L’initiative citoyenne européenne, un outil au service d’un espace public européen ?
Titem | 25 mars 2010
La nouvelle Commission européenne avait convié le 22 février 2010 les parties prenantes au « Livre vert sur une initiative citoyenne européenne », visant à réfléchir sur la mise en œuvre de l’initiative citoyenne européenne (ICE). J’ai eu le plaisir de m’y rendre au nom du Mouvement Européen Ille-et-Vilaine et des Jeunes Européens Rennes suite à la contribution envoyée à partir de nos discussions lors du Message à l’Europe du 27 janvier dernier.
Remarque : On dit souvent de la Commission européenne qu’elle est lointaine, qu’elle agit de façon obscure et qu’elle est aux mains des lobbies les plus divers. En réalité, je connais très peu d’organisations ou d’Etats qui soient aussi transparents que l’Union européenne, qui publie presque toutes les contributions extérieures et documents de travail. Depuis 2001 et le Livre Blanc sur la gouvernance européenne de 2001, cet impératif de transparence est un pilier de la pratique politique des institutions européennes.
Cet outil juridique permis par l’entrée en vigueur avec le Traité de Lisbonne est un outil de démocratie participative déjà utilisé dans certains des États-membres de l’Union européenne comme l’Italie, le Portugal ou la Hongrie. Il permet à 1 million de citoyens signataires d’un même texte d’inviter la Commission à se pencher sur le sujet de l’initiative.
Introduite par le nouveau Vice-président en charge des relations inter-institutionnelles et de l’Administration, Maroš Šefčovič, l’eurodéputé Gerald Häfner (Verts/ALE), rapporteur de l’ICE au Parlement ainsi que le secrétaire d’État espagnol aux affaires européennes, Diego López Garrido, cette audition fut l’occasion pour chaque acteur de présenter le tournant démocratique que représente l’ICE et la manière dont elle doit être mise en œuvre pour être pleinement efficace.
Plusieurs représentants des États-membres, ainsi que des promoteurs d’initiatives au niveau national, comme Daniel Schily, du mouvement Mehr Demokratie en Nord-Rhein-Westphalie ont présenté le déroulement des initiatives dans leur pays. Douche froide dans l’assemblée : dans chaque pays, on compte sur une main les initiatives parvenues à leur terme sur plusieurs dizaines de projets.
L’après-midi était consacré aux contributions des différentes parties prenantes au Livre vert. Un certain nombre de propositions des différentes associations européennes – europhiles, citoyennes, d’expatriés etc. – rejoignaient notre propre Message à l’Europe. En particulier, il a été reproché à la Commission européenne et au Conseil européen de s’être déjà accordés sur un certain nombre de points sur lesquels les citoyens souhaitaient débattre. Si à la fin de la journée, la Commission, représentée par le Directeur du Secrétariat Général de la Commission Européenne, Jens Nymand-Christensen, a semblé sensible aux arguments en faveur de l’utilisation d’Internet pour promouvoir les ICE, option écartée lors des premières discussions interinstitutionnelles, il a répondu sans grande conviction que la question de l’âge minimum pour participer (16 ans au lieu de 18 ans proposée par la Commission) serait étudiée.
Si plusieurs participants ont exprimé leur inquiétude vis-à-vis de la frilosité de la Commission européenne, cette dernière a tenu à rassurer sur l’effectivité de l’ICE. Car même si elle perd ainsi une petite partie de son rôle de législateur, l’Union gagnerait sans doute beaucoup à favoriser l’émergence de débats politiques transeuropéens. De ce point de vue, l’Espagne a fait savoir qu’elle tenait à ce que le règlement de mise en œuvre de l’initiative citoyenne européenne soit conclu sous sa Présidence. Affaire à suivre dans les semaines à venir.
A voir également : des reportages de EuroParlTV au sujet de l’initiative citoyenne européenne :







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