Fêter l’Halloween à Montréal
Titem | 1 novembre 2007J’avais eu l’intention de vous parler de mes impressions sur mes terrains de reportage pour l’édition du mois de novembre… Cela attendra un peu ! Actualité oblige, penchons-nous sur ce phénomène populaire outre-atlantique : l’Halloween (et oui en québécois on utilise l’article défini, comme dans cette brève insolite trouvée sur Internet…)
Est-il besoin de vous décrire les origines d’Halloween ? Cette fête irlandaise qu’on appelait Samain, marquant la nouvelle année, le jour où ce monde et “l’Autre Monde” se retrouvaient ? Cette fête païenne qui a traversé le temps et est devenue Halloween, littéralement la veille de la Toussaint, où l’on choisit son déguisement parmi la ménagerie infernale (fantôme, vampire, loup-garou, diable et autres monstres) pour exorciser ses peurs, et comme réminiscence du retour des morts sur Terre ? Et bien, je vous le dis quand même !
Cette fête n’a pas réussi à prendre en France. Moins par l’action de quelques grenouilles de bénitier qui dénoncèrent une “culture de la mort” et prirent le contrepied avec leur “Holly wins”, que par le sentiment que cette fête était anglo-saxonne et n’avait rien à faire chez nous, où elle n’était pas mue par l’histoire mais des intérêts financiers. Il n’empêche, en octobre, nos chocolatiers et confiseurs se frottent les mains.
Et au Québec, région que l’on dit à la pointe de la défense de la culture française en Amérique, région en fait à cheval entre une culture européenne et américaine ?
Bien que trop jeune pour aller demander des bonbons aux voisins (non, en fait mon costume n’était pas prêt à temps…) je ne pouvais résister à l’envie de me balader dans la rue costumé, mettant à bas toutes les inhibitions en cette journée particulière, dans cette ville où je ne suis pas forcément susceptible d’être reconnu. Et nous voilà partis, Christopher, Matthieu et moi, au Provigo.
Quelle déception ! A part un travesti à la caisse, nous n’avons croisé aucune personne déguisée ! Il y avait certes quelques personnes déjà déguisées la fin de la semaine dernière, quand les boîtes allaient de leurs soirées spéciales Halloween, ou quelques jeunes dans le métro ce 31 octobre. Mais là, rien. Etait-il déjà trop tard ?
Et les enfants déguisés qui viennent quémander des confiseries aux portes, au son du “trick or treat” ? A part un groupe d’une dizaine de jeunes vers 19h, heure à laquelle je n’étais même pas déguisé, personne.
Résistance française en Amérique à cette fête plus anglo-saxonne ? Les magasins étaient tellement décorés, et Julie m’avait dit qu’à Sherbrooke, Halloween était l’occasion de faire la fête entre voisins. Sans doute que notre appartemment n’était pas assez décoré à l’extérieur…
En tout cas, si vous cherchiez une chanson plus originale que Thriller, La Salsa du Démon ou la bande originale de S.O.S Ghostbusters pour agrémenter votre soirée d’Halloween, il fallait diffuser cela à vos invités : cela s’appelle “Dracula Disco”, c’est chanté par “Voltaire”, pseudonyme du Québécois Alain Montpetit. Un titre qui aurait certainement pu plaire aux internautes de Bide et Musique.
Et bien si ces gens ne veulent pas fêter l’Halloween, nous, nous avions l’intention de le faire !
Mes colocs avaient envie de le fêter en organisant un party costumée chez nous ; et j’étais partant ! Il nous fallait tout d’abord redécorer notre appartement. Les anciens locataires avaient bien laissé notre fameuse araignée au plafond et quelques fausses toiles arachnéennes et squelettes en plastiques traînaient au fond d’un carton. On a donc réalisé une nouvelle araignée géante pour tenir compagnie à la première, et acheté au Dollarama tout un tas de petites décorations et bonbons pour pas cher. Et voilà notre appartement, si lumineux et chaleureux, plongé dans une troublante obscurité que percent des ampoules bleutés et orangées. Effet garanti pour éclairer nos fantômes et sorcières !
Et bien sûr, que ne serait Halloween sans ses citrouilles ! On en vend plein au métro Mont-Royal. Et quelques jours avant le 31 octobre, on brade les prix : de 4 à 1$ ! Atelier sculpture de citrouille pour ma coloc’ Aurélie et son amie Gaëlle (encore une toulousaine !). Pour ceux qui l’ignoraient – et je me suis senti un peu bête en m’en rendant compte – la citrouille est un légume creux, avec juste des graines malodorantes en son cœur !
Concernant le costume, ce fut toute une histoire… Encore heureux, pour une fois, je n’ai pas mis trop de temps à me décider. Le plus dur serait de confectionner le costume.
Alors jouons au jeu des devinettes, comme Question Pour un Champion, moins il vous faut d’indices, plus vous marquez de points ! (Réservé aux fans des années 1980 comme moi !)
**** Né en 1944, je suis un personnage au look extra-terrestre et à la voix… extraordinaire, qui a chanté comme choriste pour David Bowie.
*** Ancien chanteur d’opéra, ma tessiture s’étant sur plusieurs octaves, de baryton à contre-ténor. (Autant vous dire que je n’ai pas poussé le vice jusqu’à tenter de l’imiter et me briser une corde vocale !)
** Allemand, je suis l’une des premières victimes du SIDA qui met brutalement fin à ma carrière en 1983. L’écrivain française Nina Bouraoui parle de mon décès au début de son livre “Une vie heureuse”.
* “Homme simple“ mais passionné de chant lyrique, j’ai notamment interprété « L’air du froid » de l’opéra de Purcell « Le roi Arthur », qui sera repris dans une publicité pour une marque de café, avant de me lancer dans une courte carrière de chanteur pop.
… Et il serait trop facile de demander le joker Wikipedia
La réponse en image comparée dans quelques jours !!
Ce fut toute une histoire pour confectionner ce costume. Comment faire pour trouver des plaques de plastiques rigides mais souples, facile à travailler ? La solution : des Crazy Carpet, ces tapis en plastique que les flos utilisent pour glisser sur la neige. Les découper, les recouvrir de plastique noir et blanc (ah ah un autre indice ^^).
Ca a pris du temps, mais le résultat valait vraiment le coup. C’est sans doute la seule fois de ma vie que j’aurais l’occasion de me déguiser pour Halloween, et plutôt que d’avoir un déguisement qui fait peur, classique, je voulais quelque chose qui impressionne. Ce fut réussi, même si, comme prévu, après les “oh” d’étonnement, je devais justifier de l’identité de mon personnage.
30 minutes de maquillage pour obtenir un teint lunaire comme les auguste de nos cirques ou le Mime Marceau. J’ai en revanche jeté l’éponge sur l’atelier coiffure : le gel “glue” que j’avais acheté pour l’occasion me laissait trop de cheveux dans les mains.
Ce fut une soirée d’autant plus sympa que nous avons tous ou presque joué le jeu en nous déguisant. L’occasion de rentrer d’autres personnes, parmi lesquelles une québécoise de Joliette (dont j’aurais sûrement l’occasion de reparler puisque nous avons parlé de nos patois respectifs…).
Une soirée qui aurait été parfaite si elle n’avait pas été gâchée par une voisine “mauvaise coucheuse” qui nous a demandé de faire moins de bruit. Oui, je sais c’est culotté de dire “gâcher” alors que c’est plutôt nous qui avons perturbé son sommeil. Et les gens ont le droit de dormir, surtout en semaine…
Mais lorsque l’on est prévenu à l’avance, et que ce genre de fêtes se compte pour notre appartement sur les doigts d’une main (et ici, l’occasion se justifiait à l’échelle d’un continent !), on peut tout de même essayer de faire preuve d’un peu de compréhension… Et surtout ne pas être mesquin et réveiller les voisins pour qu’ils viennent nous demander que l’on fasse moins de bruit, voisins qui n’avaient rien demandé puisqu’ils dormaient !!!
… Et cette voisine est française. Maudits Français. Mais comme elle nous a écrit aujourd’hui dans notre boîte aux lettres, faisons en sorte de conserver de bonnes relations de voisinages par la suite !


















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