Une nuit américaine à attendre la victoire d’Obama
Titem | 5 novembre 2008Nuit blanche à l’appartement avec des amis pour assister à la victoire de celui qui devient le 44e Président des États-Unis, et le premier afro-américain élu à ce poste. La soirée avait commencé à la Maison Américaine de Rennes, qui ouvrait ses portes pour nous offrir la possibilité de regarder le regarder une partie de la soirée électorale dans sa salle de conférence. Malheureusement à 23h15, alors même qu’aucun résultat n’était encore sorti, extinction des feux ! Il fallait partir, non sans avoir au préalable obtenu quelques badges en faveur de Barack Obama… ou John McCain.
J’ai vraiment envie de suivre l’élection américaine jusqu’à ce que les résultats soient connus, d’autant que je n’ai pas cours le lendemain. Je propose à mes amis de me rejoindre dans mon appartement pour poursuivre cette soirée électorale.
Les premiers résultats ne sont pas vraiment positifs pour Obama et le voient défait dans de nombreux États où il devait absolument s’imposer, ces fameux « swinging states » ou États-clefs. On s’inquiète, mais pas de panique : il s’agit peut-être d’un dépouillement d’un comté plutôt en faveur des universités. La suite nous confirme cette impression. Barack Obama est vite crédité par CNN d’une confortable avance sur John McCain, emportant comme prévu les États de la Nouvelle Angleterre, avant-même que les dépouillements ne démarrent. Il en va de même pour les États du Sud et le sénateur de l’Arizona.
Dans les swinging states, c’est beaucoup plus serré. Les choses évoluent de minutes en minutes, l’écart se creuse puis se resserre, on passe devant son adversaire qui nous repasse devant… On essaye de postuler l’évolution des résultats des votes en fonction du profil socioéconomique des comtés qu’il reste à dépouiller. Finalement, CNN prédit grâce aux sondages sortis des urnes et aux premiers résultats la victoire du sénateur de l’Illinois dans l’Ohio, en Pennsylvanie, en Floride… Un seul suffisait, les jeux sont quasi faits. Les bureaux de vote sur la côte Pacifique ne sont toujours pas fermés, mais la quasi-certitude de l’attribution de leurs grands électeurs garantit la victoire de Barack Obama. Nous commençons à bâiller, à être un peu fatigués, mais l’on continue de vibrer au rythme de la tombée des résultats des élections.
A 4h30, une journaliste de CNN rapporte que des conseillers de John McCain lui ont déclaré que pour eux, il n’y avait plus d’espoir, qu’il était mathématiquement impossible que le camp républicain rattrape son retard. A 5h05, les choses se confirment : Barack Obama est considéré comme le gagnant de cette élection.
John McCain prononce un discours dans lequel il concède sa défaite, peu après avoir appelé son adversaire démocrate pour le féliciter. Le héros de la guerre du Vietnam est visiblement très ému. « Le peuple américain a parlé et a parlé clairement », commence-t-il. On retrouve le John McCain respectueux, faisant taire les huées quand il prononce le nom d’Obama. Son discours de rassemblement peut étonner en France compte tenu de la violence des attaques survenues lors de la campagne ou de la forte différence idéologique des deux camps. Mais c’est un très beau discours d’un homme honnête, digne.
On n’attend plus que le discours de Barack Obama, un discours pour l’histoire. Un discours pour le changement ? On veut le croire, tant l’homme suscite de l’espoir. Mais le discours, s’il est lui aussi rassembleur, n’est pas transcendant. C’est comme s’il était dépassé par l’ampleur de l’événement.
Bientôt, ce sont mes projections qui sont dépassés. A l’heure actuelle, ce sont 338 grands électeurs qui sont attribués à Barack Obama. Cette nuit blanche est maintenant finie, chacun va pouvoir se coucher avec la certitude qu’une nouvelle page de l’histoire, symbolique, est en train de s’écrire, mais devra également se garder de tout excès d’enthousiasme : changement dans les votes, oui, mais il n’est pas certain que le changement politique soit à la hauteur des espérances soulevées.










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