Mon engagement à Vues & Voix
Titem | 22 avril 2013J’ai choisi de profiter de cette semaine de l’action bénévole pour témoigner de mon engagement auprès de Vues & Voix, entamé avec enthousiasme au début de cette année. Nous sommes près de 450, lecteurs ou moniteurs, mais également annotateurs ou vérificateurs qui accordons au moins deux heures chaque semaine à la production de livres sonores adaptés aux personnes éprouvant un handicap visuel ou moteur qui les empêche de pouvoir lire. Cette année, Vues & Voix a atteint son objectif annuel de 800 livres sonores adaptés produits, lesquels ont rejoint les rayons du service Québécois du livre adapté (SQLA) de la Grande Bibliothèque (BANQ).
Le trimestriel québécois Urbania a mis en ligne un reportage consacré au bénévolat chez Vues & Voix. Il y est également question de leur radio Canal M, où j’officie ponctuellement en tant que chroniqueur : c’est ainsi que j’ai fait la découverte de leur autre volet.

Ce n’est pas un prétexte pour « se péter les bretelles », comme on dit ici. Mais je dois vous avouer le plaisir à parler autour de moi du roman que je lis actuellement dans le recueillement de ma petite cabine d’enregistrement - et qui narre le parcours d’un jeune homme durant la Guerre d’Algérie, puis à échanger lors des pauses avec les autres bénévoles, parler de notre parcours ou de nos anecdotes de lecture (Ah ! Les allitérations et les lapsus…). Une audition est nécessaire pour attribuer le bon livre au bon lecteur, en fonction de sa voix (jeune, mature, chaleureuse…) et non de ses goûts. J’ai eu de la chance de tomber sur un livre que j’apprécie, et même si ça ne sera peut-être pas toujours le cas, je le lirai de bon cœur, car je sais qu’il fera au moins un usager heureux.
Quand je suis arrivé au Québec il y a six ans, j’ai eu très tôt l’impression que le bénévolat y était beaucoup plus fréquent qu’en France. Ce n’était pas qu’une impression due au fait que j’effectuais alors mon stage dans le milieu « communautaire » (qui je le rappelle, n’a pas du tout en Belle Province le sens péjoratif qu’on lui connaît dans l’Hexagone) : il y aurait 28 % de bénévoles en France contre 36.7 % au Québec, dont respectivement 33 % et 54.4 % de jeunes (âgés de 18 à 25 ans dans un cas, de 15 à 24 dans l’autre).
Le thème de la semaine de l’action bénévole 2013 est « Partout pour tous », venant rappeler qu’il existe de nombreuses possibilités pour s’engager mais aussi, est-il rappelé, pour s’épanouir. En ce qui me concerne, j’ai réellement ressenti ce plaisir de me sentir utile, d’agir pour que d’autres puissent, comme moi, apprécier la lecture et cette ouverture vers d’autres univers. Je ne saurais mieux l’exprimer, puisqu’il est question de livres, que d’évoquer le « souci de transmettre », et rapporter à cet effet ces quelques lignes extraites du dernier roman du journaliste et écrivain Olivier Barrot.
Sans doute pourrait-on s’interroger, psychanalyse aidant et mal gré qu’en aurait eu Vernant, sur les raisons d’une existence fondée sur le souci de transmettre. Celui-ci ne notait-il pas : « Dans une société telle que la nôtre, faite d’exhibition et d’indifférence, chacun prétend pouvoir mener sa barque comme il l’entend. Mais le sentiment de la dette demeure néanmoins chez un grand nombre de gens, sous des formes variées. Germaine Tillon avait raison de dire récemment, lors d’une émission télévisée, que lorsque quelqu’un frappe à la porte, il y a ceux qui ouvrent et ceux qui n’ouvrent pas. Celui qui ouvre, c’est celui qui se sait en dette. » Et celle-ci reconnue, c’est la continuité assurée.
Olivier Barrot, Le Fils Perdu, Éd. Gallimard NRF, pp. 121-122.
Bonne semaine à tous les bénévoles de Vues & Voix et d’ailleurs, et ceux qui le deviendront prochainement !














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