait partie de la bande des Cahiers du Cinéma et ne se soit jamais reconnu dans ce mouvement.

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On pardonne aisément la naïveté avec laquelle sont dépeints les deux jeunes gens, ou ce coup du sort qui veut que les clés restent sur les voitures (était-ce courant à l’époque ? Bonne question !)

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Les Tontons Flingueurs, de Georges Lautner (1963)

Titem | 6 janvier 2008

Les Tontons Flingueurs, de Georges Lautner (1963)La vie de Fernand Naudin, ex-truand devenu depuis petit propriétaire d’une usine de tracteurs, est bouleversée quand son ami d’enfance Le Mexicain, un gangster notoire, l’appelle à son chevet. Avant de mourir, il lui confie la gestion de ses affaires, ainsi que de sa fille Patricia. Mais tout le monde ne voit pas cette transmission de pouvoir d’un très bon œil…

Comédie policière de Geoges Lautner
1963 : 1h45
Avec Lino Ventura (Fernand Naudin), Bernard Blier (Raoul Volfoni), Francis Blanche (Maître Folace), Jean Lefebvre (Paul Volfoni), Robert Dalban (Jean), Sabine Sinjen (Patricia), Claude Rich (Antoine Delafoy)…
D’après le roman d’Albert Simonin Grisbi or Not Grisbi.
Troisième volet des aventures de Max le Menteur (après Touchez pas au Grisbi et Le Cave se rebiffe)

Je n’avais encore jamais eu l’occasion de voir ce que l’on présente comme un film culte. La seule chose que je connaissais du film, hormis sa belle brochette d’acteurs et les dialogues de Michel Audiard, c’est une réplique. Un dessin représentant la scène de la cuisine (“J’ai connu une polonaise qui en prenait au petit-déjeûner !”), accroché dans l’escalier du BD Fugue, ce bar très sympa dans le Vieux Lille où l’on vend aussi… des bandes dessinées.

Les Tontons Flingueurs scène cuisine

“Encore une rediffusion”… Et oui, mais pour une fois, je ne vais m’en plaindre ! Car en effet, je ne fus pas du tout déçu du spectacle ! Un film culte qui n’a pas trop vieilli, excepté peut-être les scènes d’action. Les dialogues truculents de Michel Audiard (“les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît !), des scènes vraiment comiques (comme le gimmick banjo-bourre-pif) et des acteurs, piliers du cinéma français qu’on a plaisir à voir évoluer dans ce monde de truands. Ajoutez à cela un scénario classique mais plaisant, vous obtenez un succès à postérité du cinéma français. Car si en salles, le film n’a pas eu le succès escompté, il reste l’un des plus connus, indissociable des noms de Georges Lautner, Michel Audiard ou Lino Ventura.

N’hésitez pas à regarder la bande-annonce ! La voix rappelle vraiment une annonce radiophonique d’après-guerre ou une étape du tour de France avec Louison Bobet… mais l’ironie est tout à fait intemporelle !


Les Tontons flingueurs – La bande annonce
envoyé par jedall

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Roman de gare, de Claude Lelouch (2007)

Titem | 15 septembre 2007

Roman de gare, de Claude Lelouch (2007)Judith Ralitzer, femme fatale, auteur à succès, est en quête de personnages pour son prochain best-seller. Un tueur en série vient de s’échapper de la prison de la santé ! Huguette, midinette, coiffeuse dans un grand salon parisien, va changer leur destin. Il y a des rencontres plus fatales que d’autres…

Film policier français de Claude Lelouch
2007 ; 1h43
Avec Dominique Pinon (Pierre Laclos), Fanny Ardant (Judith Ralitzer), Audrey Dana (Huguette)

Un homme prend l’autoroute direction le sud. Qui est-il ? Un professeur de lettres qui vient de quitter femmes et enfants ? Un tueur en série pédophile qui attire ses victimes par des tours de magie ? Le nègre d’une écrivain à succès ? Un peu des trois à la fois ?

Jeu de masques et destins croisés pour cette sorte de road-movie. La rencontre fortuite avec Huguette, une midinette qui aimait trop les cigarettes, un papillon de nuit qui s’est brûlé les ailes, et révèle petit à petit les mystères de cet homme rusé, et ressort pourtant renforcée de cette expérience douloureuse.

L’homme semble prendre un malin plaisir à brouiller les pistes. Ce qu’il met en scène, ce n’est ni plus ni moins que la comédie de sa propre vie, faite de faux semblants.

Difficile d’en dire plus sans révéler le mécanisme bien huilé de ce film. Ce n’est pas seulement un simple film policier. C’est aussi le résultat de destins croisés de personnages qui jouent la propre oeuvre de leur vie.

En cela, Roman de gare illustre parfaitement les conditions de sa propre sortie. Réalisé par Claude Lelouch, ce dernier l’a présenté aux critiques sous le pseudonyme d’Hervé Picard, son professeur de tennis. Parce qu’il considérait que ses derniers films, estampillés “réalisé par Claude Lelouch”, étaient systématiquement rejetés par la critique, il voulait voir ce que ferait l’effet de “son” film, réalisé par un inconnu (et l’on retrouve là encore cette mise en abîme dans le film). Claude Lelouch témoignait récemment : “Je voulais pouvoir refaire un film en m’amusant, en allant à l’essentiel, sans subir la pression du marché ou les contraintes marketing du métier. Demander à Hervé Picard d’être mon prête-nom m’a permis d’avoir la paix pendant l’année qu’a duré l’écriture et la réalisation“.

A sa sortie, le film a été salué par la critique, ainsi que par le festival de Cannes où il était en sélection officielle hors compétition. Mon avis sera celui d’un homme qui n’avait encore jamais vu de films de Claude Lelouch, et par conséquent dépourvu d’opinions toutes faites sur ce réalisateur.

Roman de gare est un film qui au départ dérange. Mais l’on ressort positivement étonné par cette histoire de jeux de masques et la redoutable machination qui a précédé la sortie de ce film ; mise en abîme que l’on retrouve dans Roman de Gare. Et le jeu à la fois sincère et la mise en scène proche de la réalité y est pour beaucoup dans la réussite de ce film.

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