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Devant le Mouvement Européen Ille-et-Vilaine, Sylvie Goulard fait le vœu de “penser européen”

Titem | 10 janvier 2010

Suite à la conférence donnée jeudi par Sylvie Goulard, Présidente du Mouvement Européen – France, j’ai rédigé un court compte-rendu pour leur site Internet que je vous reproduis ici.

Sylvie Goulard, Présidente du Mouvement Européen – France a tenu le 7 janvier une conférence à l’Institut d’Études Politiques de Rennes devant une assemblée de 80 personnes. Interrogée par des membres du Mouvement Européen Ille-et-Vilaine et des Jeunes Européens – Rennes, la députée européenne élue de la circonscription Ouest a exprimé son point de vue sur les défis qui attendent l’Europe en cette nouvelle décennie.

Saluant l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne qui accroît les pouvoirs du Parlement, élargit ses domaines de compétences (à l’énergie par exemple) et introduit la Charte des droits fondamentaux, elle a vertement critiqué les « sarcasmes anti-belges » qui ont suivi la nomination de Herman Van Rompuy, remarquant que si l’on connait si peu les hommes politiques majeurs des autres États-membres, c’est aussi de la responsabilité des médias.

Au sujet des conséquences de la crise économique, Sylvie Goulard a salué l’action de l’Union européenne sur le volet financier, estimant qu’en particulier, l’euro et la Banque Centrale Européenne avaient joué leur rôle. Elle estime qu’en revanche beaucoup de mesures restent à prendre contre le chômage et pour la croissance, et invite les responsables politiques à prendre leur responsabilité et à prendre davantage en compte l’aspect européen des défis auxquels nous sommes confrontés.

Invitée à partager son opinion sur l’identité européenne, la Présidente du Mouvement Européen – France a fortement désapprouvé le débat actuel sur l’identité nationale, considérant qu’un pays n’est jamais aussi grand que lorsqu’il respecte la sensibilité des autres. Elle a invité le jeune public venu l’écouter à faire l’effort d’apprendre les langues, car elles rendent humbles.

Sylvie Goulard s’est également déclarée choquée par « le comportement désinvolte » de la France, qui a l’intention de nommer les deux députés européens supplémentaires auxquels elle a droit depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, plutôt que d’avoir prévu leur élection en juin 2009, et ce en violation des traités communautaires.

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Conférence de Sylvie Goulard sur l’Europe en 2010 – Jeudi 7 janvier à l’IEP de Rennes

Titem | 5 janvier 2010

Si vous pensez que les députés européens sont des gens que l’on ne voit jamais, qu’on ne sait pas ce qu’ils font et que d’ailleurs cela va toujours à l’encontre de l’intérêt des citoyens… Si vous pensez que les députés européens sont à Bruxelles parce qu’ils ont été mis au placard, que comme Rachida Dati, l’Europe ne les intéresse pas car elle ennuyeuse,qu’elle n’est rien d’autre qu’un monstre bureaucratique qui n’a rien de démocratique…

Et même si au contraire vous avez une vision plus positive (et plus proche de la réalité !) de l’Europe, ce projet communautaire au service de 500 millions de citoyens, que vous croyez à la légitimité de l’Europe pour agir au quotidien sur le contenu de nos assiettes, notre liberté de circuler…

Alors cette conférence, qui que vous soyez, est de toute façon faite pour vous : Sylvie Goulard, députée européenne ADLE, viendra ce 7 janvier à 18h30 à l’IEP de Rennes (104 boulevard de la Duchesse Anne) pour nous parler de façon franche du fonctionnement de l’Europe, les avancées du Traité de Lisbonne, ce que l’on peut attendre de l’Europe en 2010, notamment pour lutter contre les conséquences de la crise économique.

Cette conférence est organisée par le Mouvement Européen 35, avec le soutien des Jeunes Européens Rennes et en partenariat avec Sciences Po Rennes et l’association étudiante Ysegoria. Pour ma part, j’animerai en compagnie de Marie-France Mailhos, du Mouvement Européen 35, la première partie de cette conférence. Vous pouvez annoncer votre présence sur la page Facebook de cet événement : http://www.facebook.com/event.php?eid=197151302377&ref=ss

Alors venez nombreux : c’est l’occasion où jamais de dépasser vos préjugés sur l’Europe et de rencontrer votre députée ! Vous n’avez plus d’excuses pour dire “on ne les voit jamais”.

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Les Novembre du XXe siècle ; mémoires distinctes et partagées ; responsabilités communes. Conférence d’Ingo Kolboom [Archive]

Titem | 13 novembre 2009

La lecture de cet article de CaféBabel, “9/11, Le jour où l’Allemagne croise son destin“, m’a rappelé à mon bon souvenir l’une des conférences les plus intéressantes à laquelle j’ai pu assister. C’était en novembre 2006, j’étais alors étudiant en 2e année à Sciences Po Rennes. Je poste ici le compte-rendu de la conférence que j’avais publié sur mon ancien blog, et dont les analyses me semblent toujours pertinentes et intéressantes, à l’heure où nous célébrons le 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin.

Professeur spécialisé dans les questions de relations franco-germaniques et germano-québecquoises, Ingo Kolboom nous a offert une conférence de très haute qualité intellectuelle, l’humour et le goût de la langue française en plus. Accompagnant des élèves de l’université de Dresde, où il enseigne, il a confié son plaisir de venir tenir cette conférence devant des jeunes, qui représentent l’avenir. Les jeunes et l’avenir, qui innerveront toujours ses propos sur le sujet dont je vous livre un compte-rendu :

“Les Novembre du XXe siècle : mémoires distinctes et partagées ; responsabilités communes.

Hasard du calendrier, son séjour en Bretagne, jumelée avec la Saxe, concorde avec deux dates très spécifiques, considérées comme des “lieux de mémoire” selon l’expression de Pierre Nora : les 9 et 11 novembre. Novembre : le “miz du” des bretons.

Le 9 Novembre est souvent perçu comme une date allemande : celle du chute du Mur. Mais le 9 Novembre 1989 représente plus encore : la chute d’un régime ouvrant la voie à l’unité allemande. Un jour de fête, et de retrouvailles démocratiques pour un peuple entier, divisé en deux États. Mais l’euphorie est de courte durée. Les déçus de la réunification font entendre leurs voix (n)/ostalgiques. Les chansons laissent place à des “balbutiements de miséricorde” : la peur d’une Allemagne trop grande, trop efficace, s’efface au profit d’une vision de l’Allemagne malade.

Les lendemains déchantent : ce 9 novembre qui aurait dû devenir une fête nationale ne l’est pas devenu. Car d’autres soirs de novembre ont jeté de longues ombres sur les retrouvailles de 1989…

Le 9 novembre 1938, à l’appel de Joseph Goebbels, les Nazis mettent le feu à 2700 synagogues, tuent 400 Juifs allemands et en déportent 30.000 autres. C’est la Nuit de Cristal, signe avant-coureur de ce qui sera l’Holocauste. Ingo Kolboom se perçoit, comme d’autres de sa génération, comme un enfant de Goethe et d’Auschwitz.

Le 9 novembre 1918, le Kaiser Wilhelm II abdique. Scheiderer proclame la 1ère République sur le balcon du Reichstag, alors que le pays est en pleine débâcle politique et militaire.

5 années plus tard, les militants du NSDAP veulent venger l’affront de la République de Weimar. Avec une bande armée, Hitler tente le “putsch de la brasserie” à Munich. Un événement sanglant, célébré en grandes pompes et sur un culte de la mort dès 1933. Hitler attribuera la plus haute distinction aux “héros” du 9 novembre 1923 : l’ordre du sang.

Mais en 1989, le mois noir a acquis une autre lueur, par la chute d’une Bastille qui encadrait un Etat, au cours d’une révolution pacifique, sans guillotine. Ces 9 novembre ne sont-ils que “un jour de destin allemand” ?

La réponse est clairement négative : ces événements ont un dimension européenne, dont la France fait partie intégrante. Car la jeune République de Weimar fut “un malheureux enfant bâtard d’un malheureux traité inspiré par la revanche”, revanche forte dans les esprits de la France du Tigre Clemenceau, et qui porta les germes qui inspirèrent plus tard la révolte allemande. Les Nazis ne cessèrent pas d’accuser la République de Weimar d’être coupable de haute trahison aux yeux du peuple allemand.

Voilà pourquoi le 9 novembre ne fut pas une entière fête de retrouvailles. Elle marque néanmoins le retour, selon l’expression de l’écrivain français d’origine tchèque Milan Kundera le retour de “l’Europe kidnappée”. Car la RDA ne faisait pas que revenir à l’Allemagne et à la démocratie, mais également à l’Europe, et aux régions, par la création de nouveaux Länder.

Il existe d’autres 9 novembre, connus en France, et que les Allemands n’ont aucune raison de ne pas connaître. Le 9 novembre 1970 marque en effet la mort de Charles de Gaulle dans sa maison de la Boisserie à Colombey-les-deux-églises ; son lieu de retraite, où seul le chancelier Konrad Adenauer y fut reçu en entretien privé, et y coucha, en septembre 1958.

Charles de Gaulle a œuvré pour la réconciliation franco-allemande, ce que témoigne notamment la signature du traité de l’Élysée en janvier 1963. Adenauer. De Gaulle. Deux caractères opposés qui s’engagent pour une politique commune, raisonnable, dans l’idée de Paul Valéry : “Les bonnes arrières-pensées font les bons traités”. L’amitié sans gesticulations émouvantes des deux hommes posait les jalons des couples franco-allemands.

Anecdote moins connue : Konrad Adenauer fut élu membre associé étranger de l’Académie des Sciences Politiques et Morales de l’Institut de France. Il siéga au fauteuil n°12, futur siège de Leopold Sendar Senghor, à partir… du 9 novembre 1964 !

Le 11 novembre, alors que les fous du Rhin donneront le coup d’envoi du carnaval en Allemagne, les Français se recueilleront sur les tombes de leur 1,3 millions de soldats “morts pour la France” (“D’Hor Bugale Maro Evit Ar Bro“) : la Saxe et la Bretagne ont également ceci en commun, qu’ils ont payé un tribut plus lourd que les autres. Le 11 novembre représente pour la France sinistrée une date de commémoration.

Là encore, cette histoire ne concerne pas uniquement la France, mais aussi l’Allemagne, et plus largement l’Europe. Le 11 novembre 1914, suite au miracle de la Marne et l’échec du plan Schlieffen, la Première Guerre Mondiale s’enfonce dans la guerre de tranchées. On transforme la France en gigantesque champ de batailles, de boue, d’obus et de sang.

Le 11 novembre 1942, la Wehrmacht occupe la zone libre de la France. La France, hantée par le STO et le souvenir de Vichy, se ressaisit dans le consensus national porté par De Gaulle : la France libre et résistante. Mais la France a fini par se pencher, de manière plus objective mais pas moins douloureuse sur son passé.

Les 11 novembre sont donc apparemment un jour de destin français. Les vestiges de novembre ont façonné nos mémoires, respectives et distinctes, mais inséparablement liés dans un même destin. Il fallut beaucoup de temps à la France et à l’Allemagne pour se réconcilier. Ceci fut néanmoins réalisé grâce à la sagesse politique, et le sens des responsabilités.

Aujourd’hui les jeunes sont libérés de ce passé. Il fallut 50 ans pour produire un manuel d’histoire franco-allemand, une banalité intelligente. Car la réconciliation ne prit pas 50 ans : mais bien un siècle, la fin d’un siècle abhorré dont la chute du mur de Berlin a porté l’estocade aux incertitudes allemandes, et porté le retour de l’Europe kidnappée.

Europe brisée, Europe martyrisée… Europe libérée. Il s’agit maintenant de partager nos mémoires, souffrantes et joyeuses, afin de pouvoir façonner nos responsabilités communes. A nous d’arroser cette fleur de la réconciliation née de la souffrance : tel est le message des novembre du XXe siècle.

La boucle est bouclée : le poids de la mémoire débute par l’euphorie belliqueuse d’un bel été de 1914, et s’achève par l’euphorie d’un printemps des peuples en novembre, ce mois noir. Mais l’euphorie est fortement tempérée. Pour autant, il n’est pas permis de nous enfermer dans un pessimisme de circonstances : le 9 novembre 2006 est inaugurée la nouvelle synagogue de Munich.

Nos efforts distincts autant que communs pour les retrouvailles franco-allemandes sont utiles. Mais l’oeuvre n’est pas achevée. Rien n’est jamais acquis, mais il ne faut pas abandonner l’ouvrage commun : il faut imaginer Sisyphe heureux.

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De quoi a-t-on peur ? De la grippe ?

Titem | 2 mai 2009
Crédit photo : ZYG_ZAG [Flickr]

Crédit photo : ZYG_ZAG (Flickr)

Grippe porcine, grippe mexicaine, nouvelle grippe, grippe A, H1N1… On ne peut plus allumer la radio ou la télévision sans entendre parler de cette épidémie. Hier, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, annonçait la découverte des deux premiers cas français avérés, ainsi qu’un “cas très fortement suspect qui risque de se révéler très probablement positif”. C’est ce qui s’appelle avoir le sens de la précision… ou la langue de bois. Cette annonce est presque un soulagement pour notre pays : nous ne sommes pas exclus de la marche du Monde (et de la psychose générale). La grippe ne se sera pas arrêtée à nos frontières comme le nuage de Tchernobyl.

Détail trivial : jeudi soir je me suis rendu au gala de fin d’année de mon école (Sciences Po Rennes), qui avait pour thème “bal masqué”. J’avais parié que certains ne manqueraient pas d’humour et viendraient avec un masque FFP2 – celui dit “en bec de canard”, le seul qui puisse vous protéger contre ce virus de la grippe, soit dit en passant. Je n’ai pas eu tort.

D’ailleurs je pense qu’effectivement il vaut mieux en rire. Certains en sont morts, me direz-vous. C’est exact. Mais combien par rapport au nombre de cas détectés ? Après avoir annoncé des taux de mortalité exorbitants, les autorités scientifiques et médicales ont revu leurs chiffres à la baisse (ici, en anglais). C’est une grippe, c’est une maladie qui épuise, qui peut être mortelle, mais reste bien souvent bénigne.

Mais là, on parle de cette grippe car, fait assez rare, la maladie est une combinaison de plusieurs souches de virus touchant trois espèces : l’homme, l’oiseau et le cochon. Ces souches se sont combinées chez le cochon (duquel nous sommes assez proches génétiquement) en un virus à cause duquel l’homme est susceptible de développer cette nouvelle grippe. Mais il existe des médicaments pour s’en prémunir et dans quelques mois, un vaccin sera mis sur le marché.

Parler de grippe porcine est un abus de langage, puisque c’est d’abord l’homme qui contamine ses semblables, par ses éternuements. D’où la nécessité de se laver les mains fréquemment, d’utiliser des mouchoirs, voire des masques dans les lieux confinés et/ou très fréquentés (avions, musées, écoles…). Cela signifie également que, la maladie se transmettant par voie respiratoire, on peut consommer du porc sans risque.

De quoi a-t-on peur ?

On se souvient de la véritable psychose qui s’était emparée du pays lorsque l’on a parlé de la grippe aviaire : 500.000 morts annonçait-on ! Au final, peut-être 3 malheureux oiseaux furent du nombre des victimes. J’y trouve là quelques similitudes, même si ici, des hommes et des femmes ont été touchées. Et je ne parle pas ici des paranoïaques des ondes qui souffrent d’horribles maux de têtes rien qu’en voyant une éolienne ou une antenne téléphonique.

Les médias ne font pas autant de tapage sur le SIDA qui ravage le continent africain (sauf quand un pape tient des propos mensongers sur l’efficacité du préservatif) ou sur le paludisme, véritable scandale sanitaire : de simples moustiquaires sauveraient des dizaines de milliers de vies chaque année !

J’aurais même tendance à croire que si l’on en parle tellement et si nos gouvernants sont autant sur le qui-vive, c’est pour éviter de parler de la crise, et en particulier de montrer la difficulté qu’ils ont à la maîtriser. Une maladie, ça se circonscrit. Un malade, on peut l’isoler et le soigner. Mais une crise économique et financière, doublée d’un malaise sociale ?

Je reste assez surpris par la peur qui se propage encore plus vite que ce virus, je ne la comprends pas bien, pour toutes les raisons que j’ai invoquées ci-dessus. Je crains bien davantage la situation au Pakistan, et le risque de voir les Talibans s’emparer de ce pays détenteur de l’arme atomique. Je me méfie des gesticulations nucléaires nord-coréennes pour tester Barack Obama. J’ai de l’appréhension pour les élections iraniennes, qui suivront de quelques mois l’élection récente d’un Parlement “faucon” en Israël. Je suis très inquiet quant à l’avenir de notre planète en raison des gaz à effet de serre et du réchauffement climatique ; nous agissons trop peu et trop lentement. Voilà de véritables sujets déterminants qui mériteraient bien davantage que nous nous en préoccupions.

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Passer son Grand Oral à Sciences Po Rennes sur François Mitterrand

Titem | 26 mars 2009

Cela va maintenant faire une semaine que je l’ai passé. C’est une épreuve à laquelle on pense pourtant des semaines, des mois, voire des années à l’avance pour certains, tant elle est crainte, vénérée… A sa simple évocation, on ressent ce mélange d’excitation mêlée de stress. Le Grand Oral, ou “Grand O” pour les intimes. Ce n’est plus une épreuve absolument déterminante pour l’obtention de notre diplôme de fin d’année à Sciences Po. Depuis la masterisation, elle se déroule, à l’Institut d’Etudes Politiques de Rennes, au deuxième semestre de la 4ème année. Elle a beau avoir perdu son caractère décisif, il n’en demeure pas moins que le “Grand O” constitue toujours une sorte de rituel de passage, un symbole qui marque de son empreinte chaque étudiant.

30 minutes. 10 minutes de passage sur un des deux sujets que vous aurez pioché au hasard. 20 minutes d’entretien, au cours desquelles le jury, composé de 3 professeurs, revient sur votre exposé et essaye de pousser plus loin votre réflexion. Pas un cassage en règle nous dit-on, et pourtant, les fantasmes vont bon train, de même que les critiques sur les inégalités de traitement entre les sections. Il faudra pourtant bien y passer. L’objectif étant de mesurer notre capacité à conduire une réflexion, l’étayer d’arguments et d’exemples, en faisant preuve d’une certaine aisance. Ni Questions Pour un Champion, ni concours d’éloquence. Mais on ne doute pas de l’exigence de l’exercice avant de l’avoir soi-même vécu.

Fraîchement entré à Sciences Po Rennes, je m’imaginais seul dans l’amphithéâtre Erasme, assurément trop grand pour moi, seul, en face d’un jury de 3 personnes peu amènes qui tournaient le dos à un public parsemé, parmi lesquels on pouvait voir quelques professeurs bienveillants, des amis qui vous soutiennent, et d’autres curieux.

Au début de l’année, les pronostics allaient bon train sur “les pires sujets du Grand Oral”. La sortie de mon professeur d’anglais sur l’art abstrait m’avait fait grimacer “Vous en rigolez, mais dites-vous que cela peu faire l’objet d’un sujet de Grand Oral”. Ça ou l’art étrusque, les fleurs, le blues ou encore la sociologie durkheimienne… Sur quoi valait-il mieux tomber ?

Les épreuves auraient en réalité lieu dans les salles de conférence de méthode. Je ne vais pas dire que j’étais déçu, au contraire. Les premières personnes à passer ont partagé les sujets sur lesquels ils ont eu à s’exprimer. Rien de terrifiant, ils relevaient de sujets “classiques” de culture générale. Certains pourtant était clairement orientés “droit”, ou plus difficiles à problématiser.

En définitive, je rêvais bien sûr d’un sujet sur lequel j’avais des positions claires, afin de pouvoir exposer mon opinion parfaitement argumentée. Ou alors un sujet bien historique. Quelques heures avant, la moindre expression, la moindre actualité me faisait réagir : et si ça tombait sur ça ?

Statue François Mitterrand LilleFinalement, j’eus le choix entre les biens publics mondiaux et François Mitterrand. J’ai pris le second. Une heure de préparation. Passage. François Mitterrand. Sa vie, son œuvre, son style. Que reste-t-il aujourd’hui du Président de la République qui eut le plus long mandat en France ? L’homme du programme commun de la gauche. Mitterrand le Prince, celui qui abolit la peine de mort… mais aussi le mystère qui entoure cet homme et qui sans doute a contribué à forger le mythe François Mitterrand, avec sa part d’ombre. J’évacuais volontairement toute la question de sa politique étrangère pour être interrogé à ce sujet en entretien. Ça n’a pas manqué… Je réponds aux questions que l’on me pose. Sur l’Allemagne, sur la guerre du Golfe, les banlieues, ses relations avec la gauche… Mais pas toutes les questions. Je préfère ne pas spéculer sur ses relations avec Israël ou l’extrême-gauche, que je connais mal. Et là, intérieurement, je regrette de ne pas mieux me souvenir des cours de prépa sur François Mitterrand, ou des cours de politique étrangère de la France. Mais on ne peut pas tout retenir malheureusement. Et puis j’avais deux possibilités parmi 220 sujets.

Dernière question. Mitterrand a-t-il été le personnage d’œuvres littéraires ou cinématographiques. Oui, le Promeneur du Champ de Mars. Qui l’a réalisé ?… Je ne m’en souviens plus. “C’est un réalisateur d’origine arménienne”. (Ah, donc ça finit en -ian… je vais éviter de le dire ça). “Vous savez donc comment son nom finit”. Comme si elle avait lu dans mes pensées. Mais ça ne me revient pas. Tant pis, vous aviez au moins le nom du film.

Je les remercie, je rassemble mes affaires. “Robert Guédiguian ?” les interrogè-je. Le nom est lâché. J’ignore de quelle partie de mon cerveau il provient, mais il est apparu soudainement. “Ah ben vous voyez, ça vous est revenu”. Nous sourions de cette réponse insolite. La mémoire est vraiment capricieuse !

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Récit d’une journée de grève au soleil à Rennes vécue par un passant

Titem | 19 mars 2009

IEP de Rennes bloquéCe matin, je reçois un courriel : une amie me propose d’aller manger avec une autre amie au restaurant universitaire de la fac de Droit. Ça tombe bien, il avait été une nouvelle fois décidé hier en assemblée générale que notre école, l’IEP de Rennes, serait bloquée. Les professeurs en grève ce jour-là n’assurent pas leurs cours. Qu’à cela ne tienne, il fait beau, c’est l’occasion de prendre l’air et de sortir la tête de ses bouquins et son ordi ! Avant de partir, je télécharge les podcasts du jour. Ceux de France Inter, d’habitude rarement en retard, ne se mettent pas à jour. Et pour cause : la programmation régulière est suspendue en raison de la grève.

Je m’y rends à pied : les transports en commun sont fortement perturbés de 10h à 15h30 environ. J’arrive devant le restaurant universitaire de la Fac de Droit : celui-ci est fermé en raison de la grève. Si l’on veut manger, il faudra trouver autre chose. Les boulangeries et les petites supérettes sont prises d’assaut.

Place Sainte Anne. Quand elle n’est pas squattée par des marginaux alcoolisés et entourés de leurs chiens, quand le ciel d’étain s’ouvre, il est fort agréable de se poser pour manger une crêpe ou prendre un verre. Les terrasses en soleil sont toutes occupées, celles à l’ombre sont délaissées. A la sortie de cet hiver gris et froid, voilà que les corps commencent à se dénuder, la peau recherche les rayons du soleil.

Faute de place, nous choisissons finalement un petit bistrot sur la place des Lices. A côté de nous passent régulièrement des petits groupes qui portent fanion, badges et autocollants. Sans doute qu’en cette journée de grève, où l’activité économique marche au ralenti, les gens profitent de cette journée plus calme pour manger à l’extérieur. Le temps clément aidant, ce sont finalement les restaurateurs qui en profitent. Une amie me répète ce qu’elle a entendu : à Paris, des salons de beauté ont même prévu de faire des tarifs spéciaux pour cette journée de grève !

Je décide ensuite de passer aux Champs Libres. Je prends le métro. Avantage : il est automatique, le trafic est donc normal. Lorsque je sors à l’arrêt Charles de Gaulle, je vois devant le nouveau Gaumont un rassemblement assez important de militants : les banderoles sont déployées, slogans revendicatifs ou couleurs syndicales. Des poteaux portent des cartons où l’on incite à prolonger le mouvement au-delà de la grève.

Les Champs Libres sont fermés. A l’intérieur, les hôtesses d’accueil attendent sagement à leur poste. J’appelle. On me répond que le bâtiment est fermé : c’est une précaution pour éviter des débordements. Ils réouvriront normalement une fois le mouvement dispersé. Ils auraient pu mettre une affiche…

Un groupe défile derrière une grande banderole des travailleurs syndicaux. Un jeune homme chante – faux – une chanson où il dénonce notamment “les bourgeois”. A croire qu’il ne ferait pas bon réussir sa vie (et pas besoin d’avoir une Rolex pour ça). Une fillette, à qui je ne donne pas 5 ans, porte une lourde pancarte anti-sarkozyste. Elle a un autocollant promouvant un parti écologiste sur le bras droit. Elle suit le pas vif de ses parents et la poussette de leur enfant sur lequel des autocollants syndicaux ont été posés. A peine un an, et déjà une voiture tunée. Je me méfie de ces parents qui utilisent leurs enfants dans des contestations, mais quand on a personne pour les garder…

Plus loin, FO se tient serrée et cantonne l’Internationale avec conviction : “du passé, faisons table rase…”. Cela ne me surprend plus, même si aujourd’hui, j’ai, comme beaucoup, le sentiment que le dysfonctionnement est réel, et qu’il appelle à des changements profonds, mais pas forcément à une “révolution”.

La révolte, elle, est pourtant bien là. Sur le Boulevard de la Liberté, les manifestants sont nombreux, la circulation est bloquée. Les voitures n’essaient même pas de passer, je les comprends. Lorsqu’il y a une semaine, un petit groupe d’une centaine de lycéens bloquaient les quais et que j’ai voulu passer, l’un d’entre eux s’est positionné devant ma voiture et, voyant que je n’avais pas l’intention de rebrousser chemin (il est suffisamment compliqué de circuler dans Rennes comme cela), il avait tenté de briser mon rétroviseur.

Là, c’est le Crédit Agricole qui a été pris pour cible : une vitre est partie en éclat, de la peinture a été jetée sur le fronton. “Des casseurs” me répond le directeur deHSBC après manif.jpg la banque qui vient constater les dégâts. Je reprends l’écoute de mes podcasts. “Dois-je vous rappeler que cette année, le Crédit Agricole a distribué plus de 95 % de ces bénéfices à ses actionnaires ! Cela représente 1 milliard d’euros !“. Ceux qui ont fait ça le savaient-ils, exprimant ainsi leur colère, ou se sont-ils attaqués au symbole de la banque ? L’une ou l’autre raison ne justifie pas l’acte. Plus loin, c’est HSBC qui a, à son tour, été victime de dégradations.

Sans doute, la colère est légitime. Ce n’est pas seulement une manifestation contre la crise, mais aussi contre un système où l’on craint pour son avenir. Depuis que nous sommes petits, on nous dit qu’il nous faut faire de bonnes études pour pouvoir jouir d’un emploi stable et d’une bonne situation. Aujourd’hui, certains diplômés ne trouvent même pas d’emplois. Nos parents doivent surveiller leurs comptes, ils ont fait des efforts et doivent encore subir les conséquences de la mauvaise gestion de dirigeants qui ont déstabilisé durablement l’économie, mais continuent de recevoir des primes. Ce constat doit sans doute être nuancé, mais ne retire rien sur le fond : le malaise est palpable. Heureusement, il paraît que se retrouver entre amis ou avec son/sa conjoint(e) est un moyen de s’échapper de la crise. Les médias ne peuvent occulter l’actualité, mais un peu de soleil et de bonnes nouvelles serait bienvenus !

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Journée Portes Ouvertes à Sciences Po Rennes

Titem | 28 février 2009
Cloître IEP Rennes.jpg

Crédit photo : Carnifex

L’Institut d’Etudes Politiques de Rennes (consulter ici la plaquette de l’établissement) ouvrait ses portes ce samedi aux lycéens ainsi qu’aux étudiants – et leurs parents ! – désirant poursuivre leurs études dans cette institution. L’occasion leur était donnée de visiter les locaux, de s’informer sur les modalités d’accès et la formation délivrée, de rencontrer élèves et professeurs. C’est ainsi que nous autres élèves de l’IEP furent invités à participer à cette journée afin de représenter notre école et répondre aux interrogations de nos visiteurs, venus nombreux ce jour-là (près de 750 personnes).

J’ai immédiatement accepté de jouer le jeu. Je n’avais pas encore eu l’occasion de le faire les années précédentes. J’avais toujours eu pour le moment la place de l’étudiant qui venait se renseigner sur une filière et ses débouchés. Je voulais cette fois me glisser dans un autre rôle et aller à la rencontre de ces lycéens pour leur parler de mon vécu, mais pas seulement. Il s’agissait aussi de répondre à leurs interrogations, celles-là qui me traversèrent lorsqu’il y a presque cinq ans maintenant, j’envisageais de tenter les concours des IEP.

A l’époque, mes camarades et moi devions effectuer le tour de France des IEP, passer les concours un par un en attendant, dans l’anxiété, les résultats de ceux que nous avions passés précédemment. A chaque fois, il nous fallait débourser les frais d’inscription, payer les billets de train, les frais d’hôtellerie et de restauration. Aujourd’hui, un concours commun peut ouvrir la porte à six IEP différents, (Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg, Toulouse) ; chacun ayant ses caractéristiques propres.

Et effectivement, je retrouvais dans leurs questions les préoccupations que je nourrissais moi-même à l’époque. Cela se déroule souvent ainsi : d’abord les questions anxieuses : comment se passe le concours ? Est-il difficile ? Comment s’y préparer ? Et en cas d’échec, que faire d’autre pour mieux s’y préparer l’année suivante ? Il s’agit de répondre aux inquiétudes. Avec des connaissances, du travail, de la réflexion, mais aussi un peu de chance, il est possible d’y arriver, avec ou sans prépa. En ce qui me concerne, je suis passé, après mes premiers échecs, par une année de préparation aux concours des Instituts d’Etudes Politiques à l’Université Catholique de Lille. L’important c’est d’essayer, ne serait-ce que pour savoir comment se déroule un concours, avant d’en tenter d’autres ultérieurement. Ce qui est vrai pour le concours d’entrée dans un IEP est de plus en plus vrai pour d’autres échéances scolaires ou professionnelles : se préparer en vue de réussir.

Puis ce sont les questions encourageantes, celles que l’on pose afin de s’assurer que c’est vraiment cela que l’on veut faire et que l’expérience qui nous attend, notamment lors de l’année à l’étranger, est à nulle autre pareille. Comment se déroulent les cours ? Comment se passe l’année à l’étranger ? Où êtes-vous allé, qu’avez-vous fait là-bas ? Et d’expliquer que si Sciences Po offrent une formation pluridisciplinaire recherchée par les entreprises (la polyvalence est en effet devenue une vertu sur le marché professionnel actuel) il est également important d’y exprimer son individualité au travers de nos expériences diverses, nos voyages, nos appartenances associatives, par exemple.

Ce qui m’a plus ou moins surpris, c’est que ce sont surtout les parents qui posent des questions. Ce sont eux qui s’inquiètent les premiers, sans doute. S’ils viennent sans leurs parents, les élèves ont un tout autre comportement. J’ai été encore plus frappé de lire parfois le désintérêt total de l’élève, et au contraire l’enthousiasme du parent, comme si c’était ce dernier qui, à travers son enfant, passait le concours. Et je trouve qu’il n’y a rien de pire à cela.

Je profite également pour dire ici à tous les aspirants aux concours de Sciences Politiques – qu’ils n’hésitent pas à me contacter – de se méfier de tous les “classements” diffusés ci et là dans les magazines ou les forums Internet : chaque IEP a ses qualités et ses défauts, ses formations reconnues et ses points faibles. Le choix d’un IEP dépend d’abord des formations que l’on y dispense, mais également de nos préférences géographiques, du cadre de l’établissement.

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Non, je ne creuserai pas le trou de la sécurité sociale !

Titem | 10 octobre 2008

La quatrième année d’études à l’IEP de Rennes nous offre la possibilité de choisir sept “cours électifs”, parmi un éventail de vingt différents. Parmi ceux-ci, j’ai choisi de suivre un cours de “Protection Sociale”. Cela n’est pas directement lié à mon avenir professionnel, car je n’envisage pas, comme d’autres de mes camarades, de devenir directeur d’hôpital ou de caisse d’allocations familiales. Mais cet enseignement me permet de connaître mieux le système de santé français, la structure du système d’assurance maladie, les modalités de remboursement… entre autres choses. Au moins maintenant, lorsque je me rendrais à la SMEBA, je comprendrais parfaitement le pourquoi du comment.

Il se trouve que depuis au moins deux semaines, je ne suis pas au meilleur de ma forme. J’alterne fièvre, sensations de froid, courbatures, maux de ventre, rhume, mal de gorge… Et je ne suis pas le seul dans l’amphithéâtre à être dans ce cas. Alors que dans les années précédentes, j’avais tendance à échapper aux microbes ambiants, j’ai l’impression que ce semestre, c’est comme si mon organisme avait décidé de rattraper le temps perdu, je ne loupe aucun symptôme et ne manque pas de les partager à d’autres !

Et depuis tout ce temps, j’entends mes proches me dire d’aller chez le médecin. Déjà, et c’est triste de le constater, mes horaires de travail universitaire m’en empêchent. Et quand j’ai du temps libre, j’essaye de l’utiliser pour me reposer, nettoyer mon appartement, faire diverses courses… “Va chez le médecin plutôt que de traîner cela pendant des semaines”. Pourquoi faire ? M’entendre dire que j’ai un rhume ? Que je suis simplement fatigué ?

Ce matin en cours, notre professeur, M. Demilly, présentait ce constat : les Français sont champions d’Europe de la consommation de médicaments, en particulier d’anti-cholestérols, antidépresseurs, somnifères et autres anxiolytiques. Au point que certains spécialistes parlent d’une “gestion pharmacologique du mal-être”. Cela fait réfléchir en effet : nous consommons 2500 millions de boîtes par an, pour un montant de 20,2 milliards d’euros : c’est à peu près 40 % de plus que les Anglais, 80 % de plus que les Allemands ! Là où un médecin suédois prescrira en moyenne 0,8 médicament, un médecin français en prescrira 4,5 ! 40 % des consultations aboutissent à une prescription de médicaments aux Pays-Bas ; 4 consultations sur 5 en France. Ne dit-on d’ailleurs pas qu’un médecin qui ne prescrit pas de médicaments est un mauvais médecin, surtout s’il ne prescrit pas d’antibiotiques ?

Les Français en revanche ne sont pas adeptes de l’automédication. “Cela pourrait être dangereux”. Souvenez-vous de cette  ancienne publicité où l’on voyait un homme mettre sa main dans une immense boîte en verre avec des pilules de toutes les couleurs, pris en faute comme un enfant dans un pot de confiture (de framboises de préférence alors). Ou celle  plus récente pour une assurance où une femme enceinte choisit un médicament qui pourrait s’avérer dangereuse pour son fœtus, alors qu’il s’agit d’une solution buvable pour son mari.

Et bien non, pour mon petit rhume de rien du tout, même s’il est persistant, je ne consulterai  pas un médecin et ainsi n’alimenterai le trou de la sécurité sociale. Au pire, j’irai demander un médicament au pharmacien, mais je ne rentrerai certainement pas chez moi avec un sachet en papier recyclable plein de drogues. Pour rappel, si le déficit de l’assurance-maladie devrait s’élever à 6,4 milliards d’euros en 2007, la dette cumulée, elle, – chiffre que les médias ne donnent jamais – atteint la somme vertigineuse de 100 milliards d’euros.

Gaston Ouvrard – Je ne suis pas bien portant (1934)

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Concours commun à 6 IEP : une initiative à poursuivre !

Titem | 20 novembre 2007

Ce dont les étudiants avaient eu vent par leur conseil d’administration respectif a été annoncé lors d’un communiqué de presse la semaine dernière : 6 Instituts d’Etudes Politiques ont décidé d’organiser un concours d’entrée commun. Il s’agit des IEP d’Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg et Toulouse.

Concours commun 6 IEP

Les Instituts d’Etudes Politiques dits “LAG” (Lyon, Aix, Grenoble) organisaient déjà un concours Rhône-Alpes-Méditerrannée. Rennes avait pousuivi la voie de la mutualisation des concours d’entrée en s’associant à Toulouse. Désormais, 2/3 des Instituts d’Etudes Politiques sont accessibles aux étudiants par un seul et unique concours.

Pour quelqu’un qui comme moi, a passé différents concours en 2004 et 2005, je trouve cette initiative particulièrement excellente. Lire la suite »

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De la démocratie à l’université

Titem | 15 novembre 2007

Les manifestations étudiantes contre le projet Pécresse de réforme des universités, voté au Parlement, et les blocages des universités, me font inévitablement penser à un autre conflit social que j’ai pu voir de près : celui contre le Contrat Première Embauche, le bien nommé C.P.E.

Abrogation loi d’autonomie - Libération.fr

Retour sur mon expérience d’étudiant “bloqué” lors du CPE

J’étais absolument opposé au blocage de l’IEP de Rennes, pour tout un ensemble de raisons. D’abord parce que le redoublement étant interdit en première année, je craignais pour la suite de mes études. Puis ce blocage me paraissait être le fait d’une minorité fortement politisée et idéaliste, les autres étudiants votant le blocage n’allant pas jusqu’au bout de leur démarche et restant chez eux pour étudier, battant le pavé à l’occasion. Un mouvement qui n’avait par ailleurs aucun relais dans les médias : qu’elle ne fut pas ma suprise de voir dans un article du Monde consacré aux IEP en grève aucune mention de Rennes, l’un des premiers à être bloqué !

J’estimais sur le fond que le C.P.E n’était pas utile, qu’il n’amènerait guère de changements, et ne valait donc pas le coup que l’on mobilise en sa faveur ou en sa défaveur. Tout le reste n’était qu’idéologie.

Enfin, j’estimais que l’assemblée générale auto-créée n’avait reçue aucun mandat pour décider si oui ou non elle pouvait bloquer les cours de l’ensemble des élèves, notamment les étudiants étrangers qui n’étaient en rien concernés par ce conflit franco-français. Avec recul, je dirais que cette AG pouvait bien décider. D’autant qu’à l’IEP de Rennes, c’était près de la moitié de la promotion qui prenait part à un vote à bulletin secret.

Le blocage dans les autres universités aujourd’hui

Anti-Blocage - Titem

Il n’en va pas de même dans toutes les universités. J’ai été proprement abasourdi de lire qu’en une soirée, un groupuscule de quelques 600 étudiants contre 100 avait voté le blocage de l’université de Paris X-Nanterre qui compte… 36.000 étudiants ! A peine 2% des effectifs ! Et on appelle ça de la démocratie ? C’est un coup de force !

Il y a ceux qui disent que 53% des Français ont voté pour Nicolas Sarkozy, afin qu’il mette en place ses réformes, et que toutes les grèves actuelles sont le fait d’une minorité de l’opinion. Ce que les sondages tendent d’ailleurs à confirmer, même si le but de ces grèves est aussi de mettre l’opinion publique de son côté. Il y a ceux qui disent qu’une élection n’empêche nullement de contester telle ou telle réforme, dans la rue si besoin. C’est exact, mais à condition d’y mettre les formes.

Dans les universités, on vous dira que si vous êtes contre le blocage, vous pouvez toujours prendre part aux AG et voter. Mais quitte à voir son université bloquée parce que le bureau de l’AG, composé de bloqueurs, verra grosso modo qu’à mains levées il a toujours raison, ou qu’une autre minorité de bloqueurs refusera le vote anti-blocage et bloquera quand même la tenue des cours le lendemain, autant rester chez soi à travailler, et ne pas subir près de 2 heures de propagande gauchisante, ou d’écouter les rêves idéologiques d’étudiants prêts à la révolution. Et je caricature à peine.

La palme de l’idiotie revenant à cet étudiant interviewé par France 2, qui refusait le vote à bulletins secrets organisé à Rennes 2 (et qui a donné raison aux opposants au blocage à 62%) sous le prétexte fallacieux que ses camarades ne pouvaient pas voter puisqu’ils ne participaient pas aux AG et ne pouvaient être informés des enjeux du débat ! En voilà une drôle de conception ! On ne peut pas voter si l’on n’est pas informé de votre propagande ? Que dirait-on si l’on retirait à certains citoyens leur droit de vote parce qu’ils n’auront pas lu les professions de foi des différents candidats, ou regardé les débats télévisés ? Ainsi, on ne pourrait pas avoir d’idées a priori ?

Sur le fond du problème, je vois un simple constat : la faiblesse des moyens accordés aux universités en France, comparés aux autres pays développés, et comparés même aux lycées ! À quand des campus dignes de ce nom, vastes, et où l’on disposerait de multiples installations sportives et culturelles ? Cela pourrait même permettre de régler le conflit de la précarité étudiante si l’on y construit davantage de logements ! À quand des masters véritablement professionnalisants, des entreprises proches de nous, étudiants ? Il est donc bien nécessaire d’une part de trouver des fonds, d’autre part de resserrer les liens université/entreprise.

Pour finir sur l’apprentissage de la démocratie à l’université, j’apprends que sur ma promotion de quelques 170 élèves partis à l’étranger, seuls 6 ont voté par procuration aux élections des représentants étudiants au conseil d’administration de l’IEP de Rennes. En mettant de côté ceux qui ont des difficultés pour trouver une connexion, il faut croire que certains trouvent plus valorisant de palabrer devant une assemblée avant de voter plutôt que de faire ce simple effort de donner procuration pour une élection qui nous concerne beaucoup plus directement.

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