Une gang loin de la rue
Titem | 25 mars 2008Le programme Vision vers l’avenir, financé par les contrats de ville, a été mis en place en 2005 par l’équipe de basketball des Monarques, établi dans Saint-Michel. Il offre la possibilité aux jeunes Michelois de pratiquer été comme hiver des sports collectifs. Un moyen de canaliser leur énergie, d’empêcher l’oisiveté et la délinquance après les cours.
«Nous voulions ramener des jeunes qui n’étaient pas touchés par les activités sportives. C’est pour cela que nous avons créé Vision vers l’avenir», indique Wildano Félix, coordonateur de ce programme et entraîneur des Monarques. Les jeunes du quartier peuvent s’entraîner dans les parcs de Saint-Michel l’été et dans le gymnase de l’école Louis-Joseph-Papineau le soir.
Grâce au financement contrat de ville, les animateurs sont formés pour encadrer les jeunes, auxquels on procure le matériel approprié. «Ils font du basket, du soccer, du hockey. Nous leur fournissons l’équipement pour pratiquer le sport qu’ils aiment», confirme-t-il.
Un programme qui peut s’enorgueillir de son succès. «À chaque séance le soir ou en camp de jour, 70 jeunes de tout âge, de tout niveau, fille ou garçon, viennent s’amuser», mentionne Wildano Félix.
Mais ce programme n’est pas seulement ludique. Le but est de faire de la prévention auprès des participants. «Ils sont responsabilisés et évalués sur leur comportement», explique Wildano Félix. «On propose aux meilleurs d’intégrer les Monarques, mais également, à ceux qui le souhaitent, d’entraîner à leur tour les plus jeunes. On leur permet ainsi de jouer un rôle positif dans leur quartier».
C’est le cas de Darcy qui a bénéficié de Vision vers l’Avenir et entraîne aujourd’hui une équipe de garçons. «À l’époque, j’avais décroché de l’école. Wildano est venu me voir et m’a proposé d’entraîner à condition que je reprenne les cours. Aujourd’hui, je peux gagner un peu d’argent et j’ai du temps pour étudier». Candie, une autre animatrice, ajoute : «On demande aux jeunes d’avoir des bonnes notes et d’aider ceux qui éprouvent des difficultés scolaires. Après ils sont contents de venir nous montrer leur bulletin». Deux filles qui servent de modèles pour les plus jeunes.
«À leur âge, on devait aller jusque Villeray ou Montréal-Nord pour faire du sport», rappelle Wildano Félix. «On a vu certains de nos amis mal tourner. Aujourd’hui, ces jeunes, ce sont aussi nos petits frères, nos petits cousins. On veut les occuper pour qu’ils ne traînent pas dans les rues et fassent des coups. En cas de besoin, on est capable de leur parler pour les remettre dans le droit chemin».
«Finalement, on ne forme pas une gang de rue mais une gang de sport !», se réjouit Candie.















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