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Le blog de Titem. L'Europe et le Canada vus d'un européen installé à Montréal.
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Droits LGBT : le flop 5 des pays d’Europe

Titem | 24 juin 2011

Cet article a également été publié dans le webzine européen CaféBabel.

Ils battent le pavé pour revendiquer le respect de leurs droits et le droit au respect, qu’ils soient gay ou lesbiennes, bi, trans ou encore tout simplement gay-friendly. De mai à août, les Gay Pride mobilisent en musique et en couleur plusieurs centaines de milliers de citoyens. L’occasion pour CaféBabel de faire le point sur le droit des minorités sexuelles en Europe. Sur les tops et les flops. Deuxième jet, le flop 5 de l’Europe, réalisé à partir du classement dressé par l’ONG ILGA-Europe (International Lesbian and Gay Association) à l’occasion de la journée internationale pour la lutte contre l’homophobie (IDAHO).

1)      L’Ukraine, la révolution rose n’a pas encore eu lieu.

Ce n’est pas le pays auquel on pense spontanément lorsqu’il s’agit de violence à l’égard des LGBT, mais les discriminations légales y demeurent les plus nombreuses parmi les pays d’Europe : Gay Pride interdites, aucune sécurité juridique pour les couples de même sexe, ILGA-Europe dénonce également des violations de la liberté d’association. Pour compléter le tableau noir, les transgenres ne sont reconnus juridiquement que s’ils ont subi une stérilisation et divorcé – au cas où ils seraient mariés.

2)      La Moldavie, autre lanterne rouge.

Ce pays, qui est l’un des moins développés d’Europe, est également l’un de ceux où les droits des LGBT sont les plus absents. Après avoir été autorisées en 2002, les Gay Pride y sont interdites, au motif que cela ne serait pas compatible avec les valeurs catholiques de ce pays orthodoxe.

3)      La Biélorussie : « mener une vie normale ».

Retrouver la dernière dictature d’Europe dans ce classement n’est malheureusement pas une surprise, tant les violations des droits humains y sont nombreuses. Les manifestations sont interdites (les contestations de la réélection au score stalinien d’Alexandre Loukachenko en décembre 2010 se sont terminées dans la violence), alors les Gay Pride… Celle de mai 2010 se solda par des arrestations et des amendes.

Le Président Loukachenko a également fait parler de lui au début de l’année en affirmant aux medias d’avoir assené « les yeux dans les yeux » au ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle, ouvertement homosexuel, qu’il lui fallait mener « une vie normale ».

Les associations de défense des droits des homosexuels existent néanmoins, mais la vie sociale est clandestine, les descentes de policiers étant nombreuses.

4)      La Russie défie la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

Même si la Russie reconnaît légalement l’existence des personnes transgenres sans leur imposer d’infamantes opérations chirurgicales, elle ne brille guère en ce qui concerne le droit des homosexuels à fonder une famille et la lutte contre la discrimination des minorités sexuelles. Condamnée à deux reprises par la Cour européenne des droits de l’Homme pour entrave à la liberté de manifestation en raison de l’interdiction d’organiser des Gay Pride à Moscou, celle organisée cette année s’est terminée dans la violence, des militants des droits, comme le Président du comité IDAHO Louis-George Tin, venus soutenir les revendications des associations russes témoignant que des groupuscules néo-fascistes ont prêté main forte à la police.

5)      La Turquie : des Gay Pride mais des discriminations.

Le crime d’honneur commis à l’encontre de l’étudiant Ahmet Yildiz, de même que la radiation de Halil Ibrahim Dinçdag des listes d’arbitres de football, en raison de leur homosexualité, ont marqué les esprits en Turquie. Bien que les Gay Pride soient autorisées – Istanbul organisera sa 19e manifestation, le droit des associations LGBT n’est pas toujours respecté. L’une d’elles, Kaos Lambda, faillit être interdite par le gouverneur d’Istanbul après avoir été perquisitionnée par la police.

Vivre son homosexualité peut s’avérer particulièrement dangereux et le harcèlement policier y est courant, comme en témoigne un rapport de Human Rights Watch. La communauté reste discrète, même si un restaurateur a pu ouvrir un établissement il y a deux ans. La réélection du parti musulman-conservateur du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan ne devrait pas changer la situation pour les années à venir.

Même s’il ne reste aujourd’hui plus aucun pays en Europe considérant que l’homosexualité est une maladie ou interdisant complètement les relations homosexuelles, certains pays ont encore beaucoup de chemin à faire dans la voie de l’égalité des droits pour les personnes LGBT, notamment en raison du poids des conservatismes religieux voire de l’héritage communiste.

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Droits LGBT : le top 5 des pays d’Europe

Titem | 23 juin 2011

Cet article a également été publié dans le webzine européen CaféBabel.

Ils battent le pavé pour revendiquer le respect de leurs droits et le droit au respect, qu’ils soient gay ou lesbiennes, bi, trans ou encore tout simplement gay-friendly. De mai à août, les Gay Pride mobilisent en musique et en couleur plusieurs centaines de milliers de citoyens. L’occasion pour CaféBabel de faire le point sur le droit des minorités sexuelles en Europe. Les tops et les flops. Premier jet, le top 5 de l’Europe, réalisé à partir du classement dressé par l’ONG ILGA-Europe (International Lesbian and Gay Association) à l’occasion de la journée internationale pour la lutte contre l’homophobie (IDAHO).

1) Le Royaume-Uni : God Save the Queer !

Le pays de sa Gracieuse Majesté arrive premier du classement, ce qui pourrait en étonner plus d’un, vu que seuls les partenariats enregistrés sont permis entre les couples de même sexe, et non les mariages, grâce à une loi datant de 2005 et dont le chanteur Elton John fut l’un des premiers à bénéficier. Ce partenariat ouvre néanmoins les mêmes droits que le mariage, ainsi la possibilité pour un couple gay d’élever ou d’avoir des enfants.

Mais le Royaume-Uni se distingue des autres pays par une meilleure protection des personnes transgenres contre les discriminations, celles-ci ne devant pas par ailleurs subir obligatoirement une opération de réassignation sexuelle pour être reconnues. Seul bémol : elles doivent en revanche divorcer de leur conjoint le cas échéant.

2) La Suède : vivent les marié(e)s devant Dieu !

La Suède, en plus d’autoriser le mariage et l’homoparentalité, est l’un des rares pays où les discriminations à l’égard des homosexuels sont prohibées par la Constitution (comme au Portugal et au Kosovo). Par ailleurs, sa législation interdit le refus du mariage religieux pour les personnes homosexuelles ; en clair, les couples homosexuels sont autorisés à se marier à l’église, une possibilité bien accueillie par l’église luthérienne suédoise. Une meilleure prise en compte des droits des personnes transgenres permettrait à la Suède d’être un pays encore plus modèle.

3) L’Espagne dépasse les conservatismes religieux

Le mouvement est venu des gouvernements régionaux dans ce pays fédéral, où le catholicisme demeure une force politique et sociale. Finalement, le gouvernement socialiste de José Luis Zapatero autorisa le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe en 2005, et ce malgré les manifestations du Forum espagnol de la Famille, soutenus par l’épiscopat et d’autres lobbies catholiques conservateurs. 16000 mariages ont ainsi été célébrés en seulement quatre ans. Les inséminations artificielles sont possibles, mais seulement dans les cliniques privées. Si les transsexuels ne sont pas forcés de subir une opération chirurgicale pour être reconnus, leur protection contre les discriminations pourrait toutefois être renforcée.

4 et 5) La Belgique et les Pays-Bas : du droit à la réalité.

Les Pays-Bas furent le premier pays européen, en 2001, à autoriser le mariage des couples de même sexe et les droits afférents. En Belgique, cela s’est fait en deux étapes : le mariage fut tout d’abord autorisé en 2003, puis, trois ans plus tard, ce fut le cas de l’adoption pour les couples homoparentaux.

Néanmoins concrètement, la situation est loin d’être parfaite. Si des lesbiennes européennes, notamment françaises, profitent de cet état juridique pour avoir recours à l’insémination artificielle, les statistiques ont montré que les adoptions de la part de ces couples en Belgique par an se comptent sur les doigts d’une main. Les femmes ne sont pas les seules à être concernées par le désir d’enfant. L’histoire de Samuel a ému le pays et la communauté homosexuelle dans le monde : l’enfant, né en Ukraine et conçu grâce à la gestation pour autrui, était en orphelinat (est-ce cela que l’on considère être « l’intérêt de l’enfant » ?) tandis que son père biologique et son compagnon bataillaient juridiquement pour en obtenir la garde.

Par ailleurs aux Pays-Bas, après 10 ans d’existence, si les mariages homosexuels s’avèrent statistiquement finir 3 fois moins souvent en divorces, on compte néanmoins deux mariages pour un contrat civil entre couples du même sexe, la formule étant jugée plus simple tout en offrant les mêmes droits.

A toutes fins utiles, on rappellera que la situation légale n’est pas le seul indicateur de l’acceptation de l’homosexualité. Ainsi, bien que les unions civiles soient autorisées en Hongrie depuis 2009 ou les discriminations contre les LGBT sanctionnées en Croatie, les dernières Gay Pride y ont été troublées par des militants d’extrême-droite et la communauté gay reste souvent cachée.

Photos : Une, /flickr Mariage lesbien (cc) /Flickr ; Adoption gay (cc)/Flikr

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15 livres qui m’ont marqué

Titem | 6 décembre 2010

L’initiative a fleuri sur les blogs : dresser une liste de 15 livres qui nous ont marqué. Les conseils de lecture d’autres blogueurs (comme Virgile ou Embruns) m’ont permis de faire quelques (re)découvertes intéressantes que j’ai notées sur ma déjà trop longue liste d’attente de livres à lire. Alors à mon tour de vous inviter, enfants, adolescents et adultes, à la lecture, avec ce choix purement subjectif, qui sera sûrement différent dans 10 ans. Beaucoup de romans qui nourrissent l’imagination ainsi que deux pièces de théâtre. Enfin je profite de ce billet pour vous inciter à relire ce petit texte où l’auteur G. K. Chesterton défend les romans populaires.

  • Au nom de tous les miens, de Martin Gray. Au collège et au lycée, j’ai lu beaucoup de livres mettant en scène des jeunes garçons et filles jetés dans le tourbillon d’une guerre folle. Mais ce témoignage est celui qui m’a le plus marqué, parce que l’auteur, après avoir tant côtoyé la mort (la sienne et celle des siens) et l’horreur, a encore soif de vie.

  • N’oubliez pas de vivre, de Thibaut de Saint-Pol. J’ai déjà dit l’importance qu’a eu pour moi ce livre au moment où je passais mes concours pour entrer à Sciences Po. Une déclaration d’amour à la littérature d’un jeune homme plongé dans “l’enfer des prépas” où les étudiants doivent se gaver de connaissance.

  • Les chroniques de San Francisco, de Armistead Maupin. En particulier les trois premiers tomes qui se déroulent durant les insouciantes années 1970. Une délicieuse peinture de la société américaine, des personnages hauts en couleur, beaucoup d’humour et de retournements de situation. Ne pas oublier les deux derniers tomes, Michael Tolliver est vivant, publié en 2007 et Mary Ann in Autumn, qui vient de paraître. Ou encore son roman Maybe the Moon, qui dépeint les illusions et les faux semblants d’Hollywood.

  • Sans Famille, de Hector Malot. Le Oliver Twist français : une représentation naturaliste d’une jeunesse française jetée sur les routes d’une France encore rurale des débuts de la IIIe République.

  • Le passeur, de Loïs Lowry. Un roman pour adolescents sur l’utopie des sociétés totalitaires qui veulent diriger nos vies pour notre bien.

  • La nuit des temps, de René Barjavel. Un autre avatar des sociétés utopiques, mais dans une perspective réflexive sur la folie des civilisations humaines et les évolutions technologiques.

  • Le dernier jour d’un condamné, de Victor Hugo. Un réquisitoire contre la peine de mort que j’ai lu très jeune mais dont je conserve la lecture en mémoire.

  • Cannibale, de Didier Daeninckx. Le livre qui m’a permis de découvrir les travers de la colonisation et de ces soit-disant bienfaits et qui narre l’histoire des kanaks venus à l’Exposition Universelle de Paris de 1931 et parqués dans des zoos humains.

  • Phèdre, de Jean Racine. La tragédie dans toute sa splendeur, avec un personnage victime de ses pulsions, seule face à ses souffrances.

  • Montserrat, d’Emmanuel Roblès. J’ai non seulement lu cette pièce, mais je l’ai jouée. Albert Camus disait d’elle que : “Elle ne doit rien à aucune école ou à aucune mode et pourtant elle s’accorde à la terrible cruauté du temps sans cesser de se référer à une pitié vieille comme le coeur humain”. Une histoire tragique, intense et une question posée à ces gens confrontés à leur propre mort : jusqu’où aller pour défendre un idéal commun ?

  • Vendredi ou les Limbes du Pacifique, de Michel Tournier. Un déjà classique de la littérature française revisite un autre classique, le mythe de Robinson Crusoé, et interroge sur la condition de l’homme face à la nature.

  • Origines, de Amin Maalouf. Un écrivain lui-même partagé entre deux cultures part à la recherche de ces origines, déjà plurielles. Une histoire où les ambitions personnelles se mêlent aux luttes internes pour la reconstruction de leur pays (le Liban). Mais ce n’est pas le seul livre de cet auteur que je conseillerai : j’ai également beaucoup aimé Samarcande et Les échelles du Levant.

  • Alexis : le traité du vain combat, de Marguerite Yourcenar. Publié en 1929, mais cette longue lettre pudique d’un homme à sa femme, qui lui confie ses penchants intimes est d’une grande actualité et d’une richesse psychologique, en dépit du style un peu suranné.

  • Le joueur d’échecs, de Stefan Zweig. Une nouvelle, mais une vraie curiosité littéraire sur le passé d’un homme qui défie un champion d’échecs.

  • (Nouvelles) Histoires extraordinaires de Edgar Allan Poe. La quintessence du fantastique. Des atmosphères inquiétantes, des personnages en proie à leurs angoisses, un délice de lecture traduit par nul autre que Charles Baudelaire.

N’hésitez pas à partager vous aussi votre plaisir de la lecture !

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Une voix dans la nuit, de Armistead Maupin (2000)

Titem | 28 août 2009

Une voix dans le nuit, de Armistead Maupin (2000)Son compagnon vient de le quitter. Gabriel Noone, écrivain et animateur radio de renom, sombre dans le désespoir, jusqu’au jour où l’un de ses auditeurs lui adresse un manuscrit : Pete, treize ans, victime d’un pédophile et séropositif, lui confie ses souffrances. Une correspondance téléphonique s’engage, qui augure d’une relation et de révélations bouleversantes.

Armistead Maupin est un auteur que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire. Ses talents de conteur, son humour légèrement désinvolte et ses histoires surprenantes m’ont beaucoup diverti dans ses célèbres Chroniques de San Francisco, dont le dernier tome, Michael Tolliver est vivant, est sorti il y a deux ans, mais également dans Maybe the Moon. Une voix dans la nuit était le seul que je n’avais pas encore lu.

Débutant par une anecdote illustrant sa tendance à embellir les histoires qu’on lui rapporte, le lecteur comprend alors le coeur de l’intrigue : quelle est la part de réalité et de fiction dans chaque récit ? Amistead Maupin, sous les traits de son héros Gabriel Noone, nous conte une aventure qui lui est arrivée. Mais jusqu’à quel point cette histoire est-elle exacte ?

Dans ce roman à clé, il parle d’amour : la fin de la relation avec son compagnon mais aussi l’affection qu’il porte pour un jeune garçon gravement malade, très lucide sur son sort dont les conversations sont pour le quinquagénaire fragile une véritable thérapie. C’est également l’occasion pour Armistead Maupin de revenir sur les relations avec son père et son propre désir inassouvi de paternité. Surprise ! On y retrouve également des références aux fameuses Chroniques de San Francisco, la série littéraire qui lui apporta la notoriété.

Ce roman est certainement le plus personnel de l’auteur qui se livre ici sans retenue, avec tous ses défauts, ses faiblesses, sa naïveté également, mais aussi toute sa tendresse. Loin de sombrer dans le pathos, on est de nouveau séduit par le style direct et affable d’Armistead Maupin.

[Edit 29/08/09 : ce livre a fait l'objet d'une adaptation cinématographique, The Night Listener, avec Robin Williams dans le rôle de Gabriel Noone].

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Garçon d’honneur, de Ang Lee (1993)

Titem | 6 avril 2009

Garçon d'honneur de Ang Lee (1993)Taïwanais installé aux États-Unis, Wai-Tong vit à New-York avec son compagnon Simon. Ces parents attendent impatiemment qu’il se marie et perpétue la lignée. Or, il n’a jamais osé révéler son homosexualité à ses parents. C’est alors que Simon conseille à Wai-Tong d’épouser sa locataire, Wei-Wei, jeune peintre sans le sou, qui cherche à obtenir une carte verte. La bonne idée se transforme en cauchemar lorsque les parents de Wai-Tong annoncent leur arrivée immédiate et qu’un ami du père transforme ce qui devait être un mariage discret en somptueuses noces…

1993, États-Unis/Taïwan, 1h46
Comédie dramatique de Ang Lee
Ours d’or au Festival du film de Berlin 1993.

Avec Winston Chao (Wai-Tong), May Chin (Wei-Wei), Mitchell Lichtenstein (Simon)…

Titre original : Hsi yen / The Wedding Banquet

12 ans avant Le secret de Brokeback Mountain, le film qui vaudra à Ang Lee de multiples récompenses, le réalisateur taïwanais tournait Garçon d’honneur. Le titre en français est sans doute meilleur, car plus significatif, que le titre anglais. Garçon d’honneur, ce n’est pas seulement la triste position de Simon, témoin bien malgré lui du mariage blanc de son compagnon. C’est aussi la difficile situation de Wai-Tong, qui doit, pour l’honneur de sa famille, se marier et donner un petit-fils, et combler ses parents.

A la folie de la nuit de noces lors de laquelle il aura fallu céder aux traditions ancestrales (ce qui nous donne un aperçu de la cérémonie du mariage en Chine) succède la tragédie des couples qui se déchirent devant des parents dépassés. Garçon d’honneur est un film plaisant sur la tolérance, la diversité culturelle, les traditions et le sens de la famille.

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Le secret de Brokeback Mountain, de Ang Lee (2005)

Titem | 2 avril 2009

Le secret de Brokeback Mountain de Ang Lee (2005).jpgEté 1963, Wyoming. Deux jeunes cow-boys, Jack et Ennis, sont engagés pour garder ensemble un troupeau de moutons à Brokeback Mountain. Isolés au milieu d’une nature sauvage, leur complicité se transforme lentement en une attirance aussi irrésistible qu’innatendue. A la fin de la saison de transhumance, les deux hommes doivent se séparer. Ennis se marie avec sa fiancée, Alma, tandis que jack épouse Lureen. Quand ils se revoient quatre ans plus tard, un seul regard suffit pour raviver l’amour né à Brokeback Mountain.

2008, Etats-Unis, 2h14
Drame de Ang Lee
Avec Heath Ledger (Ennis Del Mar), Jake Gyllenhaal (Jack Twist), Michelle Williams (Alma Beers Del Mar), Anna Hathaway (Lureen Twist).
D’après une nouvelle d’Annie Proulx.

Lion d’or de la 62ème Mostra de Venise (2005).
4 Golden Globes, 4 BAFTA.
Oscar 2006 du meilleur réalisateur pour Ang Lee.

Les médias ont jugé ce film, basé sur une histoire d’amour, “magnifique” et “briseur de tabous“. Briseur de tabous, il l’est sans conteste. Cette histoire d’amour impossible entre deux jeunes cow-boys dans une Amérique puritaine où l’homosexualité était encore considérée comme une maladie mentale et les relations entre personnes du même sexe un délit, est absolument poignante.

Mais inversement, je pense que l’on a beaucoup trop insisté, et à tort, sur le côté “magnifique” de l’histoire d’amour. L’histoire est puissante, mais elle n’est pas magnifique : elle est absolument tragique, et d’autant plus qu’elle se déroule sous le sceau du secret, de la peur du regard de l’autre. On retiendra également du film les paysages absolument somptueux (tournés… au Canada !) et la  bande originale ; cadre dans lequel évolue le jeu sincère de ces deux jeunes acteurs… Ce film mérite amplement les récompenses qui lui ont été accordées.

En outre, parler de “western gay” me semble particulièrement exagéré : ce n’est pas le plus important, car comme le précise Ang Lee, “c’est d’abord une histoire d’amour“. Ceux des associations américaines et religieuses qui prônent “la sauvegarde des valeurs morales” et jugèrent à sa sortie ce film “pornographique”, se sont sans doute trompés de salle et en sont pour leurs frais.

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Revue d’Internet : sites, blogs (1) 15/03/09 au 21/03/09

Titem | 22 mars 2009

Cela faisait quelques temps que je pensais à partager les articles et podcasts qui m’ont paru les plus intéressants. Voilà qui est chose faite :

  • Bientôt des bombes atomiques russes à Cuba ? Article de Vincent Vauvert sur son blog Affaires étrangères. La Russie songe à un remake de l’affaire des missiles de Cuba, pour arriver en position de force dans leurs négociations avec les États-Unis d’Obama (le nouveau Kennedy ?). Sur le même sujet, lire également Le coup de bluff militaire de Medvedev, article de Pierre Rousselin sur son blog Géopolitique.

  • Pour Londres, c’est Barroso for ever ; Article de Jean Quatremer sur son blog Coulisses de Bruxelles. L’actuel Président de la Commission Européenne a toutes les qualités requises d’après Londres, pour renouveler son mandat.

  • L’affaire AIG ; Article de Guillaume Klossa sur son Blog d’un Européen. Les Etats-Unis critiquent aussi le fait qu’AIG est honoré ses engagements auprès des banques européennes… Sans quoi on aurait pu pourtant assister à une crise systémique. Et d’appeller à davantage de coopération.

  • CIA: le rapport secret de la Croix-Rouge sur la torture ; Article de Vincent Vauvert sur son blog Affaires étrangères. Pour la Croix Rouge, aucun doute possible : la CIA pratiquait la torture. Or la loi internationale punit ces actes… donc ses auteurs ?

  • Les trans sont-ils des malades ? Article d’Agnès Giard sur son blog Les 400 culs. Comment la France gère-t-elle médicalement et juridiquement les transsexuels (1 naissance sur 10000) ? Dans les commentaires de cette note qui dévoile une réalité gênante (on ne sait pas “qui” sont ces gens, donc ce sont des malades), la bêtise le dispute à la haine…

  • Le PSE renonce à s’opposer à Barroso ; Article de Jean Quatremer sur son blog Coulisses de Bruxelles. Divisé, le PSE laisse la voie libre à l’ancien premier ministre portugais, qui “l’emporter(a) par accumulation de lâchetés”.

  • Pas de préservatifs pour l’Afrique ? ; Article de Eurotopics sur le Webzine CaféBabel. Revue de presse européenne des propos choquants et mensongers du Pape sur le préservatif qui aggraverait la propagation du SIDA.

  • Comment on a réécrit «la Chanson de Roland»… Article de Louis-George Tin sur son blog Observatoire de l’hétérosexualité. Ou comment (et surtout pourquoi !) pendant des années, les lettrés se sont focalisés sur la relation entre Roland et Aude, oubliant celle qui liait le neveu de Charlemagne à Olivier.

  • Les féministes, pionnières de la critique de l’hétérosexualité ; Article de Louis-George Tin sur son blog Observatoire de l’hétérosexualité. Revue de quelques livres de penseurs féminines de l’hétérocentrisme (dit encore hétéronormativité ou hétérosexualité obligatoire) et de sa critique.

  • Assez de “compassionnel” en politique étrangère. Article de Pierre Rousselin sur son blog Géopolitique. Coup du gueule de l’éditorialiste du Figaro contre cette politique de l’émotion. Il conclue ainsi : “Une vraie diplomatie, discrète et patiente, peut parfois obtenir d’avantage qu’une réaction instinctive, même pavée des meilleures intentions du monde.“

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Harvey Milk, de Gus Van Sant (2008)

Titem | 15 mars 2009

Harvey Milk, de Gus Van Sant (2008)Le film retrace les huit dernières années de la vie de Harvey Milk. Dans les années 70, il fut le premier homme politique américain ouvertement gay à être élu à des fonctions officielles, à San Francisco en Californie. Son combat pour la tolérance et l’intégration des communautés homosexuelles lui coûta la vie. Son action a changé les mentalités, et son engagement a changé l’histoire.

2008, Etats-Unis, 2h07
Biopic dramatique de Gus Van Sant
D’après la véritable histoire de Harvey Milk

Film récompensé par l’Oscar 2008 du meilleur acteur pour Sean Penn, et celui du meilleur scénario pour Dustin Lance Black.

Avec Sean Penn (Harvey Milk), Josh Brolin (Dan White), Emile Hirsch (Cleve Jones), James Franco (Scott Smith), Victor Garber (George Moscone)…

Au début des années 1970, Harvey Milk a déjà quarante ans. Pourtant il a le sentiment qu’il n’a rien fait de marquant de sa vie. Il part avec son amant, Scott Smith, pour San Francisco. La cité californienne, en particulier le quartier de Castro, est devenue un havre de paix pour les jeunes homosexuels rejetés par leurs familles, en mal de liberté… quand les policiers ne les pourchassent pas dans leurs lieux de rencontre.

Harvey Milk tentera à plusieurs reprises de s’imposer en politique, avant d’y parvenir grâce à un redécoupage électoral. Élu conseiller municipal, il est perçu comme la “maire de Castro”. Mais déjà, un autre combat s’annonce à lui : celui contre la proposition 6 – qui permettrait de licencier les gay et les lesbiennes travaillant dans des écoles publiques – et ses promoteurs, le sénateur conservateur John Briggs et une chanteuse homophobe, Anita Bryant. Ses relations politiques tendues avec le conseiller municipal Dan White lui causeront sa perte.

Ce n’est pas le premier film consacré au conseiller municipal de San Francisco, figure de proue du mouvement LGBT américain. En 1984, l’œuvre de Rob Epstein, The Times of Harvey Milk, avait même reçu l’Oscar du meilleur documentaire. Le dernier Gus Van Sant sort également à un moment où le sujet est plus que jamais d’actualité : 30 ans après la mort de Harvey Milk, un autre référendum en Californie est venu rejeter la possibilité pour les couples de même sexe de pouvoir se marier. La figure du militant des droits LGBT est toujours présente, au point qu’un des ses discours les plus marquants a été repris pour la campagne contre la Proposition 8.


Harvey Milk contre la proposition 8
envoyé par GayClic

C’est un film par conséquent politique, ce que l’interprète principal, Sean Penn, récompensé par l’oscar du meilleur acteur, reconnaîtra volontiers lorsque lui fut remis son trophée.

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Harvey Milk est une œuvre touchante sur la vie d’un homme prêt à se sacrifier pour un idéal, celui d’un monde où les hommes pourraient vivre leur amour en toute liberté. C’est aussi celui d’un combat pour les sans-voix, ceux qui, du fin fond de l’Amérique, garde le silence sur ce qu’ils vivent au fond d’eux. Une incitation à sortir de l’hypocrisie, le combat d’une vie, le combat pour la vie.

Pourtant, aussi intéressant que soit le film, et malgré l’habileté du réalisateur à recréer le Castro des années 1970 (en utilisant également des images d’archives), le film ne parvient pas à transcender des émissions fortes, bouleversantes. Est-ce le jeu un peu trop forcé pour être naturel de Sean Penn ? Sont-ce les sous-titres qui m’ont déconcentré ?

Harvey Milk est sans doute un film historique quant au sujet traité et les récompenses qu’il a obtenu, mais pas dans son traitement artistique.


Ciné Gay : “Milk”
envoyé par GayClic
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Un évêque négationniste pour un prêtre libéral !

Titem | 20 février 2009

Richard WilliamsonLe 24 janvier, Benoît XVI révoquait l’excommunication des quatre évêques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X ordonnés par le religieux intégriste Mgr Marcel Lefebvre et excommuniés par Jean-Paul II en 1988. Parmi eux, le britannique Richard Williamson, dont une télévision suédoise avait, de façon assez opportune, diffusé deux jours auparavant une interview dans laquelle il niait que des juifs aient pu mourir dans les chambres à gaz nazies.

Après plusieurs jours de polémique, pendant laquelle la chancelière allemande Angela Merkel elle-même exprima son mécontentement au pape, ce dernier a demandé à Mgr Williamson de revenir sur ses propos. L’évêque négationniste a refusé, déclarant toutefois que si on lui en fournissait les preuves, il reconnaîtrait l’Holocauste. Pratique, d’une certaine manière : on nie le crime – contre l’humanité – pour ne pas avoir à se prononcer à ce sujet (et pourquoi pas, l’approuver).

On croit rêver ! Un homme qui croit sans preuve que Jésus a marché sur l’eau, multiplié les pains ou ressuscité au bout de trois jours demande des preuves d’un crime de masse manifeste !

La Fraternité a toutefois décidé de relever l’évêque de ses fonctions. L’Argentine, où Mgr Williamson demeurait, l’a sommé de quitter le pays sous 10 jours.Ce n’est probablement pas la fin de l’histoire : on n’attend de voir quel sera le sort réservé à cet évêque intégriste, et si l’ordre acceptera finalement de rentrer dans l’Église – et donc de reconnaître les acquis du concile Vatican II.

L’affaire Peter Kennedy

Prêtre catholique de la paroisse St Mary de Brisbane, Peter Kennedy a lui aussi été relevé de ses fonctions, par l’évêque John Bathersby. Les raisons de cette sanction ? Que lui reproche-t-on ? Ce prêtre iconoclaste a eu le malheur d’autoriser des femmes de prêcher et surtout, il a béni des couples homosexuels ! Et ce, malgré les remontrances de son supérieur. Quel crime abominable en effet !

Peter Kennedy n’a pas l’intention de se laisser faire : il a annoncé qu’il continuerait à célébrer la messe et comptait sur une église “pleine à craquer” pour montrer l’hostilité de ses fidèles à la décision de l’évêque. Il a par ailleurs précisé que sa pratique était conforme aux vœux du Vatican pour qui chaque fidèle doit participer activement à la liturgie. Quant aux couples homosexuels, il a rappelé qu’il ne s’agissait que d’une bénédiction, et non d’un mariage.

Bien sûr la décision de réintégrer les évêques intégristes et de démettre de ses fonctions le prêtre libéral n’a pas été prise par la même personne. Mais quand même, quelle image déplorable de l’Église qui accueille des intégristes d’une part et rejette toute ouverture de l’autre. Ce sont les mêmes qui refusent aux femmes de prendre une part active aux messes ; on se demande bien sur quel fondement, si ce n’est par idéologie rétrograde. Les mêmes qui stigmatisent les homosexuels, et refusent qu’ils puissent vivre leur foi comme les autres et puissent être bénis – acte religieux qui, on l’oublie souvent, était courant il y a bien des siècles.

Si l’on ajoute à cela que le Vatican a refusé de signer une proposition permettant de dépénaliser l’homosexualité, se plaçant au côté de pays qui condamnent les homosexuels à la peine de mort, on se dit que décidément, l’Eglise a totalement perdu le sens des valeurs.

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L’homoparentalité : Parents comme-ci, enfants comme ça

Titem | 18 février 2009

A en croire plus de deux cents études conduites en France, les enfants élevés dans des familles homoparentales ne présentent ni plus ni moins de troubles que lorsqu’ils sont élevés dans une famille où sont présents les deux sexes au quotidien. La France compte aujourd’hui environ 100 000 familles homoparentales.

Documentaire de Jean-Pascal Hattu, produit par Crescendo Films.

Parents comme-ci, enfants comme ça.jpgFrance 5 diffusait hier soir un court documentaire sur cette question d’actualité qui suscite bien des polémiques, à mon sens inutiles : l’homoparentalité. Car en effet pour qui daigne s’intéresser au sujet sans préjugé et surtout sans y réfléchir in abstracto (c’est-à-dire en prétendant avoir une opinion mesurée pseudo philosophique, morale ou religieuse, voire les trois, sans observer le réel) on se rend bien compte, ainsi que les études l’ont observé, que ces enfants élevés dans ce cadre sont en mesure de s’épanouir aussi bien que les autres. Il ne s’agit pas de remettre en cause un modèle traditionnel, mais de montrer que celui-ci n’est qu’un modèle et qu’il existe d’autres cadres familiaux au sein desquels il est tout à fait possible de grandir et d’être éduqué.

Pas de drames ni de révélations fracassantes. Dans ce documentaire, le réalisateur s’attache en effet à montrer le quotidien de trois familles dites homoparentales dans lesquelles finalement, à quelques détails près, parents et enfants se révèlent comme les autres. Une réalité qui concerne de nombreuses familles en France.

Géraldine a deux mamans, elle est née de l’union de l’une d’elles avec un très bon ami. Lola a été adoptée lorsque sa mère était célibataire, avant de vivre avec une autre femme. Léo les a ensuite rejointes, adopté lui aussi. Quant à Nicolas, ses parents se sont séparés, chacun pour un autre homme. Des histoires et des parcours différents pour ces trois familles homoparentales. Plutôt que d’interroger les principaux témoins sur la façon dont ils ont grandi, élevés par deux parents du même sexe, le réalisateur filme sans ajouter aucun commentaire leurs échanges avec les membres de leur entourage. Ainsi, chacun feuillette son album de famille, se questionne sur les moments clés de son existence, revient sur les événements et les faits marquants.

Des enfants comme ça, bien dans leur tête. Mais le documentaire n’omet toutefois pas de parler de ce qui peut poser problème, et notamment le regard des autres. Celui des autres enfants bien sûr, mais également celui du reste de la famille, lorsqu’une mère évoque la difficulté à être considérée comme la “seconde maman” aux yeux des autres. Une autre mère s’interroge sur la question de l’autorité, regrettant parfois l’absence d’un père pour son fils, et finit par se dire que ce n’est qu’une idée reçue, et que les choses n’auraient peut-être pas été si différentes. Et de conclure que la question de la “compétence” des couples homoparentaux leur soumet à tellement de pression qu’ils sont sans doute plus exigeants avec leurs propres enfants.

France 5 a eu la bonne idée d’introduire et de conclure ce documentaire par les commentaires du psychanalyste Stéphane Nadaud, qui a étudié les enfants des couples homoparentaux. Ce dernier a ainsi souligné le flou juridique qui règne autour de ces familles, ce qui peut poser problème si le seul parent reconnu décède. Il a également rappelé à juste titre la nécessité de dépasser la question de l’altérité (masculin/féminin), et qu’un parent peut très bien incarner l’autorité ou la tendresse à tour de rôle.

Un documentaire rafraîchissant qui vient nous rappeler, ainsi que le dit une mère, que ce qui importe, c’est d’abord l’amour.

Pour des informations pratiques, on pourra consulter le site de l’Association des Parents Gays et Lesbiens. On peut également écouter les invités de Faustine Bollaert dans son émission d’Europe 1 “Et si c’était ça le bonheur ?” du lundi 16 février.

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