Des nouveaux députés européens de l’Ouest à la rencontre des citoyens
Titem | 10 octobre 2009Une fois n’est pas coutume, les médias accordent actuellement un peu de leur temps à l’actualité européenne : la crise du lait, le processus de ratification du Traité de Lisbonne (ici ou ici)…
Pendant ce temps, les députés européens, élus au début du mois de juin de cette année, poursuivent leurs travaux. Dans le cadre de leur mandat, des semaines sont prévues dans leur agenda parlementaire pour rencontrer leurs électeurs dans leurs circonscriptions. Qui osera dire après cela que les députés européens sont éloignés sinon invisibles de leurs électeurs ? On pourra certes répondre que s’agissant de la France, il est difficile pour un député européen de revendiquer un mandat “local” lorsque la circonscription dont on est l’élu recouvre une dizaine de départements et plusieurs régions administratives.
Pourtant le 22 septembre, ils étaient là, 5 députés sur les 9 de la circonscription Ouest en France : Stéphane le Foll pour le groupe S&D, Yannick Jadot et Nicole Kiil-Nielsen pour Europe Ecologie, Sylvie Goulard pour l’ADLE et enfin Alain Cadec pour le PPE. Une rencontre organisée par le Bureau d’information pour la France du Parlement européen et animée par Alain Barreau, son chef, ainsi que Jeanne-Françoise Hutin, Présidente de la Maison de l’Europe de Rennes. Une première occasion pour eux de rendre compte à la centaine de citoyens venus remplir l’Espace Ouest-France de leurs premières impressions, des dossiers qu’ils veulent traiter, de leurs engagements (lire à ce sujet le compte-rendu du Bureau d’information pour la France du Parlement européen ; d’où les photos sont extraites).
La table ronde autour de laquelle s’installèrent les élus permit des échanges pertinents et parfois percutants, lorsque par exemple Stéphane Le Foll ou Sylvie Goulard débattirent de l’opportunité de l’élection de José-Manuel Barroso comme Président de la Commission européenne, cette dernière ne cachant pas son inquiétude face à l’affaiblissement de la Commission par rapport aux Grands États.
Frappés par la diversité qui règne au sein de l’Assemblée (27 peuples, 23 langues), ils soulignent que l’Europe est le lieu adéquat où se prennent les décisions pour relever les défis actuels en matière économique, écologique et sociale et que sans elle, précise Stéphane Le Foll, “les citoyens européens ont peu de chance de peser sur l’avenir du Monde”.
Parmi les propositions et remarques intéressantes, relevons par exemple celle de Yannick Jadot de faire d’Euronews une chaîne d’information gratuite avec son propre canal d’émission pour renforcer la connaissance de l’actualité européenne. Le député d’Europe Ecologie mit en garde contre les décisions politiques que les hommes politiques nationaux prennent à l’échelon européen et n’assument pas une fois revenus dans leur pays. Dans ce sens, Sylvie Goulard ajouta que le consensus n’est pas un échec mais une progression, et qu’il faut assumer ne pas être parvenu à obtenir tout ce que l’on a cherché à négocier. Par ailleurs, elle insista sur la nécessité, en particulier pour les Français, de comprendre l’autre, d’être conscient qu’il ne voit pas la même chose que nous. A ce sujet, Nicole Kiil-Nielsen fit par exemple part de sa surprise de se trouver face à des députés farouchement opposés à l’avortement.
Rappelant la polémique à propos de Parlorama, site recensant l’activité (ou l’inactivité le cas échéant) des députés européens, fermé une première fois sous la pression de certains d’entre-eux, je leur demandais s’ils s’engageaient à être actifs mais aussi transparents sur leurs travaux. Tous bien sûr ont répondu par l’affirmative, signalant qui la mise à jour régulière d’un site Internet ou d’un blog, de l’installation d’une permanence sur le territoire de la circonscription. Mais comme fit très justement remarquer Sylvie Goulard, rendre compte ne suffit pas, il faut également que les citoyens fassent l’effort de se renseigner et de comprendre et de se méfier des mauvais procès faits à l’Europe, comme au sujet de la “piscine européenne” : les députés les moins présents ne sont pas les moins critiques. Si l’on ne fait pas cet effort, on pourra toujours prétendre de mauvaise foi que l’Europe est trop éloignée et incompréhensible.






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