Quand la jeunesse prend le pouvoir (C-Vert à la Commission Jeunesse de Gatineau)
Titem | 9 février 2008Envoyé spécial ! Ok, ça peut paraître prétentieux… Mais c’est un peu vrai ! Un journaliste que l’on envoie dans un lieu spécifique où une chaîne de télévision ne dispose pas d’antenne est envoyé spécial. Me voilà donc ce samedi 9 février envoyé spécial à Gatineau, pour suivre un groupe de jeunes écologistes du quartier, C-Vert, à la rencontre de la Commission Jeunesse de la ville, un organe tout à fait particulier, dont il serait bon – je pense – de s’inspirer. Départ 8h à la TOHU, lever 5h30 ! Le trajet se fera… en car scolaire !
Peut-être n’avez-vous jamais entendu parler de la Ville de Gatineau. C’est pourtant une ville de près de 280.000 habitants, à 200 kms à l’ouest de Montréal, située en face d’Ottawa, à la frontière avec l’Ontario, de l’autre côté de la rivière des Outaouais. L’agglomération d’Ottawa/Gatineau est la 4ème du Canada, après Toronto, Montréal et Vancouver, et compte 1,2 millions d’habitants. Mais j’aurais l’occasion de vous en parler un peu plus, puisque j’ai pu y passer mon week-end (ici, photo du Musée des Civilisations de Gatineau, prise depuis Ottawa).
C-Vert est un projet financé par la Fondation Bronfman, et qui offre aux jeunes la possibilité de mener des actions de sensibilisation aux questions environnementales. Ils sont originaires des arrondissements Villeray – Saint-Michel – Parc Extension (VSMPE) ou Côte-des-Neiges, ont entre 15 et 17 ans, de différentes cultures, mais se mobilisent pour une même cause : la protection de l’environnement. J’ai d’ailleurs assisté à l’une de ces réunions, en vue de la rencontre avec la Commission Jeunesse de Gatineau et le Forum Environnement Jeunesse du 26 février.
La Commission Jeunesse de Gatineau est certainement l’une des choses les plus intéressantes et innovantes que j’ai eu l’occasion de voir au Québec, et elle est souvent citée à titre d’exemple. Elle a été créée en 2001 suite à une consultation de près de 3500 jeunes Gatinois. Elle réunit 34 jeunes de 12 à 17 ans, ainsi que 3 conseillers municipaux élus de la Ville de Gatineau. Les jeunes de la CJG prennent la parole et proposent diverses initiatives et projets pour venir en aide à d’autres jeunes de leur âge, ou pour un meilleur environnement. Reboisement, commission qui utilise mails et fichiers informatiques plutôt que le papier…
Les jeunes de la CJG sont également intégrés au processus décisionnel sur ses questions de la jeunesse. Par exemple, la Commission Jeunesse de Gatineau donne un avis consultatif sur le financement d’associations ou de projets pour les jeunes. Jamais elle n’a été désavouée. Le co-président de la CJG nous parle de son travail et celui de ses camarades. L’envie qu’ils ont de casser l’image des jeunes véhiculée par les médias. Les jeunes ne sont pas tous des délinquants qui taguent, ils sont capables d’accomplir de bonnes actions. Il s’exprime clairement, précisément… aisément. Il n’a que 15 ans. Certains jeunes de la CJG se sont d’ailleurs investis en politique ou dans des forums nationaux ou internationaux.
La Ville de Montréal a elle aussi une commission jeunesse, mais elle s’intéresse aux 12-30 ans. Or, un jeune de 12 ans n’a pas les mêmes besoins qu’un non moins jeune de 30 ans ! La maire de l’arrondissement VSMPE, Anie Samson, félicitera les jeunes pour leur investissement. Elle aimerait pouvoir mettre la même chose en place, mais l’arrondissement n’a pas les mêmes moyens que la Ville de Gatineau. Mais pourquoi pas mettre une table de concertation entre les divers organismes qui s’intéressent à la jeunesse ?
Des journalistes de l’antenne ottavienne de Radio-Canada étaient même présents pour parler de cette entrevue, j’ai pu voir le bref reportage qui a été diffusé à ce sujet (où j’apparais dans le fond pendant quelques petites secondes ^^ Merci à Olivier pour la vidéo !)
Le but de cette rencontre était aussi la préparation du Forum Environnement Jeunesse, événement qui sera marquée par la présence du Docteur David Suzuki, un environnementaliste canadien de grande renommée, que les jeunes auront la chance d’interviewer. Le Dr David Suzuki prendra également la parole pour donner son point de vue sur “le pouvoir des jeunes de changer les choses”. Evénement que j’espère bien suivre !
Va-t-on dire, à propos de la Commission Jeunesse de Gatineau, qu’il s’agit d’une initiative qui se voudrait dans l’air du temps de la démocratie participative mais n’est qu’une fausse bonne idée, teintée de populisme ? Ou laissera-t-on aux personnes concernées, y compris les adolescents, la possibilité de prendre leur responsabilité et leur avenir en main, de leur ouvrir un espace public dont on les exclut au prétexte fallacieux qu’ils ne savent même pas se gérer eux-mêmes ?










