Origines, d’Amin Maalouf (2004)
Titem | 3 mars 2008Il était une fois deux frères, Gebrayel et Botros, nés dans ce Liban de la fin du XIXe siècle encore partie intégrante de l’Empire ottoman. Le premier rêve de conquérir le monde et quitte l’Orient natal pour faire souche à Cuba. Le second, homme de pensée et de livres, reste au pays. Ainsi commence la saga des Maalouf, sédentaires ou nomades, emportés par l’histoire dans une diaspora familiale, et que relient, du Brésil à l’Australie et des Etats-Unis à la France, le bruissement d’un nom et la conscience d’une origine commune.
C’est à cette «tribu», dont il reconstitue l’histoire avec la rigueur d’un archiviste et l’empathie d’un romancier, que l’auteur du Rocher de Tanios (prix Goncourt 1993) rend un magnifique hommage d’amour et de fidélité. Pour l’écrivain, lui-même en exil, n’est-elle pas sa seule patrie ?
Parce qu’avant de partir au Canada, on m’avait conseillé de me renseigner sur mes origines, un sujet sur lequel les Canadiens tiennent tout particulièrement. Parce que je venais de lire Samarcande, du même auteur, et que ce livre m’avait enchanté. Je ne pouvais pas, en tombant sur ce livre à quelques minutes de mon embarquement, ne pas l’acheter.
Dans le brouillard épais d’un passé qui est pourtant si proche, Amin Maalouf, cherche des pistes qui lui permettent de mieux comprendre l’homme qu’il est, l’addition de ce que ses ancêtres ont fait de lui. A travers les souvenirs des plus anciens encore vivants et des courriers qui ont traversé les décennies, l’auteur nous ouvre son tréfonds : l’histoire de sa famille. Et l’on découvre l’histoire de deux frères, en proie à la question de l’exil et des relations Occident/Orient, deux thèmes qui reviennent dans les écrits d’Amin Maalouf. Son talent de conteur et son style délicatement oriental font de cette enquête une œuvre passionnante.
Un livre pour l’Histoire (du Liban) et l’histoire personnelle de l’auteur qui, élevant ses ancêtres du Liban et d’ailleurs au rang d’héros romanesques nous invite, à la fermeture de son œuvre, non pas à nous pencher, mais lever la tête vers nos parents, grands-parents, arrières-grands-parents.
D’autres que moi auraient parlé de ‘racines’. .. Ce n’est pas mon vocabulaire. Je n’aime pas le mot ‘racines’, et l’image encore moins. Les racines s’enfouissent dans le sol, se contorsionnent dans la boue, s’épanouissent dans les ténèbres; elles retiennent l’arbre captif dès sa naissance, et le nourrissent au prix d’un chantage : « Tu te libères, tu meurs ! »
Ce livre a obtenu le prix Méditerranée 2004.







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