Skholè

Le blog de Titem, entre Europe et Canada.
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Fêter l’Halloween à Montréal

Titem | 1 novembre 2007

J’avais eu l’intention de vous parler de mes impressions sur mes terrains de reportage pour l’édition du mois de novembre… Cela attendra un peu ! Actualité oblige, penchons-nous sur ce phénomène populaire outre-atlantique : l’Halloween (et oui en québécois on utilise l’article défini, comme dans cette brève insolite trouvée sur Internet…)

Est-il besoin de vous décrire les origines d’Halloween ? Cette fête irlandaise qu’on appelait Samain, marquant la nouvelle année, le jour où ce monde et “l’Autre Monde” se retrouvaient ? Cette fête païenne qui a traversé le temps et est devenue Halloween, littéralement la veille de la Toussaint, où l’on choisit son déguisement parmi la ménagerie infernale (fantôme, vampire, loup-garou, diable et autres monstres) pour exorciser ses peurs, et comme réminiscence du retour des morts sur Terre ? Et bien, je vous le dis quand même !

Cette fête n’a pas réussi à prendre en France. Moins par l’action de quelques grenouilles de bénitier qui dénoncèrent une “culture de la mort” et prirent le contrepied avec leur “Holly wins”, que par le sentiment que cette fête était anglo-saxonne et n’avait rien à faire chez nous, où elle n’était pas mue par l’histoire mais des intérêts financiers. Il n’empêche, en octobre, nos chocolatiers et confiseurs se frottent les mains.

Et au Québec, région que l’on dit à la pointe de la défense de la culture française en Amérique, région en fait à cheval entre une culture européenne et américaine ?

Bien que trop jeune pour aller demander des bonbons aux voisins (non, en fait mon costume n’était pas prêt à temps…) je ne pouvais résister à l’envie de me balader dans la rue costumé, mettant à bas toutes les inhibitions en cette journée particulière, dans cette ville où je ne suis pas forcément susceptible d’être reconnu. Et nous voilà partis, Christopher, Matthieu et moi, au Provigo.

Quelle déception ! A part un travesti à la caisse, nous n’avons croisé aucune personne déguisée ! Il y avait certes quelques personnes déjà déguisées la fin de la semaine dernière, quand les boîtes allaient de leurs soirées spéciales Halloween, ou quelques jeunes dans le métro ce 31 octobre. Mais là, rien. Etait-il déjà trop tard ?

Et les enfants déguisés qui viennent quémander des confiseries aux portes, au son du “trick or treat” ? A part un groupe d’une dizaine de jeunes vers 19h, heure à laquelle je n’étais même pas déguisé, personne.

Résistance française en Amérique à cette fête plus anglo-saxonne ? Les magasins étaient tellement décorés, et Julie m’avait dit qu’à Sherbrooke, Halloween était l’occasion de faire la fête entre voisins. Sans doute que notre appartemment n’était pas assez décoré à l’extérieur…

En tout cas, si vous cherchiez une chanson plus originale que Thriller, La Salsa du Démon ou la bande originale de S.O.S Ghostbusters pour agrémenter votre soirée d’Halloween, il fallait diffuser cela à vos invités : cela s’appelle “Dracula Disco”, c’est chanté par “Voltaire”, pseudonyme du Québécois Alain Montpetit. Un titre qui aurait certainement pu plaire aux internautes de Bide et Musique.

Et bien si ces gens ne veulent pas fêter l’Halloween, nous, nous avions l’intention de le faire !

Mes colocs avaient envie de le fêter en organisant un party costumée chez nous ; et j’étais partant ! Il nous fallait tout d’abord redécorer notre appartement. Les anciens locataires avaient bien laissé notre fameuse araignée au plafond et quelques fausses toiles arachnéennes et squelettes en plastiques traînaient au fond d’un carton. On a donc réalisé une nouvelle araignée géante pour tenir compagnie à la première, et acheté au Dollarama tout un tas de petites décorations et bonbons pour pas cher. Et voilà notre appartement, si lumineux et chaleureux, plongé dans une troublante obscurité que percent des ampoules bleutés et orangées. Effet garanti pour éclairer nos fantômes et sorcières !

Et bien sûr, que ne serait Halloween sans ses citrouilles ! On en vend plein au métro Mont-Royal. Et quelques jours avant le 31 octobre, on brade les prix : de 4 à 1$ ! Atelier sculpture de citrouille pour ma coloc’ Aurélie et son amie Gaëlle (encore une toulousaine !). Pour ceux qui l’ignoraient – et je me suis senti un peu bête en m’en rendant compte – la citrouille est un légume creux, avec juste des graines malodorantes en son cœur !

Concernant le costume, ce fut toute une histoire… Encore heureux, pour une fois, je n’ai pas mis trop de temps à me décider. Le plus dur serait de confectionner le costume.

Alors jouons au jeu des devinettes, comme Question Pour un Champion, moins il vous faut d’indices, plus vous marquez de points ! (Réservé aux fans des années 1980 comme moi !)

**** Né en 1944, je suis un personnage au look extra-terrestre et à la voix… extraordinaire, qui a chanté comme choriste pour David Bowie.

*** Ancien chanteur d’opéra, ma tessiture s’étant sur plusieurs octaves, de baryton à contre-ténor. (Autant vous dire que je n’ai pas poussé le vice jusqu’à tenter de l’imiter et me briser une corde vocale !)

** Allemand, je suis l’une des premières victimes du SIDA qui met brutalement fin à ma carrière en 1983. L’écrivain française Nina Bouraoui parle de mon décès au début de son livre “Une vie heureuse”.

* “Homme simple“ mais passionné de chant lyrique, j’ai notamment interprété « L’air du froid » de l’opéra de Purcell « Le roi Arthur », qui sera repris dans une publicité pour une marque de café, avant de me lancer dans une courte carrière de chanteur pop.

… Et il serait trop facile de demander le joker Wikipedia ;-)

La réponse en image comparée dans quelques jours !!

Ce fut toute une histoire pour confectionner ce costume. Comment faire pour trouver des plaques de plastiques rigides mais souples, facile à travailler ? La solution : des Crazy Carpet, ces tapis en plastique que les flos utilisent pour glisser sur la neige. Les découper, les recouvrir de plastique noir et blanc (ah ah un autre indice ^^).

Ca a pris du temps, mais le résultat valait vraiment le coup. C’est sans doute la seule fois de ma vie que j’aurais l’occasion de me déguiser pour Halloween, et plutôt que d’avoir un déguisement qui fait peur, classique, je voulais quelque chose qui impressionne. Ce fut réussi, même si, comme prévu, après les “oh” d’étonnement, je devais justifier de l’identité de mon personnage.

30 minutes de maquillage pour obtenir un teint lunaire comme les auguste de nos cirques ou le Mime Marceau. J’ai en revanche jeté l’éponge sur l’atelier coiffure : le gel “glue” que j’avais acheté pour l’occasion me laissait trop de cheveux dans les mains.

Ce fut une soirée d’autant plus sympa que nous avons tous ou presque joué le jeu en nous déguisant. L’occasion de rentrer d’autres personnes, parmi lesquelles une québécoise de Joliette (dont j’aurais sûrement l’occasion de reparler puisque nous avons parlé de nos patois respectifs…).

Une soirée qui aurait été parfaite si elle n’avait pas été gâchée par une voisine “mauvaise coucheuse” qui nous a demandé de faire moins de bruit. Oui, je sais c’est culotté de dire “gâcher” alors que c’est plutôt nous qui avons perturbé son sommeil. Et les gens ont le droit de dormir, surtout en semaine…

Mais lorsque l’on est prévenu à l’avance, et que ce genre de fêtes se compte pour notre appartement sur les doigts d’une main (et ici, l’occasion se justifiait à l’échelle d’un continent !), on peut tout de même essayer de faire preuve d’un peu de compréhension… Et surtout ne pas être mesquin et réveiller les voisins pour qu’ils viennent nous demander que l’on fasse moins de bruit, voisins qui n’avaient rien demandé puisqu’ils dormaient !!!

… Et cette voisine est française. Maudits Français. Mais comme elle nous a écrit aujourd’hui dans notre boîte aux lettres, faisons en sorte de conserver de bonnes relations de voisinages par la suite !

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Être complètement taré à La Ronde

Titem | 15 octobre 2007

Toutes les stations de métro en ont fait une promotion alléchante. « Amenez vos amis à la Ronde » : et de voir une jeune fille sur un manège assise à côté de la faucheuse, dans un décor d’Halloween. Car oui, le parc d’attractions de Montréal, La Ronde, fête Halloween durant tout le moins d’Octobre !

Publicité La Ronde - Titem

A ne pas louper, assurément ! D’autant que l’on voit des promotions partout : sur les canettes rouges d’une célèbre marque de soda américain (non, je ne l’ai pas dit !), dans les magasins Jean Coutu, dans la presse… et sur le site officiel de La Ronde. Et puis les manèges ont l’air costaud, de quoi faire monter l’adrénaline !

Alors il a été décidé que l’on irait nous éclater là-bas, le dimanche 14, car le WE prochain : Toronto… mais peut-être pas pour moi. On verra. Dommage pour Emilien qui, en réunion d’affaires, ne pourra pas travailler. C’est bien ses hommes qui apprécient suffisamment leur boulot pour trouver motivation à se lever tôt, même le dimanche, pour travailler.

Pour la culture générale… La Ronde, un parc créé en 1967, s’étendant sur 59 hectares, fort de 10 manèges à sensation forte. Il tire son nom de l’île Ronde, l’une des trois îles qui forment actuellement l’île Sainte-Hélène, et sur le site duquel le parc est situé.

Mais à la veille de partir, la question à ne pas se poser : y aller ou ne pas y aller ? Matthieu ne sera pas des notres. Trop de manèges à vous donner la nausée. Christopher m’envoie des liens Youtube vers des vidéos prises par des jeunes qui, avant nous, ont tenté de dompter ses manèges. Vitesse, hauteur, vertige, loopings et vrilles où l’on ne sait plus bien si l’on a la tête en haut ou en bas… Excitation et peur, non d’y aller, mais d’être malade. Euh… On y va là, c’est sûr ? Et bien oui. Christopher, Marine, Audrey, moi et Thalia.

Nous 5 à La Ronde salon Halloween - Christopher

Allez, il faut l’avoir fait… au moins une fois. Voire deux. A la fin de la journée, j’étais encore tout excité, mais épuisé par tant d’émotions fortes. Même assis, je ressentais encore le vertige, et cette impression de tomber inexorablement. Et l’on me demanda plus tard, sur quels manèges tu as été ? Mais tous voyons ! J’ai le vertige, la peur d’être malade, mais je les ai tous faits ! Et qu’est-ce que ça m’a apporté ? Beaucoup de frissons, de peur et d’excitation. Je n’avais jamais fait des manèges aussi puissants que ceux de La Ronde. Sincèrement, je plains ceux qui en sortent blasés, sûrement des gens qui y vont régulièrement. Ca n’a plus aucun charme.

Pour les animations Halloween, c’est plutôt décevant. Quelques citrouilles, squelettes, rats ou cercueils… dissimulés dans le parc. Des vampires qui danse sur l’axe principal au son de Thriller de Michael Jackson. Une maison hantée où attendent plus de 200 personnes pour y entrer. Mais rien de très abouti. On n’est loin des décors de Disneyland Paris.

Première attraction : Orbite. Une tour qui vous propulse en hauteur et vous fait retomber à toute vitesse. En haut, on voit le site du parc d’attractions ou Montréal. C’est sympa, mais ça ne vaut pas le Screaming Eagle de Bellewaerde Ypres, qui donne vraiment la sensation que l’on va s’écraser au sol !

Puis… le Vampire, nommé ainsi parce qu’il donne l’impression d’être une chauve-souris. Une « montagne russe à véhicule suspendu » (les jambes dans le vide, les rails au-dessus de nos têtes), avec des loopings et des vrilles. Je hurle quasiment tout le long du parcours, jusqu’à la 3ème vrille, qui me coupe le souffle. Quand le manège s’arrête et que je reprends, bruyamment, ma respiration, cela fait rire mes amis. Plus encore que mes cris, qui ressemblaient vraiment à un cri d’horreur, et qu’ils sont incapables d’imiter. Mais… putain ce que c’est bon !

Direction le Cobra. J’ai vraiment envie de faire cette « montagne russe debout », je trouve cela original. Après le Vampire, elle paraît presque tranquille. Ils veulent absolument être derrière, là ou c’est le plus rapide. Je veux aller devant, pour avoir une meilleure vue. Et je me fais une belle frayeur lorsque dans un virage proche du sol, je vole à quelques mètres de la terre.

Vient ensuite la plus sensationnelle. Le fameux Goliath. Une montagne russe qui paraît toute simple : pas de loopings, pas de vrille. Ca monte et ça descend. Bon, ça fait une chute de 52 mètres à 70°, atteignant une vitesse supérieure à 110 km/h, les montagnes russes les plus rapides du Canada… mais c’est à peu près tout. Et c’est déjà pas mal.

C’est seulement une fois que l’on est dedans que l’on se rend compte que l’on a fait une bêtise. Du moins lorsque comme moi, on a le vertige. La chute est… vertigineuse. C’est exactement le mot qui convient. Une impression étrange d’avoir encore sa tête en haut des manèges et le reste de son corps tout en bas, une impression de tomber inexorablement, le siège se dérobe sous mes fesses, alors que je suis très solidement attaché. 1231 mètres… l’aller et le retour. Les virages sont terribles eux aussi. L’envie que ça s’arrête, la respiration qui se coupe et reprend bruyemment, puis l’adrénaline fait place aux endorphines.

On recommence ? Euh… peut-être. Et une fois que l’on est sur place, on n’a plus vraiment le choix. C’est comme le Cancre de Prévert : il dit non avec la tête mais il dit oui avec le coeur. C’est pas raisonnable, mais pu**** quelles sensations ! C’est d’ailleurs le seul mot qu’aura Audrey la 2ème fois : « Oh pu****, oh pu**** !! » et aussi « Ahhhhhhhhhhh ». Christopher voulait filmer, et entendre nos cris. A part dire que j’étais complétement taré pour être retourné une 2ème fois sur ce manège, on ne m’a pas beaucoup entendu. Et pour cause, à l’arrivée, j’étais complètement tétanisé. J’avais serré tellement fort la barre devant moi que mes mains, 2 minutes après l’attraction, formaient encore des O. C’est tellement ridicule de ne pas pouvoir maîtriser son corps alors qu’on a vécu des émotions aussi fortes ! Oui je sais à quoi vous pensez, heureusement que dans d’autres moments d’émotions fortes, l’homme parvient à maîtriser son corps ! C’est un peu ça un manège, une peur d’un ordre différent, une forte excitation, l’orgasme à couper le souffle, la détente.

Après cela, le Monstre ne devrait pas être bien effrayant. En plus, il est en bois, et l’on n’est pas très attaché ! Et une fois dedans, c’est une autre peur : est-ce que le monstre va s’effondrer, alors que les poutres vibrent fortement ? Est-ce qu’il va nous expulser du manège, quand je percute Christopher dans un virage, et qu’il rebascule sur moi le virage d’après ? Un manège qui cache bien son jeu et aura eu un drôle d’effet sur nous. A l’arrivée, nous rigolons. Thalia en a les larmes aux yeux. C’était tellement imprévisible !

18h fermeture. Le retour se fait presque en silence, tant les émotions ont fini par nous endormir progressivement. Mais… Pu**** ce que ce fut bon !

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Les Français de Montréal avec le XV de France (pas avec Sarkozy)

Titem | 13 octobre 2007

On a beau vivre à des milliers de kilomètres de la France, dans un pays où le rugby n’est absolument pas un sport national, il est des choses qui nous attachent encore à notre pays d’adoption. Le rugby en fait partie ; et lorsqu’il s’agit d’une demie-finale de coupe du monde, les Français de Montréal trouvent l’occasion de réveiller leur ferveur patriotique.

Le football, dans la matinée, n’a pas eu le droit à tant d’égards. D’abord parce qu’il était tôt, que le match a bien failli être reporté… et que c’était un match de qualification contre une équipe largement à la portée de nos bleus, les Îles Féroé.

Où regarder ce match ? Les principales chaînes de la télévision câblée ne diffusaient même pas les matchs du Canada, alors ceux de la France, pensez donc… Au Massilia, le bar de Montréal sponsorisé par Ricard, tenu par un Marseillais expatrié au Québec ? Bondé plus de 2 heures avant le début du match, du monde jusque sur le trottoir. Au Parc Lafontaire dans un bâtiment repris provisoirement par les propriétaires d’un bar qui a récemment pris feu.

Arrivés 1h30 à l’avance, et pas moyen d’avoir une place assise. Sandwichs à 4$, non merci. Puisque l’on est passé devant, c’esst l’heure d’enfin goûter aux fameuses poutines de la Banquise, l’une des meilleures adresses pour ce snack populaire. Poutine Mart, où l’on trouve en plus des ingrédients habituels des champignons, des morceaux de saucisse… De quoi nous tenir l’estomac avant LE match.

« On n’a jamais autant la nostalgie de sa patrie lorsqu’on est loin d’elle »

Qu’il est étrange de voir, plus d’un mois après notre départ, des publicités françaises, pour des produits français, voitures notamment, et les prévisions météorologiques pour l’Hexagone. 19° « chez moi », près de 10° de plus qu’ici.

La Marseillaise promettait d’être un moment d’intense de ferveut patriotique. Tous ces Français expatriés, pour leurs études, pour quelques mois, une année ou plus, pour leur carrière ou pour changer d’atmosphère, qui marquent leur attachement à leur pays d’origine… Vous trouvez cela excessif ? C’est pourtant dans une certaine mesure juste, on n’a jamais autant la nostalgie de sa patrie lorsqu’on est loin d’elle, vous vous retrouvez en groupe à vous en rappeler… par exemple lors d’un match de l’équipe nationale. J’ai beau avoir plein de reproches à faire à la France, j’ai beau avoir dit que je pourrais fort bien aller voir ailleurs, au final je ne suis pas prêt de lui être infidèle.

Un millier de personnes reprenant en coeur la Marseillaise dans une petite salle dans un Parc du centre de Montréal et… Nicolas Sarkozy apparaît à la télévision. Aussitôt, des huées auxquelles les joueurs du XV de la Rose n’auront pas le droit. Christopher et moi nous regardons hébétés. C’est quoi ça ?

Une réaction assurément vive et hostile. D’accord, les Français de l’étranger votent plutôt à gauche, et à Montréal, Ségolène Royal aurait été élue à 55% des suffrages exprimés (à méditer : Nicolas Sarkozy l’emporte dans les grandes villes anglophones) ; voir les résultats sur cette page de l’ambassade française au Canada.

Mélée France-Angleterre - www.sport24.comDouche froide lorsque l’Angleterre marque dès la 2ème minute. Incompréhension. C’est quoi ça, c’est qui ce joueur ? Encouragements vociférés lors des mêlées ou quand l’on se rapproche de la ligne d’essai de l’adversaire. Des « ouhhh » guerriers lorsque Chabal ou Betsen renverse un joueur anglais.

La France mène, on l’encourage, mais la tension est palpable. La France joue mal. La sucession des coups de pieds renvoyant le ballon d’un côté à l’autre du terrain exaspère. C’est pas comme ça qu’on marque les essais !

« Vous verrez, ça sera comme d’habitude : les Anglais vont rechercher une pénalité dans le dernier quart d’heure et on va se faire avoir » nous dit Cédric. C’est plus que probable, mais je ne veux pas y croire. Cela se passe, et je veux croire qu’on va finir par rentrer dans le tas et marquer un essai. Mais non. 14-9. La France n’ira pas en finale.

Chabal larmes - www.mylittlebuzz.comLa salle se vide en moins d’une minute, alors qu’elle aurait été prête à célébrer longuement la victoire. Aucune pitié pour le XV de France, une défaite méritée : on a mal joué. Les commentaires de la presse ne sont pas plus tendres et confirment nos impressions. Un jeu au pied stérile. On ne peut prétendre jouer comme les anglais et jouer contre les Anglais, lis-je dans Le Monde, juste avant cette terrible remarque : les Anglais sont coutumiers du « winning ugly », la France a créé le « losing ugly ».

Confirmation d’un autre constat sur le patriotisme : plus on aime son pays, moins on est prêt à lui pardonner ses défauts et ses échecs.

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Pas gagnants à chaque fois – Café Campus

Titem | 1 octobre 2007

« Car cet endroit ne lui disait plus rien / Elle y avait perdu, perdu son chemin ». Lorsque j’ai lu ces mots sur le pseudo MSN de Christopher, mon cerveau avait déjà fait le lien en une seconde à peine. Lorsqu’il s’agit de jouer au blind test, j’ai les méninges en haut débit. Lorsqu’il s’agit de retrouver mes clefs ou d’autres choses, c’est plus souvent panne de modem, mais passons…

Une chanson d’Indochine, à coup sûr. Plutôt connue. Punishment Park, album Le Baiser, 1990. Si je pouvais connaître aussi bien les dates des arrêts de droit…

Et oui, un autre fan d’Indochine ! Quelques minutes des discussions plus tard, l’idée fut lancée, il nous fallait trouver un karaoké !

Et puis cette pub, un jour : « Venez danser et chanter » au Café Campus le dimanche, soirées francophones, 3$ l’entrée. L’occasion en plus de pouvoir discuter de l’organisation de notre prochain WE.

J’avais eu l’occasion de faire un karaoké pour la première fois, outre chez des amis, de façon fort mémorable – n’est-ce pas Vianney ;-) – à Dresde en Allemagne. Autres bon souvenirs, où j’avais chanté How U Remind Me de Nickelback, groupe canadien, ou Kiss From a Rose de Seal ou encore One of Us de Joan Osborne en duo avec AnSo.

Rendez-vous donc au Café Campus le Dimanche soir, dès 21h.

Soyons brefs : réception peu sympathique, locaux qui font centre de jeunesse sociale avec ses murs peints en bleu schtroumpf… Ah bien sûr ce n’était pas un bar-karaoké, et de toute manière comment chanter puisque la musique est ASSOURDISSANTE. C’est normal, on est dans une boîte ; car au Canada, les lieux ne sont pas figés comme en France, on peut boire, écouter de la musique et danser dans un même lieu. Peu de personnes, mais sans doute étions-nous arrivés trop tôt. Le mardi c’est bondé, on se marche dessus, m’a dit Aurélie. Je ne sais pas si c’est mieux…

Enfin, « soirée francophone ». En 2h de musique, nous avons reconnu à peine moins de 10 musiques, et ce n’était pas les francophones les plus connus. Zebda, La Rue Kétanou, Babylon Circus… 1 chanson de Michel Sardou et… 1 chanson d’Indochine, que je n’avais encore jamais entendu à la radio : « Des Fleurs pour Salinger » ! Quelques minutes de bonheur avant l’ennui. Grosse déception. Et avec tout ça, on n’a même pas organisé le WE prochain…

Alors oui, cet endroit ne me dit vraiment plus rien, là où nous avions perdu notre chemin.

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Dancer in the Dark Night of 7.37

Titem | 29 septembre 2007

Y boire un verre nous avait pas suffit (lire le précédent épisode). Il nous fallait y revenir, plus tard, à l’heure où la nuit serait totalement tombée, les lumières encore plus belles, où l’on pourrait même aller sur la terrasse et observer l’agitation de la ville.

 

Il nous fallait revenir et dancer sur les pistes de la boîte du 7.37. Peu importe que la musique soit moins bonne que dans d’autres boîtes, que la clientèle soit plutôt jeune. Du moment qu’on s’en prenne plein la vue ! Lire la suite »

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Les 3 P’tits Cochons, de Patrick Huard (2007)

Titem | 25 septembre 2007

Au chevet de leur mère plongée dans un profond coma, trois frères veillent en échangeant sur les «pour» et les «contre» de l’adultère. Rémi, l’aîné nanti, prévient ses cadets des dangers qui les guettent, mais en vain. Mathieu, qui étouffe dans sa banlieue, est déjà sur le point de tromper sa femme avec une collègue. Christian, le benjamin adepte de cybersexe, s’éprend d’une de ses étudiantes de Tae Kwon Do, sans se douter que sa conjointe policière et frigide le surveille de près. Seul Rémi, chez qui ses frères en déroute conjugale finiront par échouer, semble au-dessus de tout soupçon. Quoique son épouse ne semble pas convaincue de sa vertu.

Les 3 P’tits Cochons, de Paul Huard

Comédie dramatique québécoise de Patrick Huard
2007 ; 2h04
Avec Claude Legault (Mathieu Quintal), Guillaume Lemay-Thivierge (Christian Quintal), Paul Doucet (Rémi Quintal), France Castel (Lucille, la mère)…

Parce que les affiches du métro montréalais en faisaient la promotion, et parce qu’autour de nous, certains de nos amis ou colocataires avaient été le voir, voilà que mes amis et moi avons décidé de partir voir ce film : les Trois Petits Cochons.

Première difficulté : trouver une salle de cinéma qui ne soit pas trop cher. Par chance, on nous a appris que dans une rue proche de Saint-Denis métro Berri-UQAM, le cinéma faisait des places de cinéma à 4,95$ (environ 3 euros) le mardi. Une très bonne chose pour nos petits budgets : des places de cinéma au prix de ceux pratiqués en France lors de la fête du cinéma, mais ce tous les mardis !

Grand moment aussi lorsqu’à tour de rôle, il nous fallait annoncer que nous voulions une place pour les Trois Petits Cochons. Vraiment trop mignon… Mais non, ce film n’a rien d’un dessin animé pour enfants (vous allez vite comprendre pourquoi…) même si la référence n’a rien d’anodine.

Deuxième difficulté : comprendre ce que disent les acteurs, et certaines références ou expressions qui échappent au français fraîchement débarqué en Amérique. Grand moment encore, mais de solitude cette fois, lorsque toute la salle éclate de rire… Sauf vous ! Et heureusement, vos voisins français n’ont pas plus compris que vous. L’honneur est sauf.

C’est moins le cas de la morale… car voici un film pour le moins surprenant. Trois frères se retrouvent réunis autour du lit d’hôpital de leur mère mourante. On retrouve une situation proche de celle des Invasions Barbares, ce film plutôt réussi de Denys Arcand. Sauf que là, point de dialogues aussi fins et grivois à la fois, où des dialogues sur le sens de la vie, mais des répliques bien grasses, des scènes de sexe plutôt explicites…

Alors l’histoire du film est simple : pendant que maman meurt, les deux plus jeunes choisissent au même moment d’aller voir ailleurs, “ panthère ” ou jeune karatéka en manque de contact… au grand dam de l’aîné, fils modèle, qui joue les pères pudeurs. On suit chacun de leurs parcours erratiques sur le chemin de l’adultère, à tour de rôle. Oh les p’tits cochons… Et oui ! Pas facile de mener une double vie ! Et comme dans le conte, les deux premiers vont rejoindre le dernier, le plus malin… qui aurait bien envie lui aussi de voir le loup.

Je vous épargne le ramoneur jaloux que sa femme s’effeuille sur Internet, la bande originale saoulante du début à la fin, les longueurs du film…

Un film plutôt drôle néanmoins, sans morale, pas toujours bien filmé (mais… elle respire ? Je pensais qu’elle était morte ??) qui se laisse regarder une fois, pas plus. Pour tout dire, j’ai du mal à comprendre l’engouement autour de ce film, à 100 lieues minimum du C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée ou des Invasions Barbares de Denys Arcand.

Image de prévisualisation YouTube

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S’envoyer en l’air avec ses amis, Altitude 7.37

Titem | 19 septembre 2007

A l’évocation du nom « Altitude 7.37″, j’ai pu voir des sourcils se lever, des yeux s’écarquiller, et des bouches former un « o » qui en disait long. Lors de notre visite du vieux Montréal, notre guide Josée nous en avait déjà parlé. C’est à faire au moins une fois. Et l’occasion nous a finalement été donnée très rapidement, par Axel.

Invitation reçue par mail en début de semaine : la chambre de commerce de Montréal, où il effectue son stage, organise un petit « 5 à 7″ à l’Altitude 7.37. Apparemment le genre de rendez-vous où de jeunes diplômés discutent de leur projet carrière avec des professionnels pour tisser un réseau, et être recruté. C’est du moins ce que j’ai cru comprendre en arrivant là-bas…

J’arrivais ce mercredi au bureau avec ma nouvelle chemise Quicksilver marron. Ce n’était pas pour célébrer le véritable début de mon stage avec mon premier travail de terrain et faire bonne impression… Mais parce que ce soir, je sors…

Etait-ce une si bonne idée que ça de m’être habillé immédiatement de cette chemise ? Le soleil cognait une nouvelle fois très fort dans Montréal – qui l’eût cru ? Avant de partir pour ce 5 à 7, je dois repasser par l’appartement pour prendre une douche qui peine à me rafraîchir.

Place Ville-Marie - WikipediaDans le hall de l’immeuble de Place Ville-Marie, le 4ème plus haut de Montréal avec ses 188 mètres et ses 43 étages, j’y retrouve Christopher qui peine à trouver le moyen de se rendre au lieu prévu. Pour une fois que ce n’est pas moi qui me perd… Renseignements pris, nous prenons un premier ascenseur qui nous amène en moins d’une minute presque tout en haut de l’immeuble. Un deuxième nous amène quelques étages encore plus haut. Nous voilà donc altitude 7.37.

Et nous voilà, surplombant la ville de Montréal. La vue est absolument magnifique. Le soleil frappe encore les vitres, mais bientôt il va se coucher sur le Mont Royal. Et la ville s’éclairera alors de mille feux de lampadaires, de phares de voiture… de bureaux et d’appartements.

Axel nous donne nos étiquettes. J’ai beau apprécier le stage que je fais, je me sens bizarre avec mon étiquette « Journal Communautaire Le Monde » au milieu de tous ces jeunes gens qui travaillent pour des grandes banques, d’entreprises dynamiques et de boîtes informatique.

Cocktail métropolitain - TitemIl nous faut attendre quelque temps avant que l’on nous serve. Première déception, l’offre d’un cocktail consommé, un autre offert, ne marche que pour les bières locales et le métropolitain. Va pour un métropolitain : Martini, citron, canneberges… Nous nous éloignons de l’agitation pour prendre une table près d’une fenêtre. Le Saint-Laurent coule derrière nous, le Montréal international déploie ses gratte-ciel, et le Mont-Royal se couvre d’un voile violacé au fur et à mesure que le soleil se couche. Nous refaisons le monde, à savoir nos stages respectifs et futures sorties en commun, autour de métropolitains servis dans des verres de moins en moins beaux quand nous en recommendons.

Mais nous étions venus pour passer un bon moment ensemble, et pour admirer la vue de Montréal de nuit, et en hauteur. Nous n’avons pas été déçus. Quelques photos -pas trop floues et sans trop de reflet – parmi toutes les autres.

Vue de l’est de Mont-Royal - Titem

Vue de l’ouest de Mont-Royal - Titem

Vue de Mont-Royal - Titem

La soirée s’est terminée autour d’un menu général Tao au Tiki-Ming, au rez-de-chaussée du centre Eaton, là où l’on peut manger toutes les nourritures du monde ou presque à prix raisonnable.

Général Tao (Tiki-Ming) - Titem

Demain, d’autres vues de Montréal, mais depuis l’île de Sainte-Hélène cette fois…

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Nourriture, Paysage urbain, Sortie
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