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Le blog de Titem… à Paris : Europe, Environnement, Société, Culture et Voyages
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Café-débat “L’Europe dans votre assiette” à L’Angélus à Rennes – 17 février à 18h

Titem | 16 février 2010

Les Jeunes Européens-Rennes, section locale des Jeunes Européens-France et branche des moins de 35 ans du Mouvement Européen, relancent leur cycle de cafés-débats avec une première rencontre pour cette année 2010 sur le thème de « L’Europe dans votre assiette », avec des représentants de l’association Produit en Bretagne. Ce café-débat aura lieu le 17 février à 18h, au café L’Angélus de Rennes, 2 rue de Coëtquen.

L’Union européenne est aujourd’hui composée de 27 pays, réunissant 500 million d’habitants, soit autant de consommateurs. Elle est aussi un grand marché unique où les consommateurs que nous sommes doivent pouvoir disposer des mêmes droits et de la même protection partout dans l’Union, et ce quelque soit le secteur. Les citoyens se sont sentis exclus des débats institutionnels qui ont précédé l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne et aspirent maintenant à ce que l’on parle des effets concrets de l’Europe sur leur quotidien.

Quoi de plus quotidien et concret que ce qui se passe dans notre assiette ? Ce café-débat est l’occasion de favoriser la rencontre du public citoyen avec des professionnels travaillant en lien avec les questions européennes, de prendre le temps de décrypter de façon simple et interactive l’action d’une Union européenne souvent perçue comme lointaine et obscure.

Avec des représentants de l’association Produit en Bretagne, nous discuterons de la perception des produits bretons à l’étranger, mais également des enjeux de la sécurité alimentaire, des bonnes normes de production, de traçabilité, dans un contexte européen, pour comprendre de quelle manière l’Union européenne s’efforce de garantir la sécurité et la qualité alimentaires, de la ferme à la table, afin d’aider les consommateurs à s’orienter vers des aliments plus sains et produits selon des méthodes plus respectueuses de l’environnement. Un point-presse sera tenu à partir de 17h30 au Café L’Angélus.

Rejoignez-nous nombreux pour un échange convivial autour d’un dégustation de produits bretons !

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Alimentation, Consommation, Europe, Jeunes Européens Rennes, Produit en Bretagne, Société, Titem, Union européenne
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Jouets de filles ou garçons : le sexisme sous le sapin de Noël

Titem | 23 décembre 2009

Une vidéo parodique d’une célèbre console de jeux vidéos. J’ai pensé un moment publier cette vidéo sur mon Tumblr, mais je souhaitais ne pas en rester là et nourrir une réflexion susceptible d’être partagée et discutée.

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Cela peut faire rire, mais ouvrez donc un catalogue de jouets, et vous verrez exactement la même chose (bon, hormis la dernière scène bien entendu).

Ah… Noël et ses cadeaux apportés aux enfants sages. C’est le moment d’apporter des poupées “Barbie fait le larbin à la maison” et un déguisement d’infirmière pour Léa*, un ballon de foot (qui peut aussi faire office de ballon de hand-ball) et des camions de pompiers et circuits de Formule 1 pour Théo*. [Oui, de nos jours, toutes les filles s'appellent Léa et les garçons Théo).

Et pourquoi pas l'inverse ? Mais parce que les filles en rose doivent comprendre quelle est leur place dans la société/le ménage, et vice-versa pour les garçons en bleu pardi ! L'Express effectuait la même observation au début du mois et les commentaires des internautes ne sont guère étonnants.

Dès leur plus jeune âge, les enfants sont confrontés à la réalité de leur future condition sociale : les métiers du care pour les filles, et pour les hommes les emplois intellectuels, les métiers à risque, le travail ouvrier ou artisan, conducteurs de camions, trains ou avions... Il est nécessaire que les enfants apprennent à reproduire le schéma de la division sexuelle imposé par la société. Et ne pas s'étonner que selon cette étude de l'INED, ce sont les femmes qui contribuent le plus aux tâches domestiques. Comme le remarque Agnès Giard sur son blog :

Cette éducation conformiste qui pousse les garçons à devenir machos et les filles des potiches programme [...] nos enfants à adopter le sexisme comme norme sociale.

Citons encore Sandrine Vincent dans son livre Le jouet et ses usages sociaux :

Garçons et filles reçoivent ainsi une image miniaturisée de leurs futurs possibles rôles professionnels (aussi bien manuels qu’intellectuels) et de leur future probable position dans les rapports domestiques [...] les messages publicitaires reproduisent et amplifient les stéréotypes de sexes, comme si les jouets “programmaient” garçons et filles à d’évidentes fonctions sociales sexuellement différenciées. Rien d’étonnant dans ces conditions à ce que filles et garçons demandent et reçoivent les jouets qui leur ont été symboliquement suggérés.

Elle est pas belle la vie en bicolore ? Joyeux Noël à tous quand même !

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Notre mode de vie doit-il décider ou non de notre mérite à être soigné ?

Titem | 29 juillet 2009

Gary ReinbachCela se passe au Royaume-Uni : Gary Reinbach n’a que 22 ans et il est mort d’une cirrhose de foie. Les journalistes l’ont photographié sur son lit d’hôpital (sensationnalisme, émotion…), le malade a cette couleur jaune cuivre caractéristique des cirrhotiques, le regard fixe. Il était alors dans l’attente d’une greffe, il est décédé depuis.

La cirrhose est une maladie qui touche le foie, dont les cellules (hépatocytes) sont détruites ; l’alcool est l’une des principales causes de la maladie. Or notre jeune Gary était un des avatars de ce phénomène alcoolique appelé binge-drinking et qui consiste à ingurgiter de l’alcool pour rechercher l’ivresse en très peu de temps. Cela permet d’ouvrir des débats sur la jeunesse désoeuvrée et fait rire les étudiants lors de leurs soirées d’inté, de désinté… Sauf que Gary Reinbach a commencé à boire dès le divorce de ses parents, à 11 ans. Dès l’âge de 13 ans, il se saoulait à la vodka tous les jours.

Lorsqu’il se rend compte de ses erreurs, il est presque déjà trop tard. Il s’inscrit aux alcooliques anonymes, puis doit être hospitalisé. Les médecins diagnostiquent la cirrhose et prévoient qu’une greffe serait bien plus efficace qu’un traitement. Mais cette greffe ne peut être effectuée qu’à une seule condition, compte tenu du manque de dons d’organe, Gary Reinbach doit être sobre depuis six mois et doit s’engager à ne plus sombrer de nouveau dans l’alcoolisme. Ne remplissant pas les conditions, Gary Reinbach meurt faute d’avoir été soigné.

L’article de l’Express (sur lequel je base cette note) détaille les réactions de certains internautes britanniques. Fallait-il lui laisser une seconde chance ou au contraire la donner à d’autres malades plus “méritants” ? Après tout, quelques années plus tôt, le footballer George Best, bien qu’ayant bénéficié d’une greffe du foie, avait continué à boire.

C’est sur ce dernier point que je veux m’arrêter. Je ne prétends pas ici émettre un avis savant, juste faire part de mon interrogation. On sait que les dons d’organes sont rares et que malheureusement, entre deux patients malades, on préférera opérer les cas les plus urgents, ceux qui ont le plus de chances de survie et/ou les plus jeunes. Qu’entre deux patients, l’un qui a usé et abusé de sa santé (un fumeur impénitent) et un malade fumeur passif atteint d’un cancer du poumon, le coeur voire la raison pencherait pour sauver et greffer le fumeur passif qui n’est en rien responsable de sa maladie.

Je trouve néanmoins cette perspective pour le moins hasardeuse, sinon dangereuse. A l’heure où l’on parle de plus en plus de responsabilité individuelle, de dossier médical personnalisé, le traitement dépendra-t-il de notre bon ou mauvais comportement ? Jusqu’à quel point peut-on reprocher à un patient de ne pas prendre suffisamment soin de sa santé ? Petite mise en situation…

- Vous avez des problèmes cardiaques qui risquent d’aboutir rapidement à un arrêt si l’on ne soigne pas cela rapidement. Une greffe pourrait vous sauver la vie malheureusement je vois que vous avez consommé trop de vin et de cacahuètes, aussi vous n’êtes pas prioritaire.

- Oui mais je faisais du sport régulièrement docteur !

- Deux séances hebdomadaires d’une heure de vélo c’est insuffisant monsieur, je regrette. Revenez plus tard.

Dans un contexte de déficit croissant de nos systèmes de sécurité sociale, ne va-t-on soigner que certaines personnes, plus méritantes que d’autres ? Ne pas soigner les cancers de la peau des adeptes des cabines auto-bronzantes ? Pour l’instant, cela se passe au Royaume-Uni, et l’on se gargarise d’avoir un système de protection sociale parmi les plus performants au Monde. Pour combien de temps ?

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Quelques remarques sur les enfants délinquants

Titem | 1 décembre 2008

En ce moment je n’ai eu malheureusement ni beaucoup de temps à consacrer à ce blog ni beaucoup d’idées à vous partager. Mais je tenais tout de même à publier ici quelques extraits intéressants d’un article du Président du tribunal pour enfants de Bobigny, Jean-Pierre Rosenczveig, à propos de la polémique sur le rapport Varinard sur la refondation de la justice pour les mineurs.Ce dernier estime que dans ce débat très sensible où deux tendances n’en finiront jamais de s’opposer, il peut tout de même être possible de s’accorder sur l’essentiel. Pour autant, un débat loyal n’est possible que si l’on se base sur des faits incontestables. Or selon lui, ce n’est pas le cas, la réalité est souvent tronquée ou travestie.

Quelques éléments selon lui :

On affirme que 204.000 mineurs sont mis en cause pour des faits graves. Or, parmi ces “mises en cause”, on ne retranche pas celles qui sont infondées, celles qui seront classés sans suite où celle où l’accusé sera relaxé.

Il n’apparaît pas honnête d’utiliser un discours alarmiste sur l’augmentation de la délinquance juvénile pour justifier d’une réforme telle qu’annoncée actuellement. La délinquance des moins de 13 ans ne représente que 0,3 % des condamnés en 2006,  3,9 % pour les 13-16 ans. De même on prétend que la délinquance des mineurs s’accroit ; or après être passée de 14 % en 1980 à 21 % des actes condamnés en 2002, la proportion a diminué à 18 % en 2006. Ajoutons que jamais l’on ne prend en compte les évolutions démographiques.

La défiance à l’égard des juges sinon des magistrats devient maladive et dangereuse dans une démocratie. La médecine, si elle peut soigner n’empêche pas au final la mort pour chacun ; pour autant on ne met pas en cause les médecins. On est dans des schémas idéologiques qui aveuglent au point de confiner à l’irrationnel et au mensonge.

Quelques questions qu’il pose :

  • En quoi le système judiciaire a-t-il échoué réellement à traiter les cas de jeunes délinquants ? Il ne serait pas désagréable ni inutile de mettre en exergue ses réussites.
  • En quoi les enfants d’aujourd’hui seraient-ils plus matures que ceux d’hier ? Si tel est le cas, avançons la majorité civile à 16 ans.
  • Il serait utile de pointer en quoi les responsabilités de la justice ne sont pas les seules en cause dans la réponse institutionnelle. Les réponses à l’insécurité passent par une meilleure efficience policière. La justice n’est pas en cause quand ses décisions ne sont pas exécutées faute de moyens éducatifs.
  • On ne répondra pas à l’insécurité causée par les plus jeunes si dans le même temps où l’on lutte contre la réitération des faits commis par une jeune personne, on ne s’attache pas à veiller à ce que de nouveaux jeunes ne deviennent pas délinquants. Où est cette politique de prévention ?
  • Il faut s’interroger sur les possibilités d’insérer quelqu’un dans la société par une éducation dans la contrainte carcérale. La contention peut contribuer à punir, à mettre à l’écart, mais sans aller jusqu’à dire qu’elle est nulle, sa portée éducative reste très limitée.
Une du Petit Journal  : "L'apache est la plaie de Paris"

Une du Petit Journal : "L'apache est la plaie de Paris"

Pour ma part, il me semble que l’on oublie par ailleurs que la violence juvénile a toujours existé. Mais qui se souvient encore aujourd’hui des maisons de correction, de la prison de la Petite Roquette, des “Apaches“, ces jeunes qui, au début du XXe siècle, semaient la terreur dans la capitale et faisaient la une des journaux ? Plus loin encore, au XVe siècle, on a mesuré à Dijon une très forte recrudescence des viols commis sur des jeunes filles, par des jeunes gens qui ne pouvaient théoriquement ni avoir de relations sexuelles avant le mariage ni se payer les services de prostituées, pourtant nombreuses. On pourrait y voir, toutes choses égales par ailleurs, les prolégomènes de nos agressions sexuelles contemporaines, où les “tournantes” sont concomitantes de l’offre toujours plus massive de la pornographie en ligne.

L’histoire nous montre qu’il existe une certaine continuité de ce phénomène de la délinquance qu’on agite comme un épouvantail, comme si on le découvrait. Il ne s’agit pas de dire ici que cette délinquance n’a rien de préoccupante, mais au contraire de se garder de tout sensationnalisme avec des exemples grossiers et marginaux, de garder la tête froide. Rappelons toutefois la différence entre la délinquance, quantifiable, et le sentiment d’insécurité, nourri par les représentations véhiculées notamment par les médias, et qui peut être en décalage avec la réalité. Aujourd’hui, il y a d’autres formes de violence plus importantes que d’autres, comme les agressions sur voie publique ou les violences en réunion. Que fait-on pour lutter contre ces phénomènes qui montre bien un malaise de notre société, où certains individus échappent à la socialisation ?

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Repenser notre manière de se déplacer

Titem | 16 juin 2008

La hausse du baril de pétrole, et donc du litre de carburant, ainsi que l’urgence écologique, doivent nous inciter à repenser notre manière de nous déplacer. Les professionnels manifestent pour défendre justement leur pouvoir d’achat et les citoyens se plaignent également du prix à la pompe. On comprend pourquoi. Mais cette hausse est bien inéluctable. Chercher à exploiter les bitumes ou les ressources de l’Arctique ne peut que retarder le moment d’une nécessaire révolution énergétique, et aura surtout un lourd coût environnemental.

Europia & Save more than fuelLe propre de la politique doit être de prévoir à long terme, et non pas de pallier au plus urgent. Saluons le choix de Valéry Giscard d’Estaing pour le nucléaire : quel serait aujourd’hui le coût de notre électricité si nous devions la produire avec du fioul et du gaz ? Subventionner les professionnels pour les aider à compenser le coût du carburant ne durera qu’un temps ; d’autres mesures doivent être envisagées.

Une étude de la CITEPA a montré qu’en France, 26 % des émissions de CO2 provenaient du transport routier. C’est sans compter les émissions produites par le raffinage du pétrole ou son acheminement. Deux campagnes de sensibilisation ont été lancées ces dernières semaines.

  • La première “Save more than fuel” (dont est issu le visuel ci-dessus) diffusée notamment dans des prospectus, lancée dans 29 pays avec le soutien de 40 compagnies pétrolières appartenant à Europia (European Petroleum Industry), cible les automobilistes pour les inciter à l’éco-conduite. En adoptant dix gestes simples (dont certains sont parfaitement évidents), on réduit notre consommation d’essence jusque 20 %.
  • La seconde est plus connue “Economies d’énergie : faisons vite ça chauffe”. Après les déchets et le logement, elle s’attaque cette fois à la pollution automobile et met en valeur les voitures bénéficiant d’un bonus écologique.
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A ce sujet, on peut regretter la déclaration du Ministre du budget, Eric Woerth, qui a qualifié le bonus-malus écologique de “beau succès pour le gouvernement, pas pour les finances publiques”. Ce dispositif devrait coûtait plus de 100 millions d’euros mais a permis une augmentation de 45 % des voitures propres. Ce n’est pas seulement un coût, mais un investissement pour l’avenir ! Si aujourd’hui cela est passé dans les mentalités, on peut réfléchir à une modulation de ces bonus-malus.

Métro saturé attenteRepenser notre manière de se déplacer, c’est aussi envisager d’utiliser davantage les transports en commun. Entamer une réflexion à ce sujet est tout aussi urgente : les lignes sont de plus en plus fréquentées, la 13 et le RER A en région parisienne arrive même à saturation aux heures de pointes et d’autres devraient prendre la même pente . C’est aussi penser au transport ferroviaire par fret, à condition d’avoir un service efficace continu : les entreprises ne peuvent se permettre de soumettre leur activité au gré mouvements de grève dans les transports en commun.
[Crédit photo : http://www.blogencommun.fr]

Et pour les citoyens ? Le vélo de Madame Lagarde n’était pas si idiot qu’on a voulu le faire croire, mais ne concerne pour l’heure que les habitants des villes, pas les banlieusards. Le fameux Vélib et ses homologues en Province ont de plus en plus de succès. Et l’on n’arrive pas forcément plus tard qu’après avoir passé 3/4 de son trajet dans les embouteillages. A Birmingham en Alabama, la municipalité a déjà de réorganiser le travail hebdomadaire en 4 journées de 10 heures. Quel est l’intérêt ? Economiser une journée de transport, de chauffage et d’éclairage des lieux. Et gagner une journée de repos pour être avec ses proches.

Selon la formule, quand on a pas de pétrole, on a des idées ! Qu’est-ce qu’on attend pour abandonner nos égoïsmes ?

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L’homophobie et sa lutte n’ont rien de banal

Titem | 3 juin 2008

Le 17 mai dernier, c’était la journée mondiale de la lutte contre l’homophobie. A la différence des années précédentes, je n’en ai pas parlé ce jour-là. Pour dire quoi ? « Aujourd’hui encore, dans notre société et ailleurs, l’homophobie est présente… », réalité aussi banale que tragique ?

Si l’on considère que ce problème est banal, c’est qu’il y a bien un problème, car la violence et la discrimination n’ont absolument rien de banal. Pourtant certains osent affirmer que non, l’homophobie n’existe pas, ou accusent les homosexuels, par leurs légitimes réclamations ou par leurs “pleurnicheries” (comprenez : “le droit à être respecté”), d’être les responsables de l’homophobie. On croit rêver, mais il y en a qui y croient…

L’actualité de ces derniers jours m’a donné des raisons de croire que décidément ça n’avait rien de banal. Il suffit de se pencher plutôt que d’aborder ce sujet avec son cortège de préjugés :

  • Quatre homosexuels arrêtés en Iran et menacés d’être pendus.
  • Le Président de la Gambie, Yahya Jammeh menace de faire décapiter les homosexuels s’ils ne quittent pas son pays.

Contre manifestation Gay Pride Homophobie RussieOn aurait tort de croire, notamment en Iran, que ce ne sont que des mots. Et il y a la violence de l’Etat, mais aussi la violence de la société. Ainsi, plus proche de nous en Europe :

En Lettonie, la Gay Pride a été perturbée par des contre-manifestants.

Même chose en Russie, où la parade a été accueillie par des slogans homophobes comme « Les pédés en enfer ». Maigre consolation, 13 contre-manifestants ont été arrêtés pour avoir passé à tabac un homosexuel : les années précédentes, la police interpellait les homosexuels (!) APRES qu’ils aient suffisamment subi les injures des manifestants d’extrême droite (la photo date d’ailleurs de l’année dernière).

Encore plus proche de nous, mais moins récemment :

  • Libération consacrait un article très intéressant mettant en lumière ce dont les trop bien pensants ne parlent jamais, préférant gloser béatement sur le refus de l’altérité, la destruction de la famille et autres mêmes scandaleux raccourcis de ce genre : ces enfants mis à la porte par leurs parents parce qu’ils sont homosexuels. Bah oui c’est bien connu, ce sont les homos qui détruisent la famille ! Dommage : l’article jouait sur le cliché un peu facile de le garçon efféminé toujours soucieux de son apparence.
  • Le polémique passionnelle et complètement disproportionné sur la publicité Matelsom, représentant un couple d’hommes allongés, qui a entraîné une levée de boucliers de la part des milieux religieux les plus conservateurs. C’est se voiler la face. J’ignorais qu’une marque d’amour, fût-elle entre deux hommes, puisse déclencher autant de rejet.

Publicité 2 gay matelas MatelsomJ’ai énormément de mal à comprendre les ressorts intellectuels (sic) d’une telle haine, d’une telle bêtise. Tout cela vient du fait que ses personnes sont absolument incapables de se mettre à la place de l’autre, et croient détenir une vérité inattaquable sur un sujet qui ne les concerne même pas.

Un ami québécois se désolait qu’un de ses « amis » français ait rompu les ponts quand il lui apprit qu’il était gay. Avant de se quitter en de mauvais termes, le français lui avait conseillé de jeûner et de rester chaste de tout fantasme homosexuel, et que ainsi il serait « purifié » de ces pensées diaboliques. Deux autres amis me confiaient leur malaise à l’idée que des personnes à qui ils tiennent, parents ou amis, les abandonne lorsqu’elles finiraient par savoir qu’ils préféraient les garçons.

Je tente de les rassurer, après tout, les mentalités évoluent et c’est tant mieux. Mais pour d’autres, le rejet est la seule conséquence de leur ignorance. Et en face, il y a des garçons et des filles qui voudraient comprendre pourquoi. Et ça, ça n’a rien de banal. C’est juste cette ombre d’amertume qu’on lit au fond de leurs yeux.

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Le Ring, d’Anaïs Barbeau-Lavalette (2007)

Titem | 24 février 2008

Le Ring d’Anaïs Barbeau-Lavalette (2007)Jessy, 12 ans, erre dans les rues, recrache les pilules qu’on lui donne et s’époumone le vendredi soir devant ses héros : les lutteurs du quartier. Il a l’enfance dure, mais il ne le sait pas; tous les gamins du voisinage ont la même vie que lui. Dans ce milieu défavorisé de Montréal, la réalité goûte la sueur et cogne solide. Le jour où sa famille vole en éclats, Jessy perd ce qu’il lui reste d’innocence. Mais même les épaules au tapis, il trouvera la force de battre pour échapper à son destin.

 

Drame social canadien (québécois) d’Anaïs Barbeau-Lavalette
1h27 ; Sorti en 2007
Avec Maxime Desjardins-Tremblay (Jessy Blais), Maxime Dumontier (Sam Blais), Julianne Côté (Kelly Blais), Jean-François Casabonne (Jacques)

Le film était sorti fin octobre 2007 au Québec. Mais je n’avais pas pris le temps d’aller le voir. Mais dynamisme culturel montréalais oblige, voilà qu’un énième festival, les Rendez-Vous du Festival Québécois, m’offrait la possibilité de voir un film que je désirais voir. Mais avant cela, Le Ring (voir le site officiel) a été présenté au Festival de Pusan en Corée du Sud, au Festival du nouveau cinéma et au Festival de Berlin, où il entrait dans la catégorie Panorama.

Avant la projection, la jeune réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette, qui signe là son premier long-métrage, joue franc jeu (lire aussi son interview). Elle a été travailleuse sociale et cette œuvre est un peu le résultat de ce qu’elle a pu voir sur le terrain. De fait, on pourrait lui reprocher de jouer un peu sur les clichés. Inversement, on est frappé par la réalité, à la fois très dure et naturelle, avec laquelle elle filme ce quartier défavorisé de Montréal, Hochelaga-Maisonneuve (le 2ème plus pauvre du Québec, derrière Villeray Saint-Michel Parc Extension).

La misère à laquelle est confrontée Jessy n’est pas seulement celle de son quartier. C’est aussi sa propre détresse, et celle de sa famille, de son frère qui sombre petit à petit dans la délinquance, sa mère héroïnomane, sa sœur qui aborde mal sa sexualité. Le quotidien est simplement cru, lorsque le héros, à demi-nu, sort de chez lui pour dire à son père qu’il a faim.

Son seul exutoire, c’est le catch, une façon d’oublier le ring où il doit apprendre à se battre quotidiennement, en sortant du monde de l’enfance, en faisant des choix… en brûlant les idôles qu’il a adorés.

Un film qui s’inspire du cinéma social des Frères Dardenne, et nous montre la face cachée d’un Québec défavorisé, où les habitants sont livrés à eux-mêmes. Un bon premier film, au plus proche de la réalité, sans misérabilisme ni fatalisme.

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Du micro-crédit pour le Quart-Monde !

Titem | 20 février 2008

On dit souvent que ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. Dans le grand bain de l’actualité, entre le Kosovo, les multiples polémiques en France, les élections américaines… cette nouvelle n’est peut-être pourtant pas passée inaperçue pour la majorité d’entre-vous. Le quotidien britannique Financial Times annonçait que la Grameen Bank, l’organisme de de microcrédit fondé par le bangladais Muhammad Yunus, a commencé à proposer ses services aux Américains les plus déshérités. Le principe du microcrédit est similaire à celui du crédit… version micro ! On alloue de petites sommes à des personnes dans le besoin – la réalité montre que ce sont souvent les femmes qui en bénéficient – afin qu’elles puissent lancer une activité économique rentable et vivre des fruits de leur travail.

Muhammad YunusLe visage souriant de Muhammad Yunus vous est certainement familier. Le créateur de la Grameen Bank (« Banque du village), a été récompensé de son initiative par le Prix Nobel de la Paix 2006. Ole Danbolt Mjoes (président du comité Nobel), justifiait ainsi cet honneur : « Une paix durable ne peut pas être obtenue sans qu’une partie importante de la population trouve les moyens de sortir de la pauvreté. Le microcrédit est l’un de ces moyens ».

Obtenir une paix durable aux Etats-Unis ? Une paix sociale, peut-être, alors que les victimes de la crise des subprimes, se retrouvant en défaut de paiement et dont la valeur du logement diminue, se retrouve mis à la porte par leurs créanciers. C’est d’ailleurs la justification que donne Mohammad Yunus : “Maintenant, c’est un bon moment à cause de (…) la crise des subprime qui met en lumière le fait que le secteur financier n’est pas parfait”. Il ne s’agirait donc plus de s’attaquer à la pauvreté des pays que l’on appelait autrefois « Tiers-Monde », mais à la pauvreté qui touche les exclus de nos sociétés d’abondance, ce Quart-Monde, tel que l’appelait le Père Joseph Wresinski.

Sans doute que pour cet entrée dans les pays développés les 16 Decisions de la Grameen Bank (qui prévoient que les contractants s’engagent à réparer leur maison, produire leur nourriture, scolariser leurs enfants…) seront adaptées au monde occidental. Mais ce microcrédit pourrait toucher un public large de près de 28 millions d’Américains qui n’ont pas de compte en banque et qui souvent empruntent à des taux exorbitants à des sociétés en marge des institutions financières.

La Grameen Bank a déjà prêté 50.000$ depuis un mois à des groupes de femmes immigrées dans le quartier de Queens à New York. Elle prévoit d’octroyer des crédits de 176 millions de dollars à des résidents de New York au cours des cinq prochaines années et ensuite d’étendre ses activités sur le territoire des Etats-Unis… Et pourquoi pas dans d’autres pays ? D’autres organismes de microcrédit existent. C’est le cas du Québec où je me trouve actuellement, où le Réseau Québécois de Crédit Communautaire (RQCC) propose depuis près de 15 ans de financer les projets d’entreprise de personnes sans emploi. Plus de 90% des bénéficiaires sont en mesure de rembourser leur emprunt, ce qui est déjà un signe de bonne santé de leur entreprise.

Réseau Québécois du crédit communautaire

Tout ce qui peut inciter l’esprit d’entreprise n’a peut-être pas de grand résultat sur le PIB, mais il peut changer la vie d’un individu. Ce sont les petits ruisseaux…

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100$ le baril de pétrole, et maintenant ?

Titem | 2 janvier 2008

A chaque fois que le montant du baril de pétrole battait son propre record sur le marché de New-York, les journalistes s’interrogeaient : va-t-on atteindre le seuil symbolique de 100$ ? Que se passera-t-il à ce moment-là ?

Et voilà, nous y sommes. Au 1er jour des cotations de cette année 2008, le cours du pétrole brut, le light sweet crud, franchissait la barre anxiogène. Qu’il est loin le temps du baril à seulement 15$…

Prix du baril de pétrole - www.lemonde.fr

De multiples raisons expliquent cette nouvelle hausse : la hausse des tensions au Nigéria, 5ème pays exportateur de pétrole pour les Etats-Unis, un attentat meurtrier en Algérie, autre pays exportateur de pétrole, des températures hivernales qui ralentissent l’extraction en Amérique du Nord…

Mais ne perdons pas de vue que la principale raison de cette hausse du prix du pétrole, c’est bien l’inadéquation de l’offre et de la demande ! Le pétrole est de plus en plus rare : les capacités d’extraction sont au maximum tandis que la consommation des pays occidentaux et des pays émergents, Chine et Inde notamment, explose. Avec un pétrole à 100$, les prévisions de croissance risquent fort d’être revues à la baisse. La croissance mondiale sera le fait de ces pays émergents qui consomment de plus en plus de pétrole, ce qui poussera le baril de pétrole vers de nouveaux sommets.

Et demain, 120, 150… 200$ ? Cela semble tout à fait envisageable, en tout cas, cela n’ira pas en s’arrangeant. Peu importe que l’euro fort atténue les effets de la hausse du pétrole. A la pompe, les prix continueront d’augmenter et les réserves de se tarir. D’après le cercle Energy Watch Group, le oil peak, c’est-à-dire l’instant où la moitié des réserves de brut de la planète ont été épuisées, aurait été atteint en 2006 ! Peu importe aussi que certains prétendent qu’il reste encore du pétrole pour les 50 ou 100 prochaines années à venir. Ce sont surtout des effets d’annonce destinés à rassurer un marché inquiet sur l’avenir du pétrole.

Il est justement clair aujourd’hui que l’avenir n’est plus au pétrole. Le seuil de 100$ est franchi, et maintenant ? Allons-nous encore longtemps nous poser la question et continuer de consommer du pétrole sans songer à l’après-pétrole, qui pourrait arriver beaucoup plus tôt que prévu ? Revoir notre mode de consommation est donc bel et bien nécessaire. Et je ne parle même pas des conséquences sur le réchauffement climatique.

Mais ce seuil anxiogène atteint ne doit pas aboutir sur des propos uniquement apocalyptiques. Je crains pourtant que les intérêts financiers n’entravent encore la promotion d’énergies alternatives alors qu’il y aurait au contraire d’importants marchés à conquérir. Que la société soit consciente des enjeux et réduise sa facture énergétique est important. Mais installer des panneaux solaires ou améliorer son isolation -par exemple – coûte cher. Que les gouvernements prennent leur responsabilité est donc tout aussi autant primordial.

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Origines et intégration

Titem | 21 novembre 2007

Lors de mes vacances d’été en Bretagne, et alors que je lui annonçais que je partirai dans quelques semaines à Montréal dans le cadre de mes études, mon voisin du dessus m’avait prévenu : « il faudrait que tu te renseignes un peu sur tes racines avant de partir. Les Québécois y tiennent beaucoup car leurs ancêtres viennent de Poitou-Charentes ou d’ailleurs en France, et ils sont à la recherche de repères, de leur passé ». Et je me rends bien compte que dans le questionnement que les Québécois ont de leurs origines, se pose en écho la question de l’intégration des communautés.

Diversité - www.benevoles.ca

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