World's about

Le blog de Titem… à Paris : Europe, Environnement, Société, Culture et Voyages
  • Accueil
  • A propos de l’auteur
  • Contact

Revue d’Internet : sites, blogs (1) 15/03/09 au 21/03/09

Titem | 22 mars 2009

Cela faisait quelques temps que je pensais à partager les articles et podcasts qui m’ont paru les plus intéressants. Voilà qui est chose faite :

  • Bientôt des bombes atomiques russes à Cuba ? Article de Vincent Vauvert sur son blog Affaires étrangères. La Russie songe à un remake de l’affaire des missiles de Cuba, pour arriver en position de force dans leurs négociations avec les États-Unis d’Obama (le nouveau Kennedy ?). Sur le même sujet, lire également Le coup de bluff militaire de Medvedev, article de Pierre Rousselin sur son blog Géopolitique.

  • Pour Londres, c’est Barroso for ever ; Article de Jean Quatremer sur son blog Coulisses de Bruxelles. L’actuel Président de la Commission Européenne a toutes les qualités requises d’après Londres, pour renouveler son mandat.

  • L’affaire AIG ; Article de Guillaume Klossa sur son Blog d’un Européen. Les Etats-Unis critiquent aussi le fait qu’AIG est honoré ses engagements auprès des banques européennes… Sans quoi on aurait pu pourtant assister à une crise systémique. Et d’appeller à davantage de coopération.

  • CIA: le rapport secret de la Croix-Rouge sur la torture ; Article de Vincent Vauvert sur son blog Affaires étrangères. Pour la Croix Rouge, aucun doute possible : la CIA pratiquait la torture. Or la loi internationale punit ces actes… donc ses auteurs ?

  • Les trans sont-ils des malades ? Article d’Agnès Giard sur son blog Les 400 culs. Comment la France gère-t-elle médicalement et juridiquement les transsexuels (1 naissance sur 10000) ? Dans les commentaires de cette note qui dévoile une réalité gênante (on ne sait pas “qui” sont ces gens, donc ce sont des malades), la bêtise le dispute à la haine…

  • Le PSE renonce à s’opposer à Barroso ; Article de Jean Quatremer sur son blog Coulisses de Bruxelles. Divisé, le PSE laisse la voie libre à l’ancien premier ministre portugais, qui “l’emporter(a) par accumulation de lâchetés”.

  • Pas de préservatifs pour l’Afrique ? ; Article de Eurotopics sur le Webzine CaféBabel. Revue de presse européenne des propos choquants et mensongers du Pape sur le préservatif qui aggraverait la propagation du SIDA.

  • Comment on a réécrit «la Chanson de Roland»… Article de Louis-George Tin sur son blog Observatoire de l’hétérosexualité. Ou comment (et surtout pourquoi !) pendant des années, les lettrés se sont focalisés sur la relation entre Roland et Aude, oubliant celle qui liait le neveu de Charlemagne à Olivier.

  • Les féministes, pionnières de la critique de l’hétérosexualité ; Article de Louis-George Tin sur son blog Observatoire de l’hétérosexualité. Revue de quelques livres de penseurs féminines de l’hétérocentrisme (dit encore hétéronormativité ou hétérosexualité obligatoire) et de sa critique.

  • Assez de “compassionnel” en politique étrangère. Article de Pierre Rousselin sur son blog Géopolitique. Coup du gueule de l’éditorialiste du Figaro contre cette politique de l’émotion. Il conclue ainsi : “Une vraie diplomatie, discrète et patiente, peut parfois obtenir d’avantage qu’une réaction instinctive, même pavée des meilleures intentions du monde.“

Commentaires
Pas de Commentaires »
Catégories
Culture et Histoire
Tags
Agnès Giard, AIG, Banque, Barack Obama, Benoît XVI, CaféBabel, CIA, Commission européenne, Conservatisme, Crise financière, Croix Rouge, Cuba, Culture et Histoire, Dmitri Medvedev, Droit, Europe, Féminisme, Géopolitique, Guerre, Guillaume Klossa, Hétérocentrisme, Hétérosexualité, Homosexualité, Jean Quatremer, José Manuel Barroso, Littérature, Louis-George Tin, Médias, Pape, Pierre Rousselin, Préservatif, PSE, Russie, Santé/Médecine, Sexualité, Torture, Transexualité, Union européenne, USA, Vincent Vauvert
Flux rss des commentaires Flux rss des commentaires
Trackback Trackback

La statue de Makarios III bientôt déplacée, comme un mythe qui s’effrite…

Titem | 31 mai 2008

Statue Makarios III Nicosie.jpgC’est l’un des monuments les plus connus de Nicosie. Du moins, pour ce qu’une ville et un pays de taille modeste peuvent compter comme “monuments”. Il s’agit de la massive statue en bronze haute de 10 mètres, sculptée par Nikos Kotziamanis de 1984 à 1987, qui représente l’archevêque et primat de l’Eglise orthodoxe de Chypre, Makarios III, également père de l’indépendance chypriote et président de la République de 1960 à 1977. Parlons d’abord un peu de lui.

Rue, avenue, statue Makarios… Les Chypriotes semblent être reconnaissants à l’homme d’avoir tenu tête aux Britanniques pour obtenir l’indépendance du pays et l’avoir accompagné dans ses premières annés. Mais sa présidence fut également marquée par la partition du pays, dans les conditions que j’ai déjà expliquées. C’est un peu la part d’ombre de l’homme, mais l’histoire, peut-être gênante pour les Chypriotes, montre que Makarios a eu sa part de responsabilité dans cette tragédie.

C’est pendant l’entre-deux-guerres que les Chypriotes grecs commencent à revendiquer ce qu’ils appelaient l’enosis, autrement dit, le rattachement à la Grèce. Makarios III en est l’un des leaders, de même que le colonel George Grivas, leader de l’EOKA, l’Organisation Nationale des Combattants Chypriotes, qui mène des actions anti-britanniques.

Après des années de discussions conclues par les accords de Zürich et de Londres en 1959 et 1960, Chypre obtient son indépendance, mais pas l’enosis. Dans les années qui suivent, le pays connaît une instabilité politique : chacune des communautés oppose un veto aux propositions de l’autre. En novembre 1963, le Président de la République, Makarios III, propose une révision constitutionnelle en 13 points, remettant en cause le poids de la communauté turque dans les décisions. Un mois plus tard, c’est le début des affrontements communautaires.

Makarios III a eu une position ambiguë envers l’enosis, la jugeant “souhaitable”, tandis que des activistes d’extrême-droite la réclamaient effectivement. Un rattachement innacceptable pour les Turcs, qui de leur côté mettaient en avant la partition de l’île. Le coup d’Etat contre Makarios III fomenté par le régime des colonels en Grèce et l’extrême-droite chypriote grecque déclenche l’invasion de la partie nord de Chypre par la Turquie.

Il n’y a donc pas les gentils Grecs et les méchants Turcs d’un côté : chaque communauté a sa part de responsabilité dans ce conflit qui fut, faut-il le rappeller, meurtrier.

Et la statue me direz vous ? Les riverains estiment qu’elle gâche la vue. La statue sera donc retirée et installée dans le monastère de Kikkos. Une autre statue, grandeur nature, devrait la remplacer.

Ce n’est pas un déboulonnage comme ceux des statues de Lénine ou de Franco, mais c’est comme si, au moment où se tiennent d’importantes discussions pour l’avenir des communautés, l’héritage de Makarios III était devenu trop lourd à porter.

Commentaires
Pas de Commentaires »
Catégories
Culture et Histoire
Tags
Chypre, Culture et Histoire, Europe, Géopolitique, Grèce, Guerre, Makarios III, Relations Internationales, Royaume-Uni, Turquie
Flux rss des commentaires Flux rss des commentaires
Trackback Trackback

60 ans d’Israël : Shalom !

Titem | 14 mai 2008

On peut le dire avec satisfaction: pour une fois que, lorsqu’il s’agit d’Israël, on ne parle pas d’attentats-suicides, d’incursions meurtrières dans la bande de Gaza ou en Cisjordanie, d’échanges de tirs d’obus ou des vexations envers les Palestiniens, réjouissons-nous ! Réjouissons-nous qu’un État aussi menacé soit-il par ses voisins, soit toujours debout, et demeure surtout, la seule démocratie digne de ce Fête 60 ans Israëlnom dans la région. Un pays qui en plus brille par ses succès économiques et rattrape progressivement son retard en matière de justice sociale. Un pays dont on salue également le dynamisme culturel, littéraire, cinématographique et musical notamment. Personnellement, un pays que je rêve de visiter.

C’est sa fête nationale, mais ce sont aussi ses 60 ans d’existence. Le 14 mai 1948, David Ben Gourion prononçait le discours d’indépendance qui allait marquer le début de l’État juif.

On a beaucoup de choses à reprocher à Israël. Et je dois dire que moi-même, je vois d’un œil critique l’installation des colonies et les spoliations, les restrictions de circulation… Mais il faut se rendre à l’évidence : Israël est l’un des rares pays qui, du jour au lendemain, pourrait disparaître de la carte par une coalition de ses adversaires. D’ailleurs, si aujourd’hui la nécessité de la création d’un État palestinien viable ne fait plus de doute, les Palestiniens ont-ils toujours souhaité résoudre ce sujet autrement que par le conflit ? La question se pose.

Aujourd’hui encore, et pas uniquement dans les pays arabes, on trouve des individus qui traite Israël en se référant toujours à des préjugés antisémites aussi archaïques qu’infondés, ou parlent de sionisme en des termes qui n’ont rien d’amènes. D’autres critiquent, pas toujours avec raison dans le propos ni surtout dans la gradation, la politique israélienne envers les Palestiniens. Or il est clair que ce qu’Israël a besoin d’aujourd’hui, c’est de soutien de la part de la communauté internationale.

Face aux surenchères nucléaires du dirigeant iranien Mahmoud Ahmadinejad, à la situation de crise politique et communautaire au Liban, plus à l’est à un Irak toujours plus instable, Israël est un acteur incontournable pour assurer un semblant de paix de la région. Or la paix ne peut se faire que lorsque l’on a des acteurs sûrs, légitimes. Les déboires judiciaires de Ehud Olmert, le Premier Ministre israélien, discrédite sa position intérieure et extérieure : il n’a plus les moyens de négocier quoique ce soit. Et la situation risque bien d’être bloquée tant les députés du parti centriste Kadima, orphelins d’un Ariel Sharon toujours dans le coma, craignent de perdre leur poste aux prochaines élections législatives.

L’avenir de la région ne pourra donc se faire ni sans Israël, ni sans le soutien à cet État, dont on aurait eu du mal à croire il y a 60 ans, qu’il serait ce qu’il est. Alors, Shalom !

Crédit photo : www.20minutes.fr

Commentaires
2 Commentaires »
Catégories
Retour de manivelle
Tags
Antisémitisme, Culture et Histoire, Ehud Olmert, Fête, Guerre, Irak, Iran, Israël, Liban, Mahmoud Ahmadinejad, Paix, Politique, Proche-Orient, Relations Internationales
Flux rss des commentaires Flux rss des commentaires
Trackback Trackback

La subjectivité du conflit israélo-palestinien

Titem | 3 mai 2008

Char israélienVous n’avez peut-être pas encore oublié, parmi la litanie des morts des conflits du proche-Orient, cette nouvelle qui avait fait l’actualité lundi dernier : à Beit Hanoun, dans la Bande de Gaza, une famille palestinienne (la mère et ses 4 enfants) a été tuée. Il est intéressant de voir la façon dont les médias ont présenté la chose et de se pencher sur la question récurrente de leur objectivité. Je parle bien des médias et non pas les sites communautaires pro-palestinien qui rivalisent d’imagination et d’escalade pour condamner une “barbarie sioniste” (sic).

Pour la plupart des journaux, l’affaire est entendue. Cette famille a été tuée « lors d’une attaque israélienne ». Mais cela signifie-t-il que l’armée israélienne est directement responsable de la mort de cette famille, que ce sont donc ses armes qui les ont tuées ? C’est ce que le titre laisse sous entendre, sinon pourquoi ne pas préciser qu’en face, il se trouvait des militants du Hamas ?

Le Monde par exemple ou l’Agence France Presse ont évoqué cette tragédie de cette manière. L’AFP précise pourtant le point de vue d’un médecin palestinien (“tués par un obus de char”) et celui de l’armée israélienne (morts suite à l’explosion des munitions que transportaient les militants du Hamas.

D’autres journaux franchissent le cap, et titrent sur l’armée israélienne qui a tué une famille israélienne à Beit Hanoun. La question se pose : quelle légitimité supérieure peut avoir un des belligérants contre son adversaire que l’on ne prenne pas soin de donner la parole aux deux parties, ou tout du moins les mettre au même niveau ?

C’est le cas du site Internet du NouvelObs (“Au moins quatre morts et plusieurs blessés dans le pilonnage israélien d’une maison de Gaza”) qui utilise le mot “pilonnage”, évoquant ainsi une destruction totale, voire une idée d’acharnement.

Il y a le Figaro aussi qui, s’il indique sobrement sur son site Internet “Quatre enfants et leur mère tués à Gaza”, précise juste en-dessous “Un char israélien a tiré un obus sur leur maison lors d’une incursion à Beit Hanoun. Roquette Hamas Beit Layhiya

Pourtant, l’affaire n’est pas aussi claire que cela. L’armée israélienne a ordonné une enquête. Peut-être aussi un moyen de temporiser, de modérer sa responsabilité, bien sûr. Quel fut le résultat de cette enquête ? Pas de surprise : elle confirme ce que les militaires israéliens déclaraient dès le début, à savoir que le décès de la famille serait dû à la double explosion de munitions transportées par les soldats du Hamas, explosion consécutive à des tirs de Tsahal.

C’est évidemment une explication plus compliquée, voire un peu « surprenante ». Pour autant, le traitement de l’information aurait-il été moins bon si l’on avait titré « une famille palestinienne meurt lors d’un échange de tirs entre Tsahal et le Hamas » ? Non, on reste dans les faits en essayant de préserver un maximum les opinions de chacun. Je dois avouer que ce fut une bonne surprise, mais c’est la voie qu’avait choisi Libération en titrant ” Polémique après la mort d’une famille palestinienne”, posant la question : qui est responsable de la mort de cette famille.

Mais ce débat n’est même pas propre à la France, d’autres médias tiennent Tsahal pour responsable direct de la mort de cette famille (voir le site de la RTBF, de Radio Canada, de l’International Herald Tribune, d’Euronews…)

Lorsque l’on sait à quel point le conflit israélo-palestinien est un sujet sensible dans l’opinion, cette précaution devrait aller de soi, tout comme l’honnêteté obligerait à présenter les faits dans leur contexte. Cela ne signifie pas de le faire de façon neutre : l’objectivité du journalisme, c’est aussi nous donner les clés pour comprendre, c’est la juste présentation des subjectivités de chacun. Et sur ce sujet, en dépit des précautions d’usage qu’il aurait été nécessaire d’adopter, il ne fait aucun doute au final sur une certaine responsabilité de Tsahal. Mais j’ai tendance à ne pas croire à la responsabilité d’une seule personne ou partie.

Crédits photo :
- “interet-general.info”
- “checkpoint-online.ch”

Commentaires
2 Commentaires »
Catégories
Retour de manivelle
Tags
Bande de Gaza, Conflit israélo-palestinien, Guerre, Hamas, Israël, Médias, Objectivité, Palestine
Flux rss des commentaires Flux rss des commentaires
Trackback Trackback

The Bubble, d’Eytan Fox (2007)

Titem | 14 mars 2008

The Bubble, d’Eytan Fox (2007)Trois jeunes Israéliens, Noam, disquaire, Yali, gérant de café, et Lulu, vendeuse dans une boutique de produits de beauté, partagent un appartement dans un quartier branché de Tel-Aviv, symbole de cette “bulle”, surnom donné à la ville. Dans ce cocon quasi déconnecté de la réalité des territoires et des conflits politiques qui agitent le pays, ils mènent une existence tout à fait ordinaire, préférant se concentrer sur leur vie amoureuse. Leur quotidien va pourtant être bouleversé par l’arrivée d’Ashraf, un Palestinien dont Noam tombe amoureux lors d’un incident au Check Point de Naplouse.

Drame franco-israélien d’Eytan Fox
Film de 1h57 sorti en 2007
Avec Ohad Knoller (Noam), Yousef Sweid (Ashraf), Yali (Alon Friedman), Daniela Wircer (Lulu)…
Titre original : Ha-Buah
Prix C.I.C.A.E. Panorama et prix du jury Siegessäule, lors du Festival de Berlin 2007.

Depuis le temps que j’avais envie de voir ce film ! Acte manqué en France, puis au Québec où il était présenté dans de nombreux festivals. Tu vois Marco, j’ai fini par le voir !

Rue Shenkin à Tel Aviv : une vie animée à l’auberge espagnole, version israélo-palestinienne. En fait, le réalisateur Eytan Fox et son scénariste Gal Uchovsky (qui est aussi son compagnon), se sont inspirés de Florentine une série télévisée israélienne qui ressemble à Friends. Mais le film est riche de sujets polémiques : on y parle de la réalité de ce conflit qui s’enlise depuis des décennies et qui marque profondément le quotidien de chaque côté de la frontière, l’humiliation des Palestiniens aux checks-points, les militants pacifiques stigmatisés… mais également l’intolérance des familles envers leurs proches homosexuels (d’ailleurs, deux acteurs arabes ont refusé pour cette raison de jouer le rôle du père d’Ashraf) en comparaison avec un quartier jeune, branché, où il fait bon vivre. Une bulle urbaine qui vole entre rêve d’une vie insouciante et le dur quotidien.

C’est aussi une belle histoire d’amour entre deux hommes que tout différencie et qui ne peuvent s’aimer. C’est la leur fragilité, elle leur saura fatale dans des conditions… comment dire : hollywoodiennes ? Dommage. La fin, surprenante, un peu trop “belle et tragique à la fois” pour sonner juste, est le gros défaut de ce film au scénario intéressant et aux acteurs brillants qui, jusqu’à 5 minutes avant la fin, charment par leur sincérité. Sans oublier l’excellente bande originale, avec notamment le rocker israélien Ivri Lider, dans son interprétation de “The Man I Love” de Billie Holliday.

 

On pourra critiquer le point de vue du réalisateur. Mais c’est son point de vue, et il suscite l’intérêt. Comme il est dit dans le film, cela donne matière à réfléchir.

Image de prévisualisation YouTube

Commentaires
Pas de Commentaires »
Catégories
La dernière séance
Tags
2007, Années 2000, Conflit israélo-palestinien, Eytan Fox, film dramatique, Film français, Film israélien, Film LGBT, Guerre, Histoire d'amour, Homosexualité, Israël, Musique, Palestine, Récompense
Flux rss des commentaires Flux rss des commentaires
Trackback Trackback

Avec 1600 milliards de dollars, on fait la guerre et la paix

Titem | 14 novembre 2007

Dollars - Au large 3.0On ne peut bien sûr pas revenir sur ce qui a été fait. Il est vain d’imaginer qu’elles auraient pu être les conséquences de nos actes si l’on avait agi différemment. Mais tout de même…

Ce sont des chiffres que l’on connaît plus ou moins, mais qui nous dépassent totalement. Je les ai redécouverts en lisant le gratuit Métro de Montréal aujourd’hui. Les élus démocrates de la Commission économique paritaire du Congrès américain a publié un rapport où elle donne le montant de la facture des guerres en Afghanistan et en Irak.

Depuis 2002, les Etats-Unis ont dépensé 1600 milliards de dollars. 1600 milliards. Pas besoin de convertir en euros pour mesurer le pharaonesque de ce nombre. 1600 milliards, c’est un peu moins que le PIB de l’Italie : excusez-du peu ! Dans cette comptabilité, les auteurs ont pris en compte, selon Métro, les intérêts des prêts du gouvernement, les pensions de guerre aux soldats blessés, les investissements perdus et les perturbations des marchés pétroliers.

Invitée du journal gratuit, l’animatrice de Plus sur Commandes Valérie Roberts réagit en disant qu’elle “trouve le montant astronomique ! Investir le même montant dans un programme pour enrayer la pauvreté aurait été bien plus bénéfique que cette dépense pour une guerre qui n’est pas justifiée“.

Comment ne pas l’approuver ? On peut toujours arguer que la démocratie ne s’impose à coups de canon, mais, quand bien même on approuverait cette guerre, accepterait les victimes « pour le plus grand bien » et l’extension de la démocratie, on sait pertinemment que le résultat est loin d’être à la hauteur des dollars engagés.

On comprend mieux dès lors la frustration de certains Américains quand ils disent qu’ils auraient préféré que tout cet argent soit engagé dans l’éducation ou dans le système de santé, par exemple. Et si ces 1600 milliards de dollars avaient servi à investir dans les pays pauvres ? Investir en immobiliers, infrastructures, appareils, et non pour alimenter les comptes en banque de dictateurs sanguinaires ou de petits chefs corrompus !

La journée mondiale pour le refus de la misère avait adopté cette année le slogan : « Refuser la misère, un chemin vers la paix ». Donner la possibilité aux exclus de la mondialisation les moyens d’assurer leur subsistance, d’être éduqués, soignés, dans le respect de leurs cultures. Cela ne règlera pas immédiatement tous les conflits religieux, communautaires ou géographiques, mais pourrait permettre d’apaiser bien des tensions ; un chemin vers la paix. Et là, même en admettant l’échec, les moyens utilisés seraient bien plus louables.

Cela peut paraître anodin, évident, voire naïf… Mais perdre sa capacité de révolte, c’est aussi perdre une part de son humanité. Les réalisations concrètes ne suivent pas les déclarations d’intention et les beaux discours. Peu de pays consacrent effectivement 1% de leur PIB au développement des pays pauvres.

Et vous, que feriez-vous avec 1600 milliards de dollars ?

Commentaires
Pas de Commentaires »
Catégories
Retour de manivelle
Tags
Afghanistan, Développement, Economie, Etats-Unis, Guerre, Irak, Pauvreté, Pays Moins Avancés, PIB
Flux rss des commentaires Flux rss des commentaires
Trackback Trackback

Cartouches gauloises, de Medhi Charet (2007)

Titem | 4 novembre 2007

Cartouches gauloises de Medhi Charet (2007)

Le dernier printemps de la Guerre d’Algérie. Le printemps d’avant l’été de l’Indépendance.

Ali/Mehdi Charef, 11 ans, et son meilleur copain Nico regardent leurs mondes changer… et font semblant de croire que Nico ne partira jamais. Jamais ?

Drame historique et autobiographie français de Medhi Charet
2007 ; 1h32
Avec Ali Hamada (Ali), Thomas Millet (Nico)…

Algérie, été 1962. Un été résolument pas comme les autres, qui marqua les consciences et les chronologies historiques.

C’est l’histoire d’un regard de braise, celui du jeune Ali, 11 ans, qui assiste aux derniers feux du colonialisme français en terre algérienne. Pendant que son père combat pour l’indépendance, lui travaille comme porteur pour subvenir aux besoins de la maison.

C’est ainsi qu’il voit les prostituées qui vendent leur corps aux soldats Français ou les harkis serviteurs de la Vème République, et qui tous craignent les représailles post-indépendance. Il voit ses amis et leurs parents partir par peur des attaques des fellaghas, quand il n’est pas trop tard pour certains. Il voit les meurtres sommaires, les fouilles au corps, les corps meurtris dans la chair et dans le coeur.

Le regard de l’enfant permet d’excuser les biais polémiques de cette douloureuse et complexe page de l’histoire de la France et de l’Algérie, cette guerre honteuse où chacune des parties fit couler le sang. Ils ont certes leur propre regard, mais peuvent parfois se comporter comme des adultes, rapportant ce qu’ils entendent à la maison sur les “terroristes” et se disputent pour s’approprier une cabane comme d’autres veulent conserver un territoire.

Un témoignage sans concession, cru, de Medhi Charet, qui fut Ali, cet enfant d’Algérie en 1962. Ça n’est pas toujours fluide, mais c’est un film qui va droit au cœur.

Notez que pour le réalisateur – je le précise car ce n’est pas forcément évident dans le film et c’est regrettable – les cartouches gauloises font à la fois référence à ses cigarettes que les soldats français grillaient continuellement pour faire passer leur stress et qu’ils achetaient par cartouches dans les magasins, mais référence également aux cartouches des balles qui sifflaient tous les jours dans l’air.

Commentaires
Pas de Commentaires »
Catégories
La dernière séance
Tags
2007, Années 2000, Années 60, Colonisation, Culture et Histoire, Film autobiographique, film dramatique, Film français, Film historique, Guerre
Flux rss des commentaires Flux rss des commentaires
Trackback Trackback

 

juillet 2010
L Ma Me J V S D
« juin    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031  

Articles récents

  • Photo du Mois – Juillet 2010, La Gourmandise. Ma madeleine de Proust : le palet de dame
  • Photo du Mois – Juin 2010, Sur la route… de Tadoussac
  • Photo du Mois – Mai 2010, Maison d’ici – Les champs du Nord
  • 15e Fête de l’Europe : Robert Schuman plutôt que Philippe Séguin
  • Photo du mois d’avril 2010 : A mon bureau – Horizons
  • L’initiative citoyenne européenne, un outil au service d’un espace public européen ?
  • Les élections régionales, plus mal aimées que les européennes ?

Catégories

  • Carnet de voyage
  • Culture et Histoire
  • Etats d'esprit
  • La dernière séance
  • Le blog
  • Mes activités
  • No Comment : les insolites
  • Retour de manivelle
  • Sur ma table de chevet

Commentaires récents

  • Godnat dans Photo du Mois – Juillet 2010, La Gourmandise. Ma madeleine de Proust : le palet de dame
  • Titem dans Photo du Mois – Juillet 2010, La Gourmandise. Ma madeleine de Proust : le palet de dame
  • Tania dans Photo du Mois – Juillet 2010, La Gourmandise. Ma madeleine de Proust : le palet de dame
  • Ben dans Photo du Mois – Juillet 2010, La Gourmandise. Ma madeleine de Proust : le palet de dame
  • Guillaume Online dans Photo du Mois – Juillet 2010, La Gourmandise. Ma madeleine de Proust : le palet de dame

Nuage de tags

2007 Années 2000 Article publié Association Blog Canada Chypre Citoyenneté Culture et Histoire Ecole Economie Education Elections Etat d'esprit Etats-Unis Etats d'esprit Europe Famille Film américain film dramatique Film français France Homosexualité Immigration Insolite Journal Communautaire Le Monde Journalisme Justice Montréal Musique Médias Nicolas Sarkozy Nicosie, Chypre Pauvreté Politique Quebec Rennes Reportage RTCN Société Stage Titem Tourisme Union européenne Voyage

WP Cumulus Flash tag cloud by Roy Tanck and Luke Morton requires Flash Player 9 or better.

Actu européenne

  • CaféBabel
  • Coulisses de Bruxelles
  • EurActiv
  • Fabien Cazenave
  • Julien Frisch – Watching Europe
  • Le Taurillon
  • Nosemonkey's EUtopia
  • Presseurop
  • Toute l'Europe

Actualités

  • Déchiffrages
  • Géopolitique – Pierre Rousselin
  • Magazine Diplomatie

Blogueurs

  • Ad Virgilium
  • Embruns
  • Koztoujours
  • Maître Eolas

Contributors

  • Le fil de Titem

Humour

  • Boulet Corp
  • C'est la gêne
  • L'actu en patates

Sciences Po Rennes

  • Ah ça ira, ça ira, ça ira
  • Carnets de Route de Simgo
  • Horatio's blog
  • Le fil de Titem
  • Perspectives Géopolitiques
  • Une vie en Nouvelle France

Les plus bavards

  • Ben Ben (1)
  • Caro Caro (1)
  • François le niçois François le niçois (1)

A year ago

  • 30-07-09 No articles on this date.

Archives

rss Flux rss des commentaires valid xhtml 1.1 design by jide powered by Wordpress get firefox