Records de neige et autres choses étonnantes
Titem | 10 mars 2008Parler de la neige et de la tempête, mais après les flocons : le beau temps. La tempête souffle sur l’ouest et le nord de la France et s’est même soldée tragiquement par au moins deux décès. Mais rien à envier au Québec, et inversement. Les Français sont totalement désemparés lorsqu’il tombe 5 centimètres de neige et tradition nationale, se plaignent.
En Belle Province, les Québécois commencent à être « tannés » de la neige. Et on comprend pourquoi. Pensez-donc : près de 4m50 à Québec. 347 centimètres en moyenne à Montréal, à 36 centimètres près du record de 1971. Des records vont bientôt tomber : on annonce une autre tempête dans les prochains jours.
Je n’aurais pas vraiment à me plaindre : j’avais envie de vivre l’hiver québécois, celui qui avait emporté une grande partie des premiers colons venus s’installer en Nouvelle-France, je l’aurais eu. Nos maisons sont mieux isolées, on peut avoir des vêtements plus chauds plus facilement, et je n’aurais pas connu, hormis avec le facteur vent (ou “indice de refroidissement éolien”) des températures inférieures à -20°C. Il fait moins froid mais il a neigé bien plus. Mais était-il besoin de descendre plus bas pour affirmer fièrement : j’ai (sur)vécu à l’hiver québécois ?
Exagération abusive diront certains. Si peu… Il neigeait un peu ce samedi. Rien auquel je ne me suis pas habitué depuis ces semaines. Je visite le musée des Beaux-Arts de Québec.Quand je sors, il neige comme jamais je n’ai eu l’occasion de voir, et comme jamais je ne reverrai je pense. Ça se calme. Plus tard je soupe dans un petit restaurant fort chaleureux du Vieux-Québec. A la sortie, une heure et demie plus tard, les rues sont déjà recouvertes d’un tapis de près de 15 centimètres de neige. Des flocons aussi énormes que des balles de ouate qui dissipent presque entièrement la vue. Un vent terrible qui rend la marche périlleuse ; certains flocons sont comme de petites billes de plomb qui s’abattent sur votre visage. Et le froid bien sûr. Mordant. Heureusement l’hôtel n’est pas loin, le calvaire ne durera que quelques minutes apocalyptiques si l’enfer avait été au niveau du cercle polaire plus qu’au centre de la terre.
Le lendemain, certaines rues sont difficilement praticables. Le Vieux Québec est très pentu et les déneigeuses ont plus de mal à faire leur travail.
Situation absolument ahurissante : les cabines téléphoniques sont envahies par la neige, il faut monter sur la neige amassée et tassée sur le côté par les machines pour pouvoir téléphoner tout en étant recroquevillé !
On veut se rendre au musée des civilisations. Des personnes attendent devant l’entrée. Fermé à cause de la tempête. Il en est de même pour de nombreux musées, plusieurs restaurants et magasins. Ce lundi, les écoles francophones ont été fermées sur décision des commissions scolaires. Mais quoi, on est québécois ou on ne l’est pas ! Les avions, les trains, ça se comprend… Mais les musées, les restos, les écoles ? Et après le passage de la tempête ?? Alors que les principaux axes sont dégagés et que les transports en commun fonctionnent ? Les Français se plaignent, mais les Québécois ne se mouillent pas… Et je le dis d’autant plus que certains Québécois eux-même furent surpris de ces fermetures dont les raisons profondes demeurent obscures.













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